AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON

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InHocSignoVinces
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Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON

#11 Message par InHocSignoVinces » ven. 22 mai 2020 16:32

La vierge a sacrifié librement à Dieu les
affections et les espérances de son coeur : son
mérite, sa grandeur sont dans son sacrifice.
La veuve, elle, se voit prendre par Dieu affections,
joies, espérances de la vie : son mérite,
sa grandeur sont dans la résignation de sa
douleur.



La vierge, librement, s'est offerte en sacrifice.
« La veuve n'a pas été volontairement
sacrifiée, elle a été violemment et douloureusement
brisée par un de ces coups qui
laissent dans une âme un deuil inconsolable
à quelque moment de la vie que Dieu le
frappe ; soit qu'il tombe soudainement comme
la foudre et couvre de ses lugubres ombres
les premiers enchantements d'une heureuse
union, soit qu'il sépare et divise les époux au
moment où la jeune famille, grandissant
autour d'eux, resserre encore les liens de
leur mutuelle tendresse, soit qu'il arrive au
déclin de la vie, arrachant l'un à l'autre ces
compagnons du grand voyage de l'existence,
qui semblaient ne pouvoir plus se séparer.
Quelles que soient sa rigueur et sa forme particulière,
le veuvage est toujours d'autant plus
cruel et digne de toute compassion et de tout
respect qu'il frappe l'âme aux fibres les plus
vivantes et les plus sensibles, au foyer mystérieux
de ce profond et puissant amour
conjugal allumé dans le coeur par Dieu lui-même
pour ne s'y éteindre jamais. On s'est
donné joyeux l'un à l'autre pour toujours,
car le christianisme ne bénit pas devant les
autels les serments éphémères ; les deux âmes,
comme Dieu le veut encore, se sont unies et
ne font désormais plus qu'une. Mais non,
tout à coup, tout est brisé, et l'un des deux,
abandonné par l'autre, reste ici-bas seul et
vide, car tel est le sens délicat et profond du
mot veuvage : un vide que rien ne peut
combler. Les âmes qui, dans une pieuse et
touchante fidélité à la première affection,
n'en acceptent plus d'autres et ne veulent
combler ce vide que la mort a fait en elles
par rien, si ce n'est par Dieu, ces âmes-là, le
christianisme les encourage, les honore et leur
donne une couronne voisine de celle dont il ceint
le front de la virginité. Et en effet, la veuve,
avec plus de mérite peut-être, sinon avec la
même innocence, redevient, pour ainsi dire,
une vierge et, comme la vierge, se rapproche
de Dieu et s'y unit intimement par cette
pure vertu, et, comme la vierge aussi, voue
exclusivement sa liberté retrouvée en même
temps qu'à ses enfants, s'il lui en reste, au
généreux service du Seigneur et aux saintes
oeuvres de la charité chrétienne. Nous retrouvons,
dans ce second degré de la chasteté,
comme disent les Pères, avec une
nuance, la même beauté morale que dans
le premier, la pureté dans le sacrifice et le
dévouement 1 »



1. Lagrange. Vie de sainte Paule.


A SUIVRE...

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