Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

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chartreux
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#41 Message par chartreux » jeu. 18 oct. 2018 12:22

SWS traduit par le chartreux a écrit : En Italie : Albertini, Fasoli, et le Cardinal Pallavicini (mort en 1667).

En France : Maratius, Martinon, et le délicat et raffiné Claude Tiphanus (mort en 1641), auteur d'un certain nombre de traités (De Hypostasi, De Ordine, De Creaturis Spiritualibus) où l'on examine les points les plus subtils de la théologie.

En Belgique : Léonard Lessius (mort 1623), un théologien pieux, prévenant et élegant, qui a écrit les De Perfectionibus Moribusque Divinis, De Summo Bono, De Gratia Efficaci, et un commentaire sur la troisième partie de la Somme ; Aegidius Coninck, Jean Praepositus, et Martin Becanus.

L'Allemagne de cette époque ne compte qu'un seul grand théologien local, Adam Tanner (mort en 1632). Sa Theologia Scholastica (en 4 vols. in-folio) est un chef-d'oeuvre qui complète en bien des points les travaux de son maître Grégoire de Valence. Mais depuis cette période jusque tard dans le XVIIIème siècle, les théologiens allemands concentrèrent leur attention sur les branches pratiques de la théologie, telles que la controverse, la théologie morale, et le droit canon, et acquirent une supériorité reconnue dans ces domaines. Il nous suffira de mentionner Laymann (mort en 1625), Lacroix (mort en 1714), Sporer (mort en 1714), et Schmalzgrueber (mort en 1735).

4. Nous omettons ici les auteurs traitant des niveaux les plus élevés de la vie spirituelle, comme S. Thérèse et S. Jean de la Croix, et nous limitons à ceux qui choisissent les dogmes pour objet de méditation, ou qui relient en quelque façon des vérités dogmatiques à leur ascèse. Dans cette catégorie, mentionnons le dominicain Louis de Grenade et ses excellents sermons ; les jésuites Francis Arias, Louis da Ponte (commentaire sur le Cantique des Cantiques), Eusebius Nieremberg, Nouet (nombreuses meditations), et Rogacci, De la seule chose nécéssaire ; et aussi le cardinal Bérulle, fondateur de la Société de l'Oratoire, auteur prolifique, qui a notamment traité de l'Incarnation ; S. François of Sales, De l'amour de Dieu ; le franciscain Jean de Carthagène, et le capucin D'Argentan. Remarquons aussi Lessius, De Perfectionibus Divinis et De Summo Bono. Les docteurs de la Sorbonne, Hauteville disciple de S. François de Sales et Louis Bail, et plus tard le dominicain Contenson, présentent la Somme d'une façon qui touche à la fois l'esprit et le coeur.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#42 Message par chartreux » ven. 19 oct. 2018 15:05

SWS traduit par le chartreux a écrit : 5. La théologie patristico-historique a été pratiquée particulièrement en France et en Belgique, et surtout par des jésuites, dominicains, oratoriens, par la nouvelle congrégation bénédictine, et aussi par les universités de Paris et du Louvain. Comme on pouvait s'y attendre, ces écrits sont dogmatico-historiques ou traitent de contreverses particulière sur tel ou tel Père, ou telle ou telle hérésie, tel ou tel dogme. Ainsi Garnier a écrit sur les pélagiens, Combesis sur les monothélites, tandis que Morinus composait les traités De Paenitentia et De Sacribus Ordinis ; Isaac Habert, Doctrina Patrum Graecorum de Gratia ; Nicole (c'est-à-dire Arnauld) sur la Sainte Eucharistie ; Hallier, De Sacris Ordinationibus ; Cellot, De Hierarchia et de Hierarchis ; Peter de Marca, De Concordia Sacerdotii et Imperii ; Phil. Dechamps, De Haeresi Janseniana ; Bossuet, Défense des Saints Pères, etc.; et le capucin Charles Joseph Tricassin sur la doctrine augustinienne de la grâce contre les jansénistes. Beaucoup de bon travail a été fait dans ce domaine, mais il est regrettable que comme Baius, beaucoup de théologiens de cette branche historico-théologique comme Launoy, Dupin, les oratoriens, et jusqu'à un certain point les bénédictins de S. Maur, abandonnèrent non seulement l'enseignement scolastique traditionnel, qu'ils trouvaient païen et pélagien, mais abandonnèrent jusqu'à la doctrine même de l'Église, et se firent jansénistes et gallicans. L'Augustinus de Jansenius d'Ypres (mort en 1648) fut le résultat malheureux de l'usage désordonné de grandes prouesses intellectuelles et d'une immense érudition. Le jésuite Pétau et l'oratorien Thomassin s'efforcèrent dans leurs mémorables travaux de traiter toute la théologie dogmatique d'un point de vue patristique et historique ; mais ils ne purent réaliser qu'une partie de leur projet.

Dionysius Petavius (dit Pétau, mort en 1647) ne composa finalement rien d'autre que les traités De Deo Uno et Trine, De Creatione et le De Incarnatione, auxquels il faut ajouter une série d'opusucules sur la grâce, les sacrements, et l'Église. Louis Thomassin (mort en 1695) ne nous a laissé que son De Deo Uno et son De Incarnatione, et quelques courts traités comme De Prolegomenis Theologiae , De Trinitate, et le De Concillis. Des deux, Pétau est globalement le plus positif, le plus modéré, et juste dans sa pensée et son expression ; tandis que Thomassin est le plus riche en idées, mais aussi fantaisiste et demesuré dans sa doctrine et son style. Ils sont complémentaires autant pour le fond que pour la forme, mais ils leur manque cette précision et cette clarté que l'on trouve chez les meilleurs scolastiques.
(à suivre)

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#43 Message par chartreux » sam. 20 oct. 2018 14:03

SWS traduit par le chartreux a écrit : III. La période de décadence peut être considerée comme une sorte d'echo et de continuation de la période qui a précédé, mais aussi un moment de décomposition progressive. Les jansénistes et cartésiens jouaient maintenant un rôle semblables aux Fraticelli pseudo-mystiques et aux nominalistes à la fin du XIIIème siècle. Tandis que l'on continuait et étendait même l'étude de l'histoire et des Pères, on négligea la théologie spéculative et systématique. Ce changement devint manifeste quand on remplaça le format in-folio par l'in-quarto, puis par l'in-octavo et l'in-duodecimo. Les meilleurs travaux dogmatiques de cette période s'efforçent de combiner sous une forme compacte les éléments spéculatifs et polémiques, et pour cette raison s'intitulaient souvent Theologia Dogmatica Scholastica et Polemica , auquel s'ajoutait souvent : et Moralis. Beaucoup de ces livres laissent une impression agréable du fait de leur concision et leur clarté, et sont sans doute d'une grande utilité pratique, mais pèchent par leur construction trop mécanique. Les Allemands s'attachèrent particulièrement à écrire des petits manuels dans tous les domaines de la théologie. Jusqu'ici la théologie positive était traitée surtout en France, tandis qu'en Espagne on s'occupait des questions plus subtiles. C'est maintenant l'Italie qui reprend le flambeau. Des théologiens érudits s'assemblèrent autour du Saint-Siège pour combattre le jansénisme et le régalisme, qui avaient envahi la France et commençaient à frayer leur chemin en Allemagne. Les anciens courants et écoles subsistaient, mais avaient perdu leur constance d'antan. Un courant nouveau était apparu - l'école dite augustinienne, florissante au sein des augustins et aussi à l'Université du Louvain. Ils adoptaient une position intermédiaire entre les anciens courants et le jansénisme.

Parmi les thomistes nous pouvons mentionner Billuart (mort en 1757), le cardinal Gotti (mort aux environs de 1730), Drouin (De re Sacramentaria) et De Rossi (alias De Rubeis). Les deux cardinaux bénédictins, Sfondrati and Aguirre (Theologia S. Anselmi) représentent la classe des thomistes moins rigoureux, et tous deux ont en effet des tendances marquées qui les rapprochent des jésuites.

L'école franciscaine a produit les travaux les plus importants de cete période, qui sont aussi peut-être les écrits scotistes les plus importants de tous les temps : Scotus Academicus seu Universa Doctoris Subtilis Theologica Dogmata hodiernis academicorum moribus accomodata, par Claude Frassen (4 vols. in-folio, ou 12 vols. in-quarto). Les ouvrages de Boyvin, Krisper, et Kick datent de la même époque. Les célèbres pièces du capucin Thomas de Charmes sont d'usage encore courant aujourd'hui.
(à suivre)

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#44 Message par chartreux » lun. 22 oct. 2018 13:41

SWS traduit par le chartreux a écrit : Mais c'est des jésuites que vinrent la plupart des manuels et abrégés. Noel a composé un abrégé de Suarez and Jacques un Synopsis Cursus Theolog. remarquable par sa concision. La Theologia Speculativa d'Antoine est recommandable pour sa clarté, mais moins pour ses opinions morales rigides. L'Allemagne a produit plusieurs manuels utiles, comme par exemple le court manuel pour polémistes de Pichler et celui plus long de Sardagna. Mais le livre le plus important est sans conteste le fameux Theologia Wirceburgensis , composé par le jésuite de Wurzburg Kilber et ses collègues, au milieu du XVIIIème siècle. Il inclut à la fois les éléments positifs et spéculatifs, et c'est vraiment le testament de l'ancienne théologie allemande finissante.

L'école augustienne se rapprochait dangeureusement du jansénisme, mais la dévotion sincère et le respect de la scolastique chez ses représentants les plus éminents l'empêcherènt de tomber dans l'hérésie. Je veux parler de Christian Lupus du Louvain et du cardinal Noris (mort en 1704). Tous deux étaient très versés dans l'histoire ecclésiastique et les Pères, mais ils n'ont écrit que des monographies. Le grand ouvrage dogmatique de cette école augustinienne est le De Theologicis Disciplinis de Laurence Berti, (6 vols in-folio). Le frère carme déchaussé Henry de S. Ignace est plutôt janséniste, tandis qu'Opstraet l'est complètement. D'un autre côté, l'augustinien belge Désirant était un des adversaires les plus irréductibles et les plus doués des jansénistes, et c'est pourquoi ils le surnommaient Délirant.

En France, la société de l'Oratoire, qui paraissait si prometteuse, et qui avait été naguère si riche en historiens érudits, fut complètement absorbée par le jansénisme. Ainsi Duguet, Quesnel, and Lebrun lui-même. Les meilleurs travaux dogmatiques de cette société sont les Institutiones Theol., par Gaspard Juénin, et ses Comment. hist. dogm. de Sacramentis. Les bénédictins français, qui pourtant ne manquaient pas de savoir, n'ont laissé aucun ouvrage systématique. Une partie de la congrégation de S. Maur était très fortement janséniste et gallicaniste. La congrégation de S. Vannes en revanche resta dans l'orthodoxie la plus stricte, et produisit Calmet le grand exégète de son époque, les excellents patrologistes Maréchal et Ceillier, et Petit-Didier l'un des adversaires les plus énergiques du gallicanisme, opposant de valeur à ses confrères Sfrondrati, Aguirre, et Reding.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#45 Message par chartreux » mar. 23 oct. 2018 14:24

SWS traduit par le chartreux a écrit : La Sorbonne était fortement atteinte par le jansénisme, et après 1682 adhéra dans sa presque totalité au gallicanisme virulent du gouvernement français. Il faut pourtant mentionner une tendance qui bien que gallicane était anti-janséniste, representée notamment par S. Sulpice. Mentionnons Louis Abelly (mort en 1619), Medulla Theologiae ; Martin Grandin, Opera theol. (5 vols.) ; Louis Habert (mort en 1718, légèrement janséniste), Du Hamel (gallican à part entière), L'Herminier (gallican), Charles Witasse (1716, janséniste). Tournely était le plus savant et le plus orthodoxe de ce groupe, et ses Praelectiones Theologicae ont eu une grande et heureuse influence avant d'être remplacées par le méchant livre de Bailly. La Collectio Judiciorum de Novis Erroribus, par Duplessis D'Argentré, publiée vers 1728, apporte une contribution importante à l'histoire de la théologie.

En Allemagne, Eusebius Amort (chanoine régulier) fut le théologien universel de son époque ; son maître ouvrage, la Theologia Eclectica, contient beaucoup de théologie positive et d'efforts de préserver les acquis du passé tout en répondant aux problèmes du présent. Nous pouvons également mentionner Veranus (théatin) et les bénédictins Cartier, Scholliner et Oberndoffer, l'abbé Gerbert de Saint-Blaise, ainsi que Joseph Widmann, Instit. Dogm. polem. specul. (1766 ; 6 vols. in-octavo).

Les principaux ouvrages théologiques de cette époque sont des traités polémico-historiques contre le jansénisme, le gallicanisme et le fébronianisme : Viva, s.j., Damnatae Quesnelli Theses ; Fontana, s.j., Bulla Unigenitus propugnata ; Faure, s.j., Commentaire sur l'Enchiridion de S. Augustin ; Benaglio, Scipio Maffei, les dominicains De Rubeis, Orsi, Mamachi, Becchetti, les jésuites Zaccharia, Bolgeni et Muzzarelli ; at aussi Soardi, Mansi, Roncaglia, et le cardinal barnabite Gerdil. L'érudit Pape Benoît XIV, bien qu'il soit plus connu comme canoniste, a écrit sur plusieurs questions dogmatiques. Mais tous ceux-là sont dépassés par S. Alphonse de Liguori (mort en 1787), qui fut élevé à la dignité de Docteur de l'Église par Pie IX, plus en raison de la sainteté de sa vie et de la justesse de ses opinions (particulièrement celles concernant la théologie morale), que pour ses connaissances dogmatiques.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#46 Message par chartreux » mer. 24 oct. 2018 16:21

SWS traduit par le chartreux a écrit : IV. Les principes destructeurs et anti-chrétiens du jansénisme, du gallicanisme, et du régalisme, qui avaient progressivement gagné du terrain pendant la période précédente, amenèrent finalement l'effondrement de la théologie catholique. Ces principes, combinés à la philosophie superficielle de l'époque, et à un respect stupide et déplorable déguisé en tolérance pour la science rationaliste et protestante, ont fait beaucoup de mal, particulièrement en Allemagne. La théologie se réduisit alors à une compilation systématique de notions empruntées à des auteurs d'une meilleure époque, ou plus habituellement à des sources protestantes ou jansénistes. La moindre considération spéculative impliquait un apport de philosophie non-catholique, spécialement celles de Kant et de Schelling. Lawrence Veith, Goldhagen, et les jésuites d'Augsburg, sont de brillantes exceptions à cette règle ; mais le meilleur ouvrage de cette période est sans doute l' Institutiones de Liebermann. Baader, Hermes, et Gunther tentèrent une approche philosophique plus profonde du dogme pour réagir contre la philosophie protestante. Leur efforts montrent une grande force intellectuelle, mais aussi et en même temps, un éloignement de la vraie théologie, et une ignorance au ou moins une négligence des traditions des courants précédents. L'Italie seule préserva la tradition orthodoxe ; bien des auteurs que nous avons nommés plus haut au sujet de la période de décadence ont continué leur oeuvre jusqu'à aujourd'hui.

La tolérance qui fut accordée dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle en Angleterre et en Écosse aux catholiques leur a permis d'y publier quelques travaux doctrinaux. Mentionnons Mgr Challoner (1691-1781), Grounds of the Catholic Doctrine ("Fondements de la Doctrine Catholique"), The Catholic Christian Instructed (" Instruction du chrétien catholique"), The Grounds of the Old Religion ("Fondements de l'Ancienne Religion") ; Mgr Hay (1729-1811), Sincere Christian, Devout Christian, Pious Christian ("Chrétien Sincère, Chrétien Dévot, Chrétien Pieux"), ainsi qu'un traité sur les miracles — dont une excellente edition a été faite par Blackwood à Edimbourg ; et Mgr Milner (1752-1826), dont l'End of Controversy("Fin de Controverse") est aujourd'hui encore le meilleur ouvrage écrit contre la "basse Église" et les "non-conformistes".
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#47 Message par chartreux » jeu. 25 oct. 2018 10:06

SWS traduit par le chartreux a écrit : Quand l'Europe retrouva la paix après les guerres de la Révolution, l'Église se vit dépossédée de ses biens et exclue des anciens centres de savoir. Malgré tous ces points négatifs, il ne manquait pas de signes annonçant une nouvelle époque de progrès théologique qui ne serait pas inférieure aux précédentes. Le mouvement commença en France avec Lamennais, Lacordaire, et Montalembert, et fut continué avec encore plus de vigueur en Allemagne. L'histoire de l'Église fut remise à l'honneur par Dollinger, Hefele, Hergenrother, Janssen, et Pastor ; le droit canon, par Walter et Philips ; l'Écriture, par Windischmann et Kaulen ; le symbolisme, par Mohler ; la dogmatique, par Klee, Kuhn, Knoll, Scheeben, et Schwane ; la théologie et la philosophie scolastique, par Kleutgen. Tous les travaux de cette école allemande sont résumés dans le grand Kirchenlexicon publié par Herder à Freiburg.

En Italie, Liberatore et Sanseverino ont réintroduit la philosophie thomiste ; Passaglia, Perrone, Palmieri, et Franzelin (autrichien) ont composé des traités dogmatiques qui sont devnus des manuels dans à peu près tous les pays catholiques ; les études bibliques de Patrizi et Vercellone sont bien connus. Pour les écrivains français de la première période de cette renaissance, mentionnons spécialement Gousset, Gury, et Craisson ; les travail gigantesque de reproduction des oeuvres des époques passées fait par l'abbé Migne a rendu un très-grand service à la théologie. Malgré la persécution, la France produit aujourd'hui un travail théologique qui convient admirablement bien aux nécéssités présentes. Nous pensons particulièrement au Dict. de Théologie Catholique commencé par l'abbé Vacant ; à la Bibliothèque de Théologie Historique, publiée sous la direction de l'Institut Catholique of Paris ; au Dict. d' Archéologie at de Liturgie de Dom Cabrol ; and à la Bibliothèque de l'Enseignement de l' Histoire Ecclésiastique. Ceq quatres publications marquent un renouveau dans la production théologique. Ils sont composé dans un esprit strictement historique, attentif au développement et à la croissance des doctrines et des institutions. Le Dict. de la Bible de Vigouroux est utile, quoique peut-être de tendance un peu trop conservatrice. On peut en dire autant du Scripturae Sacrae Cursus de Cornely, Knabenbaur, et Hummelauer. Les Etudes Bibliques édités par Lagrange, et les textes et études de la Pensée Chrétienne sont plus avancées.

L'Angleterre et le pays anglophones se sont en général contentés d'importer leur théologie de l'extérieur ; il y a quelques exceptions comme le De Ecclesia de Murray, et la Theologia Moralis, un grand nombre d'auteurs qui ont traité de la controverse anglicane sous tous ses aspects, et les très-utiles ouvrages du cardinal Newman, particulièrement son Development of Christian Doctrine .
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#48 Message par chartreux » ven. 26 oct. 2018 13:33

SWS traduit par le chartreux a écrit :
III. Rôle de la théologie aujourd'hui - plan de cet ouvrage.

Le concile du Vatican a précisé le rôle que la théologie doit jouer aujourd'hui. Dans le Prooemium à la Première Constitution, le concile résume par quelques traits très précis les erreurs dominantes de notre époque (comme cela avait déja été indiqué par Pie IX dans ses allocutions et son encyclique Quanta Cura de 1864). Après avoir noté que ces erreurs ont leur origine dans le rejet au XVIème siècle de l'autorité enseignante de l'Église, le texte remarque la grande opposition qu'il y a pourtant entre ces deux erreurs : les premiers protestants revendiquaient la "Foi seule" et la "Grâce seule" ; tandis que leurs successeurs modernes "ne croient à rien d'autre que la raison et la nature", et
C'est alors qu'a pris naissance et que s'est répandue par le monde cette doctrine du rationalisme ou du naturalisme qui, s'attaquant par tous les moyens à la religion chrétienne parce qu'elle est surnaturelle, s'efforce avec une extrême ardeur d'établir le règne de ce qu'on appelle la raison pure et la nature, après avoir arraché le Christ, notre seul Seigneur et Sauveur, de l'âme humaine, de la vie et des moeurs des peuples. Or, cet abandon et ce rejet du christianisme, cette négation de Dieu et de son Christ ont fait que beaucoup se sont précipités dans l'abîme du panthéisme, du matérialisme et de l'athéisme, si bien que, niant la nature rationnelie elle-même et toute régie du droit et du juste, ils s'efforcent de détruire les fondements de la société humaine.
Cette impiété portant partout ses ravages, plusieurs des fils de l'Eglise catholique s'écartaient, eux aussi, du chemin de la vraie piété, et en eux le sens catholique s'était émoussé par l'amoindrissement insensible de la vérité. Séduits, en effet, par la variété et la nouveauté des doctrines, et confondant à tort la nature et la grâce, la science humaine et la foi divine, ils se trouvent donner aux dogmes un sens détourné de celui que tient et enseigne la Sainte Eglise, leur mère, et mettre en péril l'intégrité et la pureté de la foi.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#49 Message par chartreux » sam. 27 oct. 2018 12:36

SWS traduit par le chartreux a écrit : Il fut aussi projeté d'écrire une autre constitution anti-naturaliste, dans laquelle la Trinité, l'Incarnation et la Grâce auraient été traitées, mais l'interruption du concile en empêcha la réalisation. Deux autres constitutions, sur l'Église et le Mariage, devaient s'occuper de l'aspect social du rationalisme et du naturalisme (autrement dit du libéralisme) mais pour la même raison il n'y eut qu'une des deux qui fût publiée. Cf. Vacant, Études Théologiques sur le Concile du Vatican .

Les erreurs principales que la théologie d'aujourd'hui doit combattre sont donc le rationalisme, le libéralisme et le naturalisme. Contre le rationalisme elle établit le caractère surnaturel du savoir théologique ; contre le naturalisme elle montre l'interconnection des vérités surnaturelles, dans leur sublimité et leur beauté ; et contre le libéralisme elle prouve l'influence de l'ordre surnaturel sur la vie publique et privée des hommes, et précise l'étendue de cette influence. Tout en distinguant attentivement Foi et Raison, Nature et Grâce, la théologie insiste toujours sur la relation mutuelle entre les ordres naturel et surnaturel. Il importe donc plus que jamais de montrer cette union et interconnexion.
(à suivre)

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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique

#50 Message par chartreux » lun. 29 oct. 2018 12:27

SWS traduit par le chartreux a écrit : II. Nous commencerons par traiter de la théologie générale, c'est-à-dire des sources du savoir théologique, la règle de la foi, le motif de la foi, comment nous savons ce qu'il faut croire et comment il faut le croire (De Locis Theologocis) - c'est le sujet du Livre I.

Nous passerons ensuite à la théologie spéciale ; c'est-à-dire le contenu de la Révélation, ce que nous devons croire. La théologie spéciale commence bien sûr avec Dieu - Dieu considéré en lui-même, l'unité de la nature divine, et la trinité des personnes divines (De Deo Uno et Trino) - c'est le sujet du Livre II.

Puis on considère Dieu et sa relation originelle avec l'univers, avec les créatures intelligentes, les anges et les hommes, en tant qu'ils reçoivent leur nature de lui par la création, et aussi en tant qu'ils sont appelés à une union surnaturelle avec lui par la grâce, autrement dit, Dieu comme origine et comme fin de l'ordre naturel et surnaturel (De Deo Creante et Elevante) - c'est le sujet du Livre III.

Cette relation originelle ayant été brisée par la révolte des anges et des hommes, la théologie traite également du péché et de ses conséquences (De Casu Diaboli et Hominis) - c'est le sujet du Livre IV.

L'incarnation remédie à cela en rétablissant l'ordre surnaturel et en permettant une union plus étroite à Dieu (De Verbo Incarnato) - c'est le sujet du Livre V.

On expose ensuite la doctrine de la Grâce, suivant laquelle par les mérites du Christ, l'homme est lavé intérieurement du peché et rétabli en la faveur de Dieu, et rendu capable d'atteindre sa fin surnaturelle (De Gratia Christi) - c'est le sujet du Livre VI.

Sont exposés également les moyens institués par le Verbe Incarné pour la continuation de Son Oeuvre parmi les hommes : l'Église son Corps Mystique, la sainte Eucharistie son corps réel, et les autres sacrements ( De Ecclesia Christi, De Sacramentis ) c'est le sujet du Livre VII.

Et finalement, on s'occupe de l'achèvement ultime de la fin de l'univers, les quatres fins dernières, par lesquelles l'univers retourne à Dieu, sa Fin et son But ultime (De Novissimis) c'est le sujet du Livre VIII.

Note : Les contraintes d'espace nous obligent souvent à affirmer sans prouver. Dans de tels cas, le lecteur ne doit pas se dire a priori que l'affirmation ne peut pas être prouvée.
(à suivre)

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