Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

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Monique
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Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

#1 Message par Monique » jeu. 03 mars 2016 19:36

Sur nos Routes d'Exil:

Les BÉATITUDES




Extraits du livre ''Sur nos Routes d'Exil:
Les BÉATITUDES"
par
R.Th. Calmel. o.p.

Imprimi potest:
Fr. Vincent de Paul Rande o.p.
Provincial
Lourdes en la fête du saint Rosaire
Le 7 octobre 1958.

Imprimatur:
Paris, 4 janvier 1960.
J. Hottot
v.g.

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L'ESPRIT D'ENFANCE EVANGELIQUE
Le sourire des saints, leur sourire de légèreté, de victoire et de liberté nous encourage beaucoup. Il nous fait penser que la vie dans le christ est une vie légère. Pourquoi donc serait-elle pesante, ennuyeuse et lourde. Est-ce que le Seigneur n'est pas vainqueur de la mort et du péché ; est-ce qu'il n'a point passé par nos chemins de la terre, nous laissant la certitude qu'il est possible d'y marcher sans succomber et sans nous égarer.

C'est bien vraie que le malheur des hommes et leurs péchés, notre malheur et notre péché, sont une charge accablante; nous le savons du reste et il n'est pas besoin d'insister pour nous le faire comprendre.

Mais c'est vraie aussi que Jésus-Christ, par sa mort et sa résurrection, a mis un terme au malheur des hommes et à leur péché.

Il enlève le péché du monde ; il nous décharge en espérance du poids de la misère qui nous accable; or l'espérance ne trompe pas Si nous sommes encore accablés nous savons désormais que ce n'est point là notre sort définitif et que nous serons bientôt débarrassés.

A suivre...

Monique
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#2 Message par Monique » ven. 04 mars 2016 22:40

En quelque manière, ou plutôt d'une manière très véritable, nous sommes allégés par la délivrance que Jésus-Christ a méritée. Ainsi la vie dans le Christ est certainement une vie légère. Il est impossible d'avoir part à la victoire du Christ et de rester pesant, sombre et morose. La légèreté est un des signes les plus caractéristique de la vie dans le Christ.

Parce que nous sommes baptisés et que nous communions à Jésus-Christ, quel que soit notre fond d'inquiétude et d'angoisse, il y a dans notre âme des possibilités d’allégement, de sourire et de liberté qui ne demandent qu'à se manifester et à tout envahir.

Le vrai du Christ est léger comme un oiseau du ciel; il est certain qu'un Autre s'occupe de lui faire trouver infailliblement le nécessaire et même le superflu et que c'est en vain qu'on lui tend des filets parce qu'il a des ailes.

A suivre...

Monique
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#3 Message par Monique » dim. 06 mars 2016 2:28

Petit enfant par ton sourire maintenant reconnais ta mère. Qu'y-a-t-il dans le premier sourire de l'enfant. Certes à une telle question on craint de répondre avec trop de complication ou de lourdeur. Si l'enfant sourit il a bien une raison; mais laquelle. On a peur d’être trop loin de l'enfance, d'en avoir trop oublié le souvenir, pour parler convenablement de cette manifestation merveilleuse de l'humanité des enfants des hommes.

En tout cas , ce n'est sans doute pas trahir le mystère de penser que sourire est fait d'amour, de sécurité, de victoire. L'enfant nous dit à sa manière: '' La vie est entourée d'amour; c'est par l'amour que je suis venu à l'existence; je ne vois rien de mieux à faire que de vous donner de l'amour. ''

Ce sourire nous dit encore: '' D'ailleurs Celui qui a fait ma vie lui permettra certainement d'aboutir.'' Il y a cette sécurité dans le sourire de l'enfant.

A suivre...

Monique
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#4 Message par Monique » mar. 08 mars 2016 2:54

Dix ans, vingt ans, quarante ans plus tard, est-ce que le sourire de l'enfance peut encore avoir une signification lorsqu'on sait que le diable existe, que le monde est vieux et salissant et qu'il tue les âmes, lors que soit même on a évolué, lorsque l'on évolue encore au milieu du monde au risque de se salir, de devenir vieux, et peut-être de perdre son âme.

Lorsque l'on est adulte est-ce que le sourire peut avoir une autre signification que celle d'un lamentable infantilisme. Mais oui, lorsque l'on n'est adulte il peut arriver que le sourire soit simplement la traduction de l'esprit d'enfance évangélique.

S'il est vrai que nous sommes enfants du Père de Cieux dans son Fils Jésus-Christ vainqueur du péché et de la mort, s'il est vrai que ce mystère puisse être vécu réellement dans une vie d'adulte, on ne voit pas pourquoi un sourire lumineux et vainqueur ne serait pas la manifestation d'une vie située dans ce mystère.

A suivre

Monique
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#5 Message par Monique » sam. 12 mars 2016 16:52

La malignité a son sourire, et le dédain et la convoitise; on ne voit pas pourquoi l'esprit d'enfance évangélique ne pourrait pas avoir le sien, reconnaissable entre tous les autres, aussi clair, aussi tendre, aussi vigoureux que la vie et la victoire de Dieu qui s'expriment à travers lui.

au fond toute la question est de savoir si un chrétien peut avoir d'autant plus l'esprit d'enfance évangélique que la vie requiert de lui davantage de maturité et le déchire de souffrances plus cruelles. Comme la réponse est affirmative il n'est pas douteux que le visage de cet homme puisse être illuminé par le sourire de l'enfant évangélique.

La réponse est affirmative: je ne le dis pas pour simplifier, je le dis parce que c'est vrai. Il est vrai en effet qu'il y a une certaine manière de prendre l'expérience de la vie qui n'arrive pas à tuer la jeunesse de l’âme et son chant divin, qui les rend au contraire plus purs et plus forts. Comment faire comprendre cela. Si je parle d'acquérir son expérience en Dieu on aura peut-être quelque chance d'entrevoir ce dont il s'agit.

A suivre...
Dernière modification par Monique le dim. 13 mars 2016 15:44, modifié 2 fois.

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#6 Message par Monique » dim. 13 mars 2016 15:42

Acquérir son expérience en Dieu ce n'est pas éluder, esquiver, passer à côté des souffrances que la vie nous impose et responsabilités qu'elle nous propose; c'est les recevoir au profond de notre âme en demeurant auprès de Dieu: c'est être amené à demeurer d'autant plus avec Dieu, à se resserrer d'autant plus près de lui que l'on à mieux accueilli cette expérience qui nous fait être adulte.

Au-delà de l'absence de maturité qui vient de ce que l'adulte a esquivé de l'expérience, au-delà de la maturité selon le monde qui vient de ce qu'il a accepté de perdre son âme dans l'expérience de la vie, il y a la maturité en Dieu, la seule digne du chrétien qui vient de ce qu'il a accueilli l'expérience avec le coeur d'un enfant de Dieu.

Une seule chose nous mûrit: laisser entrer au profond de notre âme et au coeur de notre coeur des souffrances et des miséricordes qui se sont présentées à nous mais que, jusqu'ici peut-être, nous n'avons pas eu la force ou la simplicité de laisser entrer. Il est tellement naturel par exemple d'esquiver tout le poids que nous propose, même sans le dire, un être dont nous sommes responsable.
A suivre...

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#7 Message par Monique » lun. 14 mars 2016 22:15

Dans la mesure où nous cessons d'esquiver de ''prendre la tangente'', bref, de péché par omission, dans cette mesure nous mûrissons. Seulement c'est à la condition d'avoir en nous les sentiments de Jésus-Christ. Bien des personnes, bien des évènements ne sont pas intégrables si la pureté et la force des sentiments de Jésus-Christ ne revivent en nous.

C'est par Lui seulement que nous devenons capables de ne pas refuser certaines souffrances, d’être miséricordieux à certains frères humains particulièrement ennemis de toute miséricorde, parce qu'ils sont desséchées ou glacés, d'avoir une pitié tellement vraie qu'elle échappe au vertige de la pitié.

C'est en Jésus-Christ que nous devons acquérir notre expérience. Cela seul nous permet d’être le frère de nos frères, de les atteindre à cette profondeur où les êtres sont vraiment en communion. Qui n’acquiert pas son expérience en Dieu ou bien passera sans les reconnaître à côté des êtres pour lesquels il était fait et qui l'auront attendu en vain, ou bien il les laissera entrer mais ce sera pour des dégâts peut-être tragique.
A suivre...

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#8 Message par Monique » jeu. 17 mars 2016 0:34

Par ailleurs la vraie maturation de la nature et de la grâce préserve la fraicheur, la limpidité, l'émerveillement de l'enfance,mais elles se rapportent alors à des objets que dans l'enfance nous ne faisions que pressentir et dont nous nous serions détournés si nous les avions regardés en face.

Il est évident que cet esprit d'enfance nous expose à toutes sortes de blessures: mais ces blessures ne nous rendent pas esclaves de la peur, ne nous font point songer à revêtir pour nous défendre l'armure du mensonge et de la prudence mondaine. Ces blessures ne nous empêchent pas de demeurer libres.

Dans la mesure même où l'on a a charge du prochain, la maturité est indispensable. On ne se charge pas du prochain si l'on est infantile. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet. Proposons au moins quelques réflexions.

A suivre...

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Re: Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

#9 Message par Monique » sam. 19 mars 2016 1:53

Ce qui est toujours étonnant c'est de voir que si peu de chrétiens prennent conscience des possibilités terribles qu'ils portent dans leur coeur. non pas toujours terribles selon le monde, car par exemple certaines formes d'ambition, de mensonge ou de paresse sont acceptées par la société et ne sont pas trouvées scandaleuses. Il reste que, en présence de Dieu et à voir les choses dans une lumière définitive, tout être humain porte en soi de terribles responsabilités, parce que tout être humain porte en soi le germe de mort des sept péchés capitaux et donc la possibilité de se damner.

Je veux bien que telle nature pauvre et parcimonieuse ne soit pas exposée à l'Enfer par les péchés de luxure et d'homicide; mais j'affirme qu'une telle nature peut elle aussi se perdre.

Qui nous dit qu'elle n'irait pas en Enfer par le chemin du refus tranquille,du mensonge recuit ou de la haine des médiocres --- une des formes les plus perfides de la haine --- Quoi qu'il en soit, lorsque l'on a la charge du prochain, si l'on veut accomplir sa mission, c'est-à-dire si l'on veut entre autre chose recevoir les êtres, les porter, favoriser leur plein développement humain et chrétien, il faut commencer par comprendre; et pour comprendre il faut s’être avoué à soi-même, dans la Lumière et la Paix du Seigneur, quel on pourrait être, qui on a été, quel on est actuellement.
A suivre...

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Re: Sur nos Routes d'Exil: Les BÉATITUDES

#10 Message par Monique » dim. 20 mars 2016 19:01

On me dira: mais pourquoi donc parler de cette vision du négatif alors que nous sommes rachetés, que la Grâce est à l'oeuvre, que nous sommes appelés à devenir comme de petits enfants ? Pourquoi cette descente aux enfers ? Mais parce que l'on se paie de mot au sujet de la Grâce, de la Rédemption et de l'esprit d'enfance tant que l'on ne reconnait pas tout ce négatif dont la Grâce veut nous tirer; tout ce péché qui doit être guéri; toute cette détresse qui doit être apaisée.

Je redoute extrêmement une éducation religieuse qui situe la prière et la grâce à côté --- à côté de la réalité d'un chacun; qui prétend enseigner l'esprit d'enfance, son sourire et sa victoire, à côté des vraies pauvretés, des vraies blessures et des vraies échecs de chacun des pauvres hommes.

Pour mûrir, pour devenir capable par le fait mème de recevoir les êtres et de les porter, une lucidité évangélique est nécessaire. Et non moins nécessaire la loyauté avec la vie. Comment exprimer cela ? Par contraste peut-être. Observez un être qui s'est mis à l'abri d'une manière ou d'une autre, qui s'est esquiver habilement des devoirs (et des croix) que la vie lui proposait, qui s'est protégé égoïstement contre la vie; un tel être ne mûrit pas, n'atteint pas ses vraies dimensions, il reste un (moignon d'homme) (1) et de chrétien.
(1) Bernanos: Journal d'un curé de campagne. On sait que Bernanos et Péguy ont parlé de l'esprit d'enfance, souvent avec splendeur et justesse, l'un dans ses créations romanesques, l'autre dans ses '' Mystères '' et ses '' Tapisseries ''


A suivre...

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