Mgr de Ségur et le Sacré-Coeur de Jésus

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Monique
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Re: Mgr de Ségur et le Sacré-Coeur de Jésus

#21 Message par Monique » mer. 16 mars 2016 23:20

Un jour, tenant son divin Cœur dans ses mains, Jésus le présenta à sainte Gertrude, et lui dit :

« Vois mon très-doux Cœur, l'harmonieux instrument dont les accords ravissent la Trinité sainte! Je te le donne ; et, comme un serviteur fidèle et empressé, il sera à tes ordres, pour suppléer à tes impuissances. Use de mon Cœur: et tes œuvres charmeront le regard et l'oreille de Dieu. »

Gertrude vécut ainsi d'amour, de tendresse, de sacrifices dans le Sacré-Cœur de son Dieu, jusqu'à son dernier soupir. Au moment de son agonie, le 17 novembre 1292, la Sœur à qui la sainte Abbesse avait dicté son livre, vit Notre-Seigneur arriver près de la mourante. Le visage du Sauveur était rayonnant de joie; à sa droite se tenait la Bienheureuse Vierge; à sa gauche, l'Apôtre bien-aimé, saint Jean. Autour d'eux se groupait une multitude d'Anges, de Vierges, de Saints.

Près du lit de la sainte mourante, on lisait l'Evangile de la Passion. A ces mots : « Il inclina la tête et rendit l'esprit », Jésus se pencha vers Gertrude; de ses deux mains il en-tr'ouvrit son propre coeur et en épancha les flammes dans l'âme de la Bienheureuse.

Quelques instants avant qu'elle expirât, Jésus lui dit avec amour : « Enfin, il est venu le moment de donner à ton âme le baiser qui doit l'unir à moi! Enfin, mon Cœur pourra te présenter à mon Père céleste! »

Et aussitôt, l'âme bienheureuse de Gertrude, rompant le lien qui l'attachait à son corps, s'éleva lumineuse vers Jésus, et pénétra dans le sanctuaire de son très-doux Cœur.

C'était ce même mystère d'amour, de miséricorde, de sanctification, que Jésus devait révéler quatre cents ans plus tard, comme nous l'avons dit, pour être, « dans les derniers temps, le gage de sa divine bonté ».

Adorons-le, et bénissons-le de tout notre cœur.

Monique
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Re: Mgr de Ségur et le Sacré-Coeur de Jésus

#22 Message par Monique » sam. 19 mars 2016 0:53

VIII
Des vues admirables de la Providence dans la révélation du Sacré-Cœur.



Le bon Dieu fait tout en son temps. Sa sagesse s'est unie à sa miséricorde en donnant à l'Eglise le divin trésor du Cœur de Jésus pour les temps où elle allait en avoir le plus grand besoin. Le Sauveur l'a dit lui-même, à sainte Gertrude d'abord, puis à la Bienheureuse Marguerite-Marie : « Mon divin Cœur est destiné aux derniers temps. »

Qu'on ne s'y méprenne point : tous les signes indiqués par le Fils de Dieu au vingt-quatrième chapitre de saint Matthieu se réunissent, s'accumulent pour ainsi dire avec une redoutable évidence : la foi baisse et s'en va; l'Evangile est prêché à peu près partout ; les sociétés baptisées ont toutes apostasié ; des guerres effroyables, des luttes de peuple à peuple, de nation à nation épouvantent partout le monde; les miracles surgissent de toutes parts; un ensemble vraiment extraordinaire de prophéties, dont plusieurs sont certainement authentiques, s'unit à un instinct secret des âmes saintes; enfin, les trois mystères qui semblent devoir servir de refuge à l'Eglise de Dieu dans les tribulations suprêmes, le mystère de l'infaillibilité au Pape, le mystère de l'Immaculée-Conception de Marie, le mystère du Sacré-Cœur de Jésus, dominent la tempête universelle, soulevée contre tout ce qui est catholique, apportant aux vrais fidèles la fixité de la foi et de l'obéissance, la grâce de l'innocence nécessaire au triomphe, et le don d'une charité, d'une miséricorde et d'une réparation absolument divines. Tout nous indique l'approche plus ou moins immédiate de ces « derniers temps » prédits par le Dieu du Sacré-Cœur.

Dans les âges précédents, pour chaque maladie nouvelle qui se déclarait, le Sauveur tirait aussitôt un remède salutaire «du bon trésor de son Cœur » ; dans le nôtre, où toutes les négations et toutes les maladies anciennes vont se concentrer, se liguer de plus en plus sous le drapeau de la Révolution, de i'antichristianisme, c'est son Cœur même, c'est le trésor avec tout ce qu'il contient, que Jésus daigne nous ouvrir et nous donner tout entier. C'est le dernier effort de son amour ; c'est le remède suprême et universel.

Oui, le Sacré-Cœur est ce qu'il faut à l'Eglise en ces temps extraordinaires. A un mal extrême il faut un remède extrême, un remède au delà duquel il n'y ait plus rien, L'Europe baptisée, en particulier la France, est gangrenée jusqu'au cœur : donc, pour échapper à la mort, il faut que les fidèles ail lent chercher la vie dans sa source, en pénétrant jusque dans le Cœur du Roi des deux. Plus on ira, et plus il sera vrai de le dire : « Hors du Cœur de Jésus point de salut. »


Monique
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Re: Mgr de Ségur et le Sacré-Coeur de Jésus

#23 Message par Monique » dim. 20 mars 2016 17:39

On entrevoit dès lors les vues miséricordieuses de la Providence, qui a retardé la manifestation du Sacré-Cœur jusqu'à la fin du dix-septième siècle, jusqu'à l'époque où Satan allait susciter Voltaire, Rousseau, la Franc-Maçonnerie, l'athéisme philosophique, enfin la Révolution proprement dite, c'est-à-dire la grande Révolte de la société contre l'Eglise, de l'homme contre le Fils de l'homme, de la terre contre le ciel.

A la fin du dix-septième siècle, le calvinisme et le jansénisme voulaient supprimer, l'un en théorie, l'autre en pratique, le sacrement de l'amour, et par conséquent l'amour lui-même, l'amour saint et confiant, qui nait de la communion. Aux pharisiens des derniers temps Jésus oppose la révélation de son Cœur adorable, tout surabondant de douceur et d'humilité, source intarissable de tendresse de charité, de miséricorde, de vraie sainteté, de vrai amour. Et comme le mal venait de la France, de cette noble et belle France destinée à protéger, à propager l'Eglise, c'est en France que la très-sage Providence suscite le remède en manifestant les mystères du Sacré-Cœur.

Les impies du dix-huitième siècle vont faire entendre leur cri satanique, leur cri de guerre contre Jésus-Christ, qu'ils veulent exterminer : « Écrasons l'infâme! » Ils vont, par leurs sophismes, par leur propagande infernale et universelle, ébranler les esprits. Que va faire Jésus-Christ? Lui qui a fait l'hommE et qui connaît l'homme, il va droit au cœur de l'homme et se manifeste à lui sous sa forme la plus puissante, la plus intime, la plus séduisante : comme souverain Amour. Il lui donne son Cœur divin; et par le cœur il l'arrache aux mortelles séductions de l'esprit. En effet, rien n'est plus fort que l'amour; et par la révélation de son Sacré-Cœur Jésus se fera aimer. Oh! la belle ruse de guerre !

Ce n'est pas tout : de grands crimes vont naître de ces grands blasphèmes : la conspiration de la Franc-Maçonnerie antichrétienne va ébranler l'Eglise jusque dans ses fondements; une persécution sauvage va détruire les antiques institutions catholiques de l'Europe, et, commençant comme de juste par la France et par Rome, elle va couper la tête moins au roi très-chrétien qu'à la monarchie très-chrétienne, moins à Louis XVI qu'au fils aîné de l'Eglise ; elle va fermer les temples, massacrer les prêtres et les Evêques, détruire les Ordres religieux, faire monter une prostituée sur les autels, traîner le Pape en exil et l'y faire mourir; elle va inaugurer une société nouvelle sans foi, sans Dieu, sans Jésus-Christ; elle va inaugurer et propager dans le monde entier cet immense blasphème qu'on appelle la séparation de l'Eglise et de l'Etat: elle va ruiner dans des millions et des millions d'âmes la vie de la grâce.

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Re: Mgr de Ségur et le Sacré-Coeur de Jésus

#24 Message par Monique » lun. 21 mars 2016 15:58

A ces crimes, qui appellent nécessairement les représailles de la justice divine, à ces sacrilèges publics et inouïs jusqu'alors, Notre-Seigneur Jésus-Christ apporte une expiation dont la sainteté surpasse et surpassera toujours la perversité humaine : il révèle, il inaugure le culte public de son Sacré-Cœur; et ce culte, mille fois béni, essentiellement expiatoire et réparateur, va se propager de telle sorte que « là où abondera le délit, la grâce surabondera » toujours. Que Satan inspire tant qu'il voudra les démons à face humaine qui, depuis plus de cent ans, font retentir le monde de leurs blasphèmes, insultent et foulent aux pieds la très-sainte, la très-adorable Eucharistie; qu'il leur fasse blasphémer la Sainte-Vierge, tuer les prêtres, commettre tous leurs crimes : il a beau faire, l'Eglise a désormais un moyen de réparation, plus puissant que tous les leviers de l'enfer; elle a le très-sacré Cœur de Jésus, le Cœur de Dieu même.

Pour ces raisons, et pour d'autres encore, qu'il serait trop long de développer ici, la très-miséricordieuse Providence a été admirable dans la révélation du culte du Sacré-Cœur, à la fin du dix-septième siècle.

Ajoutons que lorsque la Sainte-Vierge apparut, le 19 septembre 1846, sur la montagne de la Salette, afin de sauver, s'il était possible, sa pauvre France, et par la France Rome et l'Eglise, elle déclara entre autres choses que la propagation du culte du Sacré-Cœur serait un des moyens dont le bon Dieu se servira pour combattre l'antichristianisme et pour sanctifier ses fidèles, ses élus des derniers temps. Cette révélation n'a pas peu contribué à propager partout l'amour et le culte du Sacré-Cœur.

Entrons dans ce courant de foi : c'est la voie du salut. Ecoutons la voix de l'Eglise ; écoutons les avertissements de la Sainte-Vierge; croyons, acceptons avec amour la parole de Notre-Seigneur lui-même. Oui, le Sacré-Cœur est le mystère de ces derniers temps.

Mais, pour nous pénétrer davantage des excellences ineffables du Sacré-Cœur, et par conséquent de l'excellence du culte et de la dévotion qui lui sont rendus dans l'Eglise, contemplons de plus près, avec les yeux de la foi, avec le bonheur et la joie du divin amour, ce Cœur très-aimant, très-aimé et mille fois adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Qu'il soit à jamais le Roi de nos Cœurs!

LE SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS
PAR
Mgr DE SÉGUR
PARIS
LIBRAIRIE SAINT-JOSEPH
TOLRA, LIBRAIRE-ÉDITEUR
1889

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