QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

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gabrielle
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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#11 Message par gabrielle » mer. 09 sept. 2015 11:20


Nevers
Bernadette et Mère Marie Thérèse Vauzou.


Nevers, sur la rive droite de la Loire : petite ville solitaire, au calme poignant.

Des arbres sur un coteau, de vastes maisons, une chapelle – c’est le couvent de Saint-Gildard, maison mère des « Sœurs de la Charité et de l’Instruction Chrétienne ».

Le samedi 7 juillet 1866, à 10 heures du soir, Bernadette arrive à Saint-Gildard, accompagnée de la Supérieure de l’hospice de Lourdes, où elle a passé ses dernières années.

Lorsque la porte du couvent s’ouvre devant elle, elle entrevoit, à la lueur d’une lampe, le cloître dont l’infini se perd dans les ténèbres, et son cœur se serre.

Mère Marie-Thérèse Vauzou, Maîtresse des novices, avait dit : « Le jour où je verrai les yeux qui ont vu la Sainte Vierge sera le plus beau jour de ma vie ! ». Mais celle qu’on appelait la « privilégiée de Marie », Mère Maîtresse en discuta avec la Supérieure générale, Mère Joséphine Imbert : situation délicate, et même périlleuse, que celle de diriger une âme qui a reçu des grâces surnaturelles, une jeune fille qui a ameuté déjà des foules de dix, vingt mille personnes… L’exemple de Mélanie, la voyante de la Salette, incitait à la prudence. Il fut décidé de traiter Bernadette sans ménagements.

En fait, le devoir de Mère Maîtresse était de guider Bernadette vers la sainteté : elle s’y emploierait. Mais quelque chose en elle la poussait, inconsciemment, à tenir l’ancienne bergère « à sa place », c’est-à-dire bien lui faire entendre qu’elle n’avait ni naissance, ni connaissance, ni éducation, pas même d’orthographe.

Dans le temps où vécut Bernadette, les riches ne côtoyaient pas les pauvres, pas même à l’église. On achetait le ciel pour quelques sous en faisant la charité, mais on n’effleurait que du bout des doigts ceux qui la recevaient. Et tout geste de justice des possédants envers le miséreux se flattait d’être charité : on s’en adjugeait du mérite en plus.

Il fut décidé que, pour contenter la curiosité – pieuse – de la communauté, je ferais le récit des Apparitions dans la grande salle des Novices. Encore ! Pourtant, j’étais ici pour me cacher. Mère Maîtresse choisit mon nom : Sœur Marie-Bernard et l’aumônier, le Père Douce, me donna la consigne d’être une religieuse ordinaire.

Bernadette sera, en fait, une religieuse extraordinaire, simple, humble, soumise, humiliée injustement ; elle gardera toujours son âme d’enfant. Sa vie se passera dans la souffrance continuelle.

[img]file://localhost/E:/Micael/www.catholicpilgrims.com/lourdes/images/bernyoung5.jpg[/img]
file://localhost/E:/Micael/www.catholicpilgrims.com/lourdes/images/bernyoung5.jpg

Un jour, pendant une récréation, chacune des Sœurs s’efforçait de se convaincre elle-même qu’elle avait horreur de l’amour-propre. Bernadette, seule, se taisait.. Mais elle traça avec une brindille un cercle dans le sable du jardin, mit l’index au milieu et dit : « que celle qui n’a pas d’amour-propre mette son doigt là ! »

L’évêque de X… avait tant insisté pour la voir qu’il fallu bien l’amener à l’infirmerie. Est-ce par mégarde? Le fait est que la calotte du prélat tomba sur le lit de Bernadette.

- Ma Sœur, voulez-vous me rendre ma calotte? Avec sa brusquerie paysanne, elle répliqua :
- Monseigneur, je ne vous l’ai pas demandée, votre calotte ! Vous pouvez la reprendre vous-même !

La communauté pouffa d’un rire scandalisé.

A une sœur qui marchait les yeux fermés et qui avait failli tomber, Bernadette répliqua : « Pourquoi fermer les yeux quand il faut les avoir ouverts? Vous avez manqué tomber… »

Le 29 juillet, soit trois semaines après son arrivée à Nevers, ont lieu son entrée au noviciat et la cérémonie de sa prise d’habit.

Mais les crises d’asthme ont recommencé. Bernadette est obligée d’aller à l’infirmerie. Des quintes de toux lui déchirent la poitrine, épouvantent la petite novice qui la soigne.

Bernadette est souvent obligée de passer des nuits entières assise sur le bord de son lit, les pieds sur une chaise, tant sa respiration est difficile. Elle a des vomissements de sang. La petite novice lui demande si elle souffre beaucoup, ce à quoi Bernadette se contente de répondre : il le faut.

Son état s’aggrave. Des cierges brûlent continuellement durant plusieurs jours, devant la Vierge du Noviciat. Le 25 octobre, Sœur Marie-Bernard est en danger de mort. Ne voulant pas qu’elle quitte la terre sans avoir fait partie de la Congrégation, la Supérieure générale obtient de l’évêque une dispense : Bernadette fera sa profession in extremis avant l’expiration de son noviciat.

Mgr Forcade nous raconte en détails, les circonstances de ces évènements. Le jeudi 25 octobre 1866 entre neuf et dix heures du soir, il se rend à Saint Gildard et trouve Bernadette haletante. Il prononce lui-même la formule des vœux, à laquelle la malade répond : « Ainsi-soit-il » Il ne pense plus la revoir en ce monde.

Le soir même je me sentis mieux, Mère Générale veillait anxieuse à mon chevet; quand je lui dis que je ne mourrais pas cette nuit, j’ai crue que l’infirmerie allait s’écrouler, quand notre Mère me dit d’un ton sévère : « Comment, vous saviez que vous ne deviez pas mourir cette nuit, et vous ne l’avez pas dit, et vous êtes ainsi cause qu’on a fait venir Monseigneur à une heure indue?… Vous n’êtes qu’une petite sotte. Je vous déclare que si vous n’êtres pas morte demain matin, je vous enlève votre voile de professe qu’on vient de vous donner, et je vous retourne au noviciat avec votre voile de simple novice »

Bernadette se souvient constamment de ce que la Dame lui a dit : priez pour la conversion des pécheurs, elle multiplie les actes d’humilité, les gestes de pénitence. Retenue au chevet d’une sœur malade, elle arrive en retard à une réunion. Elle s’agenouille au milieu du Noviciat et reçoit la réprimande sévère de la Mère Marie-Thérèse, sans même chercher à faire valoir son excuse. Et de tous côtés viennent les admonestations.

Sa recommandation favorite est que l’on prie pour elle après la mort.

Je craignais tellement que l’on dise : Sœur Marie Bernard était une saintoune et qu’on me laisse griller en purgatoire

En mai 1867 arrive à Nevers une sœur Bernard qui veut d’abord « voir Bernadette » Au bout de trois jours, ne l’ayant pu découvrir, elle se plaint à une Mère. Celle-ci, désignant la toute petite sœur Marie –Bernard, qui, par hasard, est près de là, lui dit : « Bernadette? Mais la voici! » Déçue la questionneuse laisse échapper un mot malheureux qui deviendra célèbre : « ça ! » Bernadette sourit, tend la main : « Mais oui, Mademoiselle, ce n’est que ça »

Tous les yeux sont tournés vers Bernadette, ce qui n’échappe pas à ses supérieures. Alors les humiliations pleuvent à nouveau, les réprimandes, les duretés.

Un jour que Bernadette est souffrante, haletante; hors de souffle, l’une de ses Supérieures vient la trouver à l’infirmerie : « Vous faites donc, une fois de plus la paresseuse? » Traversant la salle du Noviciat avec une compagne elle sont interpellées par la Mère Générale : « Que ferai-je de ces deux nullités? Et Bernadette s’incline en silence.

Mgr Forcade lui-même, voyant « un très haut prélat tombé comme en extase devant elle », dit brusquement à la petite Sœur Marie-Bernard d’un ton sec : « Eh bien, qu’attendez-vous encore? On vous a vue. Cela suffit. On n’a plus besoin de vous !»

Ma seconde profession eut lieu le mercredi 30 octobre 1867. La très sainte Vierge me demanda à cette occasion, d’accepter une humiliation. Oh! il faut beaucoup d’humiliations dans une vie pour faire un peu d’humilité

Il va falloir donner un emploi à Bernadette, sans la tirer de la Maison-Mère où cependant elle ne peut être retenue que par privilège. Mère Joséphine Imbert fera de ce privilège une humiliation.

Toutes sont appelées, Bernadette exceptée.

L’évêque en demande la raison. La supérieure rétorque qu’il est impossible de lui donner une obédience, puisque c’est une sotte, une bonne à rien.
--Vous n’êtes donc bonne à rien?
--La Mère Générale ne se trompe pas; c’est bien vrai
--Mais alors, ma pauvre enfant, qu’allons-nous faire de vous et à quoi bon votre entrée dans la Congrégation?-
-C’est justement ce que je vous ai dit à Lourdes, Monseigneur, et vous m’avez répondu que cela ne faisait rien,

La Mère Joséphine intervint alors :

--Si vous le voulez bien, Monseigneur, nous pourrions la garder, par charité, à la Maison-Mère, et l’employer de quelque manière à l’infirmerie. Comme elle est presque toujours malade, ce sera précisément son affaire... faire la tisane, s’il y a moyen de lui apprendre.

Mgr approuve et la jeune religieuse reçoit sa bénédiction. Bernadette a ressenti vivement cette humiliation reçue en public, et dans des circonstances qui devaient être joyeuses. Elle en fera confidence plus tard.

Les emplois de Bernadette seront variés… aide-infirmière, infirmière en chef, pharmacienne, sacristine…

Mais l’emploi suprême que le ciel lui avait destiné de toute éternité était celui d’être malade : cet office , elle le remplira dans les moindres de détails, avec amour et abnégation… jusqu’à devenir elle-même un crucifix vivant.
Rhumatismes aigus, maux de dents, vomissements ou crachements de sang, palpitations du cœur, oppressions épouvantables, abcès et tumeurs, caries osseuses, crises d’asthme terrifiantes; elle ne peut plus rester étendue.
On l’installe dans un fauteuil, et parfois on doit la porter jusqu’à la croisée pour la faire respirer, car elle étouffe… Alors elle crie : Ouvrez-moi la poitrine…


Ce n’est pas un sacrifice de quitter une terre où l’on éprouve tant de peine à servir Dieu !

Le 11 décembre 1879, elle s’alite pour une agonie qui allait durer 4 mois.

Dans sa dernière maladie, littéralement clouée sur son lit, devenue une croix angoissante, elle se contraint à l’immobilité, en disant :
« Est-ce qu’il pouvait bouger, Lui, sur la Croix ! »

Mourante, on l’assaille de questions sur les Apparitions ; excédée, elle rétorque :
« Est-ce que je peux me rappeler tout cela ? S’ils veulent le savoir, qu’ils La fassent revenir ! »


Bientôt, son corps ne fut plus qu’une plaie à vif, et il fallait enlever les rideaux de son lit pour laisser l’air circuler autour d’elle.
Jamais elle ne se plaint, mais sa pauvre poitrine ne laisse passer qu’un souffle haletant, saccadé, plus pénible à entendre que des gémissements. Le corps à la torture, mais l’âme radieuse, elle prie sans cesse.

Auprès du lit de mort de Bernadette, il est permis d’écouter le silence : le silence que rythme sa respiration sifflante et saccadée.

Au seuil de l’éternité, la nature regimbe, une sueur d’angoisse mouille sa chemise. Elle tend vers Sœur Nathalie ses bras tremblants :

« J’ai peur ». Les larmes de Bernadette coulent lentes, lourdes…

« pour la misère de père et mère, la ruine du moulin, le madrier de malheur, le vin de lassitude, les brebis galeuses, merci mon Dieu !

Bouche de trop à nourrir que j’étais, pour les enfants mouchés, les brebis gardées, merci !

Merci, mon Dieu, pour le procureur, le commissaire, les gendarmes, et les mots durs de l’abbé Peyramale !

Pour les jours où vous êtes venue, Notre-Dame Marie, pour ceux où je vous ai attendue, je ne saurais vous rendre grâce qu’en Paradis !

Mais pour la gifle de Mlle Pailhasson, les railleries, les outrages, pour ceux qui m’ont crue folle, pour ceux qui m’ont crue menteuse, pour ceux qui m’ont crue avide, merci Dame Marie !

Pour l’orthographe que je n’ai jamais sue, la mémoire des livres que je n’ai jamais eue, pour mon ignorance et ma sottise, merci !

Merci! Merci ! Car s’il y avait eu sur terre fille plus ignorante et plus sotte, c’est elle que vous auriez choisie…

Pour ma mère morte au loin, pour la peine que j’ai eue quand mon père au lieu de tendre les bras à sa petite Bernadette m’appela « Sœur Marie Bernard », merci Jésus !

Merci d’avoir abreuvé d’amertume ce cœur trop tendre que vous m’avez donné !

Pour Mère Joséphine qui m’a proclamé bonne à rien, merci !

Pour Mère Maîtresse, sa voix dure, sa sévérité, ses moqueries, et le pain d’humiliation, merci !

Merci d’avoir été celle à qui Mère Marie-Thérèse pouvait dire : « Vous n’en faites jamais d’autres ! »

Merci d’avoir été cette privilégiée des semonces dont mes Sœurs disaient : « Quelle chance de n’être pas Bernadette ! »

Merci pourtant d’avoir été Bernadette, menacée de prison parce qu’elle vous avait vue, regardée par les foules comme une bête curieuse, cette Bernadette si ordinaire qu’en la voyant on disait : « C’est ça » !

Pour ce corps piteux que vous m’avez donné, cette maladie de feu et de fumée, ma chair pourrie, mes os cariés, mes sueurs, ma fièvre, mes douleurs sourdes ou aiguës, merci mon Dieu !

Et pour cette âme que vous m’avez donnée, pour le désert des sécheresses intérieures, pour votre nuit et vos éclairs, vos silences et vos foudres, pour tout, pour vous absent ou présent, merci Jésus ! »


Mercredi 16 avril 1879, ses Sœurs dirent la prière des agonisants. Trois fois, comme surprise, elle dit : « OH ! », en frémissant de tout son corps ; « Mon Dieu, je vous aime de toute mon âme…» : mystérieux dialogue, dont on entendait qu’une voix.

Vers les trois heures et quart, comme ses Sœurs murmuraient le « Je vous salue Marie », elle répondit : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi …pauvre pécheresse… pauvre pécheresse… pauvre pécheresse »

C’est ainsi qu’expira en sa trente-sixième année, Sainte Marie Bernard, qui reste à jamais pour nous Sainte Bernadette.

[img]file://localhost/E:/Micael/www.catholicpilgrims.com/lourdes/images/bern97a.jpg[/img]
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Lourdes fut le témoin privilégié de nombreux miracles mais, fait significatif, en 1948, la fontaine se tarissait : on fit creuser le sol pour rendre à la fontaine son débit d’eau… est-ce à dire que le Ciel, devant l’imminence de la prise de Rome et du Siège Apostolique par les hérésiarques de V2, courroucé, allait fermer cette source de grâce, tout comme les canaux de grâces, c’est-à-dire les sacrements, allaient cesser, par leur disparition quasi universelle, d’inonder la terre? Il faut y réfléchir.

Lourdes, aujourd’hui, n’est plus qu’un sanctuaire dévasté, souillé, sur lequel le regard de Notre Dame ne se pose plus.
Ce lieu que Dieu avait bénit, est-il maintenant frappé de son inimitié ?

--- Abbé Zins : « Bernadette, chère petite, apprend-nous à prier notre bonne Maman du ciel.»

Il faut faire avec une grande dévotion le signe de la Croix. Ensuite, bien peser les paroles que voici :

Je vous salue, Marie, pleine de grâces ;/ le Seigneur est avec vous;/vous êtes bénie entre toutes les femmes,/ et Jésus le fruit de vos entrailles, est béni
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Anisi-soit-il



Merci d'être venu et à bientôt dans la Céleste Patrie

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gabrielle
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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#12 Message par gabrielle » mer. 09 sept. 2015 12:16

gabrielle a écrit :
Nevers
Bernadette et Mère Marie Thérèse Vauzou.


Nevers, sur la rive droite de la Loire : petite ville solitaire, au calme poignant.

Des arbres sur un coteau, de vastes maisons, une chapelle – c’est le couvent de Saint-Gildard, maison mère des « Sœurs de la Charité et de l’Instruction Chrétienne ».

Le samedi 7 juillet 1866, à 10 heures du soir, Bernadette arrive à Saint-Gildard, accompagnée de la Supérieure de l’hospice de Lourdes, où elle a passé ses dernières années.

Lorsque la porte du couvent s’ouvre devant elle, elle entrevoit, à la lueur d’une lampe, le cloître dont l’infini se perd dans les ténèbres, et son cœur se serre.

Mère Marie-Thérèse Vauzou, Maîtresse des novices, avait dit : « Le jour où je verrai les yeux qui ont vu la Sainte Vierge sera le plus beau jour de ma vie ! ». Mais celle qu’on appelait la « privilégiée de Marie », Mère Maîtresse en discuta avec la Supérieure générale, Mère Joséphine Imbert : situation délicate, et même périlleuse, que celle de diriger une âme qui a reçu des grâces surnaturelles, une jeune fille qui a ameuté déjà des foules de dix, vingt mille personnes… L’exemple de Mélanie, la voyante de la Salette, incitait à la prudence. Il fut décidé de traiter Bernadette sans ménagements.

En fait, le devoir de Mère Maîtresse était de guider Bernadette vers la sainteté : elle s’y emploierait. Mais quelque chose en elle la poussait, inconsciemment, à tenir l’ancienne bergère « à sa place », c’est-à-dire bien lui faire entendre qu’elle n’avait ni naissance, ni connaissance, ni éducation, pas même d’orthographe.

Dans le temps où vécut Bernadette, les riches ne côtoyaient pas les pauvres, pas même à l’église. On achetait le ciel pour quelques sous en faisant la charité, mais on n’effleurait que du bout des doigts ceux qui la recevaient. Et tout geste de justice des possédants envers le miséreux se flattait d’être charité : on s’en adjugeait du mérite en plus.

Il fut décidé que, pour contenter la curiosité – pieuse – de la communauté, je ferais le récit des Apparitions dans la grande salle des Novices. Encore ! Pourtant, j’étais ici pour me cacher. Mère Maîtresse choisit mon nom : Sœur Marie-Bernard et l’aumônier, le Père Douce, me donna la consigne d’être une religieuse ordinaire.

Bernadette sera, en fait, une religieuse extraordinaire, simple, humble, soumise, humiliée injustement ; elle gardera toujours son âme d’enfant. Sa vie se passera dans la souffrance continuelle.

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Un jour, pendant une récréation, chacune des Sœurs s’efforçait de se convaincre elle-même qu’elle avait horreur de l’amour-propre. Bernadette, seule, se taisait.. Mais elle traça avec une brindille un cercle dans le sable du jardin, mit l’index au milieu et dit : « que celle qui n’a pas d’amour-propre mette son doigt là ! »

L’évêque de X… avait tant insisté pour la voir qu’il fallu bien l’amener à l’infirmerie. Est-ce par mégarde? Le fait est que la calotte du prélat tomba sur le lit de Bernadette.

- Ma Sœur, voulez-vous me rendre ma calotte? Avec sa brusquerie paysanne, elle répliqua :
- Monseigneur, je ne vous l’ai pas demandée, votre calotte ! Vous pouvez la reprendre vous-même !

La communauté pouffa d’un rire scandalisé.

A une sœur qui marchait les yeux fermés et qui avait failli tomber, Bernadette répliqua : « Pourquoi fermer les yeux quand il faut les avoir ouverts ? Vous avez manqué tomber… »

Le 29 juillet, soit trois semaines après son arrivée à Nevers, ont lieu son entrée au noviciat et la cérémonie de sa prise d’habit.

Mais les crises d’asthme ont recommencé. Bernadette est obligée d’aller à l’infirmerie. Des quintes de toux lui déchirent la poitrine, épouvantent la petite novice qui la soigne.

Bernadette est souvent obligée de passer des nuits entières assise sur le bord de son lit, les pieds sur une chaise, tant sa respiration est difficile. Elle a des vomissements de sang. La petite novice lui demande si elle souffre beaucoup, ce à quoi Bernadette se contente de répondre : il le faut.

Son état s’aggrave. Des cierges brûlent continuellement durant plusieurs jours, devant la Vierge du Noviciat. Le 25 octobre, Sœur Marie-Bernard est en danger de mort. Ne voulant pas qu’elle quitte la terre sans avoir fait partie de la Congrégation, la Supérieure générale obtient de l’évêque une dispense : Bernadette fera sa profession in extremis avant l’expiration de son noviciat.

Mgr Forcade nous raconte en détails, les circonstances de ces évènements. Le jeudi 25 octobre 1866 entre neuf et dix heures du soir, il se rend à Saint Gildard et trouve Bernadette haletante. Il prononce lui-même la formule des vœux, à laquelle la malade répond : « Ainsi-soit-il » Il ne pense plus la revoir en ce monde.

Le soir même je me sentis mieux, Mère Générale veillait anxieuse à mon chevet ; quand je lui dis que je ne mourrais pas cette nuit, j’ai crue que l’infirmerie allait s’écrouler, quand notre Mère me dit d’un ton sévère : « Comment, vous saviez que vous ne deviez pas mourir cette nuit, et vous ne l’avez pas dit, et vous êtes ainsi cause qu’on a fait venir Monseigneur à une heure indue ?… Vous n’êtes qu’une petite sotte. Je vous déclare que si vous n’êtres pas morte demain matin, je vous enlève votre voile de professe qu’on vient de vous donner, et je vous retourne au noviciat avec votre voile de simple novice »

Bernadette se souvient constamment de ce que la Dame lui a dit : priez pour la conversion des pécheurs, elle multiplie les actes d’humilité, les gestes de pénitence. Retenue au chevet d’une sœur malade, elle arrive en retard à une réunion. Elle s’agenouille au milieu du Noviciat et reçoit la réprimande sévère de la Mère Marie-Thérèse, sans même chercher à faire valoir son excuse. Et de tous côtés viennent les admonestations.

Sa recommandation favorite est que l’on prie pour elle après la mort.

Je craignais tellement que l’on dise : Sœur Marie Bernard était une saintoune et qu’on me laisse griller en purgatoire

En mai 1867 arrive à Nevers une sœur Bernard qui veut d’abord « voir Bernadette ». Au bout de trois jours, ne l’ayant pu découvrir, elle se plaint à une Mère. Celle-ci, désignant la toute petite sœur Marie–Bernard, qui, par hasard, est près de là, lui dit : « Bernadette ? Mais la voici ! » Déçue la questionneuse laisse échapper un mot malheureux qui deviendra célèbre : « ça ! » Bernadette sourit, tend la main : « Mais oui, Mademoiselle, ce n’est que ça »

Tous les yeux sont tournés vers Bernadette, ce qui n’échappe pas à ses supérieures. Alors les humiliations pleuvent à nouveau, les réprimandes, les duretés.

Un jour que Bernadette est souffrante, haletante ; hors de souffle, l’une de ses Supérieures vient la trouver à l’infirmerie : « Vous faites donc, une fois de plus la paresseuse ? » Traversant la salle du Noviciat avec une compagne elle sont interpellées par la Mère Générale : « Que ferai-je de ces deux nullités ? » Et Bernadette s’incline en silence.

Mgr Forcade lui-même, voyant « un très haut prélat tombé comme en extase devant elle », dit brusquement à la petite Sœur Marie-Bernard d’un ton sec : « Eh bien, qu’attendez-vous encore ? On vous a vue. Cela suffit. On n’a plus besoin de vous ! »

Ma seconde profession eut lieu le mercredi 30 octobre 1867. La très sainte Vierge me demanda à cette occasion, d’accepter une humiliation. Oh! il faut beaucoup d’humiliations dans une vie pour faire un peu d’humilité

Il va falloir donner un emploi à Bernadette, sans la tirer de la Maison-Mère où cependant elle ne peut être retenue que par privilège. Mère Joséphine Imbert fera de ce privilège une humiliation.

Toutes sont appelées, Bernadette exceptée.

L’évêque en demande la raison. La supérieure rétorque qu’il est impossible de lui donner une obédience, puisque c’est une sotte, une bonne à rien.
-- Vous n’êtes donc bonne à rien ?
-- La Mère Générale ne se trompe pas ; c’est bien vrai.
-- Mais alors, ma pauvre enfant, qu’allons-nous faire de vous et à quoi bon votre entrée dans la Congrégation ? -
- C’est justement ce que je vous ai dit à Lourdes, Monseigneur, et vous m’avez répondu que cela ne faisait rien.

La Mère Joséphine intervint alors :

-- Si vous le voulez bien, Monseigneur, nous pourrions la garder, par charité, à la Maison-Mère, et l’employer de quelque manière à l’infirmerie. Comme elle est presque toujours malade, ce sera précisément son affaire... faire la tisane, s’il y a moyen de lui apprendre.

Mgr approuve et la jeune religieuse reçoit sa bénédiction. Bernadette a ressenti vivement cette humiliation reçue en public, et dans des circonstances qui devaient être joyeuses. Elle en fera confidence plus tard.

Les emplois de Bernadette seront variés… aide-infirmière, infirmière en chef, pharmacienne, sacristine…

Mais l’emploi suprême que le ciel lui avait destiné de toute éternité était celui d’être malade : cet office , elle le remplira dans les moindres de détails, avec amour et abnégation… jusqu’à devenir elle-même un crucifix vivant.
Rhumatismes aigus, maux de dents, vomissements ou crachements de sang, palpitations du cœur, oppressions épouvantables, abcès et tumeurs, caries osseuses, crises d’asthme terrifiantes; elle ne peut plus rester étendue.
On l’installe dans un fauteuil, et parfois on doit la porter jusqu’à la croisée pour la faire respirer, car elle étouffe… Alors elle crie : Ouvrez-moi la poitrine…


Ce n’est pas un sacrifice de quitter une terre où l’on éprouve tant de peine à servir Dieu !

Le 11 décembre 1879, elle s’alite pour une agonie qui allait durer 4 mois.

Dans sa dernière maladie, littéralement clouée sur son lit, devenue une croix angoissante, elle se contraint à l’immobilité, en disant :
« Est-ce qu’il pouvait bouger, Lui, sur la Croix ! »

Mourante, on l’assaille de questions sur les Apparitions ; excédée, elle rétorque :
« Est-ce que je peux me rappeler tout cela ? S’ils veulent le savoir, qu’ils La fassent revenir ! »


Bientôt, son corps ne fut plus qu’une plaie à vif, et il fallait enlever les rideaux de son lit pour laisser l’air circuler autour d’elle.
Jamais elle ne se plaint, mais sa pauvre poitrine ne laisse passer qu’un souffle haletant, saccadé, plus pénible à entendre que des gémissements. Le corps à la torture, mais l’âme radieuse, elle prie sans cesse.

Auprès du lit de mort de Bernadette, il est permis d’écouter le silence : le silence que rythme sa respiration sifflante et saccadée.

Au seuil de l’éternité, la nature regimbe, une sueur d’angoisse mouille sa chemise. Elle tend vers Sœur Nathalie ses bras tremblants :

« J’ai peur ». Les larmes de Bernadette coulent lentes, lourdes…

« pour la misère de père et mère, la ruine du moulin, le madrier de malheur, le vin de lassitude, les brebis galeuses, merci mon Dieu !

Bouche de trop à nourrir que j’étais, pour les enfants mouchés, les brebis gardées, merci !

Merci, mon Dieu, pour le procureur, le commissaire, les gendarmes, et les mots durs de l’abbé Peyramale !

Pour les jours où vous êtes venue, Notre-Dame Marie, pour ceux où je vous ai attendue, je ne saurais vous rendre grâce qu’en Paradis !

Mais pour la gifle de Mlle Pailhasson, les railleries, les outrages, pour ceux qui m’ont crue folle, pour ceux qui m’ont crue menteuse, pour ceux qui m’ont crue avide, merci Dame Marie !

Pour l’orthographe que je n’ai jamais sue, la mémoire des livres que je n’ai jamais eue, pour mon ignorance et ma sottise, merci !

Merci! Merci ! Car s’il y avait eu sur terre fille plus ignorante et plus sotte, c’est elle que vous auriez choisie…

Pour ma mère morte au loin, pour la peine que j’ai eue quand mon père au lieu de tendre les bras à sa petite Bernadette m’appela « Sœur Marie Bernard », merci Jésus !

Merci d’avoir abreuvé d’amertume ce cœur trop tendre que vous m’avez donné !

Pour Mère Joséphine qui m’a proclamé bonne à rien, merci !

Pour Mère Maîtresse, sa voix dure, sa sévérité, ses moqueries, et le pain d’humiliation, merci !

Merci d’avoir été celle à qui Mère Marie-Thérèse pouvait dire : « Vous n’en faites jamais d’autres ! »

Merci d’avoir été cette privilégiée des semonces dont mes Sœurs disaient : « Quelle chance de n’être pas Bernadette ! »

Merci pourtant d’avoir été Bernadette, menacée de prison parce qu’elle vous avait vue, regardée par les foules comme une bête curieuse, cette Bernadette si ordinaire qu’en la voyant on disait : « C’est ça » !

Pour ce corps piteux que vous m’avez donné, cette maladie de feu et de fumée, ma chair pourrie, mes os cariés, mes sueurs, ma fièvre, mes douleurs sourdes ou aiguës, merci mon Dieu !

Et pour cette âme que vous m’avez donnée, pour le désert des sécheresses intérieures, pour votre nuit et vos éclairs, vos silences et vos foudres, pour tout, pour vous absent ou présent, merci Jésus ! »


Mercredi 16 avril 1879, ses Sœurs dirent la prière des agonisants. Trois fois, comme surprise, elle dit : « OH ! », en frémissant de tout son corps ; « Mon Dieu, je vous aime de toute mon âme…» : mystérieux dialogue, dont on entendait qu’une voix.

Vers les trois heures et quart, comme ses Sœurs murmuraient le « Je vous salue Marie », elle répondit : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi …pauvre pécheresse… pauvre pécheresse… pauvre pécheresse »

C’est ainsi qu’expira en sa trente-sixième année, Sainte Marie Bernard, qui reste à jamais pour nous Sainte Bernadette.

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Lourdes fut le témoin privilégié de nombreux miracles mais, fait significatif, en 1948, la fontaine se tarissait : on fit creuser le sol pour rendre à la fontaine son débit d’eau… est-ce à dire que le Ciel, devant l’imminence de la prise de Rome et du Siège Apostolique par les hérésiarques de V2, courroucé, allait fermer cette source de grâce, tout comme les canaux de grâces, c’est-à-dire les sacrements, allaient cesser, par leur disparition quasi universelle, d’inonder la terre? Il faut y réfléchir.

Lourdes, aujourd’hui, n’est plus qu’un sanctuaire dévasté, souillé, sur lequel le regard de Notre Dame ne se pose plus.
Ce lieu que Dieu avait bénit, est-il maintenant frappé de son inimitié ?

--- Abbé Zins : « Bernadette, chère petite, apprend-nous à prier notre bonne Maman du ciel.»

Il faut faire avec une grande dévotion le signe de la Croix. Ensuite, bien peser les paroles que voici :

Je vous salue, Marie, pleine de grâces ;/ le Seigneur est avec vous;/vous êtes bénie entre toutes les femmes,/ et Jésus le fruit de vos entrailles, est béni
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Anisi-soit-il



Merci d'être venu et à bientôt dans la Céleste Patrie

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Laetitia
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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#13 Message par Laetitia » mer. 09 sept. 2015 12:30

Merci, chère Bernadette, pour une si belle leçon d'humilité.

Veuillez intercédez, auprès de Notre Dame, pour cette chère Gabrielle qui ne cesse de travailler pour sauver les âmes.

à Dieu !

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gabrielle
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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#14 Message par gabrielle » mer. 09 sept. 2015 12:32

Laetitia a écrit :Merci, chère Bernadette, pour une si belle leçon d'humilité.

Veuillez intercédez, auprès de Notre Dame, pour cette chère Gabrielle qui ne cesse de travailler pour sauver les âmes.

à Dieu !
Chère Laetitia, votre travail sur "la mode" était vraiemnt remarquable, tous mes amis catholiques de Montréal le lisent avec un grand intérêt, même ceux qui n'ont pas d'ordinateur nous demande de l'imprimer... il y aussi ces textes de l'année liturgique ( Dom Guéranger) qui sont d'une grande richesse.

L'humilité de notre chère Bernadette, fleurie en certaines âmes, qui dans l'obscurité travail pour la gloire de Dieu. Ma chère amie, dans cette classe d'élite, bien caché au fond du coeur de Jésus, il y en à une qui se nomme LAETITIA Dieu vous garde toujours dans son amour.

PAX ET BONUM

gabrielle

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Abbé Zins
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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#15 Message par Abbé Zins » mer. 09 sept. 2015 12:37

Gabrielle, de Sainte Bernadette a écrit :

Sa recommandation favorite est que l’on prie pour elle après la mort.
Je craignais tellement que l’on dise : Sœur Marie Bernard était une saintoune et qu’on me laisse griller en purgatoire.
On trouve une pensée toute semblable de Saint François de Sales à la fin de son passage ici-bas.
Gabrielle, de Sainte Bernadette a écrit :
Mais l’emploi suprême que le ciel lui avait destiné de toute éternité était celui d’être malade : cet office , elle le remplira dans les moindres de détails, avec amour et abnégation… jusqu’à devenir elle-même un crucifix vivant...
Sa vie se passera dans la souffrance continuelle..
Dans sa dernière maladie, littéralement clouée sur son lit, devenue une croix angoissante, elle se contraint à l’immobilité, en disant :

« Est-ce qu’il pouvait bouger, Lui, sur la Croix ! »

Le corps à la torture, mais l’âme radieuse, elle prie sans cesse.
Comment ne point penser à Thierry en lisant de telles lignes, qui lui conviennent au moins autant, sinon plus, qu'à Sainte Bernadette ?

Car, pour ce qui est de l'immobilisation complète, quel état pourrait dépasser le sien ? Il ne pouvait remuer ni jambes ni bras, ni doigts, ni même, tout à la fin, sa mâchoire !

Comme lui va bien cette heureuse expression :

Le corps à la torture, mais l’âme radieuse !

Il faut y ajouter :

L'esprit profond et le coeur ardent !

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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#16 Message par Monique » mer. 09 sept. 2015 12:38

Merci chère gabrielle,

C'est une histoire merveilleuse et émouvante de nous faire pénétrer dans la vie de Bernadette, cette petite bergère qui eut pour mission de transmettre les messages de La Vierge au monde et qui a apporté témoignage de la vérité de ce qu'elle disait et rapportait.


merci.

monic

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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#17 Message par Laetitia » dim. 10 févr. 2019 22:12

  Leçons du Bréviaire Romain, pour le 11 février a écrit : La quatrième année depuis la définition dogmatique de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge, aux bords de la rivière du Gave, près de la ville de Lourdes, du diocèse de Tarbes, en France, la Vierge elle-même s’est fait voir plusieurs fois dans le creux d’un rocher, au-dessus de la grotte de Massabielle, à une jeune fille, appelée Bernadette dans l’idiome populaire, très pauvre, il est vrai, mais candide et pieuse. L’aspect de l’Immaculée Vierge respirait la jeunesse et la bonté ; elle était vêtue d’une robe et d’un voile blancs comme la neige, et portait une ceinture bleue ; ses pieds nus étaient parés d’une rosé d’or.

Le jour de la première apparition, qui fut le onze février de l’an mil huit cent cinquante-huit, elle apprit à la jeune fille à faire dignement et pieusement le signe de la croix, et, prenant en main un chapelet qui auparavant pendait à son bras, elle l’encouragea par son exemple à la récitation du saint rosaire : ce qu’elle fit aussi pendant les autres apparitions.

Le jour de la seconde apparition, la jeune fille, redoutant une ruse du démon, jeta, dans la simplicité de son cœur, de l’eau bénite vers la Vierge : mais la bienheureuse Vierge, souriant avec grâce, lui montra un visage encore plus bienveillant.

Lorsqu’elle apparut pour la troisième fois, elle invita la jeune fille à venir à la grotte pendant quinze jours.

Depuis lors, elle lui parla souvent et l’exhorta à prier pour les pécheurs, à baiser la terre et à faire pénitence ; puis elle lui ordonna de dire aux Prêtres qu’on devait bâtir dans ce lieu une chapelle et y venir en processions solennelles. De plus, elle lui donna l’ordre de boire et de se laver à l’eau d’une fontaine qui était encore cachée sous le sable, mais qui bientôt allait jaillir.

Enfin, le jour de la fête de l’Annonciation, la jeune fille demanda avec instance le nom de celle qui tant de fois avait daigné lui apparaître, et la Vierge ayant rapproché les mains sur sa poitrine, et levé les yeux vers le ciel, lui répondit : « Je suis l’Immaculée Conception »

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(à suivre)

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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#18 Message par Laetitia » lun. 11 févr. 2019 11:14

  Leçons du Bréviaire Romain, pour le 11 février a écrit :
Le bruit de bienfaits qui, disait-on, avaient été reçus par les fidèles dans la sainte grotte, allait en grandissant, et l’on voyait aussi augmenter de jour en jour le concours des hommes attirés à la grotte par vénération pour ce lieu.

C’est pourquoi, déterminé par la célébrité des prodiges et la candeur de la jeune fille, l’Évêque de Tarbes, quatre ans après les événements précités et à la suite d’un examen juridique des faits, reconnut dans son jugement que les caractères de l’apparition étaient surnaturels, et autorisa le culte de la Vierge Immaculée dans cette même grotte.

Bientôt la chapelle fut bâtie : à partir de ce jour, des foules presque innombrables de fidèles, venant accomplir des vœux et présenter des prières, y accourent chaque année, de France, de Belgique, d’Italie, d’Espagne, des autres contrées de l’Europe : et même des lointaines régions de l’Amérique, et le nom de l’Immaculée de Lourdes devient célèbre par tout l’univers.

L’eau de la fontaine, portée dans toutes les parties du monde, rend la santé aux malades. L’univers catholique, reconnaissant pour tant de bienfaits, a élevé près de la grotte des monuments sacrés d’un travail merveilleux. Des étendards sans nombre, qui témoignent des bienfaits reçus, et ont été envoyés par les cités et les nations, forment au temple de la Vierge une parure et une décoration admirables. Ce lieu qui semble la demeure de la Vierge Immaculée, la voit honorée sans interruption : le jour, par des prières, des chants religieux et d’autres cérémonies solennelles ; la nuit, par ces processions sacrées dans lesquelles des foules presque infinies de pèlerins s’avancent à la lumière des cierges et des flambeaux, et chantent les louanges de la bienheureuse Vierge.
(à suivre)

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Re: QUE SOY ERA IMMACULATA COUNCEPCIOU

#19 Message par Laetitia » lun. 11 févr. 2019 19:01

  Leçons du Bréviaire Romain, pour le 11 février a écrit :
Ces pèlerinages ont ravivé la foi dans un siècle plein de froideur ; ils ont donné plus de courage pour professer la loi chrétienne, et fait grandir d’une façon merveilleuse le culte de la Vierge Immaculée ; tout le monde le sait.

Dans cette admirable manifestation de foi, le peuple chrétien a pour chefs les Prêtres qui conduisent leurs peuples à la Grotte. Les Évêques eux mêmes visitent souvent le saint lieu, président aux pèlerinages et assistent aux fêtes les plus solennelles. Il n’est pas rare de voir même des princes de l’Église romaine, revêtus de la pourpre, s’y rendre comme d’humbles pèlerins.

A leur tour, les Pontifes romains, dans leur dévotion pour l’Immaculée de Lourdes, ont comblé le saint temple des faveurs les plus précieuses. Pie IX l’a honoré de saintes indulgences, du privilège d’une Archiconfrérie et du titre de Basilique mineure. Il a aussi voulu faire couronner solennellement, par son nonce apostolique en France, la statue de la Mère de Dieu qu’on y vénère.

Léon XIII lui a également conféré d’innombrables bienfaits. Il a concédé des indulgences sous forme de jubilé lors du vingt-cinquième anniversaire de l’apparition, provoqué le développement des pèlerinages par ses actes et sa parole, et fait faire en son nom la dédicace solennelle d’une église sous le titre du Rosaire. Il a mis le comble à tant de faveurs, en accordant avec bonté, sur la demande d’un grand nombre d’Évêques, de célébrer une fête solennelle, sous le titre de l’Apparition de la bienheureuse Vierge Marie Immaculée, par un Office et une Messe propres.

Enfin le souverain Pontife Pie X, mû par sa piété envers la Mère de Dieu, et accédant au vœu de beaucoup de saints prélats, a étendu la même fête à l’Église universelle.

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