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Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : jeu. 01 févr. 2018 22:42
par Laetitia
  
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      Fête de la Purification de la Très Sainte Vierge et de la Présentation au temple du Seigneur.
Homélie de S. Bernard

Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Purification de la Vierge Marie ; qui eut lieu quarante jours après la naissance de Notre-Seigneur. Car il était écrit que la femme qui enfanterait un fils d'après les lois de la nature, serait impure sept jours ; que le huitième, l'Enfant serait circoncis ; et enfin qu'attentive à la purification, elle s'abstiendrait de l'entrée du temple pendant trente-trois jours, après l'accomplissement desquels elle offrirait son Fils au Seigneur avec des présents (1).

Mais qui n'a remarqué, dès les premiers mots de la loi, que Marie était hors de son atteinte ? elle avait enfanté un Fils sans être assujettie aux lois de la nature, ainsi qu'il avait été prédit par Jérémie :

« Le Seigneur fera un prodige sur la terre. » Quel prodige ? « Une femme environnera l'homme (2) ». Elle ne concevra pas selon l'humaine condition, elle ne recevra pas dans son sein un homme d'un autre homme, mais dans ses entrailles chastes et intègres elle renfermera un homme : le Seigneur pourra entrer, pourra sortir, et la porte orientale demeurera constamment fermée (3).


(1) Levit. XII.
(2) Jer. XXXI.
(3) Ezech. XLIV.
(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : ven. 02 févr. 2018 10:16
par Laetitia

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Son esprit ne pouvait-il se soulever et dire : « Quel besoin de la purification ? Pourquoi m'interdirais-je l'entrée du temple, lorsque mon sein est devenu le temple du Saint-Esprit, lorsque j'ai enfanté le Seigneur du temple ? Rien dans la conception, rien dans l'enfantement d'impur, rien d'illicite, rien à expier : mon Fils est la source de toute pureté, il est venu effacer les péchés du monde. Que trouvera à purifier en moi l'observance légale, en moi qui suis devenue très-pure dans cet enfantement immaculé ? »

En vérité, ô heureuse Vierge ! vous n'avez pas en vous ce qui a nécessité la loi ; mais votre Fils devait-il subir la circoncision ? Soyez entre les femmes comme l'une d'elles , votre Fils s'est placé parmi les enfants. Offrez votre Fils, Vierge pieuse , rendez au Seigneur le fruit béni de vos entrailles. Offrez pour la réconciliation de tous la Victime sainte, la Victime sans tache, la Victime agréable à Dieu.

Il acceptera entière cette oblation nouvelle, cette oblation précieuse dont il a dit lui-même : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances (1). » Mais la Victime semble bien frêle; à peine a-t-elle paru devant le Seigneur, que déjà elle est rachetée par deux oiseaux , et aussitôt dérobée aux regards. Un jour viendra où elle ne sera pas offerte dans le temple, ni dans les bras de Siméon, mais hors de la ville, dans les bras de la croix.

Un jour viendra où elle ne sera pas rachetée par un autre, mais où elle rachètera l'univers par son propre sang ; car Dieu le Père a envoyé la rédemption à son peuple. Ici le sacrifice du soir, là le sacrifice du matin.

L'un est plus agréable, l'autre plus accompli. L'un a lieu à la naissance, l'autre dans la plénitude de l'âge.

Des deux sacrifices, cependant, vous pouvez entendre ces paroles du Prophète : « Il a été offert, parce qu'il l'a voulu (2). »


(1) Matth. III.
(2) Isaïe XXXIII.

(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : ven. 02 févr. 2018 21:05
par Laetitia

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Nous, mes Frères, que lui offrirons-nous, que lui rendrons-nous pour tout ce qu'il a fait pour nous ? il a livré, pour notre salut, de toutes les victimes la plus précieuse ; efforçons-nous donc de lui présenter ce que nous avons de meilleur, ce que nous sommes nous-mêmes.

Oh ! qui me donnera de faire agréer l'offrande de tout moi-même à une aussi haute Majesté ? Je n'ai, Seigneur, que deux choses bien misérables, un corps et une âme : et encore, si je pouvais vous les offrir, en toute vérité, en sacrifice de louanges ! Il m'est bon, bien plus glorieux, bien plus utile de me remettre dans vos mains, que d'être abandonné à moi-même. Mon âme se trouble en moi ; et, si mon offrande est sincère, mon esprit s'élèvera en vous.

Dans l'oblation du Sauveur figurent trois personnes : nous voyons Joseph époux de la Mère de Dieu, et qui était réputé le père de Jésus-Christ, la Vierge-Mère, et l'Enfant Jésus qui est la victime. Qu'il y ait aussi dans notre oblation une constance d'homme, la continence de la chair, et une conscience humble. Qu'il y ait dans notre proposition de persévérance une âme ferme, dans notre continence la chasteté de la Vierge, et dans notre conscience la simplicité et l'humilité d'un enfant.

Ainsi soit-il.

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : ven. 01 févr. 2019 18:53
par Laetitia

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  Les Petits Bollandistes, au 2 février a écrit :Pour l'intelligence des adorables mystères que la sainte Église révère en ce jour, il est besoin de se souvenir de deux lois que Dieu donna à son peuple par le moyen de Moïse, et dont l'évangéliste saint Luc n'a pas oublié de faire mention dans son Évangile. La première de ces lois est portée dans le Lévitique, chapitre 12 : il y est dit que la femme qui aura mis un enfant au monde, soit garçon ou fille, demeurera un certain temps séparée de la compagnie des autres comme une personne impure ; il lui est défendu de toucher rien de saint, ni d'entrer dans le Temple jusqu'à ce que soient accomplis les jours de la purification, qui sont quarante jours pour un enfant mâle, et quatre-vingts pour une fille : ce temps étant expiré, elle doit se présenter à un prêtre, à qui elle offrira pour son enfant un agneau d'un an en holocauste, avec un petit pigeon ou une tourterelle; ou bien si, pour sa pauvreté, elle ne peut offrir un agneau, elle donnera deux tourterelles ou deux petits de colombe.

La seconde loi est écrite en l'Exode, chapitre 13 d'après cette loi Dieu voulait qu'on lui offrît tous les premiers-nés des hommes et des animaux; et parce que Dieu ne s'est jamais plu dans le sang des hommes, parce que son Fils devait verser tout le sien pour eux, il permettait que l'on rachetât les premiers-nés des hommes pour un certain prix, qui était de cinq sicles pour un fils, et de trois pour une fille. D'après les termes de ces lois, la sainte Vierge et son divin Fils étaient exempts, il est vrai, de ces observances et cérémonies légales; car la Mère n'avait point conçu par l'action des créatures, mais par l'opération du Saint-Esprit, et son Fils n'était point né selon les lois ordinaires de la nature, mais il avait laissé sa mère parfaitement vierge après sa glorieuse naissance; cependant, afin d'accomplir toute justice, et de nous donner l'exemple d'une profonde humilité et d'une parfaite obéissance, cette sainte Mère et cet adorable Fils ont subi la rigueur de ces lois pour les raisons que nous dirons ci-après. C'est ce qui s'est fait aujourd'hui, comme nous l'apprend le texte de l’Évangile de saint Luc, dont voici à peu près les termes :

«  Les jours de la Purification de Marie étant accomplis selon les lois de Moïse, ils portèrent l'enfant au Temple pour l'offrir au Seigneur, selon qu'il est écrit en la loi : « Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur », et pour donner le prix de sa rédemption, qui était selon le texte de la même loi, une paire de tourterelles ou deux petits de colombe. Or, il y avait alors dans Jérusalem un homme appelé Siméon, qui était juste et craignant Dieu, et attendait la consolation d'Israël; le Saint-Esprit, qui résidait en lui, lui avait révélé qu'il ne mourrait point sans avoir vu auparavant le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple par une inspiration divine, et quand l'enfant Jésus fut présenté par ses parents pour l'accomplissement de la loi, il le reçut entre ses bras, et bénit Dieu en disant : «C'est maintenant. Seigneur, que vous permettrez à votre serviteur de mourir en paix, selon la parole que vous lui avez donnée, parce que mes yeux ont vu votre salut, celui que vous avez préparé à la vue de toutes les nations, pour être la lumière des Gentils et la gloire de votre peuple d'Israël ».

Voilà en substance le mystère, ou plutôt les mystères qui ont été accomplis en ce jour, et pour lesquels la sainte Église a établi cette fête avec tant de solennité.
(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : ven. 01 févr. 2019 21:46
par Laetitia
Voilà en substance le mystère, ou plutôt les mystères qui ont été accomplis en ce jour, et pour lesquels la sainte Église a établi cette fête avec tant de solennité. Elle lui a donné plusieurs noms pour signifier les diverses merveilles qui s'y sont passées ; faisons quelques réflexions afin de recueillir les fruits qui y sont attachés.

Les anciens ont appelé cette solennité la Fête de Siméon et d'Anne : de Siméon, parce que ce vénérable vieillard y parut avec tant de majesté, et qu'il est en cette occasion si hautement loué dans l’Évangile comme un homme craignant Dieu, qui attendait avec assurance la rédemption d'Israël, qui possédait dans son cœur le Trésor des trésors, savoir le Saint-Esprit, et qui reçut de lui, en ce moment, l'exécution de la promesse qu'il lui avait faite longtemps auparavant, de ne point sortir de cette vie mortelle sans avoir eu le bonheur de voir de ses propres yeux l'auteur de la vie immortelle et le Christ du Seigneur. Mais, non-seulement il vit et connut à son aise le visage de Celui que tous les anges admirent, mais même il L'embrassa et Le baisa mille et mille fois avec la tendresse et la douceur que l'on peut plutôt s'imaginer qu'exprimer; et, outre ces faveurs, il fit encore en cette rencontre l'office de prophète : car, lorsqu'il reçut entre ses bras l'adorable Jésus, que sa mère lui présenta, non-seulement il pénétra des yeux de l'esprit et reconnut la Personne divine qui était cachée sous les membres d'un enfant, mais encore il prévit tout ce qui devait lui arriver,et il le prédit à sa mère par ces paroles : « Celui-ci est établi pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël. Il sera un signe de contradiction contre lequel chacun s'opposera, et votre âme même sera percée par le glaive, afin que les pensées de plusieurs cœurs soient découvertes ».

On dit aussi que c'est la Fête d'Anne, parce qu'une bonne veuve qui portait ce nom, et qui, après avoir vécu sept ans avec son mari, avait passé sa vie, jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, dans une sainte viduité, se rencontra aussi, par une providence merveilleuse, dans le Temple avec le vieillard Siméon, lorsque Joseph et Marie y présentèrent Jésus-Christ. Et,comme cette bonne vieille ne put contenir sa joie, elle se mit à dire des prodiges de ce même Enfant à tous ceux qu'elle connaissait avoir dans le cœur de la piété et de l'amour pour Dieu. C'est ce que l’Évangéliste veut dire par ces autres termes : « Elle attendait la Rédemption d'Israël ».

Les Grecs appellent cette fête Hypapantè, c'est-à-dire rencontre, pour exprimer que saint Siméon et sainte Anne se sont rencontrés heureusement en cette sainte journée ce que l’Église semble vouloir signifier en l'office divin, par ces paroles dont elle se sert à l'invitatoire des Matines : « Voici que le Seigneur dominateur vient en son saint Temple; réjouis-toi, Sion, et tressaille d'allégresse, en allant au-devant de ton Dieu ». En effet, je remarque qu'il s'est fait en ce jour, non pas une seule, mais plusieurs rencontres très-heureuses; d'abord, Joseph et Marie se sont rencontrés avec Siméon et Anne, dans le Temple, ayant l'enfant Jésus au milieu d'eux, et Le portant chacun à son tour. De plus, la grâce et la loi se sont trouvées concourir à ce divin mystère; la loi y ayant été observée dans toute sa rigueur, et la grâce s'y étant répandue abondamment. Pour une troisième rencontre on y a vu les larmes mêlées avec la joie, et les appréhensions avec des transports d'allégresse, par les différentes prédictions du saint vieillard à la très-sainte Vierge, qui les a conservées dans son cœur tout le reste de sa vie, et en a fait part à toute l’Église par la plume de saint Luc, fidèle écrivain de ces merveilles.

Enfin, quant à saint Siméon en particulier, il a aujourd'hui une union pleine de consolation avec l'Enfant Jésus ; car, si ce saint vieillard porte Jésus enfant, Jésus, néanmoins, gouverne le vieillard : le vieillard porte l'enfant entre ses bras, et l'enfant donne des forces au vieillard, afin de se soutenir. Le vieillard embrasse l'Enfant, et l'Enfant donne au vieillard des embrassements de tendresse et de dilection. Le vieillard verse des larmes de joie sur les joues de l'Enfant, et l'Enfant laisse errer sur ses lèvres un sourire amoureux qui dilate le cœur du vieillard. Le vieillard presse l'Enfant contre son sein, comme s'il Le voulait enfermer dans son cœur, afin d'avoir une nouvelle vie, et l'Enfant s'élance dans le cœur du vieillard pour lui donner une vie qui n'est point sujette à la mort. Heureuse donc la rencontre de Siméon et de Jésus, des larmes de Siméon avec les sourires de Jésus, des désirs de Siméon avec l'amour de Jésus, et enfin de l’âme de Siméon avec l'âme de Jésus !

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(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : sam. 02 févr. 2019 11:26
par Laetitia
Cette grande fête est encore appelée la Présentation de Jésus dans le Temple ; ce qui se tire assez évidemment du texte de l’Évangile, où il est dit : « Et ses parents le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ».Et ce fut alors que, selon la prophétie d'Aggée, ce Temple que les Juifs avaient bâti depuis leur retour de la captivité de Babylone, reçut incomparablement plus de gloire que n'en avait jamais reçu celui que Salomon avait élevé avec tant de magnificence. Tandis que Dieu n'avait été servi dans celui-ci que par des hommes sujets au péché, dont même la plupart étaient effectivement pécheurs et criminels, il fut servi dans celui-là par des âmes pures et innocentes par saint Joseph, qui était un homme juste et craignant Dieu ; par la sainte vierge Marie, toujours pure et toute immaculée ; enfin par Jésus-Christ même, son Fils unique, qui était le Grand Prêtre, suivant l'ordre de Melchisédech, et un Pontife tel que nous le pouvions désirer « Saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs et plus élevé que les cieux ».

De plus, le Temple de Jérusalem reçut en ce jour plus de gloire qu'il n'en avait encore reçu depuis qu'il était bâti, à cause de l'offrande qui y fut présentée Jésus-Christ le premier-né, le Fils unique de la sainte Vierge, qui l'offrit à son Père éternel oblation nouvelle qui n'en aura jamais ; offrande singulière, et l'unique que le Père éternel ait jamais regardée de bon œil entre toutes celles qu'on lui a faites depuis que le monde est sorti de son néant ; donation si excellente que toutes les autres, quelque rares et précieuses qu'elles soient, ne sauraient plaire à Dieu si elles n'en sont accompagnées.

Comme, au contraire, il n'est rien, quelque petit qu'il soit, quand même ce ne serait qu'une goutte d'eau froide, qui ne soit capable d'apaiser la colère de Dieu, pourvu qu'elle soit unie à cette offrande de Jésus qu'a faite Notre-Dame. Aussi est-ce proprement en ce jour que la justice de Dieu a modéré sa rigueur, et qu'elle s'est apaisée par la suave odeur du sacrifice, non plus de la chair des boucs et des taureaux, mais bien de l'agneau immaculé, qui lui fut offert par les mains toutes pures de Marie.

Ce fut alors que ce Dieu éternel, pour exécuter le pacte qu'il avait fait longtemps auparavant avec son serviteur Noé, de ne plus envoyer un déluge d'eau pour abîmer le genre humain, versa sur les hommes un déluge de feu, afin d'embraser leurs cœurs de son amour, car, en ce jour, l'arc de son alliance paraît entre les bras de sa Mère, comme dans les nuées du ciel, pour marquer l'abondance de ses grâces. C'est ce qui a donné le nom à cette fête de la Présentation de Jésus dans le Temple.

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(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : sam. 02 févr. 2019 15:48
par Laetitia

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C'est pourquoi, dans l'office divin, soit à la messe, soit aux heures canoniales, toutes les paroles s'adressent plus expressément à Notre-Seigneur, comme aux fêtes instituées à son honneur.

Néanmoins, le titre de la Purification de la Vierge est demeuré comme propre et particulier à cette solennité, que l'on met pour ce sujet au rang de ses cinq plus grandes fêtes. Il en faut sans doute chercher la raison dans ces premiers mots de l'Évangile « Lorsque les jours de la Purification de Marie furent accomplis ». Car quoiqu'il n'y ait jamais eu rien à purifier en cette sainte Vierge, qui a toujours été pure et sans tache, comme son divin Époux l'a déclaré lui-même dans le Cantique des cantiques, son humilité, cependant, l'a portée jusqu'à se soumettre aux cérémonies de la Purification ; elle ne jugea pas devoir s'exempter de la Purification des femmes, après que son Fils n'avait pas refusé la Circoncision des hommes ; elle n'a point honte de paraître comme une femme du commun et d'être estimée impure, puisque son Fils paraît au milieu des hommes comme un pécheur.

Mais comme il est digne de Dieu de relever les humbles par cela même qui semble les abaisser, il a inspiré aux fidèles de donner le titre de Purification à cette fête, pour tirer les grandeurs de Marie de ses propres abaissements. Je pourrais encore dire, sans offenser la pureté immaculée de la même Vierge, pour vérifier plus expressément ces paroles de l’Évangéliste :« Les jours de la Purification de Marie accomplis », que, lorsqu'elle présenta son Fils Jésus au Temple, quarante jours après l'avoir mis au monde, cette même offrande lui servit d'une Purification parfaite : purification, néanmoins, qui ne suppose aucun péché, puisqu'il n'a jamais trouvé d'entrée dans la très-sainte âme de la Vierge ; purification qui ne dit nul défaut de nature en cette auguste personne, que la Sagesse éternelle avait pris plaisir à façonner comme le chef-d'œuvre de ses mains, créatrices de toutes choses ; purification qui n'a ôté nulle impureté légale ou corporelle à cette divine Mère, qui n'était point comprise dans les termes de la loi, car elle était demeurée vierge de corps et d'esprit, et aussi parfaitement pure et immaculée, après avoir enfanté Jésus-Christ, la pureté même, qu'elle l'était avant de l'avoir conçu en ses chastes entrailles. Donc, ces paroles « Les jours de la Purification de Marie accomplis », ne signifient autre chose qu'une nouvelle infusion de grâce et de sainteté intérieure dans l'âme de la sainte Vierge, qui s'épurait et se sanctifiait toujours de plus en plus par la réception des nouvelles grâces méritées par toutes ses actions, et plus particulièrement en cette oblation de son Fils, dont, en quelque façon, elle se privait en l'offrant au Père éternel pour la rédemption des hommes. Ce que nous avons dit jusqu'ici suffit, ce nous semble, pour faire comprendre les différents noms et la substance de ce mystère; il nous reste maintenant à dire un mot de son institution.
(à suivre)

Re: Purification légale de la Très Sainte Vierge

Publié : sam. 02 févr. 2019 19:18
par Laetitia
Son établissement est si ancien que nous pouvons le rapporter aux premiers siècles de l’Église ; néanmoins, les chrétiens s'étant un peu relâchés, et cette fête étant tombée dans l'oubli en plusieurs endroits, elle fut renouvelée par la piété de l'empereur Justinien l'aîné, l'an 541, sous le pontificat de Vigile, à l'occasion d'une peste qui, ayant déjà dépeuplé presque toute l’Égypte et courant les diverses provinces de l'empire romain, semblait vouloir réduire toutes les villes en solitudes. L'empereur, redoutant ce terrible fléau de Dieu, eut recours à la faveur de l'Immaculée Vierge Marie, et, se mettant sous sa protection, il ordonna, sous des peines sévères, sur l'avis du patriarche et du clergé de Constantinople, que l'on célébrerait la fête de la Purification.

Cette Mère de miséricorde fit paraître que cette fête lui était très-agréable, car la maladie contagieuse cessa aussitôt par toute la ville. Baronius croit que le pape Gélase a institué cette solennité à Rome pour abolir les superstitions et les débauches des idolâtres, qu'ils appelaient Lupercales et qu'ils célébraient au commencement de février. Mais il est bien plus probable qu'il ne fit que la rétablir et qu'elle est beaucoup plus ancienne. On peut voir sur ce sujet Bollandus, aux Actes des Saints de ce mois, et le R. P. Combefis, de l'Ordre de Saint-Dominique, dans sa Bibliothèque des Pères, où il rapporte une homélie sur cette fête, de saint Méthodius, évêque de Tyr, qui florissait dans le IIIe siècle.

Le pape Serge Ier, comme il paraît d'après l'Ordo romain, y ajouta la procession avec les cierges, afin de représenter plus sensiblement le mystère qui s'est accompli en ce jour dans le temple de Jérusalem, lorsque ces quatre personnes, Marie, Joseph, Siméon et Anne, faisant comme une procession, portèrent chacun à leur tour l'enfant Jésus, qui était véritablement le flambeau qui éclairerait les Gentils, et la lumière qui dissiperait les ténèbres du monde. C'est pour ce sujet que l’Église, qui est toujours conduite par le Saint-Esprit, ordonna dans cette cérémonie de porter des cierges allumés à la procession (1). Cela ne s'observait pas seulement, écrit le vénérable Bède, en cette fête de la Purification de Notre-Dame, mais aussi en toutes ses autres solennités ; d'où peut être venue la pratique qui s'observe encore aujourd'hui aux processions des confréries établies à l'honneur de la sainte Vierge.



(1) De là aussi le nom de Chandeleur, que les fidèles donnent communément à cette fête.

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