La Maternité Divine de Notre Dame

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La Maternité Divine de Notre Dame

#1 Message par Laetitia » mer. 11 oct. 2017 23:21

                         Le plus grand titre de Gloire de Marie : Mère de Dieu.
Le Bréviaire Romain a écrit :
En l’an 1931, aux applaudissements de tout l’univers catholique, on célébrait le quinzième centenaire du concile d’Éphèse, au cours duquel la bienheureuse Vierge Marie, de qui est né Jésus, fut proclamée, contre l’hérésie de Nestorius, Mère de Dieu par les Pères en union avec le Pape Célestin [...] le Souverain Pontife Pie XI [...] décréta que la fête de la Maternité divine de la bienheureuse Vierge Marie serait célébrée chaque année le 11 octobre par l’Église universelle, sous le rite double de deuxième classe, avec une Messe et un office propres.

                                                         Image


                         Le Concile d'Ephèse
L'abbé Joseph Lémann, dans son ouvrage "La Vierge Marie dans l'Histoire de l'Orient Chrétien" a écrit :
Chapitre VIII - Le plus beau jour de l'Orient au Concile d'Ephèse. Pacte avec une mère.

I -Choix providentiel, pour la tenue du concile, de la ville d’Éphèse et d'une église élevée par saint Jean en l'honneur de Marie.
II - Deux adversaires, à propos de la Vierge Mère de Dieu. Portrait de Nestorius : évêque sans miséricorde. Son hérésie. Saint Cyrille d'Alexandrie, avocat de la cause universelle.
III - Majesté du concile. Nestorius refuse de comparaître. On oppose, à son erreur, la Tradition. Saint Cyrille venge la gloire de Marie dans des accents de flamme. L'hérésie est foudroyée.
IV - Allégresse touchante du peuple d’Éphèse. Journée monumentale pour l'Orient. LA prière de l'Ave Maria, incomplète jusqu'alors, reçoit son addition la plus douce.
V - Par quel moyen la vérité se fait jour auprès de l'empereur Théodose ; fin misérable de Nestorius.


                                                                                                                                    - I -

Ainsi qu'une sève abondante qui travaille, la reconnaissance de l'Orient pour Marie allait faire explosion au concile d'Éphèse.
On peut dire, en effet, qu'il y eut une journée à Éphèse qui fut pour tout l'Orient ce que la nuit de Noël à Bethléem et le jour des Rameaux à Jérusalem avaient été pour le peuple d'Israël. La joie, la félicité, l'honneur y ont débordé..
Rallume-toi devant nos regards, ô journée mémorable ; rallume-toi, journée de Marie, avec tes moindres détails !

Et d'abord qu'y avait-il de providentiel dans le choix d'Éphèse et dans celui de ces monuments qui allait être témoin de la grande scène historique ?
Éphèse était la ville de la contrée d'Ionie où Jean, le disciple bien-aimé de Jésus et l'ange du veuvage de Marie, avait exercé son sublime apostolat. Sur les pas de saint Paul qui y était entré le premier et avait ouvert la brèche à l'Évangile, Jean avait pris possession de cette ville voluptueuse et artistique, surnommé l'Athènes du Levant, et célèbre dans le monde entier par son temple de Diane, presque égal en splendeur à celui de Salomon. La Vierge Marie y avait fait un séjour : il n'est pas possible d'en déterminer la durée ; mais là où Marie passe, l'odeur de ses vertus ne s'en va pas, et sa protection demeure. Une chrétienté florissante avait donc répondu aux soins de l'Apôtre et à la visite de la Vierge ; et le Saint des saints lui-même décernait ce témoignage à l'Eglise d'Éphèse quand fut dicté l'Apocalypse : Je sais vos œuvres, je sais vos luttes et votre patience (1) ...Puis Jean était mort, à un âge très avancé.

Son saint corps avait été inhumé à Éphèse même, et son tombeau avait acquis une réputation universelle. « Saint Augustin mentionne la tradition répandue de son temps, d'après laquelle la terre semblait y bouillonner sous le souffle de celui qui y était couché. Éphrem, patriarche d'Antioche, parle d'un parfum qu'on allait y recueillir comme à une source, et Grégoire de Tours appelle cette poussière miraculeuse qui sortait du tombeau une sorte de manne qui, transportée au loin dans les communautés chrétiennes, y faisait de nombreux miracles. (2) »

Coïncidence touchante ! C'est dans l’Église même élevée par saint Jean à la louange de la Mère de Dieu qu'allait être gagné le grand procès suscité par l'hérésie. Primitivement, il n'y avait eu là qu'un modeste oratoire où Jean priait, racontait la vie de l'Homme-Dieu, et avait coutume de régénérer les fidèles d’Éphèse dans la fraction du pain.

Plus de deux cents ans après, on s'en souvenait encore, et dans une lettre adressée au Pape saint Victor, Polycrate, un des évêques de cette Église d’Éphèse, rappelait la lame d'or que Jean portait sur son front pendant les saints mystères, à l'exemple des pontifes de l'ancienne Loi (3). Avant de mourir, Jean avait eu la consolation de transformer le modeste oratoire en monument digne de la Mère de Dieu. Les évêques, ses successeurs, l'avaient achevé ; les tremblements de terre qui secouaient parfois ces rivages l'avaient respecté ; et trois siècles plus tard, quand dut s'engager le débat où allait éclater la gloire de Marie, il était là, pour accueillir dans son enceinte les deux cents évêques qui venaient se réunir en concile général.

Les cendres de saint Jean durent tressaillir.


(1) Apocal., II, 2.
(2) Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, au mot Éphèse.
(3) Joannes qui in sinu Domini recubuit, qui étiam sacerdos fuit et laminam gestavit. (Polycrat. In Epist. Ad Victorem Pap.)

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#2 Message par Laetitia » jeu. 12 oct. 2017 22:28

L'abbé Lémann a écrit :
                                                                                                                                     - II -
                                                                                                                                    
Le Souverain Pontife assis alors à Rome sur la chaire de saint Pierre était saint Célestin Ier ; l'empereur occupant le trône de l'empire à Constantinople était Théodose II. Le Pape et l'empereur s'étaient mis d'accord pour la convocation et la tenue de ce concile général à Éphèse.

Or, dans quel but ces assises solennelles de la catholicité allaient-elles s'ouvrir ? Pour juger et terminer un différend passionné dont la Vierge Marie était l'objet : Nestorius s'obstinait à vouloir enlever à Marie son titre de Mère de Dieu, et saint Cyrille d'Alexandrie accourait pour le maintenir.

Qu'était-ce que Nestorius ?

D'une basse extraction, ne vivant qu'avec ses livres, portant le costume d'un ascète, le visage pâle, Nestorius avait été élevé au siège épiscopal et patriarcal de Constantinople. Sons cœur s'était enflé ; en outre, il était dur, extrêmement dur contre les ariens. Il avait dit au jeune Théodose, en plein sermon : César, aide-moi à exterminer les hérétiques, et je m'engage à exterminer avec toi les Perses et je te donnerai le ciel pour récompense. Cinq jours après, il surprenait un conciliabule d'ariens qui, au lieu de se rendre, mettaient le feu à la maison et s'y laissaient brûler. Quelle différence de procédés avait eue son prédécesseur saint Jean Chrysostome qui, pressé de parler contre les païens, répondait : Je ne le ferai que lorsqu'il n'y aura plus de chrétiens à convertir. Sans miséricorde pour les égarés, Nestorius n'avait pas tardé à s'égarer lui-même.

Qu'elle était son hérésie ?

Jusqu'alors, la doctrine catholique avait enseigné que dans le Fils de Dieu se faisant homme, il n'y a qu'une seule personne humaine prise dans le sein de la Vierge Marie.

Nestorius apprenait à l’Église cette nouveauté : on doit reconnaître, dans le Fils de Dieu fait homme, deux personnes ; la personne de l'homme Jésus de Nazareth formeraient deux personnes distinctes : toutefois, dans leur union, la personne divine compénétrait la personne humaine autant et mieux qu'un vêtement recouvre celui qui le porte, ou que la Divinité remplit un temple.
Trompeuse compénétration, ô Nestorius ! Jésus-Christ est divisé. L'Incarnation n'est plus qu'un séjour du Verbe de Dieu dans l'homme né de Marie. Et il s'ensuit que la Vierge n'a pas enfanté un Dieu mais un homme, simple instrument de la Divinité.

Du premier coup, le peuple de Constantinople avait compris le vol qu'on allait commettre dans sa chère croyance sur Marie, l'enlèvement du titre de Mère de Dieu ? Lorsque, pour la première fois l'audacieuse doctrine avait été énoncée du haut de la chaire, la foule avait jeté un grand cri et s'était enfuie hors de l'église.

Comme Nestorius était très avant dans la faveur impériale, l'erreur eut le temps d'étendre ses racines. La discussion était devenue très ardente, soutenue à l'aide d'intrigues, de suggestions, de faveurs de cour, de tumultes populaires, d'agitations monacales.. Il n'était plus question, dans tout l'Orient, que de deux mots devenus des désignations de parti, deux étendards opposés : THEOTOCOS, mère de Dieu, ANTHROPOTOCOS, mère d'un homme.

Voilà, ô Marie, le doute sacrilège qu'avait fait naître dans les esprits, contre vous, le malheureux évêque de Constantinople ; mais Alexandrie avait envoyé au concile votre défenseur : saint Cyrille.

Digne successeur du grand Athanase sur le siège patriarcal d'Alexandrie, saint Cyrille s'était formé, de bonne heure, dans l'étude des divines Écritures. Entre autres travaux de polémique, il avait pris à cœur d'établir qu'à travers tous les écrits mosaïques est figuré le mystère du Christ, selon cette parole de saint Paul : Finis legis est Christus. Richesse des développements, originalité des conceptions, mesure des expressions, avaient été mises au service de son importante et belle thèse. Le Christ le récompensa en le choisissant pour défenseur de sa Mère. Les anges du ciel, ô Cyrille, eussent envié la cause que vous alliez défendre. Être l'avocat de Celle qui est, elle-même, l'Avocate de toutes les causes : cela s'est vu rarement dans l’Église de Dieu. Ô Cyrille, quand le pape saint Célestin vous écrivit : « Soyez mon légat au concile », si votre humilité se confondit aux pieds de la Vierge, d'autre part, votre cœur dut passer par toutes les extases, et votre esprit recevoir toutes les illuminations.

En effet, Cyrille d'Alexandrie entrait au concile en qualité de légat du Pape.
De son côté, Nestorius était arrivé avec une escorte de soldats qu'il avait demandée à l'empereur Théodose.


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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#3 Message par Laetitia » ven. 13 oct. 2017 22:11

                           Image

                                                                                                                                          Le concile d'Ephèse, mosaïque de Notre Dame de Fourvière.


L'abbé Lémann a écrit :
                                                                                                                                     - III -

L'ouverture du concile fut solennelle.
Les deux cents évêques réunis placèrent au milieu d'eux, sur un trône d'or, le livre des Evangiles, pour représenter l'assistance de Jésus-Christ, qui a promis de se trouver au milieu des pasteurs assemblés en son nom.
Mais on attend vainement l'entrée de Nestorius. L'hérésiarque avait compris que la cause était perdue pour lui. Les habitants d’Éphèse avaient été ravis du choix de leur ville pour venger la gloire de la Mère de Dieu, et ils le disaient hautement. Même, les pierres de l'édifice marial où était réuni le concile criaient par avance la condamnation. C'est pourquoi l'hérésiarque se tenait retranché dans sa demeure.

En vain mes évêques lui dont adresser par trois fois la sommation de venir à leurs séances. Leurs envoyés sont toujours repoussés par les soldats qui entourent la maison.

Alors les Pères rassemblés procèdent à l'examen de la cause. A l'encontre des écrits de Nestorius, dont la lecture soulève l'indignation unanime, trois affirmations éclatantes viennent successivement refouler l'hérésie dans les enfers ; autant de monuments qui soutiendront à jamais le titre de Mère de Dieu : le témoignage de la Tradition, le discours de saint Cyrille, la sentence du Papa et du concile.

1° Témoignage de la Tradition catholique :


Le concile donne lecture de nombreux extraits des Pères qui exprimaient la constante croyance en l'unité de personne dans l'Homme-Dieu ; par conséquent en la Maternité divine, répondant à la personne divine de Jésus-Christ. Ces passages étaient tirés de saint Grégoire de Nazianze, de saint Athanase, de saint Épiphane, de saint Archélaüs, de Tertullien, de saint Irénée, de saint Justin, de saint Ignace et de tout le Collège apostolique. Par eux, la voix de la Tradition venait protester de son respect envers Marie : c'était cette voix des grandes eaux dont parle le Prophète, fleuve d'amour et d'éloquence aux pieds de la Mère de Dieu.

2° Discours de saint Cyrille :

Rien ne saurait exprimer l'émotion qu'il produisit. Le légat du Pape atteignait le sublime lorsque, s'adressant à la Vierge en invocation ardentes, il lui donnait à chaque phrase le titre qui lui était disputé :

« Salut, ô Marie, trésor de l'univers !
Salut, ô Marie, Mère de Dieu ! C'est grâce à Vous que les pasteurs, célébrant les louanges du Tout-Puissant, chantent avec les anges le sublime cantique : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est grâce à vous que les Mages offrent leurs présents, guidés par une étoile resplendissante.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est grâce à Vous que le glorieux collège des apôtres a été élu par le Seigneur.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est grâce à Vous que Jean-Baptiste a tressailli dans le sein de sa mère que le flambeau s'est incliné devant la lumière inépuisable.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est par Vous que nous est venue la Bénignité ineffable dont parle l'Apôtre, quand il dit qu'elle a apparu à tous les hommes.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est de Vous qu'est sortie la vraie lumière , Celui qui dit dans les Évangiles : Je suis la Lumière du monde.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est Vous qui avez donné le jour au vainqueur de la mort et de l'enfer.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est Vous qui avez mis au monde le créateur et le réparateur, notre guide au royaume des cieux.
Salut ! Ô Marie, Mère de Dieu ! C'est par Vous que tout cœur fidèle est sauvé.
Nous vous saluons, Trésor digne de vénération et qui appartient à l’univers entier, Lampe dont la lumière est inextinguible, Couronne de virginité, Sceptre de la vraie doctrine, Temple indestructible, Lieu de Celui qu’aucun lieu ne peut contenir ; nous vous saluons, ô Marie, Mère de Dieu ! »


Quels accents ! L'aigle de Patmos avait plané sur saint Cyrille. L4auditoire dut éprouver l'impression du passage de la Vierge conduite par saint Jean et venant poser son pied sur la tête du dragon, fauteur de l'hérésie.

3° Sentence du Pape et du concile :

Veilleur universel, le Souverain Pontife avait examiné, dans son Conseil romain, la doctrine de Nestorius qui avait été frappé d'anathèmes ; après quoi, il avait écrit à saint Cyrille :
Par l'autorité de notre Siège, et agissant à notre place, avec la puissance qui nous a été donnée, vous exécuterez la sentence d’excommunication avec une sévérité exemplaire.

Lecture fut donnée de la lettre du Pape ; ensuite, Cyrille, son légat et président du Concile, prononça cette sentence : « Nestorius ayant refusé d'obéir à notre citation et de recevoir les évêques que nous lui avions envoyés, nous avons été obligés d'entrer dans l'examen de ses impiétés. Il a été convaincu, par ses lettres, ses écrits, ses discours, de soutenir et d'enseigner des doctrines scandaleuses et hérétiques. Contraints donc par les saints canons et par la lettre de notre Saint-Père Célestin, évêque de Rome, nous en sommes venus, en versant des larmes de douleur, à la cruelle nécessité de prononcer contre lui ce jugement : Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il a blasphémé, a défini, par ce très saint concile, qu'il est privé de toute dignité épiscopale et retranché de toute assemblée ecclésiastique. »

L'hérésiarque était foudroyé. Pour achever la déroute de l'hérésie, le concile porta ce décret, lumineux et concis à l'égal d'un éclair :

SI QUELQU'UN NE RECONNAÎT PAS MARIE COMME LA MÈRE DE DIEU, IL EST EN DEHORS DE LA DIVINITÉ
.

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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#4 Message par Laetitia » sam. 14 oct. 2017 22:43

L'Abbé Lémann a écrit :                                                                                                                                      - IV -

Le soir était venu. Tout les peuple de la ville, suspendant d'autres soins, entourait l'église et attendait avec anxiété la décision du concile, le mot sacré qui renfermait la victoire ou la défaite du christianisme, selon qu'il serait maintenu ou rejet. C'était le mot THÉOTOCOS, en qui les siècles précédents avaient condensé tout les mystère chrétien, en qui le concile d'Éphèse, à son tour et par une consécration définitive, venait de l'enfermer, de le sceller comme en un vase d'or ou de diamant.

Un évêque paraît sur le seuil de l'église et jette à la foule le mot THÉOTOCOS. C'est une explosion de joie et de triomphe. Éphésiens et étrangers, accourus de tous les points de l'Asie, se confondent dans le même transport, parce que ce mot les unissait dans la même foi.

A leur sortie, les évêques sont accueillis avec des acclamations et des larmes d'attendrissement. Ils rentrent dans leurs demeures, escortés par des flambeaux ; on les couvre de fleurs, on baise les franges de leurs vêtements ; la ville est illuminée, des parfums sont brûlés devant les images de Marie ; et toute la nuit, le peuple ébranle les airs de cet immense cri d'allégresse : Vive la Mère de Dieu !

Cette journée à Éphèse va devenir le soulagement de l'univers, en même temps qu'elle restera la gloire la plus pure de l'Orient. N'avions-nous pas raison de la comparer à la nuit de Noël chez le peuple d'Israël, ou encore au jour des Rameaux ?

Après ce résultat incomparable de grandeur acquis sur ses rivages, la terre orientale peut se reposer. Des malheurs sont prochains : des siècles de servitude pourront peser sur elle, mais l'essentiel est fait. Entre Maire et l'Orient s'est noué à Éphèse un lien indissoluble.

Quand le Pape saint Célestin connut, par un message fidèle, les triomphe oriental de la Reine de l'Église, ses actions de grâces, devenant célestes comme son nom, s'éternisèrent dans un élan qui s'est communiqué à toutes les générations. La Tradition lui attribue, ainsi qu'au concile d'Éphèse, l'addition, si douce et si heureuse de la prière qui complète la Salutation angélique de l'AVE MARIA : L'ange de l'Annonciation avait dit : Je vous salue, pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous …
Sainte Élisabeth, à Hébron, avait dit : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni...
Dès que le décret du concile d'Éphèse eut été porté à Rome, on ajouté : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous (1)...

Merci à vous, ô saint Pape Célestin ; merci ) vous, ô saint concile d'Éphèse ; merci à vous, ô saint Cyrille d'Alexandrie.
Oui vraiment, la journée d'Éphèse a été monumentale. Les milliards et milliards d'Ave Maria qui se récitent depuis lors dans l'Église de Dieu forment une brillante et sereine voie lactée qui s'est allumée au ciel de l'Orient.


(1) Ce n'est que plus tard que furent ajoutées les autres paroles : maintenant et à l'heure de notre mort ; et plus tard encore celles-ci : pauvres pécheurs.

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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#5 Message par Laetitia » dim. 15 oct. 2017 17:10

L'Abbé Lémann a écrit :                                                                                                                                       - V -

Aveugle volontaire en se tenant enfermé dans les ténèbres de sa retraite, Nestorius n'avait pu faire le sourd. Il avait entendu, toute la nuit, les cris de transport de la multitude. Il tenta de s'assurer le lendemain.

L'officier de haut grade qui commandait l'escorte de soldats était tout dévoué à l'hérésiarque ; ils se comprirent, et le mensonge partit pour Constantinople. « Les évêques avaient tout d'abord écrit à l'empereur, pour l'informer de la décision du concile. Mais le comte Candidien, chef de la milice, intercepta leurs lettres ; et de concert avec Nestorius, il prévint Théodose contre eux par une fausse relation. Les lettres et les députés du concile ne pouvaient parvenir à l'empereur. On gardait les vaisseaux et les chemins ; on leur fermait toutes entrées, et la vérité aurait succombé si Dieu ne lui avait donné la force de vaincre tous les obstacles et de surmonter toutes le cabales formées contre elle. Un député, déguisé en mendiant, porta la véritable relation, enfermée dans le creux d'une canne, et pénétra dans le palais. » (1)

Mieux instruit de ce qui s'était passé à Éphèse, Théodose, qui s'inclinait devant la majesté du Pontife romain, tourné tout son courroux contre l'indigne patriarche. Nestorius fut relégué dans un monastère d'Antioche. Mais, comme l'hérésiarque continuait à y prêcher ses erreurs, il fut exilé dans les déserts de la Thébaïde. Il y mourut misérablement. Dureté envers les égarés, opiniâtreté dans son propre égarement, endurcissement sous les coups de l'anathème, de la disgrâce et de l'exil : telles avaient été les étapes de sa perdition. Des historiens assurent que, de son vivant, sa langue fut rongée par des vers.

Le Fils de Dieu n'a pu supporter qu'on attaquât sa Mère.

(1) Darras, Histoire générale de l'Église.


                                            Image

                                                                                                                    Semper Virgo Maria Dei Genitrix, ora pro nobis !

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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#6 Message par Laetitia » jeu. 12 avr. 2018 10:34

les Petits Bollandistes au 11 avril, St Léon Pape et Docteur, 440-461, a écrit :
...En Orient, il s'agissait de maintenir, non pas seulement la discipline ecclésiastique, mais la foi chrétienne. Eutychès, moine de Constantinople et abbé d'un monastère, enseignant l'erreur opposée à celle de Nestorius, prétendit qu'en Jésus-Christ il n'y a qu'une seule nature, tandis qu'il y en a deux : la nature divine et la nature humaine, unies en une seule personne, sans confusion de leurs propriétés ni de leurs opérations. Condamné par saint Flavien, évêque de Constantinople, il trouva un protecteur dans un eunuque de la cour, favori de l'empereur Théodose le Jeune, qui fit condamner saint Flavien, dans une assemblée connue sous le nom de Brigandage d’Éphèse. Flavien fut non-seulement déposé, mais maltraité si brutalement, qu'il en mourut quelques jours après. Les légats du pape saint Léon refusèrent de souscrire à cette injuste sentence. Ils prirent même son parti avec un courage qui attira l'admiration de tout le monde chrétien.

Avant Rohrbacher, on n'avait pas assez remarqué que dans cette affaire d'Eutychès, comme dans celle de Nestorius, toutes les parties s'adressèrent et en appelèrent au Saint-Siège de Rome  : saint Flavien de Constantinople, l'empereur Théodose, Eutychès lui-même. Le Brigandage d'Ephèse avait eu lieu en 448. Par les soins de Léon, secondé par Marcien et Pulchérie, qui avait succédé à Théodose, il se tint en 451, à Chalcédoine, un nouveau Concile, composé de six cent trente évêques. Le Pape y présida par ses légats Paschasin, évêque de Lilybée ; Lucence, évêque d'Ascoli, et Boniface, prêtre de Rome.

La mémoire de saint Flavien y fut rétablie. Dioscore, patriarche d'Alexandrie, auteur, ou du moins exécuteur de tous les désordres d’Éphèse, y fut excommunié et déposé pour plusieurs crimes : par exemple, pour avoir prétendu tenir un Concile sans l'autorité du Pape, ce qui, disaient les Pères du Concile, n'avait jamais été permis et ne s'était jamais fait, de n'avoir pas fait lire dans l'assemblée d’Éphèse, la lettre que saint Léon avait écrite à Flavien, exprès pour le futur Concile. Quand on lut, dans le Concile de Chalcédoine, cette lettre qui n'est comparable qu'aux évangiles, qui a toujours été considérée, dans l’Église, comme l'expression la plus exacte, la plus noble, la plus auguste de la croyance catholique sur l'admirable dogme de l'Incarnation, il n'y eut qu'un cri d'admiration. Les six cents évêques s'écrièrent : « C'est Pierre qui a parlé par Léon ».

Dans le Pré spirituel de Jean-Moschus, un abbé raconte avoir entendu le patriarche Eulogius d'Alexandrie faire le récit suivant : « Grégoire, diacre distingué de Rome, m'apprit que le pieux pape Léon, après avoir écrit la lettre à Flavien, la posa sur le tombeau du Prince des Apôtres, en le conjurant, par des veilles, des jeûnes et des prières, de corriger les fautes ou les erreurs qui s'y seraient glissées par suite de la faiblesse humaine. Quatre jours écoulés, l'Apôtre lui apparut et lui dit qu'il avait lu sa lettre et y avait fait les corrections nécessaires. Le Pape ayant repris la lettre sur le tombeau, y remarqua en effet les corrections exécutées de la main de saint Pierre(*) ».

Quand ils eurent fait leurs décrets, les Pères du Concile de Chalcédoine les envoyèrent au Pape avec une lettre où ils lui disent : « C'est vous qui nous avez présidé, comme la tête préside aux membres ».

Notre Saint confirma les vingt-sept premiers canons du Concile qui concernaient les matières de foi, et ils furent reçus de toute l’Église avec le plus grand respect, mais il s'opposa au vingt-huitième qui avait été fait en l'absence de ses légats. On y donnait à l'archevêque de Constantinople le titre de patriarche, et même de premier patriarche d'Orient. Plus tard, malgré cette juste et prévoyante opposition de Rome, contrairement aux traditions apostoliques, le siège de Constantinople obtint des empereurs, de l'usage, ou plutôt de la faiblesse, de la coupable flatterie des autres églises orientales, ce titre et cette prééminence du patriarcat, qui devait aboutir au schisme et à la dépravation des églises grecques.

(*) à suivre la lettre de St Léon Le Grand à saint Flavien de Constantinople.

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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#7 Message par Laetitia » jeu. 12 avr. 2018 22:17

Lettre de St Léon Le Grand à saint Flavien de Constantinople a écrit :
« Le cœur de ce vieillard (Eutychès) n'a pas entendu ce que la voix de ceux qui se préparent au baptême proclame dans le monde entier. Ne sachant pas ce qu'il devait penser de l'Incarnation du Verbe de Dieu, et pour acquérir la lumière nécessaire, ne voulant pas explorer le vaste domaine des saintes Écritures, il aurait au moins dû prêter l'oreille à la confession que tous les fidèles prononcent d'une voix unanime, disant qu'ils croient en Dieu, le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ, son fils unique, engendré par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie.

Par ces trois articles, presque toutes les inventions des hérétiques sont anéanties. Car puisque l'on croit en un Dieu tout-puissant et Père, on atteste en même temps par là que le Fils est coéternel avec Lui, qu'il ne diffère en rien du Père, puisqu'il est Dieu de Dieu, tout-puissant du tout-puissant, coéternel, né de l’Éternel. Pas plus tard dans le temps, sans être moindre en puissance, ni différent en gloire, ni divisé quant à la substance, c'est le même Fils éternel du Père éternel, qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie.

Cette génération temporelle n'a point diminué sa génération éternelle et n'y a non plus rien ajouté ; mais elle a été employée tout entière pour la réparation de l'homme déchu, afin qu'il pût vaincre la mort et triompher du démon, qui avait le pouvoir de la mort. Car nous ne pouvions pas soumettre l'auteur du péché et de la mort, si celui que le péché ne peut souiller et que la mort ne peut enchaîner, n'eût pris notre nature et ne l'eût faite sienne. »


(Ici le Pape cite comme preuve Matthieu, I, 1 ; Paul aux Romains, I, 1 ; Genèse, XII, 3, 18 ; Galates, III, 8;Isaïe, VII, 14 ; Matthieu, I, 23 ; Luc, I, 45).

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#8 Message par Laetitia » jeu. 12 avr. 2018 22:22

Puis il continue :

« Si l'on objecte que la Conception de Jésus-Christ ayant été l'œuvre du Saint-Esprit, sa naissance n'a pas été purement humaine, il faut répondre que l'on ne doit pas conclure de là que le caractère nouveau de cette création ait rien ôté au caractère distinctif de la nature. Le Saint-Esprit a donné la fécondité à une Vierge, mais la réalité du corps a été prise du corps de cette Vierge, et dans cette maison qu'il s'était construite, le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous, c'est-à-dire dans la chair qu'il avait prise de l'homme et qu'il avait remplie de l'esprit de vie intelligente.

C'est ainsi que chaque nature et chaque substance ayant conservé intactes ses propriétés distinctives, mais s'étant réunies pour ne former qu'une seule personne, l'humilité a été adoptée par la majesté,la faiblesse par la force, la mortalité par l'éternité ; et pour effacer le crime de notre race, la nature invulnérable s'est unie à celle qui pouvait souffrir, afin que, suivant qu'il était nécessaire pour notre salut, le même médiateur, Dieu et homme, Jésus-Christ, pût mourir comme homme et rester éternel comme Dieu.

C'est ainsi que dans la nature entière et parfaite du véritable homme le vrai Dieu est né, tout entier dans la sienne, tout entier dans la nôtre. Or, la nôtre est celle dans laquelle le Créateur nous avait d'abord formés, et qu'il s'est chargé de rétablir. Car, dans le Rédempteur, on ne voit aucune trace du mal apporté par le trompeur et du mal accepté par l'homme trompé.

Et de même, quoique Jésus-Christ ait pris sur lui la communauté des faiblesses, il n'a aucune part à nos fautes. Il a pris la forme de la servitude sans la souillure du péché, il a rehaussé l'humanité sans rabaisser la divinité, parce que l'abaissement au moyen duquel l'invisible s'est rendu visible, par lequel le créateur et Seigneur de toutes choses a voulu devenir un des mortels, a été l'effet de son penchant pour la miséricorde et non point une diminution de sa puissance.

Celui-là même qui restait dans la forme de Dieu a fait l'homme, est devenu homme lui-même, sous la forme de l'esclave. Le Fils de Dieu entré dans ce monde en descendant de son trône céleste, mais sans abandonner la gloire de son Père, est donc né d'une nouvelle naissance dans un nouvel ordre de choses.

Nous disons dans un nouvel ordre de choses, car Celui qui, dans le sien, est invisible, est devenu visible dans le nôtre ; l'incompréhensible a voulu être compris. Celui qui était avant tous les temps a commencé à exister dans le temps ; le Seigneur de l'univers, en voilant sa majesté, a pris la forme des esclaves ; le Dieu impassible n'a pas dédaigné de devenir un homme passible, et l'immortel de s'assujettir aux lois de la mort.

Nous répétons encore qu'il est né d'une nouvelle naissance, car la virginité restée intacte, n'a pas connu la volupté et a donné pourtant la matière de la chair. C'est la nature, et non pas le péché, que Jésus-Christ a reçue de la mère du Seigneur ; et parce que la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, engendré dans le sein de la Vierge, est miraculeuse, sa nature n'en est pas pour cela différente de la nôtre.

Car le vrai Dieu est aussi vrai homme ; cette unité n'est point un mensonge, car l'humilité et la grandeur de Dieu se sont réciproquement unies et pénétrées. De même que Dieu n'est point rabaissé par la miséricorde, l'homme n'est pas absorbé par la dignité. Chacune des deux formes, divine et humaine, fait, en communauté avec l'autre, les opérations qui lui sont propres.

Pendant que le Verbe fait ce qui est du Verbe, la chair exécute ce qui est de la chair. Le premier brille avec éclat dans les miracles, la seconde succombe sous les outrages. De même que le Verbe demeure dans l'égalité de gloire avec son Père, la chair n'abandonne pas la nature de notre race. Car le Rédempteur, toujours un et le même, est, nous ne pouvons trop le répéter, vraiment Fils de Dieu et vraiment Fils de l'homme.

Il est Dieu, puisqu'il est dit : Dans le commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu ; et Dieu le verbe est dans l'homme, puisque le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous ; il est Dieu, puisque tout a été fait par Lui et que rien n'a été fait sans lui. Homme, puisqu'il est né de la femme et sous l'empire de la loi.

La naissance de la chair montre la nature humaine ; la conception de la Vierge est le signe de la puissance divine ; la faiblesse de l'enfant se voit dans l'humilité du berceau ; la gloire du Très-Haut se manifeste dans la voix des anges. Celui qu'Hérode veut faire cruellement mourir entre dans la vie comme un homme ; mais c'est le Seigneur de l'univers que les Mages viennent humblement adorer.

Afin que l'on n'ignorât pas que la divinité était couverte de l'enveloppe de la chair, quand il se fit baptiser par Jean, son précurseur, la voix du Père retentit dans le ciel, en disant : Celui-ci est mon fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affection. Celui-là même qui, comme homme, est tenté par les artifices du diable, est, comme Dieu, servi par les anges.

La faim, la soif, la fatigue et le sommeil sont évidemment de l'homme ; mais rassasier cinq mille hommes avec cinq pains, mais distribuer à la Samaritaine une eau vive dont celui qui en boit ne souffre plus jamais de la soif, mais marcher d'un pied assuré sur les flots de la mer, conjurer la tempête et apaiser les vagues de la mer, sont des actes incontestablement d'un Dieu.

Ce n'est certes pas la même nature qui, saisie d'une profonde douleur, pleure l'ami qui vient de mourir, et, par la seule puissance de sa parole, rappelle à la vie celui qui était couché depuis quatre jours dans la tombe ; ce n'est pas la même nature qui se laisse attacher à la croix et change le jour en nuit et fait trembler la terre ; qui se laisse percer les membres de clous et ouvre les portes du paradis au larron qui prononce une parole de foi ; ce n'est pas non plus la même nature qui dit : Moi et mon Père nous sommes un, et : Mon Père est plus grand moi.

C'est cette unité de personne dans chacune des deux natures qui fait dire que le Fils de l'homme est descendu du ciel, et que le Fils de Dieu a pris corps dans le sein de la Vierge qui l'a conçu ; que le Fils de Dieu a été crucifié, a été enseveli, et pourtant qu'il n'a pu l'être dans la divinité même, par laquelle il est égal au Père en éternité et en substance, mais dans la faiblesse de la nature humaine.

C'est pourquoi tout le monde confesse, dans le symbole, que le Fils de Dieu a été crucifié et enseveli, conformément à ces paroles de l'Apôtre : S'ils l'avaient connu, ils n'eussent jamais crucifié le Seigneur de majesté. Mais après la résurrection de Jésus-Christ, qui a été réellement la résurrection du vrai corps, puisqu'aucun autre n'a été ressuscité que celui qui avait été crucifié et enseveli, qu'est-il arrivé pendant ces quarante jours, si ce n'est que l'ensemble de notre foi a été dégagé de toute obscurité. Toutes les apparitions du Seigneur, tout ce qu'il a fait et dit n'a servi qu'à faire connaître comment le caractère distinctif des deux natures, divine et humaine, est resté
le même sans partage.


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Re: La Maternité Divine de Notre Dame

#9 Message par Laetitia » jeu. 12 avr. 2018 22:22

C'est cette sainteté de la foi qu'Eutychès méconnaît totalement, puisqu'il ne veut pas voir notre nature dans le Fils de Dieu, ni dans l'abaissement de la mortalité, ni dans la gloire de la résurrection, et qu'il méprise cette parole de l'évangéliste saint Jean : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans une chair véritable est de Dieu, et tout esprit qui divise (solvit) Jésus-Christ n'est point de Dieu ; et c'est là l'antechrist.

Mais qu'est-ce que Jésus-Christ appelle solvere, si ce n'est séparer de Lui la nature humaine et anéantir, par d'impudentes fictions, le mystère par lequel nous sommes tous sauvés ?

Or, celui qui est dans une si grande ignorance sur la nature du corps de Jésus-Christ, celui-là doit aussi enseigner, dans le même aveuglement, des choses insensées sur la Passion. Car s'il ne tient pas la Croix du Seigneur pour un mensonge, et s'il ne doute pas que la mort qu'il a soufferte pour le salut du monde, n'ait été véritable, il doit nécessairement croire à la véritable humanité de Celui dont il croit la mort. Donc, s'il confesse la foi des chrétiens, et s'il n'arrache pas de son cœur la révélation angélique, il examinera quelle est la nature qui a été percée de clous, qui a été attachée à la croix, d'où a découlé du sang et de l'eau lorsque le flanc du Crucifié a été percé (ut ecclesia Dei et lavacro rigaretur et poculo).

Qu'il écoute aussi le saint apôtre Pierre, annonçant que l'esprit est sanctifié, quand il participe au sang de Jésus-Christ, et que ce n'est pas par de l'argent ou de l'or corruptible que nous sommes rachetés, mais par le sang précieux de Jésus-Christ, l'agneau sans tache.

Il ne résistera pas au témoignage du saint apôtre quand il dit : Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tous nos péchés, et dans un autre endroit : Cette victoire par laquelle le monde est vaincu est l'effet de notre foi  ; et encore : Qui est celui qui est victorieux du monde sinon celui qui croit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu ?

C'est ce même Jésus-Christ qui est venu avec l'eau et avec le sang ; non-seulement avec l'eau, mais avec le sang ; et c'est l'esprit qui rend témoignage que Jésus-Christ est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont une même chose. Oui, certes, l'esprit de la sanctification, le sang de la rédemption et l'eau du baptême, lesquelles trois choses ne sont qu'une et ne peuvent être séparées.

L’Église catholique vit et se perpétue par cette foi que dans Jésus-Christ l'humanité n'est pas sans véritable divinité, ni la divinité sans véritable humanité ».

(Voir l'Histoire de saint Léon, par M. de Saint-Chéron.)

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