Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

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Monique
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Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

#101 Message par Monique » ven. 26 août 2016 16:04

SECONDE PARTIE


Le bien que nous faisons aux âmes du purgatoire, devient pour nous une source de grâces.
Si vous faites du bien, ce bien plaira beaucoup. Faites donc du bien au juste et vous en recevrez une grande récompense; sinon de lui, au moins du Seigneur ( Eccli. XII. 2. )


Dans la crainte que les motifs supérieurs que nous venons d'exprimer, tels que le zèle de la gloire de Dieu, la charité envers les âmes souffrantes, n'aient pas assez de force pour certaines personnes trop occupées de leur intérêt personnel, il me semble nécessaire d'exposer les grands avantages que nous pouvons recueillir pour nous-mêmes en travaillant à soulager, a délivrer les âmes du purgatoire. Procurer des suffrages à nos soeurs exilées, c'est prêter à une sainte usure.

Parmi toutes les œuvres de la charité chrétienne, il n'en est point de plus profitable que celles qui s'appliquent à la délivrance des âmes du purgatoire. Un savant docteur, Martin de Roa, dit que les satisfactions appliquées aux vivants sont semblables à des richesses confiées à un vaisseau voguant sur la mer. Nous ne perdons jamais, il est vrai, le mérite de nos bonnes œuvres lorsqu'elles ont Dieu pour principe; néanmoins elles courent le risque, lorsqu'elles sont appliquées aux vivants, d'être sans résultat pour eux; car pauvres navigateurs sur la mer orageuse de ce monde, ils sont à chaque instant assaillis par les flots de la tentation, en danger de faire naufrage et d'être engloutis dans les abîmes éternels.

Il n'en est pas de même du trésor des bonnes œuvres amassé en faveur des défunts; il est en sûreté pour eux comme pour nous: pour eux, puisque nos suffrages paient leurs dettes à la divine Justice et leur ouvrent le ciel; pour nous, puisque toutes les âmes que nous délivrons, deviennent nos avocates et nos protectrices au ciel. Elles exercent même cette protection du sein de leur exil.

Ces âmes qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, ne cessent d'intercéder pour ceux qui travaillent à leur délivrance; et Dieu se plait à exaucer leurs charitables prières.

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#102 Message par Monique » lun. 29 août 2016 0:27

C'est du reste ce que nous enseignent deux illustres docteurs, le cardinal Bellarmin et Suarez. Voici les propres paroles de ce dernier: « Ces âmes sont saintes, chères à Dieu; de plus, elles ont pour nous, toute la tendresse qu'inspire la charité la plus parfaite; elles savent au moins d'une manière générale les périls qui nous environnent et le besoin que nous avons du secours divin.

Pourquoi donc ne prieraient-elles pas pour nous, alors même qu'elles paient avec leurs souffrances, les dettes qu'elles ont contractées envers la divine Justice? N'en est-il pas ainsi de nous sur la terre? Tout débiteurs que nous sommes envers le Ciel, laissons-nous pour cela d'intercéder les uns pour les autres? Les saints patriarches qui étaient dans le sein d'Abraham, priaient pour les vivants ainsi que les saintes-Ecritures nous l'apprennent de Jérémie et du grand-prêtre Onias. »

Si donc ces âmes prient pour leurs bienfaiteurs, soyons certains qu'elles sont écoutées favorablement ; car elles sont les filles bien-aimées du divin Maître.

Sainte Catherine de Bologne assure que lorsqu'elle désirait quelque grâce, elle avait recours aux âmes du purgatoire et en était toujours exaucée. Elle ajoute même une chose étonnante; elle déclare que plusieurs faveurs qu'elle n'avait pu obtenir des saints du ciel, lui ont été accordées par l'intercession des âmes. Si du sein de leur exil, ces âmes protègent ceux qui leur viennent en aide, quelles faveurs ne leur obtiendront-elles pas, quand elles jouiront de la gloire du paradis?

On a toute raison de croire que les premières faveurs qu'elles demandent alors à la divine Miséricorde, sont pour ceux qui leur ont ouvert les portes du ciel. Or, elles ne cesseront point de prier toutes les fois qu'elles les verront dans quelque péril ou quelque nécessité. Dans les désastres, les maladies, la pauvreté extrême, les persécutions, les accidents de toutes sortes, elles seront leurs aides vigilantes. Leur protection deviendra plus puissante encore, quand il s agira de l'âme: victoire sur les tentations, acquisition des vertus, assistance à l'heure de la mort et délivrance des peines de l'autre vie.

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#103 Message par Monique » mer. 31 août 2016 18:56

Le cardinal Baronius, dont le témoignage est d'une si grande autorité, raconte qu'une personne très-pieuse avait à soutenir au moment de la mort une lutte épouvantable contre les démons: tout-à-coup, elle vit s'ouvrir les cieux et en descendre des milliers de combattants blanches armures; tous l'entourèrent et lui promirent leur assistance dans ce terrible et dernier combat.

Émue jusqu'aux larmes d'une si admirable protection, elle demanda à ses défenseurs qui ils étaient « Nous sommes, répondirent-ils, les âmes que vos suffrages ont tirées du purgatoire; nous venons à notre tour vous conduire en paradis » A ces paroles la malade expira la sérénité sur le visage et la joie dans le coeur.

Et quand même, par une impossible supposition, ces âmes tomberaient dans un ingrat oubli de leurs bienfaiteurs, le Dieu de bonté infinie saurait bien s'en souvenir pour elles. Oui, tous ceux qui secourront les âmes, verront s'accomplir en eux le souhait de Ruth: (ch. I, 8. ) « Que le Seigneur agisse envers vous comme vous avez agi envers les morts. »

Jésus a engagé sa parole, il sera miséricordieux envers les miséricordieux. Oh! avec quelle plénitude, il Le séraphique saint Bernardin assure qu'il y a plus de mérite à faire quelque bien à l'une de ces âmes, qu'à en faire dix fois autant en faveur d'un vivant, lors même qu'il serait prisonnier, infirme, malade, tourmenté de la faim; et cela, parce que le bienfait est en proportion du besoin que l'on soulage. Est-il en effet, une plus grande nécessité, une misère plus extrême que celle qui afflige ces pauvres âmes?

L'angélique saint Thomas assure que l'application de nos bonnes œuvres aux âmes souffrantes est d'un grand prix aux yeux de Dieu; que cette charité nous acquiert des mérites dont un seul degré surpasse tous les trésors de la nature, attendu qu'à chaque degré de mérite correspond, par une juste récompense, un degré de gloire éternelle.

Saint Ambroise dit aussi, dans son livre des offices, que tout ce qu'on offre par charité pour les défunts, se change en mérites pour nous et que nous le retrouvons au centuple après la mort.

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#104 Message par Monique » jeu. 01 sept. 2016 18:03

I MERVEILLE.



Les enfants même ne sont pas exempts des peines du purgatoire.



C'est une sainte et salutaire pensée de prier pour le morts. (Machab. L. 2, ch. 12. V. 46).


Il ne faudrait pas croire que tous les enfants qui meurent, vont immédiatement au ciel. Il en est dont la raison est développée de très-bonne heure, qui, à l'âge de quatre ou cinq ans, discernent déjà le bien d'avec le mal; ceux-ci lorsqu'ils sont frappés par la mort, entrent nécessairement en compte avec le Souverain Juge; et si depuis leur baptême, ils se sont rendus coupables de quelques péchés, il faut qu'ils les expient, et leur peine est proportionnée au degré de malice qui les a fait agir.

Prier pour les enfants défunts est donc une sainte et salutaire pensée. Un grand nombre d'exemples prouvent cette vérité; en voici un fourni par l'illustre martyre sainte Perpétue, dont saint Augustin lui-même rend un si magnifique témoignage.

Cette femme magnanime venait d'être reconduite en prison, et condamnée avec plusieurs autres chrétiens, à mourir dans l'amphithéâtre sous la dent des bêtes féroces. Tandis qu'elle se préparait à ce suprême et dernier combat, elle se sentit inspirée de prier pour son frère Dénocrate, mort à sept ans d'un cancer au visage. La nuit suivante, elle fut ravie en esprit, et il lui fut montré une région désolée où régnaient de profondes ténèbres. Là, gémissaient un grand nombre d'exilés. Tout-à-coup, un jeune enfant parut se détacher du triste groupe. Perpétue reconnut Dénocrate. il était triste, abattu, et l'horrible ulcère couvrait encore son visage. Elle eût voulu le rejoindre; mais une distance qu'elle ne pouvait franchir, les séparait. Néanmoins il était sorti de ce lieu de ténèbres, et elle le vit s'arrêter près d'une fontaine dont les bords étaient très-élevés. Cet enfant, que dévorait une soif ardente, faisait des efforts inouïs pour atteindre à cette fontaine remplie d'une eau fraîche et limpide. Mais ses tentatives étaient inutiles, et le petit malheureux, retombait épuisé de lassitude et de souffrance; puis il se relevait pour endurer encore le même supplice.

Cette vision émut profondément la sainte martyre; sans cesse, elle priait pour son frère et ne pouvait S'empêcher de verser des larmes en songeant à sa triste Situation. Quelques jours après, elle le revit, mais revêtu d'une riche tunique, et la plaie de son visage entièrement cicatrisée. Il se trouvait encore auprès de la même source. Sur le rebord de la fontaine, abaissée cette fois à la portée de l'enfant, on voyait une petite urne d'or dont il se servait pour puiser de l'eau et étancher sa soif. Lorsqu'il se fut désaltéré, une sérénité céleste brilla sur son visage; puis, la sainte Martyre le vit s'éloigner de ce lieu d'épreuve et se livrer à tous les transports d'une joie enfantine.

Cette dernière vision indiquait que la jeune âme venait de quitter le purgatoire, pour entrer dans les contemplations et les ravissements du ciel.

( Ajoutée par le traducteur, d'après saint Augustin.)

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#105 Message par Monique » dim. 04 sept. 2016 17:07

II MERVEILLE.



Des âmes répondant aux prières qu'on fait pour elles.



Grâce à sa foi, tout mort qu'il est, il parle encore. (Hebr. XI, 4.)



S'il est détestable et impie de se servir d'enchantements magiques pour évoquer les trépassés, comme le firent Simon-le-magicien et la pythonisse d'Endor dont il est parlé dans l'Ecriture; il est au contraire très-louable de réciter pour eux des prières; et plusieurs fois on a entendu des voix pleines de douceur, répondre à nos psalmodies. Les chroniques religieuses sont remplies de traits de ce genre.

On raconte du saint évêque Bristano, qu'il avait pour les âmes du purgatoire une extrême compassion; chaque jour il les recommandait à Dieu dans le saint sacrifice; sa tendre dévotion le faisait prier bien longtemps au mémento des morts, et, toutes les fois que le ? le permettait, il disait une messe de Requiem. Souvent au milieu de la nuit, il se rendait au cimetière; là, seul, au pied de la grande croix, il récitait les psaumes de la pénitence et d'autres ferventes prières.

Or, une nuit, comme il achevait le Requiescant in pace, il entendit distinctement une multitude de voix répondre du sein des tombes: « Amen! amen! ». Le bienheureux François Fabriano, de l'ordre des Frères-Mineurs, fut témoin d'un semblable prodige. Chaque jour il appliquait au soulagement des défunts toutes ses bonnes œuvres unies aux mérites infinis de Jésus-Christ. Il avait une si grande compassion pour les âmes, qu'il ne pouvait songer a leurs tourments sans en éprouver lui-même une grande douleur. C'était surtout pendant l'offrande du saint sacrifice que son zèle et sa ferveur s'enflammait.

Une fois il terminait une messe de mort par la post-communion Animabus quœsumus, et connue il achetait le chant du Requiescant, toute l'église retentit d'un chœur de voix qui répondait avec une joyeuse harmonie : Amen ! amen.

On demeura certain que ces âmes délivrées par les mérites du saint sacrifice, avaient poussé ce cri joyeux avant de monter au ciel.

Saint Grégoire-de-Tours rapporte un fait plus remarquable encore.
Dans un bourg du Diocèse de Bordeaux, deux vénérables prêtres, d'une vie tout exemplaire, vinrent à mourir presque au même moment. Tous deux furent inhumés dans la même église; mais l'un dans la partie nord et l'autre dans la partie sud. Or, pendant que le clergé, partagé en deux chœurs, chantait l'office (L'historien ne nous dit pas si c'était l'office des morts), on entendit retentir deux voix mélodieuses; l'une s'unissait au premier chœur et l'autre au second. C'était une harmonie si céleste que ceux qui l'écoutaient, en étaient, ravis de joie et comme hors d'eux-mêmes. Et lorsqu'elles chantèrent ces paroles du Psalmiste: « Je me suis réjoui à la pensée que nous irions dans la maison du Seigneur. » Ce fut pour tous un signe manifeste que ces deux âmes s'envolaient vers les splendeurs éternelles.

(V. J. Bagatta, De admir. orbis christiani. I. II chap. 1; saint Grégoire, De glor.confessor., c.47.)


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#106 Message par Monique » lun. 05 sept. 2016 16:43

III MERVEILLE.



Marie a le pouvoir de délivrer les âmes captives et de les emmener au Ciel.



En moi est toute la grâce de la voie, toute l'espérance de la vie. (Eccli, XXIV, 25.)



Dans les dévotions à Marie, parmi celles qui nous font espérer d'échapper a un long purgatoire, il en est une spéciale; c'est celle du Scapulaire du mont Carmel.

La Mère de Dieu, elle-même, a daigné promettre au bienheureux Simon Stock que quiconque porterait ce saint habit et pratiquerait les petites observances de cette confrérie, en gardant un cœur chaste ferait son salut, et n'aurait qu'une courte expiation à faire en purgatoire.

Cette précieuse promesse est rappelée dans le bréviaire romain, a la sixième leçon de la fête.

La bulle pontificale, dite Sabbatine, rapporte également ce fait, et nous enseigne que la divine Vierge accorde souvent à ceux qui pratiquent fidèlement cette dévotion, ou la délivrance entière du purgatoire ou un grand soulagement, le premier samedi après leur mort, parce que ce jour est spécialement consacré à Marie.

La Mère de miséricorde, dans ce jour de grâce et de délivrance peut bien dire à ses fidèles serviteurs ce que le Seigneur dit à son peuple dans le Lévitique: « Ce jour-là vous aurez accompli votre expiation et vous serez purifiés de tous vos péchés, car c'est le samedi du repos. » (Ch. 16, 21.) Les annales du Carmel contiennent plusieurs faits miraculeux de ce genre.

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#107 Message par Monique » mar. 06 sept. 2016 16:21

A Otrante, ville du royaume de Naples, une dame de grande distinction, assistant un jour à la prédication d'un Père Carme, grand promoteur de la dévotion envers Marie, éprouva une joie extrême lorsqu'elle entendit le prédicateur assurer que tout chrétien qui porterait le saint-scapulaire en observant les faciles pratiques de l'association, pouvait espérer que la sainte Vierge viendrait le délivrer des flammes du purgatoire le premier samedi après sa mort.

Immédiatement après le sermon, cette dame demanda à être admise dans la confrérie. Elle prit la résolution d'observer fidèlement les conditions demandées, et n'y manqua pas un seul jour. Dans toutes ses prières, elle demandait à la sainte Vierge la grâce de mourir un samedi, afin d'être promptement délivrée des tourments du purgatoire. La Mère de miséricorde exauça ses supplications. Il y avait déjà quelques années que cette pieuse dame faisait partie de l'association, lorsqu'elle fut atteinte d'une maladie mortelle. Les médecins espéraient la sauver, mais la malade savait par une révélation intérieure, qu'elle ne guérirait pas; elle le prédit clairement. En effet, sa vie s'éteignait de jour en jour. Comme elle approchait de

l'agonie, les médecins déclarèrent qu'elle ne passerait pas le mercredi suivant; mais elle leur dit: « vous vous trompez encore: je vivrai trois jours de plus, et ne mourrai que samedi. « L'événement justifia sa prédiction, jusqu'au terme annoncé, cette vertueuse dame ne cessa d'offrir ses souffrances en expiation de ses faut es puis elle rendit son âme a son Créateur. Elle laissait sur la terre une fille dont la piété égalait celle d'un ange.

Cette pauvre enfant après avoir reçu le dernier soupir de sa mère, alla s'enfermer dans un oratoire pour y répandre devant Dieu ses prières et ses larmes. Pendant qu'elle implorait ainsi la divine Miséricorde pour cette âme si chère un grand serviteur de Dieu favorisé de grâces extraordinaires, vint de la part du Ciel consoler la triste orpheline « Cessez ô pieuse fille, lui dit-il, cessez de pleurer et que votre tristesse se change en joie: vous avez perdu une tendre mère dans ce monde; mais vous avez acquis une protectrice au ciel; car je vous assure qu'aujourd'hui même, votre mère, grâce à l'intercession de Notre-Dame, est sortie du lieu de l'expiation; déjà elle jouit dans la céleste patrie des récompenses que la Vierge divine réserve à ceux qui l'ont servie avec fidélité sur la terre. »

(V. Philocalus Caputus, Histor. miracul. Imag. De Virg. Carmeli, ch. XI; Carmelus thaumaturgus, an. 1613.)

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#108 Message par Monique » mer. 14 sept. 2016 21:21

IV MERVEILLE.



Les démons accusent les âmes au tribunal de Dieu.



Satan a demandé à vous cribler comme on crible le froment. ( Luc, XXII, 31.)



On ne peut dire avec quelle rigueur Satan accuse les âmes, lorsqu'au sortir de la vie elles comparaissent devant le Juge suprême; et s'il ne peut pas les entraîner dans les abîmes éternels, du moins, met-il tout en oeuvre pour qu'elle aillent en purgatoire.

On peut se faire une idée de l'acharnement de cet ennemi commun, par le récit que nous fait saint Anselme au sujet d'un de ses moines, nommé Osbern.

Le saint abbé avait eu le bonheur de le ramener a une parfaite observance de la règle, après plusieurs aimées passées dans l'oubli de ses devoirs. Le converti mena dès lors une vie tout angélique a la grande joie de saint Anselme qui l'aimait beaucoup: mais au bout de quelque temps, il tomba dans une maladie mortelle. Le saint, tout affligé, demanda au jeune religieux de lui faire connaître sa situation dans l'autre vie; celui-ci le promit et expira.

Or, pendant que les moines chantaient l'office des morts autour du cercueil, l'abbé s'était retiré à l'écart afin de pouvoir prier avec plus de ferveur pour ce fils spirituel dont le sort inquiétait sa tendresse. Après avoir répandu devant Dieu ses pleurs et ses supplications, il fut surpris par un sommeil extatique pendant lequel, il voyait entrer dans la cellule du défunt plusieurs personnages vénérables, vêtus de blanc, qui s'asseyaient pour prononcer une sentence; cependant Anselme n'entendait pas ce qu'ils disaient, et l'anxiété agitait son cœur.

Tout-à-coup, il vit paraître Osbern, le visage pâle et les traits bouleversés, comme quelqu'un qui vient d'échapper à un grand péril. « Qu'y a-t-il mon fils, lui dit l'abbé, quel est votre sort? » Celui-ci répondit: « L'antique serpent s'est levé trois fois contre moi, et trois fois il s'est replié sur lui-même; il a été vaincu par l'oursier du Seigneur, accouru pour me délivrer. » Après ces paroles, Osbern disparut.

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#109 Message par Monique » ven. 16 sept. 2016 16:46

Saint Anselme interpréta ainsi celte vision: le démon s'était levé trois fois contre Osbern: la première fois, pour l'accuser des péchés commis depuis son baptême jusqu'à son entrée dans le monastère ; la deuxième, des péchés commis pendant son noviciat; enfin la troisième, de toutes les fautes dont il s'était rendu coupable depuis ses vœux jusqu'à sa mort.

Mais trois fois Satan avait été vaincu; car les premières fautes avaient été effacées par la foi et la charité qui l'avaient porté à quitter le monde pour servir Dieu; celles du noviciat avaient été remises par la ferveur avec laquelle il avait fait sa consécration définitive; enfin, celles de la troisième et dernière période de sa vie, avaient été effacées par une vie pénitente et la réception des sacrements dans de saintes dispositions.

Ainsi toutes les attaques du serpent infernal avaient tourné contre lui-même.
Quand a l'oursier du Seigneur luttant contre le serpent, on doit entendre l'ange gardien dont la mission est de nous défendre contre les attaques furieuses de la bête infernale.

Saint Anselme, ce père spirituel, au coeur plein de tendresse, mit autant d'ardeur a délivrer Osbern du purgatoire, qu'il eu avait mis naguère à le convertir. Chaque jour, il offrait pour lui le divin sacrifice, et il écrivit a divers monastères, afin d obtenir des suffrages pour le défunt. Grâce à la charité du saint, l'âme, d Osbern ne dut pas tarder à s'envoler au ciel, pour y savourer à jamais les fruits délicieux de sa conversion au Seigneur.

(V. Acta Sanctorum, 21 avril n. 70.)

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Re: Les merveilles divines dans les àmes du purgatoire

#110 Message par Monique » dim. 18 sept. 2016 21:09

V MERVEILLE.



Dieu fait expier par un long purgatoire un manque de charité envers les défunts.



Celui qui n'aime point demeure dans la mort (I Jean. III, 14.)


Dans l'admirable vie de saint Malachie archevêque d'Armagh, saint Bernard loue hautement la charité de ce prélat envers les défunts; mais il blâme la sœur de Malachie avec une juste sévérité parce que loin d'imiter son frère, elle montrait, au contraire, peu de compassion pour les morts.

N'étant encore que diacre, saint Malachie se plaisait à assister aux funérailles des pauvres; il les ensevelissait lui-même et les accompagnait au cimetière, en récitant pour eux des prières ferventes. Cet office d'humilité et d'humanité tout ensemble, le rendait très-agréable au Seigneur. Mais comme le saint homme Tobie, il devait trouver le blâme et la contradiction dans sa maison même. Sa soeur tout infatuée de sa noblesse, regardait comme un déshonneur, qu'il s'appliquât à des œuvres si basses, et elle lui disait: «Que fais-tu là, sot et grossier personnage! Est-ce l'occupation d'un homme de ton rang? Eh! laisse donc les morts ensevelir les morts, comme le dit l'Évangile. » Détournant ainsi le sens de ces paroles divines, elle s'en servait comme d'une arme pour molester son frère.

A ces insultes sans cesse renaissantes le saint répondait: « Misérable fille, que dis-tu? tu sais les mots du texte sacré, mais tu n'en pénètres pas le sens.» Dans l'intérêt de la paix, il éloigna sa sœur, et poursuivit avec joie ses œuvres de charité.

Mais Dieu ne laissa pas impunie la témérité de cette femme; quoique jeune encore, elle fut atteinte d'une grave infirmité qui la conduisit rapidement au tombeau, et la Justice divine l'envoya se purifier dans les flammes du purgatoire. Malachie avait tout pardonné, et sans cesse, il priait pour cette soeur qu'autrefois il s'était vu obligé de congédier.

Depuis longtemps déjà elle avait quitté la terre, lors qu'une nuit elle se fit voir en songe au saint prélat, elle était dans la cour de l'église, triste, en habits de deuil, et implorant sa pitié parce que depuis trente jours elle n'avait reçu aucun soulagement. Les tristes plaintes de la défunte réveillent Malachie; il se rappelle en effet que depuis un mois, il n'a point dit de messe pour sa sœur. On peut croire avec raison que Dieu avait permis cet oubli involontaire pour punir cette âme de l'insensibilité qu'elle avait montrée pour les âmes souffrantes, pendant qu'elle était sur la terre.

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