La Louange Divine

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#1 Message par Laetitia » mar. 23 août 2016 19:23

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« Louez le Seigneur, car sa miséricorde est éternelle. Qu'ils redisent cette louange les rachetés du Seigneur, ceux qu'Il a délivrés de la main de l'ennemi, et qu'Il a rassemblés de toutes les contrées. » Ps. CVI, I, 2.

« Toute ma vie je veux louer le Seigneur, jusqu'à mon dernier jour, je veux chanter mon Dieu. » Ps. LXX, 8.

« Heureux ceux qui habitent dans votre Maison, Seigneur, ils Vous loueront dans les siècles des siècles. » Ps. LXXXIII, 5.

                                                                Image

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#2 Message par Laetitia » mar. 23 août 2016 22:13

Lettre de Sa Grandeur Monseigneur Mignot, Archevêque d'Albi
à Mère Marie-Cécile de Saint Paul, auteur de l'ouvrage :

La Louange Divine, extraits de la Sainte Ecriture, des écrits des Saints Pères et des meilleurs auteurs ecclésiastiques. Albi, Imprimerie des apprentis-orphelins, 1910.

                                                                                                                                                                                            Albi, 13 décembre 1910.
Ma Révérende Mère,

Bien des fidèles s'imaginent que la vie surnaturelle proprement dite, est juxtaposée à leur vie ordinaire plutôt qu'elle ne s'identifie avec elle. Sans trop s'en rendre compte, ils font deux parts dans leur vie, l'une consacrée à Dieu pendant une heure ou deux, l'autre réservée au monde et aux affaires pour le reste de la journée. C'est là une erreur qui ne va à rien moins qu'à établir un dédoublement de nos facultés, un dualisme qui serait bientôt fatal. Notre vie ordinaire et notre vie spirituelle ne sont pas deux éléments associés marchant côte à côte, ou deux fleuves coulant parallèlement, sans mêler leurs eaux sauf à de rares intervalles : elles doivent s'identifier et se fondre dans l'unité d'une vie intérieure. Cela est si vrai, nous le savons tous, que les moyens de sanctification, si précieux et augustes soient-ils, ne sont pas une fin par eux-mêmes : leur but est de nous montrer une perfection plus haute et de nous donner la possibilité d'y atteindre.

Il ne saurait suffire aux âmes d'élite de faire un simple acte de foi aux vérités révélées, ni de recevoir les Sacrements d'une manière correcte ; il faut que ces vérités, bien qu'infiniment supérieures à notre intelligence, pénètrent notre esprit ; que notre volonté s'identifie avec celle de Notre-Seigneur ; que nous pensions comme Lui, que nous sentions comme Lui, que nous puissions redire après saint Paul : « C 'est Le Christ qui vit en moi. » …


Vous avez voulu … nous élever jusqu'à la sphère où l'on entend mieux les harmonies du Ciel jusqu'au Te Deum final de la liturgie sacrée. La « Louange » sous forme de culte et de prière n'est-elle pas le cri de l'âme qui vole vers la patrie ; n'est-elle pas surtout le cri d'une religieuse contemplative ? Expertus potest credere ! (1) Celui-là connaît déjà l'amour de Jésus qui l'a goûté ; mais il en est qui le cherchent ; ceux-ci entendront de loin l'harmonie de la « Louange » et se dirigeront du côté d'où viennent les voix célestes : heureuses seront-elles d'avoir cherché ; bien plus heureuses encore quand elles auront trouvé. Quam bonus quaerentibus sed quid invenientibus.

Recevez, ma Révérende Mère, l'assurance de es sentiments religieusement dévoués.

                                                                                                                                                                                            + Eudoxe-Irénée, Archevêque d'Albi.
(1) Hymne de Saint Bernard : Jesu dulcis memoria.

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#3 Message par Laetitia » mer. 24 août 2016 8:15

Lettre de sa Grandeur Monseigneur Gely, Evêque de Mende.
                                                                                                                                                                                           Mende, le 9 Novembre 1910.
Ma bien chère Mère,

Votre livre m'a apporté une très douce consolation...

La Louange Divine nous fait connaître les devoirs que nous impose une si éclatante marque d'amour. Louer Dieu, la Création entière est faîte à cette fin. La nature insensible reconnaissante à son auteur chante l'hymne de la louange. La terre glorifie son Nom, l'immensité des Cieux exalte dans un accord harmonieux sa puissance et son amour.

Est-ce là la seule louange que le Créateur a droit d'attendre de son œuvre ? Non. Il y manque l'homme, l'homme libre, l'homme doué de raison et de volonté, l'homme qui a un cœur et seul peut rendre à Dieu le culte conscient de l'intelligence et de l'amour.

A cette fête anticipée qui n'est autre chose que l'éternel cantique de la louange dans l'éternité, vous invitez toutes les âmes qui ont le sentiment de leur origine et de leur destinée....


...

                                                                                                                                                                                            + Jacques, Evêque de Mende.

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Re: La Louange Divine

#4 Message par Laetitia » jeu. 25 août 2016 15:27

Dom Eugène Vandeur, O. S. B.
Prieur de l'Abbaye du Mont-César, Louvain.
Récemment un revue française (1) imprimait ces lignes : « On a raison d'attribuer pour une grande part le fléchissement de la foi à la diminution de la vie religieuse ; mais on ne réfléchit pas assez que le vie religieuse n'a tant baissé que parce que la vie liturgique est presque totalement supprimée. »

… la liturgie fait vivre d'une piété puisée non dans notre propre fond ou dans les livres de dévotion pieuse, mais dans la piété catholique de l'Eglise, celle puisée à sa première source, qui est la religion du Christ....

… la liturgie ne fait pas seulement monter aux oreilles de Dieu la prière même du Christ, elle imprègne petit à petit la vie entière de façon à nous faire vivre « in Christo » « propter Patrem. » Elle enseigne d'une façon vivante à réaliser pratiquement le but de notre vie. Avec et dans le Christ qui seul est parfaitement agréable au Père, et de qui découle toute sainteté, nous rendons hommage à Celui de qui toute chose tire sa perfection et à qui toute chose tend comme vers son but suprême et dernier ; et cette religion du Christ et de l'Eglise, avec laquelle et dans laquelle nous exprimons notre adoration, nos actions de grâces, nos demandes de pardon, nos supplications personnelles, cette religion, disons-nous, nous sanctifie, en donnant à la fois la lumière à l'intelligence et la charité au cœur.

La liturgie instruit non seulement les esprits plus cultivés, mais elle éduque aussi les foules les plus grossières.... Les paroles du Christ sont esprit et vie ; de même celles de l'Eglise …

«!oh ! S'écrie Dom Guéranger (2) qui pourrait dire combien les grâces de salut se répandraient directement sur le peuple chrétien, comme effet direct d'un enseignement basé sur l'explication et la compréhension des paroles et des rites de la liturgie, si nos peuples savaient et goûtaient ce que savaient et goûtaient les simples catéchumènes de nos anciennes Eglises... Quelle influence sur les mœurs catholiques ! Quel boulevard de la foi ! Quelle disposition à sentir les choses de la vie surnaturelle dans ces populations instruites avec soin et détail des secrets que le Christ et son Eglise ont cachés sous le vaste et profond emblème de la liturgie. »

La connaissance des attributs de Dieu, l'habitation de la sainte Trinité dans nos âmes, notre condition de fils adoptifs de notre Père céleste, notre incorporation au corps mystique de Jésus-Christ, tous ces mystères de la grâce que le chrétien soupçonne à peine lui deviendraient familiers, non dans des formules abstraites et stériles, mais dans l'intime de lui-même... »
(1) Rev. Prat. Apolog. 15 avril 1909.
(2) D. Guéranger Institutins Liturgiques, I, p.9

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Re: La Louange Divine

#5 Message par Laetitia » ven. 26 août 2016 16:22

Para du Phanjas, Philosophie de la religion, I, p.3 sect. n. 97.
« La religion, c'est un commerce sacré entre le Ciel et la terre, par lequel Dieu s'unit à l'homme et l'homme s'unit à Dieu, quoique ces deux êtres semblent être séparés par une distance infinie.

Dieu S'unit à l'homme en lui manifestant son existence et sa Nature, en lui dispensant ses dons et ses grâces, en exigeant et en acceptant de lui un culte, en lui intimant une Loi sacrée et inviolable, qui lui impose des obligations et des devoirs relatifs à lui-même, à ses semblables, à son Auteur.

L'homme s'unit à Dieu, par l'exercice d'un culte religieux, par l'observance d'une Loi sacrée et inviolable, émanée de Dieu. »

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#6 Message par Laetitia » ven. 26 août 2016 22:19

St Thomas d'Aquin IIe IIe, q. CI, art 2.
« Le culte divin est de deux sortes : l'un intérieur et l'autre extérieur ; car puisque l'homme est composé d'un corps et d'une âme, il doit employer ces deux parties de son être au culte de Dieu, l'âme au culte intérieur et le corps au culte extérieur ; d'où le Psalmiste dit, Ps LXXXIII,2 : « Mon cœur et ma chair s'élancent vers le Dieu vivant. »

Et comme le corps se rapporte à Dieu par l'âme, ainsi le culte extérieur se rapporte au culte intérieur. Eh bien, le culte intérieur consiste dans l'union de l'âme avec Dieu par l'intelligence et par l'affection : les actes extérieurs de l'homme doivent donc s'appliquer diversement au culte de Dieu, selon les divers modes de l'union qui mettent l'âme en rapport avec Dieu par l'intelligence et l'affection. »

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Re: La Louange Divine

#7 Message par Laetitia » mar. 06 sept. 2016 9:42

P. Tesnières, Somme de la Prédication Eucharistique, 19e Conf., La vie intérieure : l'oraison.
« Recevant tout de Dieu, nous devons Le louer, L'honorer et Le glorifier par tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Nous lui devons le culte social et public, pour reconnaître les bienfaits qu'Il nous accorde par le moyen de la Société dont nous faisons partie : l'appui mutuel, la force, la conservation des patrimoines, la paix publique et la prospérité des patries ; nous le Lui devons parce qu'il est le Maître, l'Arbitre et la Fin des Sociétés comme des individus . Nous Lui devons le culte extérieur, exprimé par des dons et des sacrifices, par les prostrations, les chants et tous les signes sensibles de Religion, parce que tous les dons de la vie corporelle et de la fortune nous venant de Lui, ce nous est un devoir de Le confesser hautement et de L'en glorifier en les Lui consacrant par ces hommages religieux.

Mais nous sommes des esprits aussi : au-dessus de la terre de notre enveloppe corporelle, plane le ciel de notre âme, dont les facultés, comme les astres du firmament, sont créées pour raconter la gloire de leur Créateur : Caeli enarrant gloriam Dei.
Cette gloire, l'intelligence la chante en étudiant et en comprenant, en reconnaissant et en confessant, dans le jour d'une science de plus en plus claire, dans une louange de plus en plus parfaite, les Perfections, les Grandeurs, les Amabilités, les Mystères, les Paroles et les Œuvres de Dieu.

Qu'elle les lise et les étudie dans le livre de sa Vie éternelle, ouvert par la Révélation, ou dans le livre de la nature, étendu sous nos yeux par la Création, ou dans ce Livre à la fois plus beau, plus complet, plus saint et plus ouvert, plus facile à lire et plus attachant, que Dieu nous a présenté en son Verbe Incarné : à toutes ces manifestations de Dieu, l'intelligence humaine doit l'hommage de ses recherches empressées et persévérantes, de son adhésion respectueuse et joyeuse ; elle leur doit de diriger les affections et les résolutions de la volonté conformément à la lumière qu'elles lui montrent, aux pensées et aux volontés de Dieu qu'elles lui découvrent...»

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Re: La Louange Divine

#8 Message par Laetitia » dim. 11 sept. 2016 15:51

P. Tesnières (suite)
Toutes les faculté secondaires, astres qui prennent d'elle leur lumière et leur mouvement, qui la servent et la complètent, la mémoire et l'imagination, la raison pratique et la conscience, elle les doit entraîner dans son culte, faire donner dans le concert de sa louange. Tel est le devoir de l'intelligence dans le culte dû à Dieu par l'âme de l'homme ; tel est le premier cantique qui doit en sortir, imperceptible aux oreilles du corps, mais clair, retentissant et bien compris de Dieu, qui est Esprit.

La volonté, pour autant qu'elle tend au bien dont l'intelligence lui a découvert les attraits, la volonté, pour autant qu'elle est une tendance et une force qui cherche le bonheur et le repos de l'âme humaine, et qu'à cause de cela on appelle l'affection ou le cœur, doit à Dieu, qui l'a créée si belle et si puissante, qui l'anime d'élans si ardents et si persévérants vers le bonheur, elle doit à Dieu cette louange, cet hommage et ce culte, de Le regarder comme sa fin suprême, son bien parfait, sa plus enviable béatitude, sa joie la plus pure, et son repos, sa satisfaction, son rassasiement si assuré, si complet de toute manière, qu'elle Le tienne par l'estime au-dessus de tout autre bien, et qu'elle tende vers Lui par un mouvement que rien ne puisse arrêter : ni les biens passagers, ni les bonheurs créés, ni les difficultés, les souffrances et les longues attentes, au prix desquelles, depuis le péché, il nous Le faut acheter.

En attendant, elle est tenue de se plaire dans les dons partiels qu'Il fait de Lui-même, dans les avant-goûts qu'Il donne de sa possession définitive et de L'en bénir par une reconnaissance amoureuse, une acceptation joyeuse et un usage fidèle. Le culte de l'affection est donc, pour la volonté, dans la tendance vers Dieu, dans la complaisance en ses bontés, dans la louange de ses bien faits, dans le retour fidèle de notre reconnaissance, dans le bon usage de ses dons.

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Re: La Louange Divine

#9 Message par Laetitia » mar. 13 sept. 2016 9:50

P. Tesnières (suite)
Mais pour autant qu'elle est la maîtresse de la vie, qu'elle dicte les résolutions en arbitre et les fait exécuter en souveraine par toutes les puissances de l'être, la volonté doit à Dieu un autre culte intérieur, qui est la perfection et la garantie des deux premiers : c'est la louange de toutes les puissances, de toutes les facultés mises, employées et déployées au service de Dieu ; la louange des actes faits conformément aux prescriptions divines ; la louange des vertus calquées sur les Perfections de Dieu. C'est la vie entière dirigée, formée, réformée, transformée sur son type éternel, assimilée à Dieu et Lui donnant cette joie supérieure et ce bonheur suprême qu'éprouve tout père à se trouver reproduit et vivant dans son fils. C'est par conséquent la volonté de Dieu, sans exception, sans limite et sans réserve.

Oh ! La précieuse et parfaite louange, que celle de cet accord mélodieux, que celle de cet accord mélodieux de la Volonté divine, maîtresse écoutée, reçue, acceptée, aimée, bénie, adorée, et de la volonté humaine soumise librement, par une décision réfléchie et une résolution ferme ; malgré les résistances d'une intelligence qui souvent ne voit pas où on la mène, d'une affection qui témoigne d'insurmontables répugnances, ou succombe à une insurmontable tristesse ; d'une imagination effrayée par les fantômes terribles qui se forment d'ordinaire dans les ténèbres des incertitudes et le lointain des attentes, d'un corps qui tombe sous les coups redoublés de la souffrance en appesantissant l'âme ; enfin malgré les obstacles de tout genre, venant du dedans et du dehors, de la nature, des événements, des hommes, des amis et des ennemis, du démon et du monde ! Oui, c'est même du milieu de ce chaos, et par-dessus ces bruits discordants et confus, que la volonté humaine doit faire monter le cantique de sa soumission, de son adhésion, de son abandon amoureux, paisible et confiant, à la très sainte Volonté de Dieu.

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Re: La Louange Divine

#10 Message par Laetitia » dim. 18 sept. 2016 21:33

Dom Cabrol, O.S.B., La Sainte Liturgie.
« Peut-être sera-t-il utile de prévenir une confusion qui se rencontre assez fréquemment chez certains auteurs au sujet du culte public et du culte privé. On semble les opposer l'un à l'autre ; on voudrait établir la prédominance de l'un sur l'autre, ou l'excellence du culte privé au détriment du culte public. En réalité, non seulement il n'y a pas d'opposition, mais encore ils s'appellent, ils ne sauraient exister l'un sans l'autre. Le culte public ne signifie pas un culte purement extérieur ; il n'est parfait qu'à la condition d'être aussi intérieur, d'intéresser l'âme aussi bien que le corps ; autrement le culte public ne serait plus qu'un culte pharisaïque, une pure comédie, et il mériterait tous les anathèmes que certains moralistes rationalistes formulent chaque jour contre lui. Il est, aussi bien que le culte privé, une adoration en esprit et en vérité.

Il ne prétend pas supprimer le culte privé. Nous tenons pour certain, par exemple, qu'en dehors du culte officiel, les chrétiens ont à prier Dieu matin et soir dans le secret de leur chambre ; la méditation, l'examen particulier, les oraisons jaculatoires, tous les autres exercices recommandés par les maîtres de la vie spirituelle sont en honneur chez eux. »

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