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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : mar. 30 oct. 2018 12:15
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : PREMIÈRE PARTIE. LES PRINCIPES OBJECTIFS DU SAVOIR THÉOLOGIQUE.

Chapitre 1. La Révélation.

Section 1. La notion de révélation - les trois degrés de révélation.

I. Le mot de révélation désigne originellement un dévoilement - la manifestation d'un objet par l'enlèvement de ce qui le cachait. Aussi parlons-nous de révélation quand des faits ou des vérités précédemment inconnues sont mises en lumière. Mais le terme s'applique spécialement aux manifestations faites par Dieu, que est par Lui-même caché à nos yeux, mais qui cependant Se fait connaître à nous. C'est cette révélation divine qui nous concerne ici.

II. Dieu se révèle à nous de trois façons. L'étude de l'univers, et spécialement de l'homme, l'entité la plus noble de l'univers, nous démontre clairement l'existence de Celui qui est Créateur et Seigneur de tout et tous. Ce mode de manifestation est appelé Révélation Naturelle, car elle est apporté par les moyens naturels, et par ce que notre propre nature humaine en fait partie, comme il sera expliqué bientôt. Mais Dieu a également parlé à l'homme de Sa propre voix, à la fois directement et par des Prophètes, Apôtres, et Écrivains Sacrés.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : mer. 31 oct. 2018 10:57
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : III. Cette Révélation positive (qui se distingue de la naturelle) procède de la condescendance gratuite de Dieu, et tend vers une union avec Lui gratuitement offerte, qui est très au-dessus de notre nature. C'est pour cela qu'on l'appelle Révélation Surnaturelle, et même parfois la Révélation, car c'est plus proprement un dévoilement de quelque chose de caché. Le troisième et dernier degré de la Révélation est la vision béatifique au Ciel, où Dieu lève entièrement le voile, et se manifeste dans toute Sa gloire. Ici sur terre, même avec la Révélation Surnaturelle, "c'est par la foi que nous marchons, et non par la claire vue" (2 Cor. 5:7), "Nous voyons maintenant à travers un miroir, en énigme ; mais alors nous verrons face à face." (1 Cor. 13:12), "nous le verrons tel qu'Il est" (1 Jean 3:2).
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : jeu. 01 nov. 2018 12:40
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : Section 2. La nature et la Révélation naturelle.

La Révélation naturelle est le principe du savoir ordinaire. Nous la traitons brièvement ici par ce que'elle est le point de départ de la Révélation surnaturelle, et aussi par ce qu'aujourd'hui les divers modes de la Révélation sont confondus et ont perdu leur signification propre.

I. Tout savoir naturel, qu'il soit intellectuel, religieux ou moral doit toujours être rattaché à une Révélation divine, et ceci pour deux raisons : pour justement reconnaître leur dépendence de Dieu, et pour mieux inculquer le devoir de tenir compte de ce savoir. Cette Révélation, cependant, n'est rien d'autre que l'action créatrice de Dieu, qui donne à la nature son existence, sa forme et sa vie, et les préserve. Les choses créées incarnent des idées divines, et sont donc des imitations de leurs antitypes, les perfections divines. L'intellect humain, par exemple, est une image de l'intellect divin, et le Créateur lui donne la capacité de déduire de la nature visible, l'existence et les perfections de son Auteur ; de déduire aussi de sa propre nature spirituelle, la nature spirituelel de l'Auteur de toutes choses. L'action révélatrice du Créateur consiste donc à rendre perceptible, dans la matière et dans l'esprit, l'image de Lui-même, à maintenir en l'homme le pouvoir de voir cette image, et de voir Celui que cette image représente. Les théories qui confondent la Révélation naturelle avec la Révélation positive, comme le traditionalisme, ou avec la Révélation glorieuse, comme l'ontologisme, commettent une erreur radicale concernant les opérations créatives de Dieu et la nature créée elle-même.

II. Les propositions suivantes, que l'on trouve chez les pères et même dans l'Écriture Sainte, doivent être comprises comme s'appliquant à la Révélation naturelle. Entendues en leur vrai sens, elles confirment la doctrine énoncée plus haut.

1. Dieu est "Celui qui enseigne toute vérité, même la vérité naturelle", Il enseigne non pas par un discours ou par une illumination mystique et surnaturelle, mais en entretenant les facultés qu'il a conférés à notre nature (cf. S. Augustin, De Magistro, et S. Thomas, De Veritate, q. XI).

2. Dieu est "la lumière qui nous fait voir toute vérité", c'est-à-dire non pas la lumière que nous voyons, mais celle qui crée et maintient en nous la capacité de connaître les choses telles qu'elles sont.

3. Dieu est "la vérité où l'on voit toute vérité", non pas comme dans un livre ou un miroir, mais au sens où, par la lumière reçue de Dieu, nous lisons dans les créatures les vérités qui sont imprimées en elles. On exprime parfois la même idée en disant que Dieu imprime Sa vérité sur notre esprit et l'écrit sur notre âme.

4. Il est dit avec insistance que Dieu a écrit Sa loi dans nos coeurs (Rom. 1:14-15) et qu'Il parle à notre conscience. Cela ne veut cependant pas dire qu'il y a une intervention surnaturelle ; par la lumière de la raison, Dieu nous fait connaître Sa volonté mieux que tout langage humain.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : ven. 02 nov. 2018 10:55
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit :

III. La Révélation naturelle au sens large inclut toutes les vérités que nous pouvons atteindre par notre raison. Au sens strict, elle ne contient que les choses qui concernent Dieu et nos relations avec Lui, car ce sont les seules où Il se révèle à nous et nous commande de reconnaître Sa souveraineté. Ainsi, S. Paul (Rom. 1:18-20 et 14-15) désigne comme naturellement révélées "les choses de Dieu", spécialement "son pouvoir éternel et sa divinité", et aussi la loi morale.

Il ne faut pas croire, cependant, que tout ce qui peut ou devrait être connu au sujet de Dieu, ses desseins et ses oeuvres, font partie de la Révélation naturelle. La raison sans aide supérieure n'atteint qu'une connaissance imparfaite de Dieu par l'étude de ses créatures. Les moyens subjectifs (l'esprit humain) tant qu'objectifs (la création) sont tous les deux finis. De plus, l'intellect humain, qui dépend des sens, est si imparfait qu'il ne connaît l'essence des choses qu'à partir des phénomènes, et donc obscurément et imparfaitement. Finalement, l'étude de la nature ne produit que la connaissance de choses reliées à la nature elle-même, et ne nous dit rien au sujet d'actes libres et gratuits que Dieu pourrait avoir fait en dehors et au-dessus de la nature, dont pourtant Il pourrait exiger de nous la connaissance.

Ainsi, même si cette connaissance imparfaite de Dieu par le moyen de la nature sans autre aide particulère était suffisante pour notre vocation naturelle, il y aurait encore de la place pour une autre Révélation surnaturelle celle-là. Mais en un certain sens, la Révélation naturelle est insuffisante même pour notre vocation naturelle, comme nous allons maintenant le démontrer.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : sam. 03 nov. 2018 7:08
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : Section 3. De la nécéssité d'une Révélation positive ; son objet. Son caractère surnaturel.

I. La raison d'être immédiate d'une Révélation positive est de nous donner certaines connaissances ou bien de développer et de perfectionner en nous certaines connaissances que nous possédons déja. Sa raison d'être plus lointaine est de nous faire atteindre notre fin dernière. La mesure de connaissance qui nous sera demandée est déterminée par ce que le Créateur a ordonné et disposé en nous ; sa nécessité est déterminée par notre capacité ou incapacité à acquerir ce savoir. Ainsi, la nécessité d'une Révélation positive varie à la fois suivant la fin à atteindre et suivant la capacité de l'être humain à l'atteindre.

II. L'homme est destiné à une fin surnaturelle, comme nous allons le voir. L'objet d'une Révélation positive est par conséquent de le rendre capable d'atteindre cette fin. Mais cette vocation surnaturelle ne lui enlève pas ses devoirs naturels, et même pour ces derniers la Révélation positive est en un certain sens nécessaire. La doctrine catholique sur ce point a été définie par le Concile du Vatican.
Concile Vatican I, session 3, chap.2 a écrit : C'est grâce à cette révélation divine que ces choses divines qui ne sont pas inaccessibles à la raison humaine, peuvent en l'état actuel de l'humanité être connues facilement par tous et avec une ferme certitude, et sans aucun mélange d'erreur. Cependant, ce n'est pas sous cet aspect-là que la Révélation doit être considérée absolument nécéssaire, mais c'est par ce que Dieu dans Son infinie bonté a ordonné l'homme pour une fin surnaturelle, savoir le partage des bonnes choses de Dieu qui surpassent l'entendement humain ; car l'oeil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le coeur de l'homme n'a pas connu ce que Dieu a préparé pour ceux qui L'aiment.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : lun. 05 nov. 2018 12:31
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : Il faut donc distinguer deux types de nécessité.

1. La Révélation positive n'est pas absolument, catégoriquement et physiquement nécessaire pour la connaissance de vérités de l'ordre naturel concernant la religion et la morale, mais elle est relativement, hypothétiquement et moralement nécessaire. Si la Révélation était absolument indispensable pour acquérir les vérités naturelles, morales et religieuses, alors aucune de ces vérités ne pourraient être connues des hommes par une autre voie. Mais cela entrerait clairement en contradiction avec la doctrine que l'homme peut connaître Dieu et la loi morale par sa seule raison. Bien des difficultés, cependant, s'opposent à l'acquisition de ce savoir. Bien peu d'hommes ont le talent ou l'opportunité d'étudier un tel sujet, et même dans les meilleures circonstances il y aura toujours quelque doute et quelqu'erreur, à cause de la déchéance morale de l'homme et des influences auxquelles il est exposé. On a besoin de la Révélation positive pour pailler à ces defauts, mais la nécessité n'est que relative, car elle ne concerne qu'une partie de l'humanité, une partie de la loi morale, et en differents degrés suivant les circonstances ; sa nécessité est morale, car il n'y a pas impossibilité physique mais seulement une grande difficulté ; et hypothétique, par ce qu'elle suppose que Dieu n'a pas fourni d'autres moyens de surmonter les difficultés.

2. D'autre part, la Révélation positive est absolument, catégoriquement et physiquement nécessaire pour atteindre notre fin surnaturelle. En effet, nous devons tendre vers cette fin surnaturellement pendant que nous sommes sur terre (in statu viae), ce qui suppose de connaître la fin et les moyens d'y parvenir. Comme les deux sont supernaturels, les deux doivent être rendues connaissables par une communication directe de l'Auteur de l'ordre surnaturel. Et la nécessité est absolue, car elle vaut pour toutes les vérités de cet ordre et découle de la nature même de l'homme ; physique, à cause de l'incapacité physique de l'homme à connaître Dieu tel qu'Il est en Lui-même ; et catégorique, par ce que Dieu ne peut pas y substituer d'autres moyens.

3. La Révélation positive est toujours un acte surnaturel par sa forme, car chaque fois que Dieu la donne, Il agit en dehors de Son activité habituelle de Créateur, Conservateur et Moteur Premier de la nature, et par un bonté purement gratuite. Ce caractère surnaturel lui appartient même quand elle ne fait qu'ajouter à la Révélation naturelle. Enfin, elle est surnaturelle purement et simplement sur tous les plans quand elle exprime des vérités surnaturelles et est un moyen vers une fin surnaturelle.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : mar. 06 nov. 2018 12:12
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : Section 4. De l'objet de la Révélation surnaturelle - les mystères.

I. Nous avons appris à la section précédente que la Révélation surnaturelle nous donne des connaissances non révélées par la Révélation naturelle. Ces vérités constituent son fonds propre et spécifique. Mais comme cette Révélation fonctionne par la parole transmise, et non pas par une vision directe comme dans le cas de la Révélation glorieuse, elle ne peut lever entièrement le voile qui couvre les choses révélées ; si bien qu'elle les laisse dans leur obscurité, ne transmet pas directement leur réalité à l'esprit humain, mais reproduit leur essence dans des concepts analogiques tirés de notre connaissance naturelle. Ce caractère particulier du contenu de la Révélation surnaturelle est appelé Mystère, ou encore mystère divin ; c'est une vérité cachée en Dieu, et cependant rendue connaissable à l'homme par une communication gratuite de Dieu.

II. Dans le langage ordinaire, le mot mystère (Μύειν veut dire fermer les yeux ; μῦ est un petit son prononcé les lèvres fermées) désigne quelque chose de caché ou de voilé, particulièrement quelque chose que quelqu'un cache ou voile à quelqu'un d'autre. Il sous-entend que celui qui connaît le mystère est dans une position supérieure aux autres. Les païens donnaient le nom de "mystère" aux actes et paroles symboliques ou sacrées qu'ils conservaient en un secret dont la multitude était exclue, ou bien à la signification cachée de leur liturgie, et connue seulement des initiés. Les pères désignaient par ce mot les actes et paroles sacrées de la vraie religion, conservés en un secret dont les païens et catéchumènes étaient exclus, et compris seulement des parfaits, spécialement des mystères connaissables seulement par la foi et voilés par les apparences sacramentelles (cf. Cardinal Newman, Development , p.27).

1. La notion de mystère théologique proprement dit implique que la vérité mystérieuse ne peut être découverte par la raison humaine, et que, même une fois qu'il a été révelé, l'existence du mystère ne peut être démontrée par la raison. Cela est vrai cependant de bien des vérités qu'on ne range pas parmi les mystères. Il faut donc ajouter la condition que la vérité doit être naturellement inconnaissable à cause de sa supériorité absolue et objective par rapport à notre savoir ordinaire, qui fait que notre représentation de son contenu n'est pas directe mais seulement analogique. Un mystère est donc subjectivement au-dessus de la raison et objectivement au-dessus de la nature.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : mer. 07 nov. 2018 11:36
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : 2. L'existence de tels mystères a été définie par le concile du Vatican. "Au-dessus de ces choses qui peuvent être atteintes par la raison humaine, il est proposé à notre croyance des mystère cachés en Dieu, qui s'il n'étaient divinement révélés, ne pourraient être connus." Bien que par le moyen de l'analogie nous pouvons obtenir une certaine connaissance de ces mystères, la raison humaine est cependant incapable de les percevoir aussi bien qu'elle perçoit les vérités qui sont son objet propre. "Les mystères divins, par leur nature même, surpassement tellement l'intellect créé que, même quand ils ont été offerts par la Révélation et reçus par la Foi, ils restent cachés et enveloppés comme en une sorte de brouillard, tant que dans cette vie mortelle nous ne sommes pas en présence du Seigneur, et que nous avançons par la foi et non par la vision directe." (session 3, chapitre 4). Et le concile mentionne les deux éléments subjectif et objectif dans le canon 1 : "Si quiconque dit que dans la Révélation divine il n'y a pas de mystères divins proprement dits, mais que tous les dogmes de la Foi peuvent être compris et démontrés à partir des principes naturels et de la raison dument exercée, qu'il soit anathème" (cf. le bref Gravissimas Inter de Pie IX).

3. La doctrine du concile est fondée sur plusieurs passages de l'Écriture sainte, dont certains sont cités ou mentionnés par allusion dans les décrets. Le passage le plus long cité est
1 Cor 2:6-12 a écrit : 6 Cependant nous prêchons la sagesse parmi les parfaits, non la sagesse de ce siècle, ni des princes de ce siècle qui vont être détruits ; 7 mais nous prêchons la sagesse de Dieu, qui est un mystère, cette sagesse cachée que Dieu avait prédestinée avant tous les siècles pour notre gloire ; 8 que nul des princes de ce siècle n'a connue ; car, s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas (jamais) crucifié le Seigneur de gloire. 9 Mais, comme il est écrit : Ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a point entendu, et ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment, 10 c'est à nous que Dieu l'a révélé par son Esprit ; car l'Esprit sonde toutes choses, même les profondeurs de Dieu. 11 Car qui des hommes sait ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme, qui est en lui ? Ainsi, ce qui est en Dieu, personne ne le connaît, si ce n'est l'Esprit de Dieu. 12 Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données par Dieu

Cf. aussi Eph.2:4-9, Col. 1. 26,27; Matth. 11:25-27 et Jn 1.18. Les écrits des pères sont très riches en commentaires sur ces textes, dont beaucoup sont cités dans le bref Gravissimas Inter. Voir spécialement S. Jean Chrysostome et S. Jérôme sur Eph 3 ; voir aussi S. Pierre Chrysologue, homélie 67 et suivantes sur la prière dominicale.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : jeu. 08 nov. 2018 12:39
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : 4. La présence de mystères dans la Révélation chrétienne est essentielle à son caractère sublime. La Révélation vient de Dieu dans son rôle de Père, qui envoie Son Fils, et à travers Lui, l'Esprit-Saint dans ce monde pour annoncer "ce que le Fils a reçu du Père, et ce que l'Esprit-Saint a reçu des deux." Encore une fois, le motif de la Révélation est l'amour immense du Fils de Dieu pour nous : il nous parle d'ami à ami, nous révélant les secrets de Son Père (Jn 15.4). Et le but ultime de la Révélation est de nous conduire à un état véritablement surnaturel, la vision directe de Dieu face à face. De plus, sans les mystères, la Foi ne serait pas "une démonstration de choses qu'on ne voit pas" (Héb. 11:1), et ne serait pas méritoire non plus (Rom. 4, Héb. 10). En fait, la Révélation est par essence surnaturelle et donc mystérieuse, si bien que ceux qui nient l'existence des mystères nient également le caractère surnaturel de la religion chrétienne. Nous pouvons ajouter que l'étude des vérités révélées elles-mêmes montrera clairement leur nature mystérieuse.

5. Les mystères qui sont le sujet et la matière de la Révélation ne sont pas seulement un ensemble de vérités isolées, mais forment un monde surnaturel dont les différentes parties sont aussi organiquement reliées entre elles que celles du monde naturel - un cosmos mystique, résultat de "la sagesse infiniment variée de Dieu" (Eph. 3.10). En leur origine elles représentent sous des formes variées la communication de la nature divine par la Trinité, l'Incarnation et la Gloire ; en leur aboutissement final elle représentent un ordre dans lequel la Trinité est l'idéal et la fin de la communion entre Dieu et Ses créatures, rendue possible par le Dieu-Homme, est accomplie par la grâce et la gloire.

6. C'est folie de prétendre que la révélation de mystère fait injure à notre raison ; c'est au contraire un honneur et un avantage. Dire qu'il y a des vérités au-delà de notre raison, ce n'est pas la diminuer mais au contraire reconnaître la vraie étendue de ses pouvoirs. Et quel honneur pour l'homme d'être d'une certaine manière un confident de Dieu ! Ajoutons que plus une vérité est au-dessus de la raison plus elle est précieuse. Finalement, la conaissance des choses surnaturelles est une promesse et un avant-goût de la connaissance parfaite à venir.
(à suivre)

Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

Publié : ven. 09 nov. 2018 12:07
par chartreux
SWS traduit par le chartreux a écrit : Section 5. Le domaine propre de la Révélation.

I. La Révélation recouvre toutes les vérités qui ont été révélées, de quelque façon que ce soit.

1. Certaines vérités révélées ne peuvent être connues que par la Révélation ; ainsi la Sainte Trinité, l'Incarnation et la Grâce. D'autres peuvent être connues par la raison naturelle aussi ; par exemple, l'unité de Dieu, la création et le caractère spirituel de l'âme. Les premières qui sont purement et simplement des objets de Foi, sont révélées pour être connues ; tandis que les secondes sont mentionnés dans la Révélation pour servir de base à autre chose.

2. Une autre distinction importante doit être faite entre la Foi et la morale. La Foi a pour sujet Dieu et Ses oeuvres, et est spéculative avant tout. La morale a pour sujet l'homme et sa conduite, pour laquelle elle prescrit des règles pratiques.

3. Troisièmement, il faut distinguer les vérités révélées pour elles-mêmes et les vérités révélées pour établir d'autres vérités. Cette distinction est très importante pour la compréhension de l'Écriture Sainte.

4. Finalement, certaines vérités apparaissent très clairement dans la Révélation, et sont révélées intégralement, tandis que d'autres n'apparaissent qu'à la réflexion et l'étude. Celles-là sont appelés corrollaires de la Foi ou encore vérités théologiques. Il n'est pas exclu qu'elles soient un jour proposées comme objet de Foi par l'Église, car elles sont nécéssaires pour soutenir la Foi et aussi pour atteindre son objet.

5. Ces quatres groupes de vérités peuvent être comparés sans trop d'erreur aux différentes parties d'un arbre. Les matières de Foi pure et simple sont comme le tronc ; les vérités naturelles qui servent de fondement sont les racines ; les vérités déduites par raisonnement sont l'écorce ; tandis que les vérites pratiques sont les bourgeons et fleurs, d'où sortent le fruit de la vie chrétienne.
(à suivre)