Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

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Monique
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Re: Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

#31 Message par Monique » mer. 20 avr. 2016 22:44

2- La prière pour ceux qui nous font du mal
Pour regarder les méchants avec amour comment s'y prendre ? Ne pas remarquer leur bassesse, leur malignité, leur trahison ? C'est impossible quand elles sont éclatantes.

Supposer qu'ils nous ont fait du mal sans se rendre compte ? C'est vrai peut-être plus souvent que nous ne pensons: mais c'est loin d'être vrai toujours.

Et d'ailleurs le Fils Bien-Aimé nous a enseigné à prier le Père sans faire abstraction du tort que nos frères nous ont causé. Notre-Père remettez-nous nos dettes, comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs.

Comment parvenir à les aimer vraiment ? L'un des moyens, --- non pas le seul --- est de les considérer et nous avec eux comme nous trouvant à la veille du Jugement dernier. << Cet envieux, cet hypocrite, cet intriguant, ce médiocre qui est mû pour une sorte de génie pour écraser toute supériorité et asseoir son ambition, tous quels qu'ils soient, quelles que soient les tares de leur caractère, renforcées et considérées par le péché, aussi méchants qu'ils puissent être, ils sont à la veille du Jugement Dernier et j'y suis avec eux. Comment leur vouloir du mal ? Le Juge est là: comment ne pas l'implorer pour eux et pour moi ? >> Priez pour ceux qui nous persécutent.

A suivre...

Monique
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#32 Message par Monique » jeu. 21 avr. 2016 17:07

Nous sommes à la veille de mourir et d'être jugés me dites-vous; soit; mais le temps dure encore. Et c'est peut-être pour des années et des années que je sentirai peser sur moi la malice de mes ennemis; que je serai obligé de me garer de leurs embûches et d'éviter tel sentier où j'aurais marcher d'un coeur content.

L'imminence du jugement dernier n'arrête pas le cours de l’existence. Mes ennemis continuent de vivre, je dois y prendre garde, je ne peux m'abandonner à eux. Pourtant je vois qu'il est possible de faire attention et même de me méfier sans la moindre haine dans le coeur; avec une pitié et une miséricorde intarissables.

Quand je pense, mon frère, au mal que tu te fais en me faisant du mal, et que bientôt tu vas tomber aux mains du Dieu Vivant, je ne peux te souhaiter qu'une seule chose: le repentir et la conversion. Ce n'est pas le moment de t'en vouloir. J'ai peur aussi pour moi. Je ne suis jamais sûr de moi non plus. Mais je ne peux pas te vouloir du mal. Je ne peux que prier pour toi.

Que nous soyons trouvés prêts pour le jour du Seigneur. Que, avant ce jour, la carapace horrible dans laquelle tu t'enveloppes te soit totalement enlevée et que je sois dépouillé moi aussi de toute mauvaiseté. Quand le Seigneur viendra que nous soyons prêts l'un et l'autre à entrer dans la pureté parfaite. Alors il te sera impossible de ne pas me vouloir du bien et nous aurons confiance l'un dans l'autre; en ce jour bienheureux où le Seigneur sera tout en tous
A suivre...

Monique
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#33 Message par Monique » sam. 23 avr. 2016 16:43

3- La véritable miséricorde

La miséricorde n'est complétement vraie que si elle a dépassé le mépris; je veux dire que la miséricorde de ceux qui refusent appeler par leur nom la méchanceté et la bassesse, et qui s’abstiennent par la même de mépriser ce qui est méprisable n'est pas la véritable miséricorde.

Ces intrigants, ces arrivistes, ces despotes, tous ces méchants quelle que soit la forme de leur malice, supposez que ceux qui les ont percés à jour, ceux qui ont vu, se ferment dans le mépris. Qu'est-ce que Jésus pourra penser de ces êtres lucides, affamés de vérité, qui ne sont pas allés jusqu'au bout de la vérité ? de ces êtres purs affamés de justice qui n'ont pas écouté jusqu'au bout l'appel de la justice ?

Ce que Jésus leur demande c'est d'aller jusqu'au bout de la vérité et de la justice. Alors ils rencontreront, plus profondes que toutes les couches écrasantes d'imbécilité et de bassesse, cette dignité ineffable d'une liberté que Lui, le Sauveur des hommes, peut encore changer et qu'il travaille à convertir et à faire vivre. Celui qui a la simplicité d'aller jusqu'au bout de la justice, de rendre justice complétement, celui-là rencontre ce point de source qui n'est jamais méprisable, et à partir de quoi tout peut encore refleurir. Seuls les damnés n'ont plus de source, il ne leur reste que la mémoire vengeresse de la source.

A suivre...

Monique
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#34 Message par Monique » dim. 24 avr. 2016 23:56

Jésus méprise dans notre coeur tout ce qui est méprisable. Mais en Lui le mépris est changé de sens. Le mépris est enveloppé tout entier dans un mouvement indicible de miséricorde. Tout le temps que le Seigneur nous méprise Il nous regarde et Il nos parle plus bas que le point où nous sommes méprisables. Parce que sa justice est toute pénétrée de miséricorde elle n'est glacée; elle ne le peut pas; et c'est pourquoi son mépris est toujours positif et nous empêche de nous arrêter à lui. Au-delà de son mépris nous rencontrons sa miséricorde.

Jésus-Christ ne peut as ne pas rendre justice. (Il n'aimerait pas s'il commençait par fausser les rapports). Mais à Celui dont le coeur fut ouvert sur la Croix, il est impossible d'avoir une justice froide et sans amour. C'est au contraire une justice vivante qui est capable d’atteindre jusqu'à notre liberté, qui atteint à l'endroit sensible cette liberté et qui ne cherche qu'à la faire vivre.

Une justice vivante et toute chaude de miséricorde. C'est pourquoi il est si terrible d'être damné. Car ils savent bien, les damnés, que en Celui qui les a rejetés il n'y avait rirn d'indifférent, rien qui se désintéresse de leur accès à la vie et à la joie. Ils n'ont pas de doute sur le mystère du Coeur du Christ.

que pensera le Seigneur des êtres purs qui se seront fermés dans le mépris ? Il est à craindre qu'ils deviennent indignes de Dieu, qu'ils se retranchent dans une pureté glacée, dans une justice morte. S'ils s'avancent un peu plus dans ce sentier inconnu, s'ils s'abandonnent quelques instants de trop à ce vertige de la vérité sans amour ils risquent de tomber en Enfer.

A suivre...

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#35 Message par Monique » ven. 29 avr. 2016 1:17

Ceux pour qui les mots de justice et de vérité présentent une signification, qu'on ne vienne pas à l'heure terrible où ils sont victimes de l'offense et de la trahison les consoler et les réconforter avec des paroles vaines en leur disant par exemple que la roue tourne, qu'il n'y a qu'à courber momentanément l'échine, qu'il ne faut pas y voir tant de mal et que les hommes ne sont pas si mauvais que cela.

De tels propos risquent d'exaspérer les victimes parce qu'ils tendent à dissoudre dans le scepticisme; ils n'aident aucunement à se tenir droits dans la charité.

Car ce n'est rien de moins que la charité qui est en cause. Aa ceux qui nous ont fait tort nous devons répondre par la charité. Une charité qui les rejoigne plus bas que notre mépris ne les atteint. Une charité qui fait que le mépris change de signification.

Nous sommes loin de la tentative misérable de dépasser les offenses, grâce à la théorie ridicule de la roue qui tourne et des hommes qui ne sont pas si mauvais que cela.

Notre grande espérance c,est que le Seigneur veut nous communiquer son Amour. Qu'Il daigne nous donner d'aimer comme Lui et tout sera dénoué, non pas dans le relâchement abject du scepticisme, mais par la noble vigueur de la Miséricorde.
Miserere nostri Jesu benigne qui passus es clementer pro nobis.

A suivre... CHARITÉ SURNATURELLE ET NOBLESSE HUMAINE.

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#36 Message par Monique » ven. 13 mai 2016 22:06

CHARITÉ SURNATURELLE ET NOBLESSE HUMAINE

Dans l'hymne de Saint Paul à la Charité il est deux vérités particulièrement importantes qui apparaissent entre beaucoup d'autres à celui qui lit attentivement.

D'abord la charité surnaturelle suppose la noblesse naturelle du caractère ou du moins elle la suscite lorsqu'elle ne l'a pas trouvée. Loin de pouvoir se passer des dispositions naturelles de générosité et de sens du risque, elle les requiert et au besoin elle les fait naître.

Ensuite, si la Charité adopte souvent une attitude passive ce n'est point parce qu'elle serait tiède et molle, ce qui est impensable, mais parce que dans son excès de générosité elle prend sur soi, elle supporte la peine du péché lorsqu'il ne reste plus d'autre moyen de le combattre. Sa passivité est au-delà de l'action et non pas en-deçà; de même que le silence de Jésus devant le Sanhédrin est au-delà de ses imprécations aux pharisiens et non en-deçà.

En commentant les versets de Saint Paul nous verrons mieux la qualité si particulière de la passivité dans la charité surnaturelle en même temps que son exigence de noblesse.

A suivre...

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#37 Message par Monique » sam. 14 mai 2016 17:36

Celui qui aime est patient, non pas parce qu'il ne sent pas le mal et qu'il s'y trouve indifférent; mais, parce que, dans sa lutte contre le péché, il consent à souffrir et à supporter autant qu,il sera nécessaire pour la guérison du pécheur.

Celui qui aime est bon, non qu'il ne sache s'opposer quand il faut; mais il sait résister sans devenir mauvais; il est capable de refuser sans se durcir.

Celui qui aime ignore l'envie; certes il désire ardemment de bien faire; il il est sensible à l'émulation du bien; mais il ne se plaint pas ;tout au contraire il se réjouit de ce que d'autres fassent mieux.

Celui qui aime n'agit pas à tort et à travers; non qu'il ne soit retiré forcément de l'action et qu'il ménage sa tranquillité; mais son goût de l'action est assez brûlant et purifié pour être devenu sage et avoir perdu sa fièvre.

Celui qui aime ne cherche pas son intérêt, non qu'il se désintéresse de l'issue de ses entreprises, mais il se désintéresse de son égoïsme.

Celui qui aime ne s'irrite pas; il ne se laisse pas aller à cette colère qui éclate au niveau de l’amour-propre et de la vanité; il est serein; pourtant cette sérénité de l'amour peut s'échapper en colères foudroyantes lorsqu'il n'est plus d,autres moyens de tirer les pécheurs de leur endurcissement mortel ou de soustraire aux entreprises des méchants les faibles et les petits.

Celui qui aime consent à porter sur soi le poids du péché du monde, en union avec le Sauveur Crucifié. Qui ne comprendrait que cette passivité suppose une générosité excessive et une flamme d,amour brûlante dans le coeur ? Jamais le Fils de Dieu fait homme n'aurait pris nos péchés sur la Croix si son amour pour nous n'avait été ardent comme du feu. Il en est de même de son disciple s'il a vraiment la charité.

A suivre... NOTRE SAUVEUR EST UN DIEU CACHÉ

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#38 Message par Monique » lun. 16 mai 2016 17:01

NOTRE SAUVEUR EST UN DIEU CACHÉ


1. La leçon de Pascal.
Pascal nous fait ressouvenir et nous persuade que, lorsque Dieu en personne est venu sur terre, la manière la plus convenable qu'il avait de se faire connaître des hommes était de se montrer dans l'obscurité, la pauvreté et l'humilité. Pouvait-il faire autrement s'il voulait préserver les hommes de donner à Dieu le visage de leurs convoitises; obtenir des coeurs droits qu'ils deviennent encore plus droits et reconnaissent Dieu pour ce qu'il est ?

Lorsque Jésus, après la multiplication des pains, a refusé d'être roi, beaucoup se sont retirés; lorsque dans la Passion il a voulu n'être qu'un roi couronné d'épines presque tous l'ont abandonné, relicto eo fugerunt.(1)

Au pied de la croix il ne restait que la Sainte Vierge, Saint Jean et quelques saintes femmes. Mais du moins ceux qui restèrent et ceux qui se joindront à eux jusqu'à la fin des siècles ne se trompent pas sur Jésus-Christ.

La seule image que Jésus nous ait laissées de lui-même n'est pas celle de son visage transfiguré sur le Thabor, mais cette Sainte Face dont la beauté est voilée par les humiliations et par la mort de la Croix.

(1) Mathieu, 26, 56.


A suivre...

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#39 Message par Monique » dim. 22 mai 2016 16:10

Le monde après le péché n'ayant presque d'attention que pour ses convoitises,lorsque Dieu en personne a voulu se manifester pour notre salut il est venu comme le serviteur souffrant prophétiser par Isaïe. Il n'y avait pas d'autre moyen pour que le monde découvre en Lui le Fils de Dieu Sauveur. Il en est de même dans la vie de chacun de nous.

Il faut bien que le Seigneur vienne par la croix sinon, s'il se présentait à nous étant conforme à l'image que nous nous forgeons de lui dans nos rêves orgueilleux et charnels ce n'est pas lui que nous verrions venir; nous le confondrions avec les imaginations indignes qui procèdent de la chair et du sang. Parce que notre façon de voir est indigne et, parce que le Seigneur nous aime suffisamment pour refuser de s'y accommoder, il ne peut se manifester nous comme nous l'aurions rêvé; il nous apparait portant la Croix.

Et parce qu'il nous apparait ainsi nous disons qu'il est un Dieu caché. Mais c'est lorsqu'il est le plus caché qu'il nous est possible de le percevoir le plus clairement dans sa réalité divine et sans risque d'illusion.

A suivre...

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#40 Message par Monique » jeu. 26 mai 2016 17:16

C'est lorsqu'une petite Thérèse éprouvait le paroxysme de la Croix dans son âme et son corps qu'elle saisissait le plus sûrement le mystère de Dieu. Et Pascal n'aurait point pénétré comme il a fait le mystère de Jésus sans les quatre dernières années de pitoyable impuissance.

Dieu vient à nous par les bonheurs, certes. Mais il ne peut se communiquer très intimement et profondément sans la Croix.

Il ne peut se communiquer très intimement et profondément sous les espèces, par exemple, d'une vertu qui toujours réussirait, d'une justice qui triompherait toujours. Il ne peut nous exempter de la Croix.

N'allez pas imaginer cependant que la Croix et l'épreuve soit systématiques et absolument jamais interrompues. Parce qu'elle est envoyée par l'Amour l'épreuve ne peut pas être systématique.

Et soyez sûrs, par dessus tout, que ce Dieu caché que nous avons à reconnaître et à préférer sur la Croix c'est le Dieu des béatitudes dès aujourd'hui dans cette vallée de larmes,et demain le Dieu de la gloire dans la béatitude de la patrie.

A suivre...

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