80e anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols

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Abbé Zins
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80e anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols

#1 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:10

Revue [i]Sub Tuum Praesidium[/i], n° 48 - Septembre 1996 a écrit :
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Soixantième Anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols



Il y a 60 [ à présent 80 ] ans, en Espagne, au cours de l'été et de l'automne 1936, des milliers de Prêtres, Religieux et Religieuses, des dizaines de milliers de fidèles, étaient sauvagement assassinés et massacrés, en haine de la foi catholique et de la civilisation chrétienne. La violence, la rapidité, la rage, la cruauté des persécuteurs, l'ampleur du nombre de leurs victimes en un espace de temps si limité, dépasse de loin les plus sanglants temps forts des persécutions sous l'Empire Romain, ainsi que la période même de la Terreur de la Révolution internationale ayant sévi en France en 1793-94.

On ne peut guère la comparer, tout comme la révolution bolchévique encore pire, qu'aux sauvageries des invasions barbares, particulièrement des Vandales et des Lombards : tortures multiples et raffinées, étranglements, égorgements, poignardements, fusillades, pendaisons, viols, personnes brûlées vives, enterrées vivantes, tombes violées, cadavres déterrés, souillés, placés dans les rues, milliers d'églises et chapelles incendiées, pillées, dévastées, hosties profanées, oeuvres d'art saccagées....

« La sauvagerie des hordes marxistes surpasse toute description », publiait « Le Petit Parisien » du 15/9/1936.

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Re: 80e anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols

#2 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:14

Revue [i]Sub Tuum Praesidium[/i], n° 48 - Septembre 1996 a écrit :
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Soixantième Anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols



Tout ceci en ce XXe.S., où l'on n'aura point cessé de répéter : Paix, la paix : « Dicentes, Pax, Pax ! Et non erat Pax, cum non esset pax » (Jer.6,1 ; 8,11), tandis qu'il n'y avait point de paix, mais du jamais vu dans l'horreur et l'esclavage : deux guerres mondiales, goulag, camps de concentrations, génocides, mur de Berlin, rideau de fer et de bambou, lavages de cerveau, etc... « Eo quod deceperint populum meum, dicentes : Pax, et non est pax » (Ez.13,10). Parce que les peuples ont affaire avec des trompeurs, qui couvrent leur guerre acharnée à l'Ordre Chrétien sous le manteau, le voile, le mirage du mot Paix : « Et vident ei visionem pacis, et non est pax » (Ez.13,16).

Comment s'en étonner, puisqu'ils ont fait rejeter par les peuples le doux joug (Mt.11,30) de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Negaverunt Dominum, et dixerunt : Non est ipse ; neque veniet super nos malum » (Jer.6,12), leur ont fait renier le Christ-Jésus, - en se promettant et en leur prétendant qu'il ne leur arriverait aucun mal ou malheur -, puisqu'ils ont projeté d'établir la paix sur un autre fondement que Celui posé par le Seigneur : « Et erit ipse pax » (Mich.5,5), « Ipse enim est pax nostra » (Eph.2,14), car il n'y a point de paix véritable et durable en dehors de celle que donne (Jn.14,27) « le Prince de la Paix » (Is.9,6) !

En face de la sauvagerie de ces nouveaux barbares à allure civilisée, se dressaient la fermeté de la foi, la patience de l'espérance, la générosité et l'ardeur de la charité de milliers d'âmes, qui proclamaient, avant de quitter leur corps, la motivation de leur persévérance et de leur résistance à la fureur impie : « Viva Cristo Rey », « Viva España católica » ou « Arriba España » !

Comment en est-on arrivé à pareille tragédie dans la Catholique Espagne ?

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#3 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:19

Revue [i]Sub Tuum Praesidium[/i], n̊ 48 - Septembre 1996 a écrit :
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Soixantième Anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols



Sources et causes lointaines de cette tragédie contemporaine :

Le relâchement de la vigilance de la Sainte Inquisition permit l'établissement, en 1760, de la première loge espagnole de la société secrète luciférienne de la franc-maçonnerie, sous les dehors d'une paisible association philanthropique.

Celle-ci tissa relativement rapidement la camisole de sa toile d'araignée à travers tout le pays, y suscitant un courant de pensée novateur et y organisant les structures d'un pouvoir parallèle occulte, prêt à sortir partiellement de l'ombre à la première occasion favorable.

L'entrée et l'installation en Espagne des troupes révolutionnaires napoléoniennes en 1808, trouva en ses membres d'actifs propagateurs des « idées de 89 ».

La première Restauration de 1814, puis la seconde de 1823 par le Duc d'Angoulême ayant mis fin à la révolution de 1820 suscitée par les loges, ne firent qu'endiguer un temps le mal, jusqu'à la mort du Roi Ferdinand VII en 1833.

Lors des troubles, qui suivirent l'avènement de sa fille Isabelle, soutenue par les "libéraux" à l'encontre des "Carlistes" favorables au frère du défunt (héritier selon la loi salique), il y eut déjà des faits annonçant ceux du siècle suivant.

Le 17/7/1834 furent assassinés à Madrid une centaine de religieux, des Ordres Jésuite, Franciscain, Dominicain et de la Merci. L'année suivante, 1835, vit le massacre d'autres religieux à Saragosse, Murcia, Reus, Barcelone et dans plusieurs autres villes. Le Colonel Don Magin Vinielles Trepat cite « l'incroyable lettre de l'alcade de Reus au ministre du Gouvernement : "L'assassinat de moines continue, sans aucune nouveauté " ».

Ce libéralisme inspiré et dirigé par les loges, au milieu de l'intimidation, de soubresauts et de troubles politiques et populaires révolutionnaires (1868-70), conduisit tout droit à la proclamation de la Ière République (1873), avec abolition du Concordat avec le Saint-Siège et expulsion du Nonce.

Les luttes des Carlistes conduisirent à la Restauration le 28/12/1874, toujours cependant dans le sens libéral, simplement pour désarmer la résistance légitimiste.

De nouvelles importantes concessions à l'esprit révolutionnaire, sous la poussée du pouvoir occulte parallèle, surtout à partir de 1901, conduisirent à nouveau à l'abolition de la monarchie et à la proclamation de la IIe République le 14/4/1931.

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#4 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:28

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Soixantième Anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols



Nouvelles flambées de violences révolutionnaire :


L'esprit démocratique révolutionnaire et les divisions comme naturelles qu'il engendre entre partis, entraîna des mouvements insurrectionnels à Madrid et Séville, des tentatives de sécessions en Catalogne et dans les provinces basques, des troubles provoqués par des extrémistes, notamment à Bilbao et Oviedo.

En outre, l'esprit anti-Chrétien de la Révolution se fit à nouveau sentir publiquement.

Dès le 11/5/1931, avec la complicité des " représentants de l'ordre", des dizaines de couvents et églises étaient incendiés, dont 55 en 3 jours, à Madrid, Murcia, Málaga, Grenade,Barcelone, Séville, etc....

Manuel Azaña, alors président du Conseil, vociférait : « España ha dejado de ser Católica ! » (l'Espagne a cessé d'être Catholique).

Toutes les expressions du Catholicisme furent persécutées : expulsion des Jésuites en 1932, loi du divorce, suppression des Crucifix dans les écoles....

Le 7/12/1932, dix églises et couvents étaient incendiés à Saragosse, quelques jours plus tard six autres à Grenade. En octobre 1934, pendant la révolte organisée dans les Asturies, 34 ecclésiastiques furent assassinés ; en 1935, 9 autres églises furent incendiées.

Le 3/6/1933, le Pape Pie XI publiait l'Encyclique Dilectissima Nobis pour dénoncer la législation antichrétienne en Espagne. Le 20/7/1933, une loi "légalisait" le vol de toutes les propriétés religieuses, églises et établissements ecclésiastiques.

Suite à la courte et douteuse victoire électorale du Frente Popular, constitué par l'alliance des socialistes, communistes, anarchistes et gauche républicaine, aux élections du 16/2/1936, la persécution religieuse commença à redoubler.

Nombre de Prêtres furent expulsés de leurs paroisses, les autres gênés ou entravés dans leur ministère par des violences, des chansons insultantes, des insultes, des menaces de mort.

Les Catholiques fidèles étaient pareillement moqués et menacés à toutes occasions, les cours de justice ne donnant pas suite à leurs plaintes et favorisant ce terrorisme permanent en laissant ses délits impunis. Dès lors, ils ne firent qu'empirer très rapidement.

Voici la description qu'en donne le pourtant démocrate et libéral Daniel Rops (Un combat pour Dieu, Fayard, Paris, 1963, p.545) :

« 160 églises et couvents furent entièrement détruits par le feu - le journal "le libéral" imprima que c'était les moines eux-mêmes qui l'avaient allumé!- des prêtres et des religieux furent pourchassés dans les villes comme des bêtes ; à Madrid 5 religieuses furent lynchées.

Largo Caballero annonçait "la victoire bientôt totale du drapeau rouge". Les manifestants qui défilaient en chemises rouges, drapeaux rouges déployés, faisaient alterner les cris de " viva Russia ! viva Thälmann [communiste allemand s'étant opposé à Hitler] avec des vociférations contre les prêtres.

En quelques semaines, on compta 269 morts et 1.289 blessés, tous Catholiques....

Et quand le député monarchiste Calvi Sotelo protesta aux Cortès contre l'impunité laissée aux incendiaires et aux assassins, la communiste Dolores Ibarruri, dite "la Passionaria", lui cria : "Ce sera votre dernier discours !".»


Ces faits sont contemporains de la meurtrière dictature stalinienne en Russie, et du Cartel des Gauches en France.

L'assassinat à Madrid du porte-parole des monarchistes, Calvo Sotelo, fut la goutte de sang qui fit déborder le vase de la patience catholique trop longtemps contenue.

Il entraîna la levée du Général Franco, en juillet 1936, bientôt suivi d'une grande partie de l'armée et du peuple.

L'Espagne se vit dès lors scindée en deux zones : Catholique ou nationaliste, et gouvernementale ou rouge.

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#5 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:35

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Sanguinaires buts révolutionnaires :


Le but principalement antireligieux des révolutionnaires fut publiquement affiché par maintes déclarations explicites. Telles celle de ce télégramme "anonyme" expédié de Malaga, auquel fut donné un large écho : « Hier a commencé l'incendie des églises. Demain, il continuera », et de cette algarade provocatrice et intimidatrice du président de la République (en 1936) Azaña : « Tous les couvents de Madrid ne valent pas la vie d'un républicain ».

Au VIe Congrès du PSOE, relate Gómez Llorente en son histoire du socialisme espagnol, Pablo Iglesias, fit cette claire déclaration d'intention : « Nous autres allons plus loin que les radicaux bourgeois. Nous visons la mort de l'Eglise. Nous voulons la disparition des curés et des frères...».

Le 1/5/1936, la député socialiste Margarita Nelke, clama dans un discours public : « Nous avons besoin de gigantesques flambées qui soient aperçues de tous les coins de la planète, et de vagues de sang qui teintent de rouge les eaux de la mer » !

Puis, après la scission de la Catholique Espagne d'avec la ruine publique de la cosmospolitique, le "Lénine espagnol", Largo Caballero, chef du parti socialiste espagnol, chef du gouvernement républicain en 1936, déclara également sans ambages : « Nous ne laisserons pas pierre sur pierre de cette Espagne que nous devons détruire » !

Enfin, après le commencement des massacres en masse, un chef communiste pouvait, dès le 8/8/1936, d'ores-et-déjà déclarer publiquement dans un théâtre de Barcelone :

« Il y avait beaucoup de problèmes en Espagne, et les républicains bourgeois ne se sont point préoccupés de les résoudre : le problème de l'Eglise....; nous autres l'avons résolu en le prenant à la racine. Nous avons supprimé ses prêtres, les églises et le culte » !

A ces déclamations pleines d'emphase, les révolutionnaires voulurent joindre des actes non moins spectaculaires, pour mieux frapper les esprits, terroriser les volontés et meurtrir les coeurs :

« Les barbares rouges, dirigés par des francs-maçons notoires, des athées communistes et des tchékistes juifs, se livraient au massacre, à la persécution et au cirque le plus ignoble avec tout ce qui était Catholique : le tombeau de l'éminent philosophe Jaime Balmes (1810-1848), un génie de la race espagnole, fut profané. On joua au "foot-ball" avec le crâne du grand évêque catalan Don José Torràs y Bagés (1846-1916) [cf. Ecrits de Paris 3:1986, p.31].

Leur haine alla jusqu'au grotesque : le train ne s'arrêtait plus à San Cugat mais à Cugat, et celui qui voyageait à Sans (Saints) ne savait pas comment demander son billet (cf. La Nación, Buenos Aires, 22/12/1983).

L'hystérie athée en vint jusqu'au comble de faire "fusiller" (sic) la statue du Sacré-Coeur de Jésus au "Cerro de los Angeles", à Madrid (cf. Catolicismo, Sao Paulo, n° 418, 10/1985 p.5s), où le Roi Alphonse XIII (1902-1931) en personne lui avait consacré l'Espagne le 30/5/1919).»
(Prof. G.D. Corbi)

Triste programme et réalité, ainsi mentionnés par le Pape Pie XI, dans l'audience spéciale qu'il accorda le 14/9/1936 à des pélerins espagnols ayant fui la zone rouge :

« On dirait qu'une préparation satanique s'est appliqué à allumer en la voisine Espagne cette flambée de haine et cette féroce persécution ouvertement avouée, à l'encontre seulement de l'Eglise et de la Religion Catholique.».

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#6 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:41

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Motivations et nouvelle Croisade de la Catholique Espagne :


Quant à la double motivation de la Catholique Espagne, elle se trouve bien résumée dans la dense lettre pastorale de l'Evêque de Salamanque, le Dr. Plá y Deniel, intitulée : « Les deux Cités » :

« Pour Dieu et pour l'Espagne, notre jeunesse Chrétienne est partie à la lutte.... Pendant ce temps, avec la plus grande affection envers tous, envers ceux qui, sur le champ de bataille, luttent pour Dieu et pour l'Espagne, envers ceux qui, restés à l'arrière-garde, coopèrent à la Sainte Croisade, envers même les brebis un temps égarées, séduites et trompées par de faux pasteurs, mais prêtes à revenir au bercail du Bon Pasteur, à tous nous accordons avec la plus grande affection notre bénédiction pastorale.».

Elle est aussi bien exprimée dans « Le Petit Parisien » du 15/9/1936 :

« Le mouvement dont le Général Franco a pris la tête a pour fin de sauver la civilisation chrétienne occidentale et l'indépendance nationale.».


Heureuse finalité, ainsi exprimée par le Pape Pie XII, dans un radio-message du 16/4/1939 :

« C'est avec une immense joie que Nous Nous tournons vers vous, très chers fils de la Catholique Espagne, pour vous exprimer Notre paternelle congratulation pour le don de la paix et de la victoire par lequel Dieu a daigné couronner l'héroïsme chrétien de votre foi et de votre charité, éprouvé par tant et de telles souffrances. Notre Prédécesseur, de sainte mémoire, espérait avec ardeur et confiance cette paix providentielle, fruit, sans aucun doute, de cette féconde bénédiction que, dans les débuts même du conflit, il adressa à ceux qui s'étaient proposé la difficile tâche de défendre et de restaurer les droits de Dieu et de la Religion

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#7 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:49

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Intense persécution religieuse dans la zone rouge :


La zone tenue par le Frente Popular allait très vite devenir, selon l'horrible programme signalé plus haut, rouge du Sang de milliers de Martyrs.

Les horribles actes de barbarie mentionnés au début, eurent donc lieu en la zone rouge, en laquelle religieux et prêtres surtout, mais aussi militaires et Catholiques fidèles devaient, quand ils le pouvaient, se cacher pour échapper à une mort certaine.


Voici quelques passages du témoignage rendu par le Colonel Vinielle Trepat, caché en la zone rouge :

« La vérité est que la persécution religieuse en la zone rouge atteignit une virulence surhumaine jamais vue, comme d'une brutalité cosmique....

La rapidité avec laquelle on procéda à l'extermination physique de tout religieux, fut vraiment atterrante. Il s'agissait, à n'en point douter, de l'objectif n° 1, de priorité absolue....

En considérant le "modus operandi" de tant d'assassinats et d'incendies, on frémit à la pensée que le sein d'hommes puisse abriter une telle quantité de haine.

Dans le raffinement avec lequel furent exterminés de nombreux religieux, semble se dessiner le propos de tuer non seulement le corps, mais encore l'âme.

J'ai eu le triste privilège d'avoir été un témoin forcé de la haine déchaînée contre l'Eglise. Je n'ai pas besoin du témoignage d'autrui.

Durant trois mois et demi - une éternité - j'ai souffert en ma chair, comme tant de Chrétiens, la terrible expérience du paradis rouge.

Dans les premiers jours où je fus obligé de me cacher, en ma province léridienne, j'ai partagé ma cache avec un jeune prêtre - 26 ans - Angel Pérez Santamaria, religieux clarétain. Homme de Dieu, dont la conduite sereine et remplie de bonté m'a impressionné, doté d'un charisme que possèdent seulement les âmes choisies : un véritable saint. (J'ai des motifs très personnels de l'estimer tel.)

Peu de jours après, je changeais de cachette, pour des raisons qu'il serait trop long de détailler. Mon compagnon de réclusion forcée demeura là, où nous pensions tous qu'il était en sécurité. Malheureusement, il n'en fut pas ainsi. Le Padre Pérez Santamaria fut découvert et assassiné avec barbarie.

Un petit détail : après de premiers coups de feu à bout portant, dont l'auteur fut une femme, le religieux moribond fut attaché à la partie arrière d'une automobile et ainsi traîné un moment, jusqu'à ce que la même femme, pour finir, achève de le tuer avec une véritable furie. (Un témoin, caché dans des buissons, contempla horrifié la scène.)

On pourrait remplir des pages de semblables témoignages.

Un historien, aussi peu suspect [en la matière] que Salvador de Madariaga, déclare ce qui suit :

"Personne de bonne foi et de bien informé ne peut nier les horreurs de cette persécution. Que le nombre de prêtres assassinés soit 16.000 ou 1.600, le temps le dira. Mais que durant des mois, et même des années, le seul fait d'être prêtre suffisait à mériter la peine de mort, soit par les nombreux tribunaux plus ou moins irréguliers qui sortaient du peuple comme des champignons, soit par des révolutionnaires qui s'érigeaient eux-mêmes spontanément en bourreaux, soit par d'autres formes de vengeance ou d'exécutions populaires, est un fait pleinement confirmé".»


Ainsi, seulement à Madrid, sévissaient 226 checas ou institutions de terreur venant tout droit de la Russie soviétisée, sans doute par le biais des 79 agitateurs russes spécialisés, que mentionnent la lettre collective des Evêques espagnols du 10/7/1937.


Ce que D. Rops (p. 546) mentionne ainsi :

« Les Catholiques, acculés à l'option que l'on a dite, se trouvèrent en butte, dans les provinces contrôlées par les troupes républicaines, à une persécution dont la cruauté et l'abjection égalèrent et même dépassèrent parfois celles des pires épisodes de la terreur en France.

Incendies et sacs d'édifices religieux - des richesses inclaculables du patrimoine espagnol périrent ainsi- massacres de prêtres, de religieux, de religieuses, ce lugubre cortège des manifestations de l'anticléricalisme ne fut rien encore à côté de ce qu'on put voir en divers points d'Espagne : prêtres accrochés aux crocs des boucheries, cadavres de religieuses déterrées et livrés à toutes les profanations.

La statistique la plus modérée devait donner comme chiffre des prêtres et religieux tués, 7.534. Mais d'autres indiqueraient 16.750, dont 12 évêques


Le chiffre de 16.750 prêtres massacrés est donné dans "le minutieux travail de l'écrivain français Jean Estelrich" intitulé : La persécution en Espagne (1937), lequel ajoute que 80 % des religieux furent supprimés.

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#8 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:53

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D'éloquents et significatifs chiffres très précis :


Cependant, les chiffres les plus précis et les mieux répertoriés sont ceux fournis dans l' Historia de la Persecución Religiosa en Espaňa (B.A.C. 1961) de Antonio Montero Moreno, p. 736s.

Une liste est publiée, concernant les prêtres, religieux et religieuses, dénombrés par diocèse ou Ordre religieux.

Les chiffres globaux des victimes massacrées sont : 4.184 Prêtres séculiers, dont 13 Evêques, 2.365 Religieux et 283 Religieuses, au total : 6.832 Victimes consacrées, auxquelles il faut joindre l'horrible chiffre de 210.OOO personnes baptisées, hommes, femmes, enfants, vieillards, dont seulement à Madrid : 85.946 hommes, et 617 femmes.

Ce à quoi il importe d'ajouter les victimes militaires de cette affreuse "guerre civile" ou plutôt guerre faite à la Religion : Catholiques : 160.OOO hommes, rouges : 290.000.

Pour ces derniers, une partie ont été vicitimes des luttes intestines entre socialistes et communistes, qui ont jonché de morts notamment les rues de Madrid, du 7 au 12/3/1939.

Notons que des milliers d'âmes avaient été préparées au Martyre par les Exercices Spirituels de Saint Ignace, prêchés spécialement par le R.P. Vallet.

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#9 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:58

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D'éloquents et significatifs chiffres très précis :


Il est bon de citer aussi quelques chiffres détaillés, que voici :

1. Victimes ecclésiastiques dans les diocèses de : Almeria : 65 sur 200, Barbastro : 123 sur 140 !, Barcelone : 279 sur 1.251, Cordoba : 84 sur 257, Cuenca: 109 sur 461, Gerona : 194 sur 935, Jaen : 124 sur 365, Lérida : 270 sur 410, Madrid-Alcala : 334 sur 1.118, Malaga : 115 sur 240, Oviedo : 140 sur 1.180, Santander : 77 sur 505, Tarragona : 131 sur 404, Toledo : 298 sur 600, Tortosa : 316 sur 510, Urgel : 109 sur 540, Valencia : 327 sur 1.200, Vic : 177 sur 652, Zaragoza : 81, sur 819, pour ne citer que les plus élevés.

2. Victimes par Ordres Religieux : Augustins : 155, Bénédictins : 44, Camiliens: 13, Cappucins : 94, Carmes chaussés : 54, Carmes déchaux : 91, Chartreux : 6, Cisterciens : 16, Clarétiens : 259, Dominicains : 132, Ermites : 2, Escolapios : 204, Filipenses : 10, Franciscains : 226, Gabrielistas : 48, Frères de la Charité de la Sainte Croix : 9, Frères Carmes de l'Enseignement : 5, Frères tertiaires Carmes : 3, Frères de Saint Jean de Dieu : 97, Frères des Ecoles Chrétiennes : 165, Frères de la Sainte Famille : 17, Jésuites : 114, Jeronimos : 1, Marianistes : 15, Pères Maristes: 7, Frères Maristes : 176, Ordre de la Merci : 36, Minimes: 3, des Sacrés-Coeurs de Jésus et Marie : 5, des Sacrés-Coeurs (Picpus) : 14, Missionnaires du Sacré-Coeur : 12, des Oeuvres diocésaines : 28, Oblats : 29, Passionistes : 39, Paules : 53, Rédemptoristes : 21, Réparateurs : 1, Salésiens : 93, de Saint Pierre-aux-Liens : 9, Tertiaires Cappucins : 30, Trinitaires déchaux : 21, total : 2.365.

3. Victimes des Ordres de Religieuses : Adoratrices : 26, Augustines : 3, Servantes des personnes âgées délaissées : 5, de l'Ange Gardien : 1, Béates Dominicaines : 2, Bernardines du Saint-Sacrement : 1, Bernardines (de Vellacas): 3, Calasancias de la Divina Pastora : 1, Cappucines : 20, Carmélites chaussées : 4, Carmélites déchaussées : 5, Carmélites de la Charité : 26, Veillantes du Culte Eucharistique : 1, Cisterciennes : 1, Clarétiennes : 1, Clarisses : 3, Comendadoras de Calavatra : 1, Companie de Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila) : 3, Concepción Jerónima : 2, Concepcionistas Franciscanas de San José : 10, Concepcionistas de Le Pardo : 2, Dames Catéchistes : 2, Doctrineras : 17, Dominicaines de la Anunciata : 8, Dominicaines de Montesión : 2, Esclaves de l'Immaculée : 1, Escolapias : 7, Franciscaines du Bon Conseil : 1, Franciscaines des Sacrés-Coeurs: 1, Franciscaines de la Miséricorde : 2, Franciscaines Clarisses de Saint Pascal : 2, Soeurs de la Charité de ND de Consolation : 6, Soeurs de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus : 5, Soeurs de Saint Joseph : 5, Soeurs de la Charité de Saint Vincent de Paul : 30, Soeurs du Coeur Immaculé de Marie : 3, Filles de Saint Joseph : 1, Institution Thérésienne : 1, Minimes de Saint François de Paule : 9, Missionnaires de l'Immaculée Conception : 2, Missionnaires de Saint Dominique : 4, Oblates : 4, Réparatrices : 6, Salesas : 7, Salesianas : 2, Servantes de Marie : 4, Tertiaires Cappucines de la Divina Pastora : 4, Tertiaires Cappucines de la Divina Pastora : 3, Tertiaires Carmélites Déchaussées : 3, Tertiaires Franciscaines de la Purissima : 1, Tertiaires Franciscaines de la Nativité de ND : 1, Trinitaires : 4, Trinitaires Déchaussées : 4, Congrégation non définie : 1, total : 283.

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#10 Message par Abbé Zins » sam. 30 juil. 2016 10:59

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Soixantième Anniversaire de milliers de Martyrs Espagnols



D'éloquents et significatifs chiffres très précis :


La plupart de ces Martyrs ont été exécutés dans les 10 derniers jours du mois de juillet et au mois d'août 1936, un bon nombre encore jusqu'en décembre, les autres de ci - de là, jusqu'en mars 1939, comme l'Evêque de Teruel et 40 autres le 7/2/1939.

« Pie XI les dénomma des "Martyrs au sens strict du terme" (Llorca-Garcia Villoslada-Montalbán, Historia de la Iglesia Cathólica, t.4, p.583, B.A.C. 1963).

Et ce qu'il faut souligner, dans ce Martyrologe espagnol, il n'y a pas un seul cas d'apostasie (id. ibid.).»
(Prof. G.D. Corbi)

A ces victimes, il faut ajouter l'incendie de 3.941 églises ou chapelles, des sacrilèges à l'encontre de la TS Eucharistie, la mutilation de Crucifix, Statues, Oeuvres d'art, etc....

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