Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

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Monique
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Re: Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

#41 Message par Monique » jeu. 26 mai 2016 17:16

C'est lorsqu'une petite Thérèse éprouvait le paroxysme de la Croix dans son âme et son corps qu'elle saisissait le plus sûrement le mystère de Dieu. Et Pascal n'aurait point pénétré comme il a fait le mystère de Jésus sans les quatre dernières années de pitoyable impuissance.

Dieu vient à nous par les bonheurs, certes. Mais il ne peut se communiquer très intimement et profondément sans la Croix.

Il ne peut se communiquer très intimement et profondément sous les espèces, par exemple, d'une vertu qui toujours réussirait, d'une justice qui triompherait toujours. Il ne peut nous exempter de la Croix.

N'allez pas imaginer cependant que la Croix et l'épreuve soit systématiques et absolument jamais interrompues. Parce qu'elle est envoyée par l'Amour l'épreuve ne peut pas être systématique.

Et soyez sûrs, par dessus tout, que ce Dieu caché que nous avons à reconnaître et à préférer sur la Croix c'est le Dieu des béatitudes dès aujourd'hui dans cette vallée de larmes,et demain le Dieu de la gloire dans la béatitude de la patrie.

A suivre...

Monique
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#42 Message par Monique » ven. 27 mai 2016 20:46

L'homme charnel aspire à un Dieu qui serait au niveau de la bassesse et du péché; qui se manifesterait, qui donnerait des signes à ce niveau. Dieu ne peut le faire. Il se cache. Il se tait dans son amour.

L'homme charnel voudrait un Dieu qui se révèle à la chair et au sang: ce n'est pas possible tant qu'ils n'aient pas été purifiés et qu'ils ne sont pas morts à leurs aspirations par la Croix.

Le Christ n'est pas apparu selon l'ordre des grandeurs terrestres; non pas le bien-être matériel évidemment, mais même pas le pouvoir politique ou la gloire. Il a voulu cette obscurité afin de permettre à l'homme de ne pas confondre Dieu avec ces grandeurs, afin de permettre à l'homme de s'attacher à Dieu en vérité.

Le Seigneur ne nous a promis ni la sécurité économique, ni le pouvoir politique. Lors de la tentation au désert ses réponses à Satan ont été suffisamment expressives. Alors qu'est-ce qu'il nous a promis et que nous restera-t-il ? De demeurer en lui en portant la Croix et en espérant la bienheureuse résurrection; de faire notre travail quotidien en pratiquant sa Loi c'est-à-dire en demeurant en lui. Nous aurions mauvaise grâce à nous plaindre.
A suivre...

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#43 Message par Monique » dim. 29 mai 2016 17:31

Quant à la sécurité économique et à l'ordre de la cité nous ne devons pas les abandonner au diable, certes, nous devons les rechercher, puisque cette recherche fait partie de notre travail quotidien selon la Loi de Dieu; mais les rechercher en demeurant dans le Seigneur c'est-à-dire en faisant passer la prière en premier lieu et en ne mettant en oeuvre que des moyens purs. (1)

Le premier avènement du Christ est nécessairement caché. Une nature aussi gâtée que la nôtre et qui n'a presque de regard que pour l'objet de ses convoitises, c'est-à-dire caché, pauvre et humilié.

Lorsque le temps ne sera plus, lorsque les choix auront été fait, alors Dieu éclatera: le second avènement sera glorieux. Mais, à ce moment là et dans la splendeur de cette gloire il n'y aura plus aucun danger d'illusion, parce que les justes seront totalement justes, parce qu'ils n'attendront plus une longue suite de jours, ni le royaume de Jérusalem, parce que ce qu'ils aimeront en Dieu ce sera Dieu lui-même et c'est purement en Dieu qu'ils jouiront des cieux nouveaux et de la terre nouvelle.

Si l'on a entrevu le Dieu de Jésus-Christ et que, ici-bas, il est un Dieu caché, comment ne pas sentir qu'on ne travaille pas à son règne par les moyens des prestiges terrestres et qu'il faut se garder à tout prix de l'illusion grossière et toujours renaissante des faux-messianismes ? Comment ne pas voir que, dans l'ordre temporel lui-même, si du moins on veut travailler au règne de Dieu, le signe de la croix doit marquer l'usage des valeurs terrestres. Dans le mariage évidemment, puisqu'il se réfère à l'union sur la croix du Christ et de l’Église, mais aussi dans l'économie, dans la politique, dans la création de la beauté, l'usage crucifié est le seul usage droit, le seul usage digne de Dieu.


(1) Vide infra: caput X1.

A suivre...

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#44 Message par Monique » lun. 30 mai 2016 17:59

2. Les signes de Dieu et de son Amour.

Si nous demandons quand est-ce que Dieu nous aime le plus, nous devons certainement répondre : il nous aime plus dans la privation que dans la richesse; plus dans le brisement que dans le triomphe; plus dans l'absence de la créature que dans sa présence. Sans doute l'entrée glorieuse du dimanche des Rameaux dans Jérusalem en fête est-elle une preuve que le Messie aime son peuple et qu'il va le sauver; c'est bien l'heure de son Amour.

Cependant l'heure par excellence de son Amour n'est point celle de l'entrée triomphale parmi les acclamations et les palmes, mais bien celle de l'arrestation dans la nuit par les bandes armées de Pilate et de Caïphe. L'heure où le Fils de l'Homme rend au Père l'hommage du suprême Amour et manifeste aux hommes qu'il les aime sans mesure est l'heure désolée de l'agonie et de la trahison.

Pourquoi devons-nous dire que Dieu nous aime davantage à l'heure de la croix ? Parce qu'alors il nous configure de plus près à son Fils unique crucifié. Parce qu'il nous fait plus d'honneur en nous demandant de vivre davantage au-delà de nous-même et de nous perdre dans l'Amour lorsqu'il nous demande de l'aimer purement pour lui-même c'est-à-dire dans l’absence de la créature. Parce qu'il nous fait l'honneur de nous faire coopérer à notre salut tel que nous sommes, c'est-à-dire avec les puissances négatives que le péché a fait entrer dans notre nature: la souffrance et l’angoisse; la détresse et la mort.

A suivre...

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#45 Message par Monique » lun. 06 juin 2016 17:34

Pour peu que nous soyons attentif aux mœurs divines nous devons bien reconnaître que les signes d'humilité et de croix sont ceux à travers lesquels Dieu se manifeste plus profondément et fait mieux paraître son Amour.

Dans l'Ancien Testament et lorsque Dieu commence à peine à se manifester il apparaît à travers le tonnerre et la foudre, la déroute fracassante des Égyptiens, la victoire irrésistible sur les fils de Chanaan, l'établissement grandiose du royaume de David et de Salomon.

Mais dans le Nouveau Testament lorsque Dieu se manifeste en plénitude, lorsque le Verbe se fait chair et qu'il habite parmi nous lorsqu'il donne la preuve suprême de son Amour, alors il se manifeste par la pauvreté et non par la richesse, par le refus des empires terrestres et non par leur conquête, par la croix et non par le triomphe.

Le signe que les Anges donnent aux bergers lors de la naissance du Sauveur est un signe d'humilité; et c'est encore un signe d'humilité que donnera le Sauveur lui-même à Jean-Baptiste quand il lui enverra des messagers.
A suivre...

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#46 Message par Monique » mar. 07 juin 2016 18:02

Cependant direz-vous il y a les miracles; Cana et la Transfiguration, la multiplication des pains et la guérison de l'aveugle-né, et par dessus tout la victoire de Pâques. Il est évident que Dieu se manifeste par les miracles et qu'ils sont, avec les prophéties, des signes nécessaires pour attester son intervention.

Cependant, prenons-y garde, ce sont des signes d'humilité non d'exaltation et de pompe païenne ou judaïque. C'est vrai même du miracle fondamental celui de la Résurrection. Car enfin, il n'a pas éclaté aux yeux de tous, il a été vu seulement par les témoins choisis à l'avance par Dieu; ensuite, bien loin de nous dispenser de la croix du Sauveur sa Résurrection nous éclaire à son sujet et nous invite à y participer, nous faisant comprendre que pour avoir part à sa gloire dans le ciel il faut avoir été configuré à sa Passion sur la terre.

Le miracle de la Résurrection ne saurait évacuer le mystère de la Passion; tout au contraire il le confirme, selon les paroles même du Christ ressuscité alors qu'il faisait route à la nuit tombante avec les deux disciples désenchantés et lents à croire. Il était nécessaire, leur disait-il, afin que le Christ entre dans sa Gloire que d'abord il souffre et qu'il soit crucifié.

Certes Dieu se manifeste par les miracles. Mais les miracles ne sont pas destinés à abolir la loi de l'humilité et de la croix. Ils sont destinés à nous faire reconnaître et recevoir un Sauveur qui est crucifié avant d'être glorifié, à nous faire adhérer à lui en menant une vie semblable à la sienne. Telle était l'orientation des miracles, pour éclatants qu'ils soient, et quelque prodigieuse que soit la promesse qu'ils renferment, ils demeurent des miracles d'humilité.
A suivre...

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#47 Message par Monique » sam. 25 juin 2016 21:47

3. Les miracles dans notre état de chute et de rédemption.
Dans l'état de justice originelle où Dieu, loin d'être caché était au contraire manifeste aussi à travers l'intégrité de l'homme qui parmi la bienveillance et l'harmonie de l'univers, dans ce bienheureux état le miracle n'eût pas exister. Il n'aurait pas eu de raison d'être.

Au contraire dans notre état de chute et de rédemption où Dieu est caché à l'homme aussi bien par le mal de sa nature que part l'indifférence ou l'hostilité de l'univers, le miracle existe, pour faire voir que Dieu intervient au coeur de cette situation misérable et qu'il veut la changer.

Mais Dieu ne la changera de façon totale et définitive qu'au jour de la Parousie. Jusque là c'est à travers la peine et la souffrance que l'homme doit Le rejoindre.

Dieu reste caché. Le miracle est signe de son intervention. Mais c'est le signe d'un Dieu qui se cache.
A suivre...

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#48 Message par Monique » dim. 26 juin 2016 20:59

Dieu n'accomplit que très rarement des merveilles dans un monde qui a faim et soif des merveilles. Jusqu'à la fin des jours les aveugles désireront de voir la lumière ; les paralysés de pouvoir marcher ; l'immense foule des incurables d'être enfin guérie.

Or, malgré prières, supplications et pèlerinages, la plupart des aveugles ne verront pas le soleil, la plupart des paralysés ne retrouveront l'usage de leurs membres, la plupart des incurables ne seront pas rendus bien portants.

Par ailleurs les progrès des sciences et des techniques, quels que soient leurs avantages, ne supprimeront pas les misères physiques chez les hommes, pour ne rien dire du péchés et ses tristes séquelles, C'est qu'en effet la création a été assujettie à la vanité et cet esclavage est la juste punition du péché

L'homme ne peut pas ne pas désirer que la création devienne libre et qu'elle n'entrave pas les enfants de Dieu. Mais Dieu, de son côté, puisque l'esclavage est certainement juste, ne peut pas, ne doit pas opérer la libération à coups de merveilles dans le temps présent. Il doit simplement par ses miracles, faire entrevoir que l'esclavage ne durera qu'un temps et que la liberté éclatera dans le siècles à venir.

A suivre...

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#49 Message par Monique » lun. 27 juin 2016 19:10

Si l'homme a soif et faim de merveilles, ce n'est pas seulement par un goût dépravé de la vie facile; c'est aussi par un goût naturel de la vie harmonieuse et parce qu'il a le sentiment que la création, en le faisant souffrir, n'obéit plus à sa destination foncière qui ne pouvait être qu'un service dans l'amitié.

Si Dieu répond rarement au désir de l'homme, s'il se montre avare de merveilles c'est qu'il a voulu, par une sainte décision de sa justice, que la création nous fût hostile. Et l’avènement de son Fils Bien-Aimé, notre Rédempteur, bien loin d'abolir une telle peine l'a seulement rendue rédemptrice par sa Croix.

Cependant il répond quelquefois au désir de l'homme, il fait éclater de loin en loin des merveilles; c'est parce qu'il tient à nous donner des signes irrécusables de la libération qui doit venir dans le Fils de l'homme ressuscité.

C'est ainsi pour faire comprendre que le Fils de l'homme vient instaurer une économie de Grâce en préparation du royaume de gloire.


A suivre...

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#50 Message par Monique » ven. 01 juil. 2016 23:36

Le est un signe messianique et c'est pourquoi il soulevait d’enthousiasme ces foules de Judée et de Galilée qui désiraient ardemment la venue du Messie. Seulement il n'est d'autre messianisme véritable que celui de la Croix. Le miracle nous induit dans un sens d'un tel messianisme. Voilà pourquoi il décevait presque toujours ces foules de Judée et de Galilée dont le messianisme se détournait de la croix.

C'est ainsi qu'une fois, et seulement la durée d'une journée, le Seigneur avait résolu la question économique pour une immense foule de Juifs, grâce à une multiplication de pains. L’enthousiasme s'était déchainé; ils voulaient le faire roi. Alors le Seigneur se dérobe à leurs acclamations, puis il essaie d'ouvrir leur coeur au messianisme véritable, leur dévoilant la raison d'être de ce prodige.

Cette multiplication du pain, explique-t-il en substance, n'est pas, comme l’espèrent vos coeurs charnels, l'annonce de la solution prochaine et définitive de la question économique.

Il y aura toujours, hélas! des pauvres et des affamés. Il est l'annonce du repas mystérieux et spirituel auquel je viens vous introduire dans le royaume de mon Père. Il est en même temps le signe du repas spirituel, par le sacrement de mon Corps et d mon Sang, que je suis venu préparer dès ici-bas pour ceux qui croient et qui entrent dans mon église.
A suivre...

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