LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#21 Message par InHocSignoVinces » sam. 18 juil. 2020 19:55

Saint Vincent de Paul, ayant reconnu, par expérience et
d'une manière singulière, combien saint Joseph était puissant,
le choisit pour protecteur de ses séminaires et il en étendit le
culte à toutes les maisons de sa pieuse congrégation. Il proposait
saint Joseph aux prêtres comme un parfait modèle. Il
disait que, ayant eu le privilège d'élever le Fils de Dieu fait
homme, Joseph avait reçu le pouvoir de défendre et de garder
les membres du sacerdoce. En outre, saint Vincent recommandait
instamment à ses missionnaires de confier au Père putatif
de Jésus leurs travaux apostoliques et de répandre le plus possible
sa dévotion parmi les fidèles.



Saint Jean-Baptiste de la Salle voulut mettre l'institut des
Frères de la Doctrine Chrétienne sous la puissante protection
de saint Joseph, il récitait chaque jour les litanies du Saint et
il voulait que ses religieux en fissent autant, afin d'obtenir
l'esprit dont était animé saint Joseph lorsqu'il prenait soin de
l'Enfant-Jésus.


La fête de saint Joseph fut établie comme une des fêtes principales
de la Congrégation et des plus solennelles.



Lui-même travaillant avec ardeur à imiter le Père putatif
de Jésus dans son abandon à la divine Providence, sa docilité
à la voix de Dieu, sa vie cachée, sa parfaite chasteté, son tendre
amour envers Jésus et Marie. Il se rendit ainsi si parfait en
toute vertu qu'il semblait être une image vivante de saint Joseph.
Réduit à l'extrémité, aux approches de la fête du Saint, il désirait
vivement pouvoir célébrer la sainte messe en ce jour
qui lui était si cher ; or subitement il se trouva mieux et il put
offrir plein de joie le sacrifice de notre salut. Après il retomba
malade et il mourut, en souriant, de la mort des justes.



C'est un fait incontestable, dans le cours des âges, les plus
beaux génies comme les saints les plus illustres par l'autorité
de leur doctrine et par l'éclat de leurs oeuvres, sont venus successivement
s'incliner devant saint Joseph et le signaler dans
les termes les plus magnifiques à la vénération des peuples.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#22 Message par InHocSignoVinces » mar. 21 juil. 2020 12:18

CHAPITRE III - Dévotion à saint Joseph au Canada


Depuis longtemps la dévotion à saint Joseph fleurit en France.
Déjà au XIVe siècle, on avait établi des confréries sous le patronage
du bienheureux Patriarche. Avignon vit naître la première ;
c'était une confrérie de jeunes filles auxquelles on donnait
chaque année, à la fête de saint Joseph, un bouquet de fleurs
odoriférantes pour leur rappeler, dit un vieil auteur, que la
modestie devait être en elles une fleur et un parfum.



C'est au même siècle que le culte de saint Joseph, déjà très
populaire parmi les Français, trouva des apôtres fervents dans
les deux hommes de génie qui exercèrent successivement la
charge de chancelier à l'Université de Paris, Pierre d'Ailly et
son disciple, l'illustre Gerson. On peut dire que ce dernier fut
possédé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire
de saint Joseph. Il le célébra dans ses discours ; il le chanta
dans ses poésies ; il lui consacra un traité d'un charme naïf
en même temps que d'une érudition profonde ; enfin il ne cessa,
par sa parole, par sa plume, par son influence, de travailler à
la gloire du Saint qu'il avait choisi pour protecteur et en quelque
sorte pour ami.



Non content d'avoir fait passer cette précieuse dévotion dans
le coeur des princes, des prélats et des docteurs, par ses lettres
aussi solides que pressantes, il la fit connaître d'une manière
plus solennelle encore dans la circonstance que voici : chargé
de prêcher devant les Pères du Concile de Constance, en 1417,
le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, il consacra une bonne
partie de son discours aux louanges de son auguste Epoux. Il
en parla avec tant de force et de conviction qu'il laissa cette
grande assemblée pénétrée d'admiration pour l'orateur et de
dévotion pour le Saint.



De son côté, le maître de Gerson, Pierre d'Ailly, avait écrit
un livre intitulé Les douze honneurs de saint Joseph. " Ce fut,
dit son panégyrique, la première trompette qui publia en France
les singuliers avantages de sa dignité, de ses offices et de ses
pouvoirs. "



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#23 Message par InHocSignoVinces » ven. 24 juil. 2020 18:40

Depuis Gerson, de nombreux ouvrages ont été publiés en
France à la gloire de notre grand Saint, et traduits dans toutes
les langues ; leur multitude seule suffirait pour attester la
tendre dévotion des fidèles de ce grand royaume envers le digne
Epoux de Marie.



Au jugement du Cardinal Pie, les panégyriques de saint
Joseph par Bossuet, sont à la fois les plus magnifiques monuments
élevés à la gloire du héros et les chefs-d'oeuvre les plus
accomplis du théologien et de l'orateur. Ils produisirent leur
effet. Le gouvernement royal prit des mesures pour favoriser
dans tout le pays le culte du saint Patriarche. Par lettres datées
du 22 mars 1661, Louis XIV commanda, aux évêques que sa
fête "fût désormais célébrée dans le royaume avec plus de
solennité que par le passé, que le peuple cessât son travail afin
de mieux vaquer à honorer et à servir Dieu en la fête de ce
grand Saint : car Dieu l'a choisi pour être l'Epoux, le témoin,
le gardien de la bienheureuse Vierge Marie, et il est le premier
auquel après Elle il a donné connaissance du mystère de l'Incarnation."



Il ne faut donc pas être surpris de voir cette belle dévotion
implantée dans notre cher Canada, dès les premiers jours de
son existence par ceux qui, il y a déjà des siècles, quittaient le
beau pays de France pour venir promener sur les bords inhospitaliers
de nos fleuves et de nos lacs le signe de la Rédemption,
la croix de Jésus-Christ qui partout où elle a été plantée et respectée
a toujours abrité des peuples civilisés et heureux.



Grâce à eux, après avoir rempli l'Europe de ce suave parfum,
cette dévotion s'enfonça dans nos forêts vierges et embrasa
tout le Canada ; elle fut pour les missionnaires un auxiliaire
puissant et des milliers de sauvages firent retentir, au coucher
du soleil, les bois et les prairies du Nouveau-Monde, des hymnes
en l'honneur du Père Nourricier de Jésus.



En 1624 se fit une solennité religieuse à laquelle assistèrent
tous les habitants de Québec et un grand nombre de sauvages
et, ce jour-là, saint Joseph fut proclamé par le Père Joseph le
Caron " le Patron de la Nouvelle-France et le protecteur de
cette église naissante. "



Cette première consécration solennelle, faite parles Récollets,
se renouvela en 1637 sous le gouvernement de Montmagny.
Voici en quels termes le Père Lejeune parle de cette consécration
dans les relations des Jésuites : " La fête du glorieux saint
Joseph, Père Patron et Protecteur de la Nouvelle France, est
une des grandes solennités de ce pays. La veille de ce jour qui
nous est cher, on arbora le drapeau, et l'on fit jouer le canon.
Monsieur le Gouverneur fit faire des feux de réjouissance aussi
plein d'artifices que j'en ai vus en France. D'un côté, on avait
dressé un pan sur lequel paraissait le nom de saint Joseph en
lumières, au-dessus de ce nom sacré brillait quantité de chandelles
à feu d'où partirent dix-huit ou vingt petits serpenteaux
qui firent merveille. Le jour de la fête, l'église fut remplie de
monde et de dévotion, quasi comme en un jour de Pâques,
chacun bénissant Dieu de nous avoir donné pour protecteur
l'ange gardien, pour ainsi dire, de Jésus-Christ son Fils. C'était,
à mon avis, par sa faveur et ses mérites que les habitants de
la Nouvelle-France, demeurant sur les rives du grand fleuve
Saint-Laurent, ont résolu de recevoir toutes les bonnes coutumes
de l'ancienne et de refuser l'entrée aux mauvaises. "



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#24 Message par InHocSignoVinces » mar. 28 juil. 2020 19:01

Madame de La Peltrie, fondatrice des Ursulines de Québec,
en 1639, était évidemment remplie de confiance en saint Joseph.
Voici ce qu'on lit dans la vie de la Vénérable Mère Marie de
l'Incarnation, première supérieure de cette ancienne maison.



" Madame de La Peltrie, aussi distinguée par les qualités
de son esprit que par les vertus éminentes de son coeur, lisant
un jour la relation d'une mission que les Pères de la Compagnie
de Jésus faisait chez les sauvages du Canada, se sentit vivement
pressée de coopérer au salut de ces pauvres âmes. Pendant
qu'elle méditait sur le moyen d'exécuter ses pieux projets, elle
fut attaquée d'une maladie très grave et si extraordinaire que
les médecins, n'y comprenant rien, n'attendaient plus que sa
mort. Réduite à cette extrémité, cette dame ne perdit pas de
vue ce pieux désir. Dieu lui-même, au milieu de ses douleurs
lui inspira la pensée de faire un voeu à saint Joseph. Elle savait
que c'était sous la protection de ce grand Saint que les missionnaires
avaient entrepris la conversion de ces peuples idolâtres
du Nouveau-Monde ; elle promit donc, s'il plaisait au Saint
de lui rendre la santé, de fonder et de doter à ses frais une maison
d'éducation chrétienne pour les jeunes filles de cette contrée.
A l'instant même où la malade eut prononcé son voeu, le Saint
l'exauça. Toutes ses douleurs, qui étaient des plus violentes,
disparurent en un clin d'oeil. Le médecin qui la trouva dans
cet état, si différent de celui de la veille, en fut aussi joyeux que
surpris. Madame, lui dit-il, que sont donc devenues ces douleurs
si aiguës ? Monsieur, lui répondit-elle gracieusement, mes
douleurs sont parties pour le Canada. Et elle ne tarda pas d'accomplir
son voeu. "



C'est en 1639 que les Hospitalières de Québec quittèrent la
France pour venir au Canada se donner tout entières au soin
de nos pauvres malades. Le vaisseau qui les amenait était sur
le point d'arriver au terme du long voyage et l'annaliste de
l'Hôtel-Dieu de Québec nous dit ce qui arriva :



" La fête de la Sainte Trinité fut remarquable par un accident
qui manqua de nous arriver ; nous avions un très bon vent
arrière et nous nous réjouissions dans l'espérance qu'un si beau
temps abrégerait la longueur de notre traversée, lorsque tout
à coup, après la messe, il s'éleva un grand bruit et l'on cria qu'on
était perdu ; l'effroi avait déjà saisi tous les passagers ; les
uns criaient miséricorde, les autres couraient chercher l'absolution
et le Père était assez occupé à exhorter tout le monde à
la confiance en Dieu. Le danger paraissait évident. C'était
une glace d'une grosseur énorme et d'une prodigieuse hauteur
contre laquelle notre navire allait se briser, si la divine Providence
ne nous eût secourus miraculeusement. Chacun se portait
à prier selon sa dévotion ; la nôtre nous fit avoir recours au
grand saint Joseph à qui nous fîmes un voeu. Aussitôt, quoique
toutes les voiles fussent tendues et gonflées par le vent, et que
le pilote commandât une manoeuvre contraire à celle qu'il
fallait faire, le vaisseau fit un détour si subtil que la glace qui
était fort proche devant nous se trouva derrière. Ce qui changea
la crainte en actions de grâces et nous échappâmes ainsi au péril."



En 1642, Mademoiselle Mance fonda l'Hôtel Dieu de Montréal
et mit cette bienfaisante institution sous le puissant patronage
de saint Joseph.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#25 Message par InHocSignoVinces » jeu. 30 juil. 2020 12:02

En 1663, Monseigneur de Laval fonda le Séminaire de Québec
et il le dédia à la Sainte Famille. Puis il établit la Confrérie
de la Sainte-Famille ; le Pape Alexandre VII l'érigea canoniquement
en 1665 et il l'enrichit d'indulgences. Dans une lettre
de 1668, le premier évêque de Québec parle avec affection du
bienheureux saint Joseph, Patron spécial de cette Eglise naissante.



En 1693, Monseigneur de saint Vallier établit une Confrérie
en l'honneur de saint Joseph et il exhorta ses prêtres à faire
tous les efforts possibles afin de répandre chez les fidèles confiés
à leur soin la dévotion à ce grand Saint et leur faire prendre
l'habitude de s'adresser, dans tous leurs besoins, à
ce protecteur
si bon, si puissant qui semble avoir le droit de commander
à Dieu même dans le Ciel.



Le culte de saint Joseph remonte donc aux premiers jours
de l'histoire de notre cher pays. Il n'a fait qu'augmenter avec
les années et aujourd'hui il s'en va triomphant à travers tout
le pays, par la Fête très solennelle du 19 mars, par la Fête du
Patronage universel de saint Joseph, par la récitation de Litanies
approuvées, par le culte ravissant de la Sainte-Famille, par
un mois que tous les fidèles, encouragés par Rome, célèbrent
avec joie, par l'usage qui se répand de son scapulaire. Il triomphe
intimement dans une multitude d'âmes qui aiment à redire
souvent avec foi et confiance :
" Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi
dans ma dernière agonie ! Jésus, Marie, Joseph, faites que
je meure en paix en votre compagnie. "



Et depuis quelques années, saint Joseph s'est plu a manifester
sa puissance dans un Oratoire que la piété des fidèles a élevé
en son honneur aux pieds de la Montagne de Montréal, dans
la paroisse de Notre-Dame des Neiges qui est sous la direction
des Révérends Pères de Sainte-Croix. Des milliers de pèlerins
se rendent à cet oratoire pour prier le chaste Epoux de Marie.
Les riches, les grands de la terre y vont pour obtenir les secours
dont ils ont besoin pour faire un saint usage de leurs biens et
offrir de riches dons en reconnaissance de bienfaits reçus. Les
pauvres, les malheureux y vont pour déposer aux pieds du Père
Nourricier de Jésus l'offrande de leurs sueurs, de leurs peine,
de leurs misères, et lui demander de vouloir bien les changer
en fleurons qui orneront la couronne dont leur tête sera entourée
dans le Ciel.



Cet oratoire est devenu un lieu de pèlerinages, c'est-à-dire
un de ces lieux où Dieu se plaît à manifester sa puissance et sa
bonté, un lieu où se donnent rendez-vous toutes les infirmités
humaines, où les peuples se sentent attirés et où ils se rendent
pour en revenir meilleurs.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

#26 Message par InHocSignoVinces » dim. 02 août 2020 19:38

CHAPITRE IV - Joseph, l'homme juste

Joseph autem vir ejus, cum esset justus.
Joseph, son Epoux, était un homme juste.


Dans une petite ville de la Galilée, appelée Nazareth, vivait
un pauvre artisan. Cet homme gagnait son pain à la sueur de
son front, en exerçant la profession de charpentier. Son nom
était Joseph. Il était de race royale, car il descendait de la noble
famille de David, roi d'Israël ; mais les richesses s'évanouissent
comme la fumée ; bien souvent les revers font déchoir les plus
nobles familles et les réduisent à l'état le plus misérable. Le
fait est que Joseph était pauvre et obligé de vivre du travail
de ses mains.


Les hommes le plus souvent n'accordent leur estime qu'en
raison des biens qu'on possède, des emplois qu'on occupe et
des habits qu'on porte;
mais Dieu n'agit pas comme les hommes ;
il observe le fond du coeur et si le coeur est riche de grâces et
de vertus, cela lui suffit.
Les richesses, les honneurs, les dignités,
les apparences, les grandeurs de ce monde n'ont aucun
poids dans la balance du Seigneur ;
la vertu seule a de l'importance.


C'est ce que les pauvres ne devraient pas oublier ; c'est ce
qui devrait empêcher d'envier le sort des riches de ce monde.
Avec leur pauvreté ils peuvent être, aux yeux de Dieu, plus
grands que les monarques ; ils peuvent être aimés, estimés,
honorés de Dieu plus que les puissants de ce monde.



C'est ce qui advint à Joseph. Il était pauvre, mais vertueux ;
pauvre des biens de la terre mais riche de mérites et de grâces,
faible et méprisé du monde, mais noble et glorieux devant le
Seigneur.



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