SUR LA PRÉDESTINATION ET LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

Message
Auteur
Avatar de l’utilisateur
InHocSignoVinces
Messages : 2013
Inscription : dim. 26 août 2018 11:43
Localisation : Couronne d'Aragon

Re: SUR LA PRÉDESTINATION ET LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

#21 Message par InHocSignoVinces » jeu. 05 nov. 2020 18:23

[Figures].Les figures de l'ancienne loi nous font voir, à travers leurs
ombres, la vérité que le Fils de Dieu nous a déclarée lui-même dans
l'Evangile :
Que le nombre des élus est fort petit, et celui des réprouvés
fort grand :
Multi sunt vocati, pauci verò electi. S. Paul a employé une de
ces figures à ce sujet, et à l'occasion des Israélites, qui étaient au nombre
de plus de six cent mille, sans compter les femmes et les enfants, voici
comment parle cette apôtre : Patres nostri omnes sub nube fuerunt et omnes
mare transierunt, et omnes baptizati sunt in nube et in mari, et omnes
eamdem escam spiritualem biberunt,
etc ; sed non in pluribus eorum beneplacitum
est Deo.
Voilà quatre choses différentes, qui ne font qu'une même
figure : savoir, une nuée, la mer, un baptême et une viande. Ces Israélites,
qui étaient le peuple de Dieu, furent tous couverts de la même nuée qui
leur servait de guide dans le désert; ils passèrent tous la mer Rouge, ce
qui leur servit de baptême; ils furent tous nourris de la même viande;

et néanmoins, il n'y a eu, de tout ce prodigieux nombre, que Caleb et
Josué qui aient été choisis de Dieu pour entrer dans la terre promise,
et,
de peur qu'on ne vînt à s'imaginer que Dieu en use d'une autre manière
envers les chrétiens, le même S. Paul ajoute : Haec in figura facta sunt
nostri.
Tirons le voile, et, pour faire la juste application de cette
figure, disons que tous les adultes sont à l'abri de la même protection de
Dieu, qu'ils passent tous par les eaux des tribulations, qu'ils ont tous
reçu le même sacrement de Baptême, et qu'ils mangent tous la même
Eucharistie, mais qu'il y en a très-peu cependant qui arrivent au bonheur
éternel, dont la terre promise était la figure.



On peut emprunter au prince des Apôtres une deuxième figure, plus
ancienne que la première, et qui n'exprime pas moins clairement la vérité.
C'est le déluge, qui abîma tout le genre humain, à la réserve de la
famille de Noé, laquelle n'était composée que de huit personnes, qui se
sauva dans l'arche. Il y avait environ deux mille ans que le monde subsistait ;
durant cette longue suite de vingt siècles, les hommes s'étaient
multipliés presqu'à l'infini, et remplissaient tout le monde :
et néanmoins,
de toute cette foule innombrable de peuple, il n'échappa que huit personnes ;
tout le reste fut enseveli dans les eaux du déluge ;
Pauci, id est
octo animae, salvae factae sunt per aquam.
Et S. Pierre ajoute, en parlant
aux fidèles adultes, que c'est de la même manière que le baptême sauve
fort peu de personnes : non pas qu'il n'ait la force d'en sauver davantage,
et universellement tous ceux qui le reçoivent, pourvu qu'ils conservent
jusqu'à la mort la justice qu'ils y reçoivent.



La troisième figure nous est représentée, au chapitre 20 de la Genèse,
dans l'histoire des cinq villes pécheresses qui furent brûlées avec tous
leurs habitants par un feu de soufre descendu du ciel, auquel il n'y eut
que Loth et sa famille qui échappèrent. Ce qui a fait dire à l'apôtre
S. Jude, dans son Epître canonique, que Sodome et Gomorrhe, avec les
villes voisines, nous servent d'exemple en ce que leurs habitants, d'un feu
passager qui est tombé sur eux, ont été précipités dans un feu éternel, où
ils seront à jamais tourmentés. — Je passe toutes les autres figures :
comme de toutes les veuves qui se trouvèrent en nécessité, et de tous les
hommes qui furent frappés de lèpre, la seule veuve de Sarepta fut secourue,
et le seul Naaman guéri, et, comme S. Luc rapporte d'une foule
nombreuse de malades qui s'amassaient dans Jérusalem auprès de la piscine
Probatique, un seul était guéri par la vertu de l'Ange qui remuait
l'eau.



A SUIVRE...

Avatar de l’utilisateur
InHocSignoVinces
Messages : 2013
Inscription : dim. 26 août 2018 11:43
Localisation : Couronne d'Aragon

Re: SUR LA PRÉDESTINATION ET LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

#22 Message par InHocSignoVinces » jeu. 12 nov. 2020 20:29

[Isaïe]. — De toutes les similitudes qu'on apporte pour montrer le petit
nombre des élus, je n'en touche que deux, que nous lisons dans Isaïe,
chap. 24, où il compare les élus au peu d'olives qui restent sur l'olivier
qu'on a dépouillé de son fruit, et qui ont échappé à la vue du jardinier, à
la faveur de quelques feuilles qui les ont couvertes. Et ensuite au peu de
raisins qui restent dans une vigne après que les vendangeurs y ont passé:

Quomodò si paucae olivae quae remanserunt excutiantur ex oleâ, et racemi cum
finita fuerit vindemia.
Le Saint-Esprit a voulu nous donner à entendre,
par ces comparaisons, combien le nombre des prédestinés est petit, comparé
avec la multitude des réprouvés.




APPLICATIONS DE QUELQUES PASSAGES DE L'ÉCRITURE.


Quos scivit, et praedestinavit conformes fieri imaginis Filii sui (Rom. I).
Le Fils de Dieu nous a aimés d'un amour de conformité, en voulant
se rendre semblable à nous, pour nous apprendre à nous sauver ; d'un
amour de préférence, en préférant notre salut à tout ce qui lui était le
plus cher.
Nous lui devons aussi, par un juste retour, un amour de conformité,
en nous rendant semblables à lui:
Quos scivit , et praedestinavit
conformes fieri imaginis Filii sui.
Voulez-vous donc savoir si vous êtes prédestiné ?
Regardez-vous vous-même : êtes-vous semblable à Jésus-
Christ crucifie ? avez-vous un esprit de pauvreté comme lui, un esprit
d'humilité, un esprit de pénitence comme lui ?
Si vous ne réglez pas votre vie sur la sienne, je désespère de votre salut. Nous lui devons encore un
amour de préférence. Jésus-Christ a préféré notre salut à toutes les choses :
n'est-il pas bien juste que nous le préférions à tout, à notre vanité,
à notre ambition, à notre argent, etc. ?



A SUIVRE...

Avatar de l’utilisateur
InHocSignoVinces
Messages : 2013
Inscription : dim. 26 août 2018 11:43
Localisation : Couronne d'Aragon

Re: SUR LA PRÉDESTINATION ET LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

#23 Message par InHocSignoVinces » ven. 20 nov. 2020 15:22

Speramus in Deum vivum, qui est salvator omnium hominum, maxime fidelium (I Tim. iv). J'avoue que Jésus-Christ est le Sauveur des prédestinés d'une façon particulière, parce qu'il les sauve en effet. Mais cela n'empêche pas qu'il ne soit aussi le Sauveur de ceux à qui il a donné les moyens de se sauver quoiqu'ils se damnent par leur faute. C'est ce qu a voulu dire l'apôtre S. Paul par ces paroles : Speramus in Deum vivum, qui est salvator omnium hominum, maxime fidelium. Il est sauveur de tous les hommes en un sens, parce qu'il ne tient qu'à eux de se sauver par lui ; mais il est spécialement sauveur des fidèles, qui se sauvent parce qu'il les conduit dans les voies du salut par une providence particulière. L'Apôtre oppose en ces paroles les fidèles à ceux qui ne le sont pas. Il reconnaît donc que le Fils de Dieu est le Sauveur de ceux mêmes qui ne sont pas fidèles, bien qu'il le soit davantage des fidèles : d'où il suit que, s'ils se perdent et s'ils ne sont pas prédestinés, c'est uniquement par leur faute, puisqu'ils ont un Sauveur qui leur a fourni les moyens suffisants pour se sauver s'ils voulaient s'en servir.


Cum metu et tremore vestram salutem operamini. (Philip, II). — Quand il serait vrai que je fusse du nombre des prédestinés, dit S. Chrysostome, il est de foi que Dieu ne me sauvera jamais sans ma coopération. Or, si je dois travailler avec Dieu, je dois, en me confiant en Dieu, me défier de moi-même, et craindre toujours de me perdre par mon infidélité, lorsque Dieu veut me sauver par sa miséricorde. Mais cette crainte ne doit pas se borner à des terreurs et à des inquiétudes inutiles; elle doit être en nous le commencement de la vraie sagesse, qui consiste à faire que par nos bonnes œuvres nous puissions nous mettre dans une certitude morale de notre salut. Car tout l'ordre de la prédestination est renfermé dans ces paroles, qui toutes communes qu'elles sont, peuvent toujours paraître nouvelles à ceux qui les méditent avec une attention religieuse. Celui qui vous a créés sans vous ne vous sauvera pas sans vous : Qui fecit te sine te non salvabit te sine te. Etant dans le néant, nous ne pouvions pas concourir à l'ouvrage de notre création ; mais, une fois créés, ayant reçu de Dieu la liberté pour le bien et pour le mal, n'est-il pas juste que nous coopérions avec Dieu à l'ouvrage de notre sanctification, et la puissance de mériter que Dieu nous a donnée doit-elle demeurer inutile ?


A SUIVRE...

Avatar de l’utilisateur
InHocSignoVinces
Messages : 2013
Inscription : dim. 26 août 2018 11:43
Localisation : Couronne d'Aragon

Re: SUR LA PRÉDESTINATION ET LE PETIT NOMBRE DES ÉLUS

#24 Message par InHocSignoVinces » mer. 02 déc. 2020 20:00

Auferetur à vobis regnum Dei (Matth. xxi). — S. Grégoire-le-Grand fait une belle réflexion sur ces paroles que le Fils de Dieu dit aux Juifs : Le royaume de Dieu vous sera ôté. Hé ! quel autre que vous, ô mon Dieu ! peut ôter aux pécheurs votre royaume ? N'en êtes-vous pas le maître souverain ? et ne l'ôtez-vous pas quand votre justice l'ordonne? Par quel mystère donc, Seigneur, ne dites-vous pas : Je leur ôterai mon royaume : Auferam à vobis regnum meum ? Le Sauveur nous marque par cette expression, répond ce Père, que ce n'est pas Dieu qui ôte aux pécheurs la grâce et son royaume, mais que ce sont leurs propres péchés qui sont cause de cette punition, et qui leur attirent ce malheur. Il ne dit pas : Son royaume vous sera ôté ; pour nous faire comprendre que, si nous nous perdons, nous ne pouvons en accuser la bonté de Dieu, et que nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes si nous sommes réprouvés.


A SUIVRE...

Répondre

Revenir à « Questions et réflexions théologiques, philosophiques et morales »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités