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Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 01 juin 2016 11:34
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
IV.
PERSÉCUTION DANS LES ROYAUMES DE SAXUMA ET D'AMANGUCHI.
JACQUES SACOÏAMA. MELCHIOR BUGENDONO. DAMIEN L'AVEUGLE, LÉON XIQUIGEMON.

1604-1608.


Vient ensuite le martyre d'un vaillant chevalier, nommé Léon Xiquigemon ; il était de Jonaï, ville du royaume de Saxuma, et avait trente-neuf ans.

Depuis son baptême, il ne pouvait plus parler que de Dieu ; et lorsque ses amis l'engageaient à prendre part à leurs divertissements, il répondait que, la vie présente étant si courte, il n'avait pas de temps à perdre, pour gagner celle qui n'a point de fin.

Le seigneur dont il était vassal, voulant le faire apostasier sous peine de mort, il protesta qu'il était prêt à mourir pour sa foi. Ce fut en vain qu'on employa ses parents et ses amis pour ébranler sa constance ; il répondit toujours qu'il ne pouvait être infidèle à son Dieu.

Enfin le tyran le condamna à perdre la tête, et il envoya huit soldats pour l'exécuter chez lui. Léon les reçut tranquillement, en les assurant qu'ils n'avaient à craindre aucune résistance de sa part ; il s'habilla ensuite comme pour une grande fête et prit congé de sa femme, qui était païenne, en lui disant : « Si vous m'aimez, et si vous désirez être encore avec moi après ma mort, faites-vous Chrétienne ; autrement, nous serons séparés pour toujours, de toute la distance qu'il y a entre le ciel et l'enfer.»

Il avait deux fils, l'un âgé de dix-sept ans et encore idolâtre, l'autre âgé de sept seulement et baptisé depuis trois semaines.

Il dit au premier : « Mon fils, si tu aimes ton père, tu suivras son exemple, et tu viendras le rejoindre au lieu où il t'attend.»

Puis, il dit au second : « Adieu, mon cher enfant, apprends de moi à sacrifier ta vie plutôt que d'abandonner la Foi.»

Après cela, il voulut être exécuté sur la place publique, afin que tout le monde sût qu'il mourait Chrétien.

Là, il déposa son épée et son poignard, prit en main un chapelet et un crucifix, se recommanda à Dieu, et fit signe au bourreau qu'il n'avait qu'à faire son devoir.

Ce généreux Chrétien eut ainsi la tête tranchée à Sirassa, le 17 septembre 1608.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 01 juin 2016 11:38
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
V.
NOUVELLE PERSÉCUTION DANS LE FINGO,
JOACHIM GIROZAÏÉMON, MICHEL FACIÉMON ET SON FILS THOMAS, JEAN TINGORO ET SON FILS PIERRE.

1605-1609.


Dans le royaume de Fingo, la persécution, qui avait paru s'apaiser, reprit avec une nouvelle intensité. Nous avons parlé de trois gentilshommes charitables qui assistaient à la sainte mort de Simon Taquenda ; ils se nommaient Joachim Girozalémon, Michel Faciémon, et Jean Tingoro, et dirigeaient ensemble une confrérie de la Miséricorde qui faisait beaucoup de bien.

Leur zèle fut cause qu'on les jeta dans une affreuse prison, où Joachim mourut en vrai martyr au bout de deux ans, par suite de ses souffrances.

Ses deux compagnons supportaient ce tourment depuis quatre années, lorsque le roi ordonna de leur trancher la tête, ainsi qu'à leurs enfants.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 01 juin 2016 11:50
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
V.
NOUVELLE PERSÉCUTION DANS LE FINGO,
JOACHIM GIROZAÏÉMON, MICHEL FACIÉMON ET SON FILS THOMAS, JEAN TINGORO ET SON FILS PIERRE.

1605-1609.


Cette sentence leur ayant été signifiée, Michel demanda au chef de la justice d'être crucifié comme Jésus-Christ, et Jean d'être coupé en morceaux. L'officier le leur promit ; mais il n'entendait le faire qu'après leur mort.

En allant au supplice, la corde au cou, Michel marchait d'un pas rapide ; mais Jean avançait lentement, épuisé qu'il était par une grave maladie, et serré si étroitement par la corde, qu'il pouvait à peine respirer.

Pendant qu'ils étaient en chemin, l'officier envoya des soldats pour amener leurs enfants, savoir : Thomas, fils de Michel, âgé de douze ans, et Pierre, fils de Jean, lequel n'en avait que six.

Thomas, en apprenant que son père allait au Martyre conçut un tel désir de la mort, qu'il se hâta de sortir de la ville pour le rejoindre ; et en l'embrassant, il lui dit : « Mon père, voici votre fils Thomas, qui va mourir avec vous pour la Foi. Loin de craindre la mort, je la désire ; nous monterons ensemble au Ciel.»

On attendait Pierre ; mais, comme il tardait, l'officier voulu qu'on pressât l'exécution. Michel fut le premier qui eut la tête tranchée.

On voulait mener Thomas à l'écart pour lui épargner l'horreur de voir le supplice de son père ; mais l'enfant s'écria : « Je veux mourir près de mon père.»

On le conduisit donc auprès de son corps sanglant ; là il présenta sa tête avec un visage riant, en invoquant les noms de Jésus et de Marie, et reçut le coup mortel.

Jean fut décapité le troisième.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 01 juin 2016 11:54
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
V.
NOUVELLE PERSÉCUTION DANS LE FINGO,
JOACHIM GIROZAÏÉMON, MICHEL FACIÉMON ET SON FILS THOMAS, JEAN TINGORO ET SON FILS PIERRE.

1605-1609.


Restait le petit Pierre, qui se trouvait chez son aïeul et avait plus de chemin à faire. Quelques jours auparavant, comme on parlait des souffrances de son père, il avait dit : « On me fera mourir avec lui, parce que je suis Chrétien, et j'en suis bien aise.»

Lorsqu'on vint pour le prendre, iI dormait. Les soldats l'éveillèrent et lui dirent que son père l'attendait pour mourir avec lui. L'enfant se mit aussitôt en marche avec ses gardes, qui le conduisait par la main, et il se hâtait le plus qu'il pouvait.

A cette vue, tous les spectateurs fondaient en larmes. Parvenu au lieu de l'exécution, il s'agenouilla gaiement, et, voyant le bourreau tirer son sabre, il tendit le cou en joignant ses petites mains.

Ce mouvement attendrit l'exécuteur ; il remit son sabre dans le fourreau, et se retira, en disant qu'il n'avait pas le cœur de tuer cet innocent agneau.

Deux autres, envoyés après lui, reculèrent également, en versant des larmes.

Enfin, on ne trouva, pour immoler cette tendre victime, qu'un esclave inhabile, qui, la frappant d'abord sur les épaules, la renversa par terre ; il revint deux fois à la charge, sans réussir à lui trancher la tête, et il fut contraint de la lui scier avec violence ; barbarie qui eût révolté même une bête féroce.

Michel Faciémon, outre son fils Thomas, avait une fille, que les Chrétiens sauvèrent et conduisirent à Arima. Là, un gentilhomme voulut la donner pour épouse à son fils ; et comme on lui représentait que cette jeune orpheline, dépouillée de tout, n'avait point de dot, il répondit : « C'est assez qu'elle soit la fille d'un Martyr.»

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 08 juin 2016 8:34
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VI.

PERSÉCUTION DANS LE ROYAUME DE FIRANDO. GASPARD NIXIGUENCA,
URSULE, SA FEMME, ET JEAN, LEUR FILS.

1609.



A la même époque, trois personnes de qualité furent pareillement mises à mort dans le royaume de Firando. Un chevalier distingué, nommé Gaspard Nixiguenca, demeurait à Jamanda, dont il était seigneur.

Il avait marié sa fille, du nom de Marie, au fils de Condoquisan, gouverneur d'une île. Mais celui-ci, étant idolâtre, voyait avec répugnance dans sa maison une belle-fille professant la Religion Chrétienne ; il ne cessait de faire des efforts pour la pervertir, au point qu'un jour, ne pouvant plus souffrir ses importunités, Marie quitta sa maison, et se retira chez son père.

Irrité de sa fuite, l'idolâtre lui écrivit de revenir chez lui, sous peine d'être dénoncée au roi, qui ne tolérait pas la Religion Chrétienne dans ses Etats.

La pieuse dame lui répondit que sa religion lui défendait de retourner, et que, comme elle était Chrétienne, loin de craindre la mort, elle la désirait.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : mer. 08 juin 2016 8:45
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VI.

PERSÉCUTION DANS LE ROYAUME DE FIRANDO. GASPARD NIXIGUENCA,
URSULE, SA FEMME, ET JEAN, LEUR FILS.

1609.



Condoquisan s'en vengea en accusant Gaspard auprès du roi, qui était un païen débauché. Gaspard fut aussitôt appelé chez les bonzes, chargés de procéder contre les Chrétiens.

A peine y fut-il arrivé, que deux soldats se jetèrent sur lui pour le lier ; et comme il en demandait la cause, les bonzes lui dirent :

« Vous êtes Chrétien, et c'est à ce titre que vous êtes condamné à mort.

— Puisque c'est pour cette cause, répondit le gentilhomme, garrottez-moi tant qu'il vous plaira, et ne craignez pas que je résiste.»


Le lendemain dans la matinée, le gouverneur vint le visiter, et l'exhorta à renier la foi, s'il voulait sauver sa vie, ainsi que celle de sa femme et de son fils, également arrêtés.

Gaspard répondit qu'il était prêt à mourir pour Jésus-Christ , et qu'il demandait seulement la faveur d'expirer comme lui sur la croix. Le gouverneur lui répliqua qu'il fallait pour cela l'assentiment du prince ; il le fit conduire au lieu où il devait être décapité, et voulut, en signe d'honneur, lui trancher lui-même la tête.

Le même jour, les officiers de la justice se rendirent à sa maison, où Ursule, sa femme, et Jean, son fils, étaient gardés.

On voulut leur faire croire qu'on allait les mener en exil avec Gaspard ; mais ils connaissaient déjà son Martyre, et ils partirent pleins de joie, ne désirant rien tant que de mourir aussi pour la Foi.

Chemin faisant, un soldat tira son sabre à l'improviste, et en frappa violemment Ursule ; mais l'arme glissa, et ne la tua point ; la vertueuse dame eut ainsi le temps de se mettre à genoux ; et alors, invoquant Jésus et Marie, elle reçut le second coup qui lui ôta la vie.

Jean, qui la devançait, se retourna sur le bruit ; voyant mourir sa mère, il s'agenouilla comme elle, et eut également la tête tranchée.

Ce triple Martyre arriva le 14 novembre 1609 ; Gaspard et Ursule étaient tous deux âgés de cinquante-quatre ans, et Jean en avait vingt-cinq. Il n'y eut pas de sentence rendue contre Marie, ni contre la jeune épouse de son frère.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : jeu. 09 juin 2016 11:41
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VII.

MORT DU ROI D ARIMA ET PERSÉCUTION EXERCÉE PAR SON FILS. THOMAS ONDA ET SA FAMILLE. FRANÇOIS ET MATTHIEU, JEUNES PRINCES. HUIT MARTYRS BRULÉS VIFS. LE TYRAN PUNI.

1611-1614.



Nous avons à raconter ici la mort édifiante du roi d'Arima, Protais ou Jean, dont nous avons parlé au commencement, mort qui fut suivie d'une horrible persécution dans ce royaume presque tout Chrétien.

L'empereur l'avait déposé et exilé, par suite d'une odieuse intrigue ourdie contre lui par son propre fils, nommé Michel.

Dans son exil, le roi Jean menait une vie très pénitente, pour réparer tous les mauvais exemples qu'il avait donnés, et il ne désirait rien tant que d'expier par sa mort ses iniquités passées. Dieu combla bientôt ses voeux.

Le prince Michel, non content d'avoir ainsi humilié son père, et de s'être assis sur son trône, voulut encore lui ôter la vie.

Il le fit accuser dé plusieurs crimes supposés devant l'empereur ; et celui-ci, ne prenant conseil que de sa haine, le condamna sans examen à perdre la tête ; il envoya cent cinquante soldats pour exécuter la sentence.

C'est la coutume au Japon, que, quand on veut faire mourir un prince, les gens de sa cour le défendent jusqu'à la mort ; mais Jean supplia ses serviteurs de ne point s'opposer à son exécution, et, par affection pour lui, ils obéirent malgré leur répugnance.

De plus, il leur fit jurer de ne point s'ouvrir le ventre après sa mort, conformément à une autre coutume barbare. Il écrivit ensuite à son fils dénaturé une lettre pleine de tendresse, et lui demanda pardon, si jamais il l'avait offensé.

Puis, il se fit lire la passion de Jésus-Christ, et le pria avec larmes d'oublier les péchés de sa vie passée ; enfin il fit placer devant lui un crucifix entre deux cierges, et se mit à genoux attendant le coup de la mort, qu'il reçut avec calme.

La bonne princesse Justa, sa femme, qui était présente, prit la tête de son époux entre ses mains et la baisa ; puis, elle se retira dans son appartement, où elle se coupa les cheveux, indiquant par là qu'elle renonçait au monde.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : ven. 10 juin 2016 11:11
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VII.

MORT DU ROI D ARIMA ET PERSÉCUTION EXERCÉE PAR SON FILS. THOMAS ONDA ET SA FAMILLE. FRANÇOIS ET MATTHIEU, JEUNES PRINCES. HUIT MARTYRS BRULÉS VIFS. LE TYRAN PUNI.

1611-1614.



Le nouveau roi d'Arima, l'infâme parricide Michel après avoir pris possession de tous les biens de son père, déclara la guerre à la religion chrétienne.

D'après l'avis des bonzes, il ordonna par édit à tous ses sujets de lui prêter serment de fidélité, avec le livre des Camis et des Fotoques sur la tête, et déclara coupable de lèse-majesté quiconque s'y refuserait.

Mais les Chrétiens, tout en protestant de leur soumission entière aux ordres du roi, dirent hautement qu'ils ne recevraient pas l'imposition de ce livre infâme ; et plusieurs d'entre eux allèrent le demander, non pour le placer sur leur tête, mais pour le fouler aux pieds.

Informé de ce qui se passait, le tyran les condamna tous au dernier supplice ; cependant, mieux conseillé ensuite, il se contenta d'en faire périr quelques-uns, et envoya les autres en exil.

Ceux qui furent condamnés à mort, subirent leur peine avec joie ; mais les exilés s'affligèrent de n'avoir pas le même bonheur. Nous rapporterons quelques-uns des beaux exemples qui ont signalé cette persécution.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : ven. 10 juin 2016 11:13
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VII.

MORT DU ROI D ARIMA ET PERSÉCUTION EXERCÉE PAR SON FILS. THOMAS ONDA ET SA FAMILLE. FRANÇOIS ET MATTHIEU, JEUNES PRINCES. HUIT MARTYRS BRULÉS VIFS. LE TYRAN PUNI.

1611-1614.



Michel avait à sa cour un vaillant capitaine, nommé Thomas Onda ; ne pouvant souffrir de le voir Chrétien, Il lui ordonna d'abjurer sa foi.

Thomas répondit qu'il ne pouvait trahir le Dieu au service duquel il s'était voué. Là-dessus, le tyran donna ordre au gouverneur d'Arima de le mettre à mort, lui et toute sa famille.

Les amis de Thomas lui conseillaient de s'enfuir pendant la nuit, mais le serviteur de Dieu leur répondit qu'il serait venu tout exprès des extrémités du Japon, afin de mourir pour Jésus-Christ.

ll passa la nuit en prière. Le lendemain matin, le gouverneur le fit appeler sous un faux prétexte. Thomas, pressentant sa fin, embrassa sa mère, sa femme, et ses trois enfants ; puis, il se rendit chez le gouverneur, qui voulut le retenir à diner.

Avant de se mettre à table, le gouverneur se fit apporter une épée, et, la montrant à son hôte, il lui dit : « Que vous en semble ? cette épée est-elle bien propre à couper une tête ? »

Thomas la prit, et devinant bien ce qu'on lui préparait, il la rendit, en disant qu'elle était excellente.

A l'instant, le gouverneur la lui enfonça dans le corps, et l'étendit mort sur la place.

Re: Martyrs du Japon (Saint Alphonse)

Publié : sam. 11 juin 2016 17:07
par Abbé Zins
Saint Alphonse-Marie de Liguori a écrit :
VII.

MORT DU ROI D ARIMA ET PERSÉCUTION EXERCÉE PAR SON FILS. THOMAS ONDA ET SA FAMILLE. FRANÇOIS ET MATTHIEU, JEUNES PRINCES. HUIT MARTYRS BRULÉS VIFS. LE TYRAN PUNI.

1611-1614.



La même chose arriva au frère de Thomas, nommé Mathias.

Mandé par le gouverneur, il prit congé de sa famille et se prépara à la mort ; dès qu'il entra chez le gouverneur, celui-ci, d'un coup d'épée, lui ôta la vie.

Des soldats se transportèrent ensuite à la demeure de Thomas, où se trouvaient sa mère, nommée Marthe, sa femme, nommée Justa, et ses trois enfants, dont deux fils et une fille.

En entrant, ils annoncèrent à Marthe qu'elle devait se disposer à mourir avec ses deux petits-fils.

Cette vénérable dame remercia Dieu de la faveur qu'il lui accordait de verser son sang pour la Foi.

Puis, ayant fait venir ses deux petits-fils, Juste et Jacques, le premier de onze ans, et le second de neuf, elle les embrassa et leur dit :

« Mes chers enfants, votre père et votre oncle sont morts pour Jésus-Christ ; je vais mourir aussi, et vous viendrez avec moi. Êtes-vous contents d'aller rejoindre votre père,qui vous attend au ciel ? »

Les deux enfants répondirent qu'ils le souhaitaient de tout leur coeur ; ils demandèrent seulement quand cela se ferait.

« Aujourd'hui même, dit Marthe ; allez donc faire vos adieux à votre mère, et préparez-vous à la mort.»

Après ces paroles, elle prit aussitôt un vêtement blanc, et en fit faire autant à ses petits puis, elle alla embrasser Justa, sa belle-fille, qui s'affligeait de ne pouvoir mourir avec ses enfants ; elle tâcha de la consoler, en lui faisant espérer qu'un jour elle mourrait aussi pour la foi.

En ce moment, parurent devant Justa ses deux fils vêtus de blanc, qui venaient lui demander sa bénédiction. « Adieu, ma mère, lui dit Jacques ; mon frère et moi, nous allons à la mort pour être Martyrs.»

Cette mère chrétienne embrassa ses enfants avec tendresse, et leur dit, en versant un torrent de larmes :

« Allez, mes chers fils, allez mourir pour Jésus-Christ ; et quand vous serez au milieu du supplice, montrez que vous êtes Chrétiens. Votre père vous attend, et Jésus-Christ vous appelle dans son palais. Allez, et mourez généreusement pour Celui qui est mort pour vous. Lorsque vous tendrez le cou pour recevoir la mort, invoquez sans cesse Jésus et Marie. Que je suis malheureuse de ne pouvoir mourir avec vous ! »