Pensée de Saint Thomas

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Monique
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Pensée de Saint Thomas

#1 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:34


Pensée de Saint Thomas ( L. X. Aubin, C. Ss. R. )


CHAPITRE I


DIEU



Il y a dans l'essence divine plus de perfection qu'aucun nom ne peut exprimer. I, 28, a. 2, ad 2

On dit que Dieu est incompréhensible, mais non dans le sens que quelque chose de lui ne soit pas vu ( au ciel ) , mais qu'on ne voit pas parfaitement tout ce qu'on voit de lui. I. 12, a. 7, ad 2

La plus parfaite connaissance de Dieu que nous puissions avoir ici-bas consiste à savoir qu'il est au-dessus de tout ce qu'une intelligence humaine peut concevoir de lui. Suppl. 92, a. 1, ad 3

Nous ne pouvons savoir de Dieu ce qu'il est. Nous savons de lui ce qu'il n'est pas plutôt que ce qu'il est. I. 1, a. 7, ad 1.

Il n'y a absolument aucun nom que nous pouvons donner à Dieu . Soit dit dans ce sens que sa nature est au-dessus de tout ce que nous pouvons comprendre et par suite exprimer. En effet, nous ne connaissons Dieu que d'après les choses créées, et les noms que nous lui attribuons reposent sur cette connaissance. Aucun de ces noms ne l'exprime parfaitement, parce qu'aucune chose créée ne le représente parfaitement. I. 13, a. 2, ad 1.

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#2 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:35

Moins les noms sont déterminés et plus ils sont généraux et abstraits, plus nous pouvons convenablement les employer à signifier Dieu. Ce qui fait dire à S. Jean Damascène : '' De tous les noms que nous donnons a Dieu, nous devons regarder comme le principal : CELUI QUI EST. Il comprend tout en soi et présente l'être même comme une sorte d'océan de substance infinie et sans bords. I. 13, a. 11.I

Profondeur de Dieu veut dire sa connaissance des choses cachées; hauteur de Dieu veut dire sa puissance qui surpasse toutes choses; longueur de Dieu veut dire la durée de son être divin; largeur de Dieu veut dire son amour qui couvre tout le monde créé. I. 3, a. 1, ad 1.

Dieu est en tout par sa puissance parce que tout lui est soumis; il est en tout par sa présence parce que tout est à découvert et comme a nu devant ses yeux; il est en tout par son essence parce qu'il se trouve en tout comme cause universelle de l'être. I. 8, a. 3.

De même que l'âme est tout entière dans chaque partie du corps, Dieu est tout entier dans tous les êtres et dans chacun d'eux.
I. 8, a. 2, ad

Dieu est d'autant plus parfaitement aimé qu'il est plus parfaitement connu. I- II. 67, a. 6, ad 3.

Dieu étant la cause première des choses, toutes les perfections du monde créé doivent se trouver en lui à un degré supérieur.
I. 4, a. 2.

Entre ses oeuvres et lui Dieu a voulu pousser la ressemblance aussi loin que possible, pour les faire parfaites et pouvoir par elles être connu. Suppl. 34, a. 1

Le doute de certain à l'égard des articles de foi ne doit pas être attribué à une incertitude des choses mêmes: il demeure à la charge de l'intelligence humaine qui est débile. I. 5, ad 1.

L'argument d'autorité est l'argument par excellence de la science sacrée. I. 1, a. 8, ad 2.

Tout ce qui dans les sciences profanes est contraire aux vérités de la science sacrée, doit être condamné comme faux. I.1, a. 6, ad 2

La plus petite connaissance que nous puissions avoir de choses sublimes est plus désirable que la science la plus sûre de choses moindres. I.1, a. 5.

Il y a deux genres de science: une science dont les principes sont connus par la lumière naturelle de l'intelligence...; une autre dont les principes sont fournis par des connaissances plus élevées.
I. 1, a. 2.

Il est impossible que la volonté de Dieu n'obtienne pas son effet. Ce qui semble s'écarter d'elle dans un certain ordre de choses, y retombe dans un autre. Le pécheur, par exemple, autant qu'il est en lui, s'écarte de la volonté divine en péchant, mais il y rentre par la justice. I. 19, a. 6.

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#3 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:38

La volonté de Dieu va plus loin encore que l'effet produit par la chose qu'elle met en mouvement: elle produit cet effet selon la manière propre à la chose qu'elle meut. I-II. 10, a. 4, ad 1.

Nous devons dire que tout est soumis à la Providence de Dieu, et non seulement en général, mais pour chaque chose en particulier.
I. 22, a. 2.

La puissance divine est infinie et opère d'une manière infinie; pourtant le résultat de cette puissance est reçu dans les réalités selon leur capacités et selon le plan de Dieu. III.57, a. 3, ad 3.

Tout ce qui arrive de fortuit ici-bas, soit dans la nature inerte, soit dans les choses humaines, se ramène à une cause qui dispose tout a l'avance, et c'est la Providence divine. I. 116, a. 1.

La Providence de Dieu a l'égard des justes s'exerce d'une manière plus excellente qu'envers les impies: il ne permet pas qu'il arrive quoi que ce soit contre les justes qui puisse finalement compromettre leur salut, car :

'' Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu''. I. 22, a. 2, ad 4.


Il se trouve qu'une chose bonne à un point de vue particulier, cesse de l'être a un point de vue universel, et réciproquement. C'est que quelqu'un peut vouloir quelque chose à un point de vue particulier, mais que Dieu ne veut pas à un point de vue universel. I-II. 19, a. 10.

Celui qui est chargé de pourvoir au bien général permet quelque manque ou défaut dans tel et tel cas particulier, afin de ne pas empêcher un bien qui favorise l'ensemble... Puis donc que Dieu est le Pourvoyeur suprême de tout ce qui existe, c'est l'affaire de sa Providence de permettre qu'il y ait des manques ou défauts dans telle et telle chose particulière, afin de ne pas nuire au bien parfait de l'ensemble. Si tous les maux étaient écartés, l'univers serait privé de beaucoup de biens. I. 22, a. 2, ad 2.

Le Dieu souverainement bon ne permettrait jamais qu'il y eût du mal dans ses oeuvres, s'il n'était tellement puissant et tellement bon que du mal même il puisse faire du bien.
( S. Augustin ) Cela touche donc à l'infinie bonté de Dieu de permettre le mal afin d'en tirer du bien.
I. 2, a. 3. ad 1

Si Dieu avait rayé du monde tout ce qui est une occasion de péché pour l'homme, l'univers serait resté imparfait. Dieu ne devait pas, pour obvier à un mal particulier, nuire au bien de l'ensemble, d'autant plus que Dieu est assez puissant pour tirer le bien de n'importe quel mal. I. 92, a. 1, ad 3.

Tous les maux que Dieu laisse faire sont destinés à quelque bien, pas toujours cependant au bien de celui chez qui est le mal, mais quelquefois au bien d'un autre, ou encore au bien de tout l'ensemble de l'univers. I.-II. 79, a. 4, ad 1.

C'est sans injustice qu'un ouvrier place des pierres, d'ailleurs de même sorte, dans différentes parties d'un édifice. Ce n'est pas la qualité des pierres qui le dirige, mais la perfection de l'ensemble . C'est de la même façon que la sagesse de Dieu a, dès le commencement, fait des créatures inégales et diverses, afin qu'il y eût perfection dans l'univers, et cela sans injustice comme aussi sans existence présupposée de mérites de la part de ces créatures. I. 65, a. 3, ad 3.

Considéré dans sa nature, Dieu est le même vis-à-vis de tout le monde, mais l'ordre de sa sagesse fait qu'il accorde à quelqu'uns, pour certaines raisons, ce qu'il n'accorde pas à d'autres.
I-II. 51, a. ad 1.

La toute puissance de Dieu se montre surtout en pardonnant et en faisant mésiricorde, parce que le libre pardon des péchés est la marque du pouvoir suprême: on ne peut, en effet, pardonner les péchés quand on est lié par une loi supérieure. Une autre raison c'est qu'en pardonnant et en faisant miséricorde, Dieu amène les pécheurs à la participation du bien infinie, ce qui est le souverain effet de la puissance divine. Une troisième raison c'est que la divine miséricorde est le fondement de toutes les oeuvres divines. I. 25, a. 3, ad 3.

L'oeuvre de justice présuppose toujours une oeuvre de miséricorde et s'appuie sur elle. Car a la créature rien n'est dû... En toute oeuvre de Dieu apparaît donc, sa première racine, la miséricorde. Et on ne la trouve pas moins dans tout ce qui suit les commencements , même, elle y est plus forte, attendu qu'un premier élan a plus de vigueur que le second. C'est ce qui fait que Dieu, dans sa grande bonté, en donnant ce qui revient à une créature, donne plus que ce qui est requis en vertu de la nature. I. 21, a. 4.

Marc
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Re: Pensée de Saint Thomas

#4 Message par Marc » mer. 09 sept. 2015 8:40

Grand merci aux intervenants pour les pensées de Saint Thomas d'Aquin sur Dieu.

C'est prodigieux d'INTELLIGENCE !!!

Dans les Saints Coeurs de Jésus et Marie.

Marc.

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#5 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:42

Les animaux ont reçu, de l'intelligence divine, un instinct naturel d'où leur viennent des mouvements intérieurs et extérieurs qui ressemblent aux mouvements dictés par la raison. I-II. 46, a. 4, ad 2.

Si Dieu a pris la nature humaine, ce n'est pas qu'absolument parlant, il aimât l'homme davantage, c'est parce que le besoin de l'homme était plus grand. C'est ainsi qu'un bon père de famille donne à son serviteur malade des mets plus précieux qu'à son fils bien portants. I. 20, a. 4 ad 3.

Quand on parle de la Sainte Trinité, il faut le faire avec précaution et réserve, parce que dit St- Agustin, ''en aucune matière l'erreur n'est plus dangereuse, l'étude plus laborieuse , mais aussi les pensées qu'on y découvre plus fructueuses''. I, 31, a. 2.

Les processions des divines personnes se rapportent aux actes d'intelligence et de volonté: le fils procède comme verbe ( parole ) de l'intelligence, et le Saint-Esprit comme amour de la volonté. Chez les créatures raisonnables douées d'intelligence et de volonté, on trouve une représentation de la Trinité par manière d'image, parce qu'on y rencontre un verbe conçu ( parole ), et un amour qui en provient. I. 45, a. 7.

Dans toutes chose crées en général il y a représentation de la Trinité sous forme de vestige. I. 45, a 7.

La nature est comme un symbole du surnaturel. Par exemple, l'union du corps avec l'âme représente l'union de l'âme béatifiée avec Dieu. Suppl. 75, a 3, ad 2.

Dieu sait tirer le bien du mal et se servir des méchants pour faire beaucoups de bonnes choses. Suppl. 19, a. 5. ad 2.

De même que les mots formés par l'homme sont signes de la science, de même les créatures établies par Dieu sont les signes de la sagessse. I-II.101, a 2.

Plus on possède le souverain bien, plus on l'aime et plus on m'éprise alors toute autre chose. La raison en est que plus on le possède plus on le connait... C'est le contraire qui est vrai dans la recherche des richesses et des biens périssables. En effet, on vient à peine de les avoir qu'on n'en veut plus et qu'on n'en recherche d'autres... La raison en est que nous connaissons mieux leur insuffissance en les possédant. I-II. 2, a, 1, ad 3.

Fin du chapitre.

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#6 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:44

Marc a écrit :Grand merci aux intervenants pour les pensées de Saint Thomas d'Aquin sur Dieu.

C'est prodigieux d'INTELLIGENCE !!!

Dans les Saints Coeurs de Jésus et Marie.

Marc.
Cher Marc,

En effet, les pensées de St Thomas sont remplies de la splendeur de sa doctrine, ce sont des pensées qui méritent de prendre place parmi les meilleurs de ses semblables.

Comme vous dites si bien :

C'est prodigieux d'INTELLIGENCE !


Merci, à vous ! et que Dieu vous garde dans son amour.

Amitiés en Jésus-Christ

monic

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Re: Pensée de Saint Thomas

#7 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:48


CHAPITRE II


NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST




La nature humaine est portée dans l'Incarnation au suprême degré de perfection. III. 1, a. 6.

L'union de l'incarnation ( natures humaine et divine en une seule personne ) est plus forte que celle qui existe entre l'âme et le corps. III. 2, a. 9, ad 3.

Le corps mystique de l'Église ne se compose pas seulement des hommes, mais aussi des anges. De toute cette multitude, le Christ est la tête. En effet, il est plus près de Dieu et reçoit ses dons avec une plus entière plénitude que les hommes reçoivent son influence.
III. 8, a. 4.

Le Christ étant notre tête, ce qui lui est conféré est aussi conféré à nous en lui. III. 58, a. 4, ad 1.

Comme de la tête naturelle dérivent dans les membres le sens et le mouvement, ainsi de la tête spirituelle qui est le Christ dérivent dans ses membres un sens spirituel, la connaissance de la vérité, et un mouvement spirituel, l'impulsion de la grâce. III. 69, a. 5.

De la tête qui est le Christ découle dans tous ses membres la plénitude de la grâce et de la vertu. III. 69, a. 4.

A la société du corps mystique appartiennent les hommes et les anges, les hommes par la foi, les anges par la vision à découvert. III. 80, a. 2, ad 2.

Il y a pour l'homme trois états: l'état d'innocence, de culpabilité et de gloire. Jésus-Christ a assumé les trois états : celui d'innocence par l'exemption de tout péché, celui de culpabilité en s'assujettissant à la nécessité de ce soumettre aux peines de cette vie, celui de gloire en jouissant de la vision béatifique.
III. 13, a. 3.

C'est par un dessein providentiel que dans le Christ la gloire n'a point rejailli de l'âme sur le corps, afin qu'il accomplit le mystère de notre rédemption. II. 54. a. 2.

En des occasions diverses avant de souffrir, Notre-Seigneur revêtit les quatres qualités d'un corps glorieux : la subtilité dans sa naissance en sortant du sein fermé de la très sainte vierge ; l'agilité en marchant à pied sec sur les eaux ; la splendeur dans la Transfiguration ; l'impassibilité à la dernière Cène en donnant son corps à manger à ses disciples. III. 81, a. 1.

La nature humaine du Christ fut l'instrument de sa divinité, mais elle était mue par la volonté humaine. III.18, a. 1, ad 2.


En Jésus-Christ il n'y avait aucun mouvement de la partie sensible qu'il ne fût gouverné par la raison. Bien plus, ; les opérations naturelles et corporelles relevaient de quelque façon de son vouloir, car le Christ voulait que sa chair accomplit et souffrit tout ce qui lui revenait en propre. III. 19, a. 2.

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#8 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:50

Tout, dans la nature humaine du Christ, était mû au gré de la volonté divine, mais pour autant la volonté humaine n'en gardait pas moins son mouvement propre. III. 18, a. 1, ad 1.

Le Christ est la cause de la grâce : par son humanité il en est l'instrument, par sa divinité il en est le véritable auteur.
III. 27, a. 5.

Il n'était pas à propos pour le Christ de mener une vie austère : il devait se conformer à la vie de ceux à qui il prêchait. Cependant, nul ne doit assumer l'office de prédicateur avant d'être purifié et parfait en vertu... C'est pourquoi Jésus-Christ, aussitôt après son baptême, a mené une vie austère, en vue d'enseigner que l'on ne doit se livrer à l'office de la prédication qu'après avoir dompté sa chair. III. 41, a. 3, ad 1.

L'intensité de la douleur se mesure à la sensibilité de celui qui souffre. Or le corps du Christ était d'une constitution absolument parfaite, puisqu'il avait été formé miraculeusement par l'Esprit-Saint. Rien n'est en effet plus parfait que ce qui est produit par miracle. III. 46, a. 6.

Le Christ a voulu souffrir dans sa jeunesse pour trois raisons : 1) Pour marquer davantage son amour en donnant sa vie pour nous lorsqu'il était dans son état le plus parfait ; 2) Pour ne point manifester en lui de diminution physique, pas plus que de maladie ; 3) Pour montrer en lui, par avance, la nature que possèderons les corps après la résurrection future.
III. 46, a. 9, ad 4.

Le Christ fut vraiment vierge, martyr et docteur.
Suppl. 96, a. 8, ad 1.

La charité du Christ souffrant fut plus grande que la malice de ses bourreaux. Aussi plus grande pouvait être la satisfaction qu'il offrit par sa Passion que l'offense de ceux qui le mirent à mort en le crucifiant. III. 48, a. 2, ad 2.

C'est surtout par la foi et l'humilité que les bienfaits de Jésus-Christ tournent à notre avantage personnel. III. 39, a. 3, ad 2.

Dieu a ses raisons cachées de permettre au démon de tromper les hommes en certain cas et en certain temps et endroits particuliers. Cependant, la Passion de Notre-Seigneur est toujours là pour nous offrir un moyen de protection contre la méchanceté du diable. III. 49, a. 2, ad 3.


Fin du chapitre

Monique
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Re: Pensée de Saint Thomas

#9 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:54


CHAPITRE III


LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE




La bienheureuse Vierge Marie, selon qu'elle est la Mère de Dieu, a en quelque sorte une dignité infinie, empruntée au bien infinie qui est Dieu. Sous ce rapport, rien ne peut être fait de meilleur, comme rien ne peut être meilleur que Dieu.
I. 25, a. 6, ad 4.

La foi admet a juste titre que celle qui a engendré '' le Fils du Père, plein de grâce et de vérité '', a reçu elle-même, à un degré inégalable, les plus grands privilèges de la grâce. III. 27, a. 1.

A ceux qu'il destine à un rôle, Dieu accorde les préparations et les dispositions qui les adaptent a leur charge. Chacun reçoit de Dieu la grâce qui convient à son rôle III. 27, a. ad 1.

Plus on est proche d'une cause, de quelque nature quel soit, plus on participe à ses effets... Marie a été la plus proche du Christ selon l'humanité, car c'est d'elle qu'il a reçu la nature humaine. Par conséquent, elle dû obtenir du Christ, plus que n'importe qui, la plénitude de la grâce. III. 21, a. 5.

Il n'y a aucun doute que la sainte Vierge ait reçu, comme le Christ, suivant un mode éminent, le don de la sagesse, la grâce des miracles et même le don de prophétie. III. 27, a. 5, ad 3.

De même que la plénitude de la grâce en Jésus-Christ se déverse sur sa Mère... III .37, a. 4.

Nous croyons que la Très Sainte Vierge fut tout à fait exempte du foyer de péché, à cause de la parfaite sanctification qu'elle reçût de Dieu. Il serait contre la piété filiale de dire qu'elle eut à combattre contre sa chair, puisque de tels combats ont leur origine dans le foyer du péché... Elle fut en butte, cependant, aux combats que suscitent les tentations du démon, lesquels combats le Christ lui-même dut soutenir. Suppl. 96, a. 5, ad 2.


Fin du chapitre

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Re: Pensée de Saint Thomas

#10 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 8:57


CHAPITRE 1V



LES ANGES




Parce que les anges sont des substances immatérielles, il y en a un nombre immense qui dépasse toute multitude de notre monde... La raison en est que ce que Dieu se propose dans la création c'est la proportion de l'ensemble de l'univers, et plus une chose est parfaite plus elle existe en grand nombre. Et de même que dans les êtres qui ont un corps c'est la masse ou la grandeur que l'on recherche, ainsi dans les êtres qui n'ont pas de corps c'est le nombre ou la multitude I. 50, a. 3.

Dans tout le monde créé, les anges sont les êtres qui sont le plus proche de Dieu et qui lui ressemblent davantage. Aussi leur participation à la bonté divine est beaucoup plus étendue et plus parfaite. I. 57, a. 1.

Du fait qu'ils sont naturellement capable de connaître la vérité, les anges et l'âme humaine sont incorruptibles.
I. 61, a. 3, ad 3.

L'opinion qui veut que les anges aient été créées en même temps que les êtres corporels est plus probable. Les anges, en effet font partie de la nature créée et ne forment pas un univers à part. Eux-mêmes et les êtres corporels font un seul univers.
I. 61, a. 3.

Dieu a créé les esprits célestes de telle manière qu'ils se rattachent aux êtres corporels et président à toute la création.
I. 61, a. 4.

Les bons anges sont en plus grand nombre que les mauvais anges, et voici pourquoi: le péché va à l'encontre de la nature; or ce qui est opposé à la nature n'est pas de fréquence occurrence, car la nature atteint son but, soit toujours, soit dans la plupart des cas. I. 63, a. 9.

Le bien que la Providence divine veut à l'homme est de deux sortes : 1) Un bien direct qui consiste en ce qu'on soit porté à bien faire, ou détourné de mal faire. A cela s'emploie les bons anges, 2) Un bien indirect qui consiste à ce qu'on soit mis à l'épreuve par des attaques qui sont contraires au bien. Ceci est l'office des mauvais anges qui, sans cela, seraient devenus après leur fautes des êtres tout à fait inutiles dans l'ordre général des choses. On voit par là qu'il y a pour les démons deux lieux de supplice : un qui résulte de leur faute, et qui est l'enfer ; l'autre qui leur est assigné pour notre épreuve, et c'est l'air ténébreux.
I. 64, a. 4

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