John Lane sur Vatican II

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chartreux
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Re: John Lane sur Vatican II

#11 Message par chartreux » sam. 18 nov. 2017 10:20

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
De toutes ces vérités liées entre elles découle un trait qui distingue l'Église de toutes les autres institutions humaines - l'assurance qu'elle possède lorsqu'elle prêche l'Évangile. Étroitement associée à cette assurance est son intolérance de tous les usurpateurs, c'est-à-dire de tous ceux qui s'auto-attribuent le rôle de prédicateur sans son autorisation, sans sa mission divine. Pour la même raison elle refuse constamment de rencontrer les autres religions sur un pied d'égalité, comme si la détentrice d'une vérité divinement garantie avait quelque chose à apprendre des inventions de l'homme déchu. Elle peut traiter la faiblesse humaine avec politesse et compassion, mais elle ne saurait compromettre ses droits, qui sont ceux de Dieu.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#12 Message par chartreux » lun. 20 nov. 2017 15:33

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Or, un trait essentiel de ce qui reçut le nom d'"esprit de Vatican II" est précisément l'absence de cette assurance, dans la plus grande partie de la hiérarchie. Sous prétexte d'un désir charitable de guider les hommes vers la vérité avec plus de douceur, de ménager leur faiblesse, d'éviter de tuer le membre blessé, on adopta une approche radicalement nouvelle de la vérité. C'est ce qu'on appelle l'intention "pastorale" de Vatican II. On ne définirait plus de dogmes accompagnés d'anathèmes à ceux qui les refuseraient. On abandonnerait les formulations scolastiques avec tout leur langage technique et leur précision impeccable, pour les remplacer par une discussion qui proposerait plusieurs points de vue sans prescription. On encouragerait la contestation, comme moyen d'entrer dans un "dialogue" qui aurait pour but d'amener le contestataire à la vérité. Cette nouvelle approche répandit tout un ensemble de théories qui excusaient toutes les apostasies passées, la plus populaire étant que l'élément humain de l'Église devait être tenu pour responsable de toutes les hérésies, apostasies et schismes du passé. D'après cette approche, même le refus de la part des païens d'accepter l'Évangile devrait être attribué à des déficiences chez les missionnaires ou chez le clergé. On insisterait sur les points d'accord à l'exclusion des points de désaccord (comme si par le passé l'activité missionnaire avait été mécanique, aveugle et froide, au lieu d'être le débordement de charité héroïque qu'elle fut réellement). Les difficultés des catholiques, et particulièrement des catholiques manquant d'instruction, furent attribués à une supposée déconnexion d'avec les réalités humaines concrètes chez le clergé. Ainsi la tendance à la rébellion chez les jeunes devint un prétexte pour relacher la discipline, l'ignorance humaine un prétexte pour instruire moins, les plaintes du petit nombre qui n'aimaient pas le latin dans la liturgie devint un prétexte pour arracher violemment au plus grand nombre les traditions multiséculaires dont ils jouissaient paisiblement jusqu'ici, et ce, malgré leurs larmes et leurs protestations massives.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#13 Message par chartreux » mar. 21 nov. 2017 13:27

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Sorte de couronnement de ce processus, en 1665 le Saint Office fut démantelé, et remplacé par une nouvelle congrégation, dite pour la doctrine de la foi, dont l'un des rôles serait d'"encourager les nouvelles initiatives doctrinales". Quelques mois plus tard, l'Index des livres interdits était abrogé.

Alors que l'Église avait exigé jusque-là une acceptation complète et inconditionnelle de tout son magistère de tous ses membres, tout à coup la profession de foi apparut comme facultative. En les quelques années qui suivirent la publication du document ahurissant et alarmant de Jean XXIII, Pacem in terris (première apparition historique à Rome du compromis au lieu de la doctrine divinement révélée), il devint manifeste que Rome n'exigeait plus l'unanimité en matière de profession de foi. Cela causa un sentiment débordant de liberté nouvelle et enivrante chez le clergé et les fidèles, qui fut vraiment l'âme de "l'esprit de Vatican II". On se mit à démanteler fébrilement toutes les protections de l'Église, qui était dès lors ouverte à toutes les attaques.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#14 Message par chartreux » jeu. 23 nov. 2017 12:53

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Mgr Lefebvre avait touché cette vérité du doigt dans sa lettre écrite au cardinal Ottaviani un an après la clôture de Vatican II, où il voyait comme cause universelle de tous les maux qu'ils percevait, la chose suivante :
Mgr Lefebvre a écrit : D'une façon plus ou moins générale, à chaque fois que le concile a introduit des innovations il a profondément ébranlé la certitude des vérités que le magistère authentique de l'Église a toujours présenté comme appartenant incontestablement au trésor de la Tradition.
Dans l'analyse de cette séquence infiniment triste d'événements, qui est le résultat d'un activisme cohérent fondé sur une philosophie bien définie (savoir le naturalisme dans sa forme moderniste), la cause centrale devrait être maintenant claire. La foi, qui est le fondement de l'Église, sa première note d'unité, qui consiste en un assentiment surnaturellement aidé de l'esprit aux vérités que l'Église prêche avec autorité, cette foi a été présentée comme quelque chose de facultatif. Selon toutes les apparences, l'Église cessa de prêcher avec autorité. Elle sembla arrêter d'exiger l'assentiment à ses doctrines. Il n'y eut plus aucune discipline appliquée à tous ceux qui doutaient ou niaient, induisaient les autres en erreur, scandalisaient les petits du Christ. À toutes les personnes hors de l'Église, elle apparut hésitante, honteuse de son passé, incertaine de sa mission. Le flot des conversions se tarit.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#15 Message par chartreux » ven. 24 nov. 2017 14:01

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
On a beaucoup débattu sur l'origine précise de ce refus des autorités romaines de traiter la foi comme obligatoire. Mais une chose devrait être suffisamment claire, c'est que ces autorités avaient accepté les doctrines modernistes.

L'un des points centraux du modernisme est la doctrine de l'immanence religieuse. S Pie X explique ce faux principe dans l'encyclique Pascendi :
S Pie X, Pascendi a écrit : Or, tout phénomène vital - et, on l'a dit, telle est la religion - a pour premier stimulant une nécessité, un besoin; pour première manifestation, ce mouvement du coeur appelé sentiment.

Il s'ensuit, puisque l'objet de la religion est Dieu, que la foi, principe et fondement de toute religion, réside dans un certain sentiment intime engendré lui-même par le besoin du divin.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#16 Message par chartreux » sam. 25 nov. 2017 10:30

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
C'est une inversion totale de la foi en Dieu : au lieu d'être causée par des vérités divinement révélées par Dieu, la foi devient un simple produit des sentiments religieux de l'homme. Le Saint Père continue :
S Pie X, Pascendi a écrit : Telle est, pour les modernistes, la foi, et dans la foi ainsi entendue le commencement de toute religion.

Là ne se borne pas leur philosophie, ou, pour mieux dire, leurs divagations.

Dans ce sentiment ils trouvent donc la foi ; mais aussi, avec la foi et dans la foi, la révélation.

Et pour la révélation, en effet, que veut-on de plus? Ce sentiment qui apparaît dans la conscience, et Dieu qui, dans ce sentiment, quoique confusément encore, se manifeste à l'âme, n'est-ce point là une révélation, ou tout au moins un commencement de révélation? Même si l'on y regarde bien, du moment que Dieu est tout ensemble cause et objet de la foi, dans la foi on trouve donc la révélation, et comme venant de Dieu et comme portant sur Dieu, c'est-à-dire que Dieu y est dans le même temps révélateur et révélé. De là, Vénérables Frères, cette doctrine absurde des modernistes, que toute religion est à la fois naturelle et surnaturelle, selon le point de vue. De là, l'équivalence entre la conscience et la révélation. De là, enfin, la loi qui érige la conscience religieuse en règle universelle, entièrement de pair avec la révélation, et à laquelle tout doit s'assujettir, jusqu'à l'autorité suprême dans sa triple manifestation, doctrinale, culturelle, disciplinaire.

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Re: John Lane sur Vatican II

#17 Message par chartreux » lun. 27 nov. 2017 11:19

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
C'est de là que viennent tous les effets de Vatican II, ce qui inclut bien sûr les documents et le fameux "esprit du concile". Le refus d'imposer la doctrine découle de l'idée moderniste suivant laquelle la révélation, au lieu d'être révélée extérieurement par Dieu et attestée par des témoins objectifs et autorisés, est un produit des facultés individuelles de l'homme. De là aussi le respect montré pour les fausses religions, ainsi que le manque d'assurance chez la plus grande partie de la hiérarchie. S'il n'y a pas de révélation extérieure à prêcher et défendre, il n'y a pas besoin de l'assistance divine promise par Notre Seigneur à l'Église ; sans un depôt de vérités claires que les hommes doivent accepter dans leur coeur même, l'objectif ne peut primer sur le subjectif. Dans un paradigme où la conscience individuelle est le début de tout, il ne peut y avoir de moralité objective, ni de loi surnaturelle qui régisse les consciences. La réorientation de la liturgie de Dieu vers l'homme procède du même état d'esprit.

Ainsi, Vatican II fut l'abandon total de la religion révélée. Pas de toute la religion, mais de tout ce qui est révélé dans la religion. Cette analyse est abondamment confirmée par les fruits du concile, qui furent des désastres sans précédent.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#18 Message par chartreux » mar. 28 nov. 2017 10:25

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Que dirons-nous de ceux qui ont amené cette révolte contre la foi ?

Pendant un temps, il était encore possible d'excuser cette déviation de la foi par le postulat écuméniste selon lequel des méthodes plus douces et plus "négotiatives" apporteraient plus de conversions. Mais deux faits majeurs ont rendu cette excuse insoutenable. Le premier fait est l'ensemble des résultats désastreux, et le deuxième fait est la réaction à ces résultats chez ceux qui les avaient produits. À quelqu'un de peu informé aujourd'hui, il peut paraître vraisemblable que la mode libertaire et rebelle des années 60 a en quelque sorte vidé l'Église de ses adhérents, à commencer par les instituts religieux, et causé une crise d'identité chez les prêtres, crise qui a finalement conduit les clercs même les plus matures à abandonner leurs vocations en masse. Mais pour qui a vécu et suivi les événements de près, qui a été chercher les documents et les chiffres et dates de l'évolution de la catastrophe, cette explication est intenable. Les résultats étaient bien trop dramatiques et bien trop clairement liées à des causes évidentes. Des personnes racontant qu'elles avaient été élevées dans une Église où la tradition était sacro-sainte, que rien de significatif ne changeait par ce que Dieu lui-même avait institué l'Église, mais que maintenant que tout changeait elles n'y croyaient plus, de telles personnes n'étaient pas seulement influencées par l'esprit des années 60. Elles étaient véritablement scandalisées par ce qu'elles voyaient s'opérer dans l'Église. Même chose pour les prêtres, dont des dizaines de milliers perdirent leur vocation dans la dizaine d'années qui suivit la clôture du concile.
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#19 Message par chartreux » mer. 29 nov. 2017 11:39

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Quand le naturalisme vint remplacer l'esprit de sacrifice surnaturellement motivé dans les établissements religieux, les résultats furent inouïs. Des communautés entières ont disparu en quelques années. Le scolasticat jésuite du Mont St Michel à Spokane, Washington a été fermé en 1968 par manque de vocations (quelques années auparavant la population y était de plusieurs milliers de personnes). Chez les religieuses, le taux d'apostasie a été si grand qu'aux seuls États-Unis, la population totale des soeurs est descendue de 180000 à Vatican II à moins de 60000 en 2009. Mais même ces chiffres frappants ne disent pas tout. Il y aurait beaucoup à dire sur le mode de vie des 60,000 qui sont restées, qui vivent dans des maisons de retraite et établissement similaires, et en petits groupes presque comme des immigrés, tandis que leurs anciens couvents où naguère des centaines de personnes y vivaient la vraie religion en commun, ont été fermés, et soit vendus soit convertis en des sortes de musées. Et leur foi ? Parmi celles qui sont restées, combien sont encore orthodoxes aujourd'hui ?
(à suivre)

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Re: John Lane sur Vatican II

#20 Message par chartreux » jeu. 30 nov. 2017 9:08

John Lane traduit par le chartreux a écrit :
Souvenous-nous que ces changements ont été annoncés comme des moyens de revivifier l'Église. Quant les résultats se sont avérés diamétralement opposés, les responsables ont-ils regretté et fait marche arrière ? Non. Le mensonge est encore plus manifeste si l'on se souvient que cette catastrophe a été prévue pendant le concile même par des prélats conservateurs. À une conférence de presse en 1962, Mgr de Castro Mayer avait carrément déclaré que rien de bon ne sortirait de l'introduction de la langue vernaculaire dans la liturgie. De nombreuses prévisions catastrophiques furent faites dans et hors du concile par d'autres. Quand ces craintes se sont révélées fondées, est-ce que les progressistes ont remis leurs innovations en question ? Non.
(à suivre)

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