L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

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chartreux
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L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#1 Message par chartreux » sam. 24 févr. 2018 10:55

Le texte qui va suivre n'était pas accessible sur Internet à ma connaissance jusque-là ; il est utilisé comme référence dans une des études de J.S. Daly sur l'hérésie, la pertinacité et la présomption de dol (ici, numéro 9).
Ami du Clergé, n 50, 12 décembre 1907, p 26, colonne de droite a écrit :

QUESTIONS de science ecclésiastique

CONSULTATIONS DIVERSES


Q. -- J'ai dans ma paroisse une école protestante, qui sert de lieu de culte le dimanche. Une douzaine de petits enfants la fréquentent. Deux ou trois familles vont de temps en temps au culte, tout en voulant, prétendent-elles, rester catholiques; et voilà pourquoi elles réclament le baptême pour les enfants qui leur naissent et la première communion pour les enfants fréquentant l'école.
Cependant leur foi est ébranlée. Dans une famille on a blasphémé devant moi la sainte Eucharistie, en se servant d'arguments protestants. Je viens de baptiser néanmoins dans cette famille un enfant, en faisant promettre au père, devant le parrain et la marraine, que cet enfant serait élevé dans la religion catholique.
1° Ces parents tombent-ils sous l'excommunication?
2° Dois-je baptiser les enfants qui naissent dans ces familles absolument récalcitrantes à mes conseils et mes instructions ?
3° En cas de retour complet, dois-je exiger une abjuration de ces personnes, qui ne veulent pas qu'on les
(à suivre)

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Re: L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#2 Message par chartreux » lun. 26 févr. 2018 10:51

Ami du Clergé, n 50, 12 décembre 1907, p 27, colonne de gauche a écrit :
appelle protestantes, et considèrent même ce nom comme une injure ?
4° En cas de mort sans sacrements, et sans aucun regret de leur faute, dois-je leur accorder des obsèques catholiques ?


R. -- Ad I,1° Est-il permis aux catholiques d'envoyer leurs enfants dans les écoles tenues par les hérétiques? — La réponse va nous être donnée par le Saint-Office dans son décret du 17 janvier 1866 adressé aux évêques de Suisse :
I. An liceat parentibus liberos suos hujusmodi scholis (mixtis) inatitnendos committere? — RESP. Generatira loquendo non licere, sed in casibus particularibus judicio et conscientiae Ordinarii id esse relinquendum, cujus tamen erit officii diligenter curare ut, non modo a se et a parochis, verum etiam a singulis genitoribus opportuna remedia adhibeantur, quibus periculum perversionis ab alumnis removeatur, simulque inniti apud magistratus ac praesides, ne vis inferatur conscientiae catholicorum, adhibendo libros qui religioni catholicae sint infensi, ac denique assidue et instanter monere et hortari omnes, atque eos priesertim quibus facultas est, ut liberos suos in alias regiones mittant ubi catholice educentur. [1]
[1] Bucceroni, Enchiridion morale , p. 22. Zitelli, Apparatus, p. 533.

a) Il est interdit à tout catholique qui a une école catholique à sa disposition d'envoyer ses enfants dans les écoles tenues par les hérétiques. Outre la défense de droit naturel qui est fondée sur le péril que courent les enfants confiés aux soins d'un éducateur hérétique, il y a aussi une défense positive, qui résulte du décret que nous citons. Cette règle est applicable ici.

b) Quand, les parents n'ont pas d'école catholique à leur disposition, ils doivent, si leurs facultés le leur permettent, plutôt envoyer leurs enfants dans une autre contrée que de les laisser fréquenter une école hérétique. Les dépenses qui résultent de ces voyages et l'ennui de se séparer des enfants ne sont pas des motifs suffisants pour autoriser les parents à user des écoles tenues par des hérétiques.

c) Dans le cas où il n'y a pas d'école catholique où les parents pourraient envoyer leurs enfants, l'évêque peut autoriser, dans des cas particuliers , les enfants à suivre les classes faites par les hérétiques, mais à la double condition : — qu'il n'y aura aucun livre hostile à l'Eglise ; — et que l'évêque, le curé, et les parents surtout, emploieront les moyens opportuns pour éloigner le péril de perversion.

Y a-t-il, pour les parents, une excommunication de la constitution Apostolicae Sedis à fréquenter quelquefois le temple protestant, sans avoir cedpendant l'intention d'abjurer publiquement ? Nous ne le pensons pas. De fait, l'Ins-

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Re: L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#3 Message par chartreux » mar. 27 févr. 2018 13:08

Ami du Clergé, n 50, 12 décembre 1907, p 27, colonne de droite a écrit :
truction du Cardinal Vicaire du 12 juillet 1878 prévoit ce cas et ne le donne pas comme tombant sous la censure.

Pour que l'assistance aux cérémonies des hérétiques et à leurs sermons soit regardée comme tombant sous la censure de la constitution Apostolicae Sedis, il faut qu'elle ait lieu avec l'intention d'adhérer à la secte, si les arguments donnés paraissent convaincants : « A fortiori poenam incurrunt eamdem, qui intersunt acatholicis functionibus, aut servitiis ceu dici solet, aut praedicandem audiunt, eo consilio ut eidem sese dedant, quatenus , uti impie dicunt, ab eo persuaderi possint [1]. »

[1] Ami, 1899, p. 903.

Quand cette intention n'existe pas, l'entrée dans les temples hérétiques au moment du service et des conférences est défendue, il est vrai, sui gravi , mais la violation de cette défense n'entraîne pas l'excommunication : « Strictissime autem vetatur ingredi mera curiositate et scienter aulas et templa protestantium tempore collationum ; et graviter peccant omnes qui mera curiositate, collationes protestantium auscultant et adsistunt, quamvis materialiter, caeromoniis acatholicis. »

On suppose, dans l'exposé du cas, que les familles en question veulent rester catholiques : c'est exclure l'intention de se faire protestant et, par conséquent, l'excommunication.

Toutefois, comme les dispositions de l'Instruction sont basées sur le droit naturel et ne forment pas une législation spéciale pour Rome, nous devons en conclure que les parents récalcitrants commettent une faute publique grave, sans parler du scandale qu'ils donnent aux autres personnes.

On doit donc les traiter comme des pécheurs publics et scandaleux.

Les parents commettent-ils une faute entrainant l'excommunication en envoyant leurs enfants à l'école protestante? — Si le but était de conduire peu à peu les enfants à l'hérésie par l'instruction reçue de maîtres hérétiques, la réponse serait affirmative; dans le cas contraire, la réponse doit être négative. Les preuves de cette proposition se trouvent dans le raisonnement que nous avons fait pour la réponse précédente.

Or, l'exposé prévoit que les parents veulent faire disposer leurs enfants à la première communion : ce qui suppose nécessairement l'intention bien arrêtée de les laisser dans le sein de l'Église catholique, et écarte la peine.

Les parents en question commettent, il est vrai, une faute grave de scandale contre leurs enfants en les exposant sans motifs et sans précautions à l'influence journalière de maîtres hérétiques ; — une faute grave de scandale contre la paroisse en encourageant les hérétiques par la confiance marquée pour leur enseignement de préférence à celui de maîtres chrétiens et en excitant par leur exemple les autres parents à faire de même ; —une faute grave par le mépris public de la loi ecclé-
(à suivre)

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Re: L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#4 Message par chartreux » mer. 28 févr. 2018 10:31

Ami du Clergé, n 50, 12 décembre 1907, p 28, colonne de gauche a écrit :
siastique qui défend les écoles mixtes tenues par les hérétiques — mais il n'y a pas de peine attachée par le droit positif à la violation de ces lois.

Donc, ici encore, on doit agir en suivant les règles tracées par les théologiens pour les pécheurs publics et scandaleux.

Ad II. « Dois-je baptiser les enfants de ces familles absolument récalcitrantes à mes conseils et à mes instructions ? » —Vous avez dit que ces familles veulent rester catholiques, et nous avons prouvé que l'envoi des enfants à l'école protestante et l'assistance accidentelle des parents aux cérémonies du culte ne constituaient pas par eux-mêmes une apostasie et une adhésion au protestantisme : la conséquence, c'est que ces familles restent catholiques, quoique agissant en mauvais catholiques.

Or, les enfants naissant de parents catholiques, quoique pécheurs publics, ont droit au baptème.

Vous avez donc bien fait de baptiser l'enfant qui vous a été présenté, en exigeant des parents la promesse de le faire élever dans la religion catholique. Faite en présence du parrain, cette promesse aura plus de valeur, le parrain étant tenu par ses fonctions mêmes à veiller sur l'éducation chrétienne de son filleul.

Quant à la première communion, c'est une question d'administration diocésaine. L'évêque seul, en effet, est bien placé pour dire si l'admission à la première communion d'enfants fréquentant l'école protestante peut se faire en respectant les droits sacrés du sacrement de l'Eucharistie et la foi des faibles.

Ad III. En cas de retour complet, faut-il exiger une abjuration ? — L'abjuration n'est nécessaire que pour réparer l'apostasie ; or, il n'y a pas eu profession d'hérésie, comme nous l'avons prouvé. Les blasphèmes hérétiques prononcés en votre présence contre l'Eucharistie ne peuvent constituer une hérésie que si leurs auteurs savent qu'ils sont contraires à la foi catholique et qu'ils persévèrent dans leur affirmation, malgré votre dénégation.

En cas de réscipiscence, il faudrait simplement les regarder comme des pécheurs publics et scandaleux, et leur appliquer les règles relatives à la cessation de l'acte mauvais et à la réparation du scandale soit privé, soit public.

Ad IV. En cas de mort sans sacrements, il faut encore appliquer la règle du Rituel, qui défend de donner la sépulture manifestis et publicis peccatoribus, qui sine poenitentia perierunt . Toutefois on ne saurait trop rappeler l'ordre imposé pour les cas douteux de recourir à l'évêque : « Ubi vero in praedictis casibus dubium occurrerit, Ordinarius consulatur. » (Tit. VI, cap. II, n. 8).
FIN

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Re: L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#5 Message par chartreux » jeu. 01 mars 2018 11:37

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#6 Message par chartreux » jeu. 01 mars 2018 11:38

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Re: L'Ami du Clergé sur les catholiques à l'école protestante

#7 Message par chartreux » jeu. 01 mars 2018 11:38

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