Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

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Laetitia
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Re: Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

#11 Message par Laetitia » jeu. 03 sept. 2015 20:08


LE RASSEMBLEMENT


Elle laisse Joseph à la maison et emmène Eugène jusqu'à l'école des soeurs, à vingt pas de l'autre côté de la rue, à droite et en avant de la maison Guidecoq. Soeur Vitaline s'est réfugiée dans la classe même. Elle y récite l'office.

Ma soeur, voulez-vous s'il vous plaît venir chez nous, les p'tits gâs disent qu'i veyent de què, et nous aut' on n'vè rin (les enfants disent qu'ils voient quelque chose et nous autres on ne voit rien).

Soeur Vitaline les suit. ils arrivent devant la grange et là, Eugène essaie de lui montrer « ça » en multipliant les indications. Sans succès.

— J'ai beau ouvrir les yeux, je ne vois absolument rien. Il insiste :

— Vous voyez bien ces trois étoiles qui sont comme un trépied ?

— Oui.

— Eh bien ! ma soeur, la tête de la dame est juste au milieu.

— Je ne puis voir.

Quelles étaient ces trois étoiles-repères ? L'abbé Richard (1) pensait un moment pouvoir les identifier avec les éléments Alpha, Bêta et Gamma de la Grande Ourse, qui se trouvait alors au lieu signalé. Mais elles ne forment pas le« trépied », c'est-à-dire le triangle isocèle décrit par les enfants : l'une au-dessus de la tête de l'apparition, les deux autres encadrant les bras à égale distance. Ni les voyants, ni les autres n'ont jamais su retrouver les trois étoiles le lendemain et les jours suivants à la même heure et du même point d'observation. Elles ne correspondent pas aux étoiles du cosmos, mais à celles que les icones orientales situent sur le front et les épaules de la Vierge pour signifier sa pureté virginale. Huit témoins adultes assurent pourtant les avoir vues.

Soeur Vitaline reprend le chemin de l'école, accompagnée de Victoire (la mère), qui répète :

J'vous en prie, ma soeur, n'en dites rien, les p'tits gâs allourdent (perdent la tête).

Au coin du feu, dans la cuisine de l'école, trois pensionnaires se chauffent : Françoise Richer, 11 ans, Jeanne-Marie Lebossé, 9 ans, toutes deux originaires du département d'Ille-et-Vilaine, et Augustine Mouton, 12 ans, de Landivy, Soeur Vitaline est trop intriguée pour se conformer aux conseils de la mère :

— Petites filles, leur dit-elle, venez donc par là. Victoire a quelque chose à vous montrer.

Françoise hésite. Elle a peur de la nuit, et l'aurore boréale de la semaine dernière l'a effrayée. Elle suit à contre-coeur, la dernière. Sur le pas de la porte, elle demande à Victoire :

Què donc qu'y a ? Qu'est-ce que je vais voir ?

Venez toujours... Je ne sais pas, moi, j'n'ai rin vu.

C'est Françoise qui voit la première. Arrivée au pignon de la maison du cordonnier, J. Rousseau, elle s'écrie :

Mè, j'vè bé d'què sû la maison à Gustin Lecô, mais je n'së pas c'que c'est (Moi je vois bien quelque chose sur la maison Guidecoq, mais je ne sais pas ce que c'est ).

Les yeux fixés sur ce point énigmatique, elle fait les derniers pas en courant vers Eugène qui les appelle sur le seuil de la grange. Là elle voit nettement :

........................Image

— Oh ! la belle dame !

Françoise et Jeanne-Marie la décrivent à leur tour. Augustine Mouton écoute, mais ne voit rien.
Joseph sort de la maison pour les rejoindre, tandis que soeur Vitaline revient flanquée de l'autre religieuse, soeur Marie-Edouard, petite et dynamique, lançant tant de choses, là ou elle est, qu'il faut souvent la changer de poste. A ses questions, les enfants recommencent leur description. Elle se désole de ne pas voir.

— Puisque ce sont les enfants qui voient, faut en chercher d'autres, plus jeunes, dit-elle.

Elle prévient quelques voisins, notamment le grand-père Friteau, et pousse jusqu'au presbytère :

— Monsieur le curé, venez donc voir chez les Barbedette... Les enfants voient la sainte Vierge...

— Ma soeur, vous me faites peur, dit le curé (69 ans), qui n'a jamais entendu rien de pareil, depuis 35 ans qu'il restaure cette paroisse disparue à la Révolution.

Il reste planté là, immobile et inquiet.

— Faut aller voir, dit la vieille Jeannette, la gouvernante, qui allume la lanterne.

En sortant, ils rencontrent la grand'mère Friteau. Elle porte son petit-fils, Eugène, 6 ans et demi, emmitouflé dans sa mante. C'est un enfant malingre et souffreteux : il n'en a plus pour longtemps à vivre.

Tout le hameau accourt maintenant à la grange.


(1) L'abbé Richard fut le premier historien de Pontmain.

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#12 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 13:50


VEILLEE DE PRIERE


Soeur Vitaline récite le « chapelet des martyrs japonais ». Ces chrétiens, de la première évangélisation nipponne, avaient été arrêtés à Kyoto, en décembre 1596, promenés dans la ville, l'oreille coupée, puis conduits, en majeure partie à pied (plus de 300 kilomètres) jusqu'à Nagasaki. Là, ils avaient été crucifiés sur la colline Nishizaka, comme le Christ sur le Golgotha. Et, comme Lui, ils avaient subi la transfixion. Il y avait parmi eux des enfants : Louis (12 ans), et Antoine, plus jeune encore semble-t-il. Parvenus sur la colline, Louis avait demandé : « Quelle est ma croix ? » et il y avait couru. Antoine avait refusé la liberté que les soldats lui offraient et consolé ses parents, témoins de son supplice. Ils avaient été canonisés par Pie IX, le 8 juin 1862. Les Frères des Ecoles Chrétiennes de Saint-Brieuc avaient composé, en leur mémoire, des litanies formées de 26 brèves invocations indulgenciées, que l'on récitait avec un petit chapelet rouge. Sur la croix, on disait les actes de foi, d'espérance et de charité ; sur les petits grains :

Mon doux Jésus, miséricorde !
Doux coeur de Jésus, soyez mon salut.

Sur les gros grains :

Père Éternel, je vous offre le sang très précieux de Jésus en expiation de mes péchés et pour les besoins de la sainte Église.

Cette litanie était alors très répandue dans les écoles de l'Ouest.

La première dizaine s'achève à l'arrivée du curé. Sœur Edouard qui le mène, demande à distance :

Voyez-vous encore ?

Holà-oui, ma sœur ! C'est tout pareil.

Eugène Friteau, toujours enveloppé dans la mante, regarde comme les autres. Son visage d'infirme s'éclaire de joie. Les jours suivants, il affirmera qu'il a vu la belle Dame.

Que lui avez-vous dit ? lui demandera l'abbé Richard, premier historien de Pontmain.

Je ne lui ai rien dit. Elle ne me disait rien.

Il aurait ajouté :

Elle m'a ri et je lui ai ri.

Au bout de dix minutes, la tante qui l'avait repris des bras de la grand'mère le ramène à la maison, à cause du froid, avant le Magnificat. Il mourra le 4 mai suivant, après avoir fait, in extremis, la première communion, le jour même de sa mort. Sentant sa fin prochaine, il insistera pour qu'on en avance l'heure.

Parmi les derniers arrivants, voici la femme Boitin, l'épouse du sabotier-cordonnier. Elle porte un bébé sur les bras : sa petite Augustine, âgée de 25 mois. L'enfant regarde avec insistance, dans la même direction que les autres, sans se laisser distraire, ni détourner. Elle bat des mains en zézayant les seuls mots religieux qu'elle connaisse :

Le Zésus ! le Zésus !

Demain, la femme Guidecoq voudra vérifier sur place. Elle reviendra sur les lieux, tournera Augustine dans un autre sens et lui dira :

C'était là, n'est-ce pas ?

Pas ! pas ! criera la petite en se tournant dans la bonne direction.

Lasse des questions qui lui furent posées dans les jours suivants, elle répondait seulement :

A pus, patie (elle n'y est plus, elle est partie).

Oh ! s'écrient soudain les enfants, v'là d'què qui s'fait (quelque chose se fait).

Quoi donc ? demande le curé.

Les enfants décrivent au fur et à mesure : une sorte de cadre ovale, du même bleu foncé que la robe, est venu entourer l'apparition, « à une distance d'un demi-mètre », interpréteront les enquêteurs d'après les réponses des enfants. Ce cadre lui fait une sorte d'auréole, en forme d'amande, une « mandorle » comme disent les historiens de l'art. Quatre bougies sont fixées à l'intérieur par des tiges horizontales : deux à hauteur des épaules et deux à hauteur des genoux. Elles se détachent sur un fond clair. Une petite croix rouge, grande comme le doigt, est apparue à l'endroit du coeur. Tout cela s'est formé à l'arrivée du curé, ou comme il s'approchait.

.............................Image

Pour les enfants, plusieurs de ces signes ont un sens : il y avait, dans l'église de Pontmain, une statue de la Vierge, entourée d'un ovale bleu, et l'abbé Guérin y avait installé quatre bougies, comme au sanctuaire de Notre-Dame de l'Espérance, récemment fondé à Saint-Brieuc. Il les allumait lui-même pour célébrer la Vierge par la lumière. Toutefois, l'ovale de l'église paroissiale était incomplet et les bougies allumées par le curé n'étaient pas disposées comme dans l'ovale céleste.

Il y a maintenant plus de cinquante personnes devant la grange : les trois quarts du hameau. Mr le curé scrute en vain le ciel étoilé. Les gens questionnent, les uns avec ferveur, les autres avec ironie, Jean Guidecoq, frère du buraliste, s'en prend à Eugène :

Tu vè, tè, garçaille? Pourquè donc que j'n'verrais pas bé etout, mè ? Si j'avais s'ment une leunette ou un mouchoué de soie, j'verrais aussi bé qu'tè (Tu vois, toi gamin ? Pourquoi est-ce que je ne verrais pas aussi, moi ? Si j'avais seulement une lunette ou un mouchoir de soie, je verrais aussi bien que toi).

Ces deux instruments étaient le symbole prestigieux de l'investigation astronomique et de la science amusante : le mouchoir de soie servait à regarder, sans être ébloui, les éclipses de soleil :

Rien de plus facile, dit Victoire, j'en ai justement un chez nous.

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#13 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 14:07

Elle revient avec un foulard.

Essayez, dit-elle à Guidecoq.

On rit de son insuccès. On lui lance des quolibets.

Il est cor plus bouché qu'avant, dira Jeanne-Marie Lebossé.

On discutaille « pour » et « contre », tandis qu'il se tait, respectueux et bientôt convaincu.
« En humilité ». Eugène arrête le flot.

V'là qu'elle tombe en humilité !

En patois, ce mot signifie tristesse, l'état de l'homme humilié, tombé à terre.
Toutes ces allées et venues, nouvelles et incidents ont provoqué du brouhaha. Et c'est l'agitation qui motive la tristesse de la Dame, selon les enfants.

Silence, dit Mr le curé, s'il n'y a que les enfants à voir, c'est qu'ils en sont plus dignes que nous.

Monsieur le curé, dit soeur Marie-Edouard, si vous parliez à la sainte Vierge ?

— Hélas, je ne la vois pas ! que pourrais-je lui dire ?

Mais si vous disiez aux enfants de lui parler ?

L'abbé Guérin écarte ce projet d'interpellation :

Prions, conclut-il.

Les gens s'agenouillent, qui dans la neige, qui dans la grange, dont la petite porte est seule ouverte. Sur le seuil, soeur Marie-Edouard commence le chapelet. La Dame embellit et grandit au fur et à mesure de la prière.

Maintenant elle est deux fois grande comme soeur Vitaline, disent les enfants.

Ils apprécient les dimensions à partir de l'impression que l'apparition est située un peu en arrière du toit de la maison Guidecoq. Mais ici, l'expression trahit un peu leur pensée :

J'ai voulu dire qu'elle a grandi de la moitié de sa taille, expliquera plus tard Joseph.

Cette croissance est harmonieusement proportionnée. Le cercle bleu grandit dans la même mesure. Les étoiles qui environnent l'apparition semblent s'écarter pour lui faire place ; elles viennent se ranger deux à deux sous les pieds de la Dame, tandis que se multiplient celles qui parsèment la robe, dont le bleu sombre s'illumine. C'est une féerie astrale...

En v'là-t-y ! en v'là-t-y ! Ça se tape sû sa robe. C'est comme une fourmilière. Elle est bientôt toute dorée.

Dans les interrogatoires ultérieurs, les voyants distingueront plusieurs sortes d'astres. D'une part, ce qu'ils appellent joliment « les étoiles du temps », c'est-à-dire les constellations ordinaires, la Grande Ourse étant la plus lumineuse dans ces parages, d'autre part, les étoiles de la robe qui appartiennent à l'apparition. Mais la frontière entre ces deux sortes d'astres leur échappe en quelque manière. Où classer les étoiles du triangle ? et les quarante qui se sont écartées ? Ils les auraient prises, quant à eux, pour des « étoiles du temps ».

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#14 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 14:33


LE MESSAGE



Soeur Edouard entonne ici le Magnificat « sur le grand ton de Bretagne ». Avant la fin du premier verset, les enfants s'écrient ensemble :

V'là cor' de què qui s'fait ! vlà un bâton !

Dans l'intervalle entre le toit de la maison et les pieds de l'apparition restée à la même place, tandis qu'elle grandissait, une banderole blanche est apparue, presque aussi longue que la maison Guidecoq : « d'une cheminée à l'autre ».

V'là un bâton, s'écrient les enfants.

Sur le fond clair, un trait vertical s'est formé, comme sur la première page d'un cahier d'écolier, mais il se prolonge vers la droite, descend en diagonale à mi-jambage, remonte...

C'est un M !

Après un temps de silence, ils reprennent :

V'là un A ! « Mais priez... ».

Le tracé continue lentement « sans hésitation ni retouche », couleur d'or : « des lettres comme dans les livres », disent les enfants ; des capitales d'imprimerie, préciseront-ils plus tard. Le chant du Magnificat s'est interrompu pour écouter leur déchiffrage.

Ils épellent « à qui mieux mieux » les lettres suivantes : s. La conjonction MAIS reste seule pendant dix minutes.

A ce moment, les enfants sont à quelque distance les uns des autres. Tandis qu'ils épelaient, soeur Vitaline avait émis l'idée qu'ils pouvaient s'entendre et s'influencer les uns les autres.

Il faut les séparer !

Aussitôt dit, aussitôt fait, car la foule se résigne mal à ne pas voir. La soeur a donc séparé les enfants, à sa droite et à sa gauche. Jeanne-Marie et Joseph, plus petits, placés en face de la murette qui borde la cour des Guidecoq, protestent :

Je ne suis pas bien là ! dit Jeanne-Marie.

Elle revient devant la grange, au milieu de la route. Joseph, de même. La séparation n'a pas duré.
Un habitant du hameau, le charretier Joseph Babin, arrive en catastrophe d'Ernée, où il était parti à cinq heures ce matin. Il en ramène les nouvelles.

Vous n'avez qu'à prier, les Prussiens sont à Laval !

La foule ne se trouble pas. Elle continue sa prière.

Ils seraient à l'entrée du village que nous n'aurions pas peur, dit une femme.

Ce calme impressionne Babin. On le met au courant. Il attache, au plus près, le cheval fourbu qu'il tenait par la bride, et s'unit à la prière commune.

Le Magnificat s'achève. Pendant ce temps-là, en trois ou quatre minutes, les mots ont fini de se former. Les enfants, qui les ont épelés au fur et à mesure, lisent ensemble :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS

« Maintes fois » on leur fait répéter, en cherchant à les embrouiller. Ils réitèrent, sans hésitation. Plus d'un s'étonne de cet accord et de la correction du texte, qui dépasse leurs capacités orthographiques. Dans les jours suivants, toutefois, une objection sera faite :

Un discours ne peut commencer par mais. Cette conjonction adversative suppose une phrase antérieure. C'est une faute de grammaire.

Jeanne-Marie Lebossé répondra vivement :

Soeur Vitaline sait pourtant bien le français. Eh bin ! quand elle est lassée de voir qu'on n'travaille point, è donne un grand coup de pied sur l'estrade, et pis è dit : Mais étudiez donc ! Mais étudiez donc !

De fait, nous avons entendu Victoire, la mère, dire au début de l'apparition, en frappant Joseph au bras : « Mais vas-tu te taire ! Mais vas-tu te taire ! ». Le « mais » a d'autant plus d'énergie qu'il n'enchaîne pas avec un discours, mais avec la réalité même d'une situation à faire cesser.
Les incrédules n'osent plus rire. Certains pleurent doucement. Dans le ciel, la Dame sourit toujours. Il est environ sept heures et demie. Voilà plus d'une heure que cela dure.


Le groupe s'organise. On ouvre le grand portail. La grange offre un sol plus chaud que la neige. Les gens y prennent place, debout. Sur le seuil, ils installent des chaises pour les voyants, qui se lèvent souvent pour manifester leurs perceptions et leur enthousiasme.

La prière s'interrompt pour écouter leurs communications, chaque fois que, là-haut, quelque élément change, comme pour interpeller ce peuple suppliant.

Il faut chanter les litanies à la sainte Vierge et la prier de manifester sa volonté, dit le curé.

Dès la première invocation, lancée par soeur Edouard, les enfants s'écrient :

V'là cor de què qui s'fait ! V'là cor des lettres. C'est un D.

Ils épellent, avec émulation, la phrase qui se forme sur la même ligne que la précédente :

DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS.

Cette promesse provoque beaucoup de joie à l'heure de tant de craintes. La même joie se manifeste dans le ciel :

V'là où è rit... V'là où è rit ! (Voilà qu'elle rit), s'écrient les enfants qui rient eux-mêmes de bonheur.

Il n'y a qu'un mot en patois pour exprimer « rire et sourire ».

Cependant, au bout de la banderole, un gros point, de même taille et de même lumière que les lettres, est venu marquer la fin de ce message.

... « Gros comme un soleil », disent les enfants.

C'est durant cette phase que se situe l'aventure de Mariette Guidecoq, la belle-soeur de Jean « l'homme au mouchoué de soie ». Présente au debut de l'apparition, elle avait ostensiblement regagné sa maison. Elle était sceptique.

Le curé ne voit rien, ni les soeur s, ni moi... Les enfants non plus ! La vue leur beluette, se disais-elle.

Beluette, vient du patois belo, qui signifie un éblouissement.
Elle revient pendant les litanies, et veut. repartir, incrédule plus qu'avant. Mais ses jambes fléchissent. Elle tombe à genoux, clouée sur place. Elle prie, pleure... et croit. Mais elle ne peut se résigner à ne pas voir. Elle va scruter le ciel de l'autre côté de la maison. Sans succès. Elle se décide alors à revenir prier avec les autres.

Elle a prévenu, au passage, le charpentier Avice, chez qui elle a vu de la lumière :

Basile, venez donc à la grange de Beriot... des enfants voient la sainte Vierge.

Il la suit avec ses deux filles, il porte dans ses bras son fils Auguste, âgé de quatre ans. Le petit garçon regarde et « dit très doucement » :

Je vois bien aussi, moi.

Qu'est-ce que tu vois ? dit le père.

Une belle Dame une robe bleue avec des étoiles comme dans l'église, mais belle.

Tu ne sais pas seulement ce que c'est que du bleu.

Il pense que l'enfant répète un mot entendu.

Si, dit Auguste, le dimanche j'ai un gilet à manches bleues.

La conversation est remarquée.

Le petit Avice voit aussi.

Le charpentier coupe court aux réflexions.

Est-ce qu'on peut se fier à un enfant de cet âge ! Il est comme tous les enfants. Il répète ce qu'il entend.

Ceux qui ont remarqué s'approchent néanmoins. Le père les arrête d'un geste et dit à Auguste :

Ne dis plus rien, regarde seulement. Tu parleras à la maison.

Il contemplera, tout heureux jusqu'à la fin, sans avoir froid, tandis que les deux filles grelottent. Retour à la maison, le père l'interrogera, puis se fera sévère.

Si on te demande : Tu as vu la sainte Vierge ?, tu diras : « Je suis trop petit ».

Il donnera la même consigne à ses filles en ajoutant un motif au poids de son autorité :

Nous sommes pauvres, et l'on pourrait croire que c'est pour que l'on nous donne... Je ne veux point attirer du monde chez nous.

Les curieux, et même les enquêteurs de l'évêché, se heurteront à cette réponse imperturbable :

Il est trop petit. Il ne sait rien.

Le secret ne percera pas, même après la mort du père, jusqu'en 1915...


Tandis que la famille Avice arrivait, la foule entonnait un nouveau chant : l'Inviolata. Des lettres apparaissent alors sur une deuxième ligne, en dessous de la première. D'abord un M sous le E du mot ENFANTS.

E va cor ecrire : MAIS PRIEZ, MES ENFANTS, suppose Jeanne-Marie Lebossé. E cre p'tét bin qu'on n'a pas pu la lire. (Elle croit peut-être qu'on n'a pas pu la lire).

Non ! Arrivés à l'invocation O Mater Alma Christi carissima (O douce et bien-aimée Mère du Christ), les voyants ont épelé :

MON FILS

C'est la sainte Vierge, s'exclame-t-on.

Jusqu'ici les voyants n'avaient pas osé l'identifier. A ces paroles : mon Fils, ils la reconnaissent.
Les coeurs sont chaleureux, malgré la neige, et illuminés dans la nuit d'hiver.
Pendant la fin de la prose et pendant le Salve Regina qui suit, deux mots sont tracés sur l'écriteau :

SE LAISSE

Ça n'a pas de sens, dit la maîtresse d'école, soeur Vitaline, qui a pris une chaise au milieu des voyants. Regardez bien, il y a sans doute : « MON FILS SE LASSE ».

Mais non, ma soeur, il y a un I.

Ils épellent plusieurs fois et soudain :

Allez donc, çà n'est pas cor fini. V'là cor des lettres.

Avant la fin du Salve, la phrase est complète :

MON FILS SE LAISSE TOUCHER.

Ces mots forment une deuxième ligne, bien centrée au-dessous de la première, deux fois plus longue.

Un grand trait de lumière dorée vient souligner cette deuxième partie du message.

Les chants ont cessé. La foule prie dans un silence que les enfants interrompent en relisant de temps à autre l'inscription maintenant complète :

                              MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS
                                                                                MON FILS SE LAISSE TOUCHER


La dernière phrase commençait au-dessous du mot ENFANTS, ont précisé les voyants. Les typographes peuvent constater que cette indication donne une deuxième ligne parfaitement centrée.

                                                            Image

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#15 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 21:32


DERNIERES PHASES



Chantez un cantique à la Vierge, suggère le curé.

Soeur Edouard entonne :

Mère de l'Espérance
Dont le nom est si doux
Protégez notre France
Priez, priez pour nous.


C'est le cantique du sanctuaire de Notre-Dame de l'Espérance, fondé en 1848, à Saint-Brieuc, « pour le salut de l'Eglise et de la France ». La religieuse ignore qu'on le chante là-bas, ce soir, à la suite d'un voeu formulé dans l'après-midi, sur la suggestion de quatre dames, et que la prière s'y prolonge en ce moment même.

Alors la Vierge lève à la hauteur de ses épaules ses mains jusqu'ici abaissées. Elle agite lentement les doigts en souriant au rythme du cantique :

                                Image

V'là où è rit... V'là où è rit, répètent les enfants.

Ils sautent de joie et battent des mains, en répétant une fois de plus :

Oh ! qu'elle est belle ! Qu'elle est belle !

Jamais on n'a vu rien de pareil, ni en personne, ni en image, expliqueront-ils plus tard.

On aurait voulu sauter jusqu'au le (jusqu'à elle), confieront de même les petites filles.

Et Eugène :

Oh ! si j'avais eu des ailes... !

De fait, ils sautent comme s'ils voulaient s'élancer vers le ciel qu'ils regardent, rapporte un des témoins. Il y a des rires et des larmes dans l'assistance.
Les huit strophes sont terminées, l'inscription reste là, complète, pendant quelques instants encore. Puis un « rouleau couleur du temps », c'est-à-dire couleur du ciel, semble passer sur elle, et la recouvre.

On chante alors un dernier cantique :

Mon doux jésus, enfin voici le temps
De pardonner à nos coeurs pénitents
Nous n'offenserons jamais plus
Votre bonté suprême, ô doux Jésus !


Le Parce Domine sert de refrain, après chaque couplet, comme à l'école cet après-midi. La Dame semble en prononcer les paroles avec les assistants. Mais on n'entend pas sa voix.

Pendant ce chant, les visages des enfants se sont assombris. L'ombre vient de là-haut.

V'là qu'elle retombe en tristesse !

Et soudain :

V'là cor de què qui s'fait (Encore quelque chose qui se fait !)

Les enfants poursuivent. avec animation, la description de ce qui se passe là-haut.

Une grande croix rouge, avec un Christ de même couleur, est apparut, devant Notre-Dame, qui la tient à deux main, très légèrement inclinée vers les enfants, de sorte qu'ils la voient bien en face, et non en raccourci. La croix mesure 40 à 60 centimètres, calculeront subtilement les enquêteurs, selon l'échelle fournie par les voyants. Au sommet, un écriteau blanc, presque aussi large que le bras de la croix porte en lettres rouges :

JÉSUS-CHRIST

La Vierge semble regarder à la fois la croix de son Fils et la foule qui chante le Parce Domine. De ce moment-là, Joseph a gardé, toute sa vie, un poignant souvenir :

                                Image

« Son visage était empreint d'une tristesse indicible... Elle n'a pas pleuré... mais... aux coins de la bouche, le tremblement des lèvres... manifestait une vive émotion.

Les larmes ne coulaient pas, mais la tristesse dépassait tout ce qu'on peut imaginer. J'ai vu ma mère abîmée dans la douleur lorsque, quelques mois plus tard mon père fut frappé par la mort. On sait ce qu'un tel spectacle dit au coeur d'un enfant, pourtant, je m'en souviens, la tristesse de ma mère ne me parut rien en comparaison de la tristesse de la très sainte Vierge qui me revenait naturellement à l'esprit. C'était bien la Mère de Jésus au pied de la croix de son Fils.
»


Ici, un nouveau mouvement commence. De dessous l'ovale qui entoure l'apparition, expliquent les enfants, une étoile est partie. Elle monte vers la gauche, traverse le cercle bleu, allume la bougie située à la hauteur des genoux, puis près de l'épaule, passe par-dessus la tête, en longeant l'intérieur du cercle, allume le flambeau du bas, puis celui du haut, et traverse de nouveau l'auréole, pour se placer au-dessus, à la verticale où elle demeure. Le silence redouble et s'intériorise comme lorsque M. le curé allume solennellement les quatre bougies auxquelles nul autre n'a le droit de porter la flamme.

La foule prie intensément. Soeur Edouard entonne l'hymne Ave Maria Stella. Le crucifix rouge disparaît, et la Vierge reprend la pose initiale, bras tendus vers le bas.

Une petite croix blanche, longue comme la main, apparaît sur chaque épaule.

                                Image

Plantées sûbout (debout), disent les enfants.

De nouveau, le visage de l'apparition s'éclaire :

V'là où è rit ! répètent encore une fois les enfants.

Il est environ huit heures et demie.

Mes chers amis, dit le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir.

Chacun se met à genoux, là où il est, dans la grange ou sur la neige.

Au moment de l'examen de conscience, une dernière phase commence que les enfants décrivent au fur et à mesure, comme les précédentes. Un grand voile blanc apparaît aux pieds de la Vierge, monte lentement devant elle, et la cache progressivement de bas en haut « comme si el'tait entrée dans une pouche » (poche), dit Eugène. A mesure que cette blancheur monte, le corps disparaît peu à peu comme un astre derrière un horizon neigeux. Bientôt, il n'y a plus que le visage...

Le voile s'arrête au bas de la couronne qui reste seule un moment et disparaît d'elle-même, sans être recouverte. L'étoile au-dessus de la tête, le cercle bleu et les quatre bougies allumées, disparaissent également.

Voyez-vous encore ? dit l'abbé Guérin.

Non, Monsieur le curé, c'est tout fini.

Il est près de neuf heures. Chacun rentre chez soi. Les coeurs sont en paix. Toute crainte s'est envolée.

La veillée de prière de Saint-Brieuc se termine à cette même heure.

Les voyants se sont retirés sans commentaire. Dans sa crèche, le long de la cloison, Eugène s'endort aussitôt d'un bon sommeil, selon sa propre expression. Son repos est bercé par le souffle des deux grands boeufs.

                                                                                                Image

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Re: Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

#16 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 22:53

Ce récit est tiré du livre de A. Laurentin et A. Durand : Pontmain , histoire authentique, tome I, Un signe dans le ciel.


L'abbé Guérin, curé de Pontmain au moment des apparitions :

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Les voyants :Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer, Jeanne-Marie Lebossé

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Abbé Zins
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Re: Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

#17 Message par Abbé Zins » ven. 11 sept. 2015 22:55


Grand merci à Laetitia !

pour la si bonne soirée qu'elle nous a fait passer hier

en publiant au fur et à mesure des documents précis

illustrés de belles images et représentations !


C'était un peu comme si nous assistions ainsi en différé à

cette apparition qui est de loin, ce me semble,

la plus longue de toutes celles que Notre Dame a faites dans le monde !


Cela nous a permis d'assister en quelque sorte aussi à cette fervente veillée de prières de Pontmain,

reliée sans le savoir alors à celle qui se faisait au même moment à Saint Brieuc,

et en chantant le même chant à Notre Dame de l'Espérance !

Il restera à notre modeste troubadour à nous préciser une particularité concernant les enfants du village conscrits en l'armée française en déroute,

et si, finalement, les Prussiens sont entrés ou non à Laval,

si donc l'Evêque du diocèse a lui aussi été exaucé ou non ?

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Re: Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

#18 Message par Laetitia » ven. 11 sept. 2015 22:57


18 janvier
: un jour d'hiver semblable aux autres, et pourtant nouveau, se lève sur Pontmain.

Eugène s'est réveillé frais et dispos, joyeux au fond de l'âme, d'un bonheur discret qui ne le quittera plus. Il se reproche seu­lement de n'avoir pas assez « prié » hier, à force d'épeler, d'expliquer... tandis que la foule alternait les chants et le recueillement.

AU LENDEMAIN DE L'APPARITION :

Dans le hameau où l'angoisse de la guerre troublait le sommeil de jour en jour davantage, les visages sont reposés :

— A-t-on bien dormi !

C'est là une des réflexions les plus courantes à Pontmain, en ce 18 janvier 1871.
Un cauchemar se dissipe. Une grâce féconde en béné­dictions envahit toutes choses à partir des cœurs.

— Ce soir, mes troupes sont à Laval, disait hier matin le général Voigts-Rhetz à l'évêque du Mans.

De fait, dans l'après-midi, elles sont arrivées à deux kilomètres de la ville. L'avance foudroyante a marqué un temps d'arrêt après le combat de Saint-Jean-sur-Erve. Mais la menace reste là, aux portes. La violence va faire son entrée dans la ville. Il va falloir lever « la contribution de guerre » fixée à trois millions de francs-or, a-t-on dit, car Laval est cotée « ville riche » sur « l'itinéraire allemand ».

Le 18, la canonnade et le crépitement des mitrailleuses reprennent jusqu'à deux heures et demie. Le calme qui a suivi paraît lourd de menaces.

Le vendredi 20 janvier, alors que la nouvelle de l'appa­rition de Pontmain n'est point parvenue jusqu'à Laval, quatre coups de canon semblent donner le signal de l'assaut final. La ville attend silencieuse et prostrée.

Un groupe surgit chez l'évêque, Mgr Wicart, et propose un voeu de salut public : restaurer la flèche et les tours de Notre-Dame d'Avesnières, si la Vierge préserve la ville.

A trois heures, l'évêque prononce le voeu devant trois à quatre mille personnes qui se retirent pacifiées.

Sur le front aussi, le calme se fait. Les troupes alle­mandes se raréfient. Le 22, elles se retirent, à la surprise des chefs militaires français. Pontmain et la Bretagne sont providentiellement épargnés.

Huit jours plus tard, le 28 janvier, l'armistice est signé.

Les 38 soldats mobilisés de Pontmain reviennent tous sans blessures. Ils déposent un ex voto et s'intégreront à la ferveur collective.

A l'abattement, au doute des premières semaines de 1871, succède le sentiment d'une maternelle présence, d'une prière exaucée, à l'intérieur des coeurs, plus encore que dans les événements. Les convergences providentielles ont été le signe efficient d'une confiance et d'une recon­naissance généreuses.

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Re: Notre Dame de Pontmain ou la puissance de la Prière

#19 Message par Laetitia » ven. 18 janv. 2019 20:39

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  Extraits de Wikipedia a écrit :Située à Laval, la Basilique Notre-Dame d'Avesnières existe au moins depuis le XIe siècle.
Un Seigneur tombé avec son cheval dans la Mayenne, emporté par le courant, est ramené sur la rive à Avesnières. Ainsi sauvé de la noyade, il fait la promesse à la Vierge de faire construire une église à cet endroit.

L'édifice est restauré vers 1040 et 1050 par Yves de Saint-Berthevin, vassal du comte de Laval. Celui-ci consacre l'église à la Vierge, puis son fils Garin l'offre à des Bénédictines en 1073.

Plus tard l'église est presque totalement reconstruite par les Bénédictines au cours de la seconde moitié du XIIe siècle.

Lors de la guerre de Cent Ans, les Anglais prennent Avesnières en 1429. Ils pillent et incendient l'église et le prieuré. Les sœurs se réfugient définitivement à Angers. L'église reste endommagée pendant plusieurs décennies et les premières travées de la nef ne sont refaites qu'en 1478.

C'est à la suite de la guerre de Cent Ans que l'église est devenue une destination de pèlerinage. Le pape Innocent III avait accordé des indulgences très étendues à ceux qui visiteraient Notre-Dame et contribueraient à la reconstruction du couvent.

L'afflux de pèlerins permettait en effet de réunir les fonds nécessaires aux travaux de restauration. L'objet du pèlerinage d'Avesnières est une statue du XIVe siècle illustrant la « Madone d'Avesnières »


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Des ressources considérables étaient donc à la disposition de la paroisse et il est résolu qu'on les consacrerait à d'importantes constructions. La nef fut réparée et l'on commença à élever le clocher. Le clocher est élevé de 1534 à 1538 sur des plans de Jamet Nepveu. La croix et le coq dont il est surmonté y sont placés le 27 août 1538.

L'église d'Avesnières est épargnée par la Révolution et c'est la première église lavalloise rendue au culte, le 4 mai 1800.
L'église reçoit par ailleurs les corps des 14 martyrs de Laval.

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par de grands événements. Le premier a lieu le 9 décembre 1855, l'année de la création du diocèse de Laval. Casimir Wicart, premier évêque de Laval, se rend à l'église d'Avesnières pour y proclamer la bulle de Pie IX promulguant le dogme de l’Immaculée Conception. Plus de 10 000 personnes assistent à l'événement. Le pape place par ailleurs l'église sous le patronage de l'Immaculée. En 1859, il la fait finalement consacrer à Notre-Dame de Lorette. Cette même année, la statue de la Vierge d'Avesnières est couronnée, entraînant une grande procession.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, l'évêque de Laval promet de faire reconstruire le clocher, en mauvais état, en remerciement de la protection de la Vierge sur la ville. Les travaux ont lieu de 1874 à 1876, et la flèche est refaite à l'identique. D'autres travaux sont ensuite entrepris : les premières travées ainsi que la façade ouest sont refaites de 1883 à 1887.


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L'église est élevée au rang de basilique mineure le 10 juillet 1898, par un bref du pape Léon XIII. D'importantes processions saluent cette élévation, et d'autres grandes fêtes religieuses ont lieu en 1910, pour le cinquantenaire du couronnement de la Vierge d'Avesnières, puis en 1944, lors de la Libération de la ville.


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