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Re: Défense des Papes et de la Papauté par S. Robert Bellarm

Publié : jeu. 07 juil. 2016 19:08
par Abbé Zins
Saint Robert Bellarmin [i]De Romano Pontifice[/i] a écrit :
Saint Robert Bellarmin De Romano Pontifice

Livre IV Du Pouvoir Spirituel du Souverain Pontife


Ch. VIII Des erreurs faussement imputées à des Pontifes Romains, à Pierre, Lin, Anaclet, Télesphore, Victor, Zéphyrin, Urbain, Pontien, Corneille et Marcellin, qui furent non seulement Pontifes mais en outre Martyrs.



Le troisième que reprennent ceux de Magdebourg (ou Magdebourgeois) en cette même centurie (L. 2 ch. 10 col. 627) est (S.) Anaclet, pour avoir bâti et orné un mémorial en l’honneur de Saint Pierre, alors que le B. Pierre démérita tellement devant l’Eglise qu’il eût été digne que sa mémoire soit tout à fait oubliée.

En ce cas, si le bienheureux Anaclet était répréhensible d’avoir établi un modeste monument en l’honneur de Saint Pierre, quel énorme péché, je le demande, aurait commis Constantin d’avoir édifié une somptueuse Basilique en l’honneur de Saint Pierre, et de l’avoir orné de tant d’objets en or et en argent ? (1)

(1) Argument ici employé de manière proportionnée vis-à-vis des Protestants, révérant davantage les pouvoirs publics et la puissance séculière que le pouvoir spirituel.

Assurément, le très noble écrivain Caius, proche des temps apostoliques, comme le mentionne Eusèbe (de Césarée) au L. 2 ch. 25 de son Histoire (ecclésiastique), appelle les sépulcres des S. Pierre et Paul les trophées des Apôtres, qui soutiennent l’Eglise de Rome comme de très fermes colonnes.


(S.) Jean Chrysostome (hom. 32 in Rom.), affirme son grand souhait de venir à Rome afin de pouvoir vénérer les corps et les tombeaux des S. Pierre et Paul.

Comme un grand et puissant corps, dit-il, (Rome) a deux yeux pleins d’éclats, à savoir les corps de ces deux Saints. Le ciel resplendit d’un moins vif éclat quand le soleil verse ses rayons que la ville des Romains dardant sur toute la surface des terres ces deux lumières fulgurantes.

Et plus loin : Qu’elles sont précieuses les deux couronnes dont cette Ville est ornée. De quelles chaînes d’or elle est entourée ! Quelles fontaines elle possède ! Pourtant, je célèbre cette Ville non pas pour l’abondance de son or, ni pour ses colonnes, ni pour aucune de ses autres beautés, mais à cause de ces colonnes de l’Eglise. Qui donc me donnera de rester auprès du corps de (S.) Paul, de m’attacher à son tombeau, de voir la poussière de ce corps.. ?

Et ensuite : C’est ce corps qui sert de rempart à la Ville éternelle, plus invincible, plus inexpugnable que tous les forts, que tous les retranchements. Et aussi le corps de (S.) Pierre, qui vivant reçut les hommages de (S.) Paul, écrivant : « Je suis monté voir Pierre.» (Gal. 1,18).

Théodoret aussi, en sa lettre à Léon, après avoir loué Rome pour de multiples autres motifs, le fait ensuite principalement en raison des tombeaux des Apôtres ; qui (comme il s’exprime lui-même) illuminent les âmes.

J’omets de multiples autres témoignages qui pourraient être ajoutés. Car il est prévu de traiter en son lieu des reliques des Saints en une étude propre.