Poésie

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Re: Poésie

#11 Message par Laetitia » dim. 24 févr. 2019 23:16

   

Marie, en cheminant, repassait dans son cœur
Quelques prédictions concernant le Sauveur :
« Cieux faites pleuvoir votre douce rosée
Et que notre salut sorte de la nuée !
Tous les peuples par Lui seront bénis du ciel :
Quel astre a vu Jacob, quel sceptre en Israël !
De Jessé sortira cette branche divine
D'un rejeton portant sa fleur en sa racine.
Ah! réjouissons-nous, un enfant nous est né,
Tressaillons d'allégresse, un fils nous est donné. »

Un superbe tableau sous ses yeux se déroule ;
La Vierge voit passer, comme une immense foule,
Les générations des âges ténébreux
Qui fuyant la lumière ont cherché de faux dieux.

Elle voit trois mille ans d'un affreux paganisme
Faisant courber les fronts au pied d'un fétichisme
Honteux et dépravé. Devant des dieux d'airain
Se prosternent la Grèce et l'empire romain,
Sans en rougir de honte. Au sein de la louange
L'orgueil berce les Grecs ; en une mer de fange
Rome s'est enfoncée : elle dort du sommeil
Qu'apporte la victoire, et jamais le soleil
De paix ne vit briller une telle épopée.
Étalant sa splendeur à l'ombre de l'épée.




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#12 Message par Laetitia » lun. 25 févr. 2019 10:47

  

De ces peuples rivaux Jésus ne naîtra pas :
L'opulence pour Lui n'aura jamais d'appas.
Le pays d'Israël doit être sa patrie,
Ce secret n'est alors connu que de Marie
Qui donnera sous peu le jour à son Sauveur,
Le Fils de l’Éternel, Jésus le Rédempteur.

Sur leurs ailes de flamme, en nombreuses phalanges,
Aux chants de doux concerts l'accompagnent les anges.
En offrant des bouquets. La rose lui sourit.
Cette reine des fleurs en sa langue lui dit :
« Salut ! reine des Cieux ! Salut ! ô nouvelle Ève !
Le fruit de votre sein, ce doux fruit d'une sève
Fraîche et réconfortante, en ce monde est donné,
Pour corriger le fruit amer, infortuné,
Et rempli de poison de la première femme. »
Comme au jardin d’Éden une voûte de flamme,
Pure comme les feux d'un soleil du midi,
Et le vert tendre et frais d'un vallon reverdi,
Resplendissait alors. Sur la pelouse douce
Et sur les pieds touffus d'une légère mousse,
La Vierge poursuivait, sans peine et sans sueurs,
Les tortueux sentiers bordés de fraîches fleurs.
Elle arriva bientôt.                                                    


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#13 Message par Laetitia » lun. 25 févr. 2019 21:29


                                                            Élisabeth Surprise
En voyant sa cousine est de bonheur éprise.
Quelle visite ! ô jour de salut ! Le Sauveur,
Le Dieu des nations avec son précurseur,
Encore tous les deux inconnus à la terre,
Se rencontrent. Telle est la démarche première
De Jésus : venir par sa mère vers saint Jean,
Qui connaît son Sauveur par la sienne.                     

                                                                                           Un élan
D'amour divin transporte Élisabeth, l'inspire
En sublimes accents, l'exalte et lui fait dire :

« Pourquoi venir me voir ? D'où me vient cet honneur ?
Marie, en vous je vois la mère du Seigneur
Promis depuis longtemps. Entre toutes les femmes
Est béni votre nom. Comme un foyer de flammes
Le fruit de votre sein, également béni,
Échauffera les cœurs d'un amour infini.
Le trône de David retrouve ainsi sa gloire ;
Le peuple d'Israël peut chanter sa victoire. »


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#14 Message par Laetitia » lun. 25 févr. 2019 22:40


En ces transports divins, dans un suprême amour,
Le regard empourpré comme l'est un beau jour.
Qu'ils sont doux les accents de la Vierge Marie !
Débordant de bonheur, alors son cœur s'écrie :

« Mon âme glorifie, exulte mon Seigneur,
Mon esprit est ravi de joie en mon Sauveur.
Tous les siècles diront que je fus bienheureuse,
Car Dieu dans sa bonté miséricordieuse
De ses dons m'a comblée.                                                         

                                                                               Oui, Dieu seul est puissant !
Envers l'humble et le pauvre on le voit bienfaisant.
Celui dont le Saint Nom est grand dans la clémence,
A voulu de son bras déployer la vaillance.

Les superbes ont vu leurs trônes enlevés,
A leurs yeux ont été les petits élevés.
Aux affamés il a donné la nourriture,
Comme aux petits oiseaux il donne la pâture.

Les riches se sont vus les mains vides de biens,
Les enfants d'Israël sont devenus les siens.

Dieu n'a pas oublié la sublime promesse
Qu'il fit à Abraham, au jour de la détresse,

Et ce grand patriarche et sa postérité,
Verront de siècle en siècle, ainsi que décrété,
La promesse accomplie. »                                                            



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#15 Message par Laetitia » mar. 26 févr. 2019 10:44

                                                O Mère du Messie,
J'admire vos transports ! belle est la poésie
De ce chant plein d'ardeur ! Ce cantique est riant
Comme les frais palmiers d'azur en Orient.
Marie ! écoutez sous les voûtes antiques,
Dans les immenses nefs des églises gothiques
De nos grandes cités, dans nos humbles hameaux.
Écoutez ces accents pour nous toujours nouveaux :
« Magnificat, » dit-on, « Magnificat. » Les plages
Des deux mondes au bruit des superbes ramages
Des oiseaux font monter vers les cieux azurés
Cette hymne de l'amour, ces versets inspirés.


Mollement balancé par la vague folâtre
Le nautonnier le chante au bruit des flots. Le pâtre
Le murmure gaîment en gardant son troupeau :
C'est le chant de la mère en mouvant son berceau ;
Le bûcheron hâlé dans les bois le fredonne ;
En des jours solennels, le pontife l'entonne
A la voix de l'airain dont les sons véhéments
Se mêlent aux accords du roi des instruments.

Marie ! est-ce assez ? Non, tout dans la nature
Le redit, c'est le chant de toute créature.


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#16 Message par Laetitia » mar. 26 févr. 2019 13:00

Combien, en y songeant, ce mystère m'émeut ;
Jésus ! Jésus caché, préside à tout. Il meut
Marie en l'envoyant chez sa chère cousine ;
Il meut Élisabeth de la touche divine
D'un grand transport de foi qui lui fait admirer
La merveille en Marie opérée. Attirer,
En faisant tressaillir de bonheur Jean-Baptiste
Dans le sein de sa mère, est l'œuvre de l'artiste
Divin qui régit tout. C'est autour de son doigt
Que tournent les soleils. L'ordre qui règne voit
En Lui l'ordonnateur qui commande au tonnerre,
Et de son souffle agite et fait tourner la terre,
Qui soulève les flots, partage les saisons,
Fertilise les champs, fait mûrir les moissons,
Et sème, en souriant, les perles de l'aurore
Aux fraîches fleurs des bois que le soleil colore,
Qui commande aux autans de quitter leurs liens
Pour jeter dans l'effroi les deux méridiens.
C'est le même Jésus qui meut aussi les âmes,
Qui s'empare des cœurs et leur donne des flammes
Pour s'élever à Lui. La force de l'aimant
N'est rien au prix des feux de ce divin amant,
Opérant dans un saint ce dévoûment sublime
Qui s'empare du monde et gagne son estime.


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#17 Message par Laetitia » mar. 26 févr. 2019 22:13

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La naissance de Notre-Seigneur

                                                              Il vous est né un Sauveur (S. Luc, 11.11.)

Les temps sont accomplis, Jésus vient en ce monde.
Qui pourrait mesurer l'humilité profonde
D'un Dieu fait homme ? — Ici, quoiqu'on pense au hasard,
Jésus commande encore et fait agir César
Qui proclame un édit. « Au pays de naissance
Chacun devra venir — disait cette ordonnance —
Pour inscrire son nom aux registres du lieu.»

Marie et son époux voient là le doigt de Dieu :
Car c'est à Bethléem où naîtra le Messie,
C'est ce qu'avait prédit d'ailleurs la prophétie,
Et l'univers s'agite afin de l'accomplir.


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#18 Message par Laetitia » mer. 27 févr. 2019 10:14

Auguste, dans un songe, avait vu l'avenir ;
La Sibylle disait dans l'antre du mystère :
« César, vois dans l'azur ce cercle de lumière :
Regarde bien, contemple une Vierge au milieu.
Son sein porte et nourrit un nouveau-né, son Dieu,
Le tien, celui du monde, ayant toute puissance.
Adore cet enfant, au jour de sa naissance. »

Auguste émerveillé du prodige du ciel
Au premier-né de Dieu fit construire un autel.
César Auguste, ayant l'Europe pour empire,
Se montre ainsi fidèle à la foi qui l'inspire.
Tandis que les Romains, avides de plaisirs,
Ne s'occupent alors que d'ignobles désirs :
Chaque foyer cachait quelque mystère immonde
Qui séduisait les mœurs en infectant le monde.

Le vice ainsi dormait dans sa fange éhonté
Et la foi n'avait plus qu'une pâle clarté,
Tel un reste de feu qui décore la nue
Quand les ombres du soir annoncent leur venue.
Pauvre peuple, pourquoi fermer ainsi les yeux ?
Ce n'est pas étonnant, chaque vice a ses dieux !


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#19 Message par Laetitia » mer. 27 févr. 2019 11:26

La maison de David, Bethléem, fut ton lustre,
Jadis, mais aujourd'hui, ton fils le plus illustre
Va se rendre chez toi : c'est le roi d'Israël,
Le Roi des nations, le Créateur du ciel.


Les parents de Jésus quittent la Galilée
Pour prendre le chemin qui conduit eu Judée.
La monture du pauvre est la leur. A travers
La campagne ils s'en vont. A l'ombre d'arbres verts,
Contre un soleil ardent, ils se mettent en garde.
Toute la cour du ciel les suit et les regarde.


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Re: Poésie

#20 Message par Laetitia » mer. 27 févr. 2019 21:43


Le terme du trajet fut atteint en cinq jours.
L'aspect de Bethléem est gai. Ses alentours
S'élèvent par degrés, comme un amphithéâtre.
En arrière ou y voit une masse bleuâtre ;
Les rochers de Moab, tranchant sur l'horizon,
Puis se dresse bien lourd le mont Hérodion ;
Ce point de l'Orient est brillant : c'est splendide
Au midi ! Qui n'admire avec un œil avide,
Le désert de Juda, ses monts aux sommets bleus
Que l'on prendrait au loin pour des tas sablonneux ;
Le hameau Beid-Saour, où Booz avait son aire :
Ces tableaux sont vivants !                                                      

                                                                   La ville était prospère
A cette époque-là. Pour le recensement.
On venait de partout, et difficilement
Le riche s'assurait place à l'hôtellerie.
Le pauvre était banni. Pour Joseph et Marie
La porte fut fermée. Hélas ! Dehors trompeur,
C'est ainsi qu'à tout œil tu caches le Sauveur ?


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