Saint Macaire de Scété, 15 janvier,vie et extraits de sermons.

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Alexandre
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Saint Macaire de Scété, 15 janvier,vie et extraits de sermons.

#1 Message par Alexandre » lun. 11 janv. 2021 12:45

Fête de saint Macaire de Scété le 15 janvie

Voici un extrait de sa vie, racontée par abba Sarapion, Evêque de Themoui.

Saint Macaire est né en Egypte d’une famille pieuse dont le père était prêtre servant Dieu avec grande dévotion, et la mère était une femme fidèle marchant dans la modestie et vénérant Dieu assidûment. Comme ils avaient en abondances les choses nécessaires à la vie, ils vaquaient surtout au salut de leurs âmes. Une fille a été leur première née et lorsqu’elle eût grandi un peu, elle mourût. Ces parents aimaient la pureté et vivaient dans la continence après la mort de leur petite pendant longtemps vaquant alors au jeûne, à l’aumône, au service des malades ; étant devenus célèbres dans leur piété, ils furent dignes d’être aimés de tout le monde.
Pour les éprouver, le Bon Dieu laissa opérer l’action du démon, et ils se retrouvèrent comme Saint Job à tout perdre, au moyen d’hommes de scandale. Alors ils quittèrent leur pays,
Le père-vieillard alors- eut en songe la visite d’Abraham qui lui conseilla de vivre dans Pidjidjbir, et là il aura un fils qui servira le Seigneur.
Ce couple saint obéirent donc au message, et très âgés, ils eurent un fils qu’ils nommèrent Macaire.

Lorsqu’il eut grandi, il servait Dieu par diverses manières : il aidait ses parents par différents travaux, faisait aumône, et leur était soumis par une pieuse obéissance.
Vivant par tant de grâces, Macaire touchait les habitants de son village par son exemplarité, et l’amenèrent à l’Evêque pour qu’il puisse devenir lecteur.
Une fois plus grand, ses parents voulaient qu’il prisse femme. Mais lui, ne voulait pas, car selon lui « Dieu ne voulait pas ce projet ». Malgré son instruction, et ses connaissances des Saintes Ecritures dont il voulait en vivre, son refus à prendre femme, on le maria.
Comme son soucis était de se donner à Dieu, il ne toucha pas du tout sa femme, et ne la regarda pas du tout. Chaque nuit, il se jetait sur le lit comme s’il était malade… Ainsi pour se réserver pur pour Dieu.
Lorsque les jours des noces furent passés, on le nomma diacre.
Un jour qu’il décidait de prendre la route avec les chameliers en direction des montagnes pour chercher du natron, ceci, afin d ‘éviter sa femme, fatigué, Macaire s’endormit. En songe, il entendit une voix qui lui annonça qu’il se fixera dans la vallée du Ouady, engendrera des fils spirituels, avec d’autres bénédictions de ce genre.
Après cette nuit, il reprit route pour chez lui, et là se femme eut une fièvre qui l’emporta en trois jours.
Voyant la pureté de Macaire, ses parents ne le poussèrent plus à avoir femme, et peu de temps après ils moururent tous deux en odeur de sainteté.
Macaire décida de rencontrer un vieillard qui vivait non loin du village, en anachorète. Là, il lui fit part de son désir de vivre aussi, comme lui, en ermite. Après un repas prit avec cet homme, Macaire passa la nuit chez lui, et durant la nuit il eut un songe où une voix lui averti qu’il était temps de commencer le service à Dieu. A son réveil, il eut une discussion avec l’anachorète qui lui parla de saint Antoine le Grand qui vivait dans le désert, et qu’il serait bien qu’il le rencontrasse.
En revenant à son village, Macaire su que les habitants voulaient le faire prêtre.
Il décida de se retirer de son village, et de vivre seul dans une cellule.
Les habitants s’apercevaient de plus en plus de la sainteté de Macaire qui témoignait d’une grande douceur avec tous, lié d’un comportement exemplaire.
Le démon voyant toutes ces bénédictions se réaliser, fut permis d’éprouver notre saint.

Un jour de fête au village, une fille et un garçon, alors qu’ils vivaient pauvrement, se laissèrent gagner par la concupiscence de la boisson, et une fois ivre, ils forniquèrent. La fille tomba enceinte, et une fois visiblement grosse, inquiète de justifier son acte, elle s’accorda avec le garçon d’un mensonge calomnieux. Tous deux racontèrent aux habitants de village que l’état de la fille était dû à un rapport forcé avec le moine anachorète qu’était Macaire…
Furieux de ces dires et faits, les habitants allèrent chercher notre saint en l’attachant avec des liens, et le rouèrent de coups en l’humiliant fortement jusqu’à le laisser à moitié mort…
Mais un homme qui servait Macaire, prit sa défense en voulant expier sa pseudo-faute pour lui.
On le délia, et Macaire rentra à sa cellule, se promettant de travailler pour subvenir aux besoins de la fille et de l’enfant qui allait naître.
Au temps où l’enfantement approcha,il y eût des complications, et la fille fut prit de remords et avoua son crime à sa mère. Une fois l’enfantement arrivé grâce à son aveu, Macaire fut libéré de sa pénitence, et décida de quitter le village pour aller vivre ailleurs.

Lors d’un songe, c’est un Chérubin qui guida Macaire où il devait aller vivre. Au milieu d’un désert il vécu en haut d’un rocher, et là, la lutte contre les démons qui le visitaient chaque nuit commença.
Oppressé par ces attaques, Macaire décida d’aller trouver le Grand Saint Antoine, qui le reçu avec joie. Macaire passa quelques jours avec ce Saint qui l’instruisit qu’il serait père de nombreux moines, lui donna l’Habit et son bâton, puis reparti dans la vallée du Ouady.

Accompagné de la bénédiction de Saint Antoine, Macaire était plus fort pour se battre contre les mauvaises pensées et les démons : sa force étant l’humilité de se reconnaître sans cesse pécheur et convaincu incapable d’agir sans l’aide de Dieu, augmentait en sainteté, attirant à lui, des hommes voulant vivre en anachorète comme lui.

À suivre...

Alexandre
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#2 Message par Alexandre » mar. 12 janv. 2021 15:27

La vie de st Macaire, suite et fin.

Voyant une multitude d’hommes remplis d’allégresse à aimer Dieu venant à lui, ils se bâtirent une petite église. Le nom de st Macaire commença à devenir célèbre chair, lui crachant au visage… Une fois il eut à peine la force physique de se rendre à l’église des suites de ses blessures.
Un jour qu’il creusait un puits avec ses frères, une fois seul, le démon le poussa dedans et remplit de terre jusqu’au nombril le saint. Celui-ci cria à l’aide, et ses frères le tirèrent e là, on nomma ce puits « le puits d’abba Macaire ». Depuis sa mort, eut lieu de nombreuses guérisons à cet endroit.
Une multitude de gens venaient voir Macaire pour obtenir des guérisons, ce qu’il faisait, la grâce de Dieu toujours à l’oeuvre. Tant et si bien que même st Antoine de son vivant, disait « On a donné à Macaire de par Dieu la grâce des guérisons ! ». St Macaire guérissait les lépreux, les possédés, les paralytiques, il ressuscitait les morts, guérit un sourd-muet… Devenant vieux, Macaire, voyant le zèle et la fidélité à Dieu de ses frères leur donna l’habit et sa bénediction.
Les moines de st Macaire se répandirent par de là l’Egypte en Romanie, Espagne, Italie, Byzance, Macédoine, Asie , Syrie, Palestine et Galatie.


Puis un jour alors que Macaire dormait des démons venus une dernière fois l’attaquer le prirent pour mort et commencèrent à pleurer et à pousser des cris, et notre saint se leva leur dit : « Que le Seigneur châtie et extermine votre race de la face de la terre entière ! », et eux de répondre « tu nous as vaincu cette fois encore ô méchant vieux ! », puis Macaire les chassa comme des sauterelles.
Vieillissant davantage, et ne sentant plus ses forces, il fut l’heure pour Macaire de s’éteindre. A 97 ans, ils s’allongea, entouré de ses frères, et il leur dit « Voici qu’en tout ce temps que j’ai passé avec vous , le Seigneur sait que je ne me suis point caché pour vous enseigner ce qui était bon pour vos âmes, car j’ai essayé de ne scandaliser ni un petit, ni un grand, et je ne me suis jamais couché lorsqu’il y avait une querelle entre moi et quelqu’un ; ma conscience, je ne l’ai point méprisée en quelque œuvre selon Dieu, afin qu’elle me blâmât moi-même ; mon amour pour Dieu et pour mes compagnons, Dieu le connaît, ainsi lui-même m’est témoin qu’ainsi qu’il me l’a dit une fois : »tu n’as pas atteint la mesure des femmes fidèles qui sont en des lieux nombreux par tes services », ainsi je l’ai médité jusqu’à ce jour.
De même, les victoires que j’ai remportées sur les démons, sa grâce sait que je n’ai jamais pensé que j’eusse fait quelque chose par ma vertu ; mais la victoire, la miséricorde et les aides de Dieu, ce sont elles qui ont aidé ma force. Du reste mes enfants, vaquez à vos ascèses et soyez abstinents, car, certes, encore quelques temps et Macaire sera emporté. »
Sur ces mots les frères s’écrièrent et pleurèrent leur Père qui les consola.
Puis avant de mourir il eut une vision : celle de St Antoine et de son disciple Pakhôme qui lui montrèrent l’endroit merveilleux qui lui était réservé. Alors Macaire après avoir dit « Mon Seigneur Jésus-Christ, le Bien-aimé de mon âme, recevez mon esprit » s’endormit…
Sa mort se répandit dans toute l’Egypte, et des moines venaient vers lui, et même les habitants du village de Djidjbir voulait savoir où son corps était enterré.
FIN

EXTRAITS D’HOMELIES DE ST MACAIRE, choisies pour ces temps difficiles :

LE VERITABLE CHRETIEN

« Autre sont le monde des chrétiens, leur manière de vivre, leur pensée, leur langage et leur comportement, et autres la manière de vivre, la pensée, le langage et le comportement des hommes de ce monde. Autre chose sont les premiers, autre chose sont les seconds ; grande est la différence qui les sépare. 
En effet,, les habitants de la terre et les enfants de ce siècle ressemblent à du froment jeté dans le crible de cette terre ; ils sont secoués comme dans un crible par des pensées toujours en mouvement de ce monde, et Satan agite les âmes par l’agitation incessante des choses terrestres et la complexité des pensées matériellles, et il secoue dans le crible des choses terrestres, tout le genre humain,chute d’Adam,lequel transgressa le précepte et passa sous la domination du prince du mal.

De même , en effet, que le froment est secoué dans le crible par celui qui fait le criblage, et y est agité et retourné sans arrêt, ainsi le prince du mal s’empare-t-il de tous les hommes au moyen des choses terrestres, et, grâce à elles, les agite, les troubles et les secoue par des pensées vaines, des convoitises honteuses et des liens terrestres et mondains ; ainsi sans cesse, il réduit en captivité, jette dans le trouble et prend au piège toute la race pécheresse d’Adam, comme le Seigneur l’avait annoncé aux Apôtres en leur prédisant l’assaut futur du Malin contre eux : « Satan vous réclamés pour vous secouer dans le crible comme le froment, mais j’ai prié pour que votre foi ne défaille pas. »(Luc 22, 31-32).
voici en quoi les vrais chrétiens se distinguent de tout le genre humain et quelle est la grande différence qui les en sépare, comme nous l’avons dit : ils ont toujours l’intellect et l’intelligence appliqués à des pensées célestes, et ils contemplent les biens éternels, grâce à la communion et à la participation de l’Esprit Saint.

Il leur a été accordé de naître d’en-haut, de Dieu,et de devenir enfant de Dieu en vérité et avec puissance ; après beaucoup de luttes, peines et de temps, ils sont parvenus à la stabilité, au calme, à l’absence de trouble et au repos ; ils ne sont plus secoués comme dans un crible et agités par des pensées toujours en mouvement et vaines. Ils sont plus grands et meilleurs que le monde,parce que leur intellect et la pensée de leur âme se trouve dans la paix de Jésus -Christ et dans la charité de l’Esprit. C’est que le seigneur leur a dit : « ils sont passés de la mort à la vie. »(Jean 5, 24)

A suivre…

Alexandre
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#3 Message par Alexandre » mer. 13 janv. 2021 15:13

EXTRAIT D’HOMELIE DE ST MACAIRE « Renoncement, don de l’Esprit et gloire de la résurrection »

« S’il arrive que, pour s’adapter à tes besoins, Dieu te soumette à es tribulations, à des souffrances, à des meurtrissures et à des choses qui te paraissent défavorables, c’est dans l’intérêt de ton âme.
Suppose que tu veuilles vivre dans le monde et y devenir riche ; tu éprouves des revers.
Alors tu commenceras à te dire : renoncer et servir Dieu. Alors que tu en es là, tu entends le commandement qui dit « vends ce que tu as »(Matt.19,21). Alors tu te mets à rendre grâce pour les épreuves que tu as eu dans le monde, en disant : « Elles ont été l’occasion qui fait que maintenant je me trouve soumis au commandement du Christ ».

Lorsque tu auras en partie changé de mentalité en ce qui concerne les choses visibles, et que tu auras quitté le monde et toute relation charnelle, il te faudra encore, quant à ton intellect, changer ta manière de penser charnelle en une manière de penser céleste.
Si tu crois avoir tout fait par renoncement, le Seigneur te dira : »Pourquoi te vantes-tu ? N’ai-je pas créé ton corps et ton âme ? N’est-ce pas moi qui ait fait l’or et l’argent ? Toi qu’as-tu fait ? » L’âme se met à supplier le Seigneur et à lui confesser : »Tout est à Vous. La maison que j’habite est vôtre, mon vêtement est vôtre, c’est Vous qui me nourrissez, qui disposez de tout selon mes besoins. » Le Seigneur répondra alors : »Je t’en remercie. Les richesses sont tiennes. La volonté bonne est tienne, et à cause de ton amour pour moi, et puisque tu as cherché refuge auprès de moi, je veux te donner ce que tu ne possèdais pas jusqu’ici et que les hommes de la terre n’auront pas : accueilles-moi ton Seigneur, dans ton âme, pour que tu vives avec moi dans la joie et l’allégresse. »

« Parmi la multitude des hommes, ils ne se trouvent qu’en petit nombre, les chrétiens qui plaisent à Dieu. »

A suivre...

Alexandre
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Re: Saint Macaire de Scété, 15 janvier,vie et extraits de sermons.

#4 Message par Alexandre » ven. 15 janv. 2021 15:55

15 janvier : également fête des saints moines acémètes Alexandre et Jean Calybite.

Je profite de ce jour pour honorer, en résumant la vie de ces deux saints mentionnés dans le Martyrologe Romain, dont l’un des deux, vous l’aurez deviné, est mon saint patron envers qui j’ai une dévotion et une admiration particulière.

Le bienheureux Alexandre naquit au milieu du IV ème siècle d’une famille chrétienne, vraisemblablement dans l’île de Samos. Adolescent il part à Constantinople pour y recevoir une formation littéraire complète ; là il exercera par la suite des fonctions importantes dans la troupe qui formait l’obséquium du préfet du prétoire.

La lecture assidue de la Sainte Bible le décide à entrer dans la vie monastique. Comme saint Antoine, il distribue ses biens aux pauvres et autour de 380 part pour la Syrie, vers le monastère de l’archimandrite Elie, monastère alors célèbre. Il s’y adonna 4 ans à l’étude des psaumes et s’appliqua avec ardeur à mettre en pratique ce qu’il avait lu dans le Saint Evangile ; mais il ne put convaincre la communauté ni son abbé de se conformer à la lettre du Nouveau Testament en ce qui concerne l’abandon à la Providence.

Il se retire alors dans le désert, n’emportant que le Saint Evangile, pour s’adonner à l’érémitisme et à l’ascétisme presque sauvage chers à la tradition syrienne.
Il y vit dans la prière et la plus grande pauvreté, habitant dans les crevasses, se nourrissant des produits spontanés de la terre. Ainsi vivaient nombre d’anachorètes en ces régions.
Au bout de sept ans , une nouvelle parole de l’Ecriture (parabole des talents) le pousse à devenir missionnaire à travers la Mésopotamie. Il y aurait découvert Rabboulas et ses concitoyens ; il devra bientôt quitter la ville pour ne pas en devenir Evêque. Dans sa fuite, il tombe sur des brigands qu’il convertit, et il transforme leur repère en monastère. Rabboulas du panthéiste qu’il était, se convertit, deviendra même Evêque métropolitain d »’Edesse ; il recevra la consécration épiscopale des mains du patriarche d’Antioche, un autre Alexandre en 411 ou 412.

On sait que probablement vers 404, Notre bienheureux Alexandre se retirera d’Antioche, et s’établira sur les bords de l’Euphrate, dormant dans une jarre-silo (grande jarre à grains enfoncée dans le sol pouvant mesurer jusqu’à 2m de large sur 2 m50 de hauteur) pendant 20 ans d’abord seul, puis de nombreux disciples se retrouvent autour de lui ; ils seront jusqu’à 400 !: latins, grecs, syriens, égyptiens. Les moines consacraient environ 12 heures à la prière ; celle-ci semble comporter alors en plus de Laudes et de Vêpres les heures de Tierce, Sexte, None, et un office de nuit. Puis Alexandre porte le nombre de 7 offices le jour et 7 durant la nuit, les moines célébrant alors toujours le même office par groupes linguistiques. 10 lus tard, à nouveau dans le but de se conformer à la parole de Dieu, l’higoumène profite de la présence de ces différents groupes nationaux pour organiser la doxologie perpétuelle, de jour et de nuit. A la même époque le principe de la prière perpétuelle, au moins durant le jour était à l’honneur dans cette région de l’Osrhoène.

Confiant la communauté à son disciple Trophime, il se lance avec 70, puis 150 moines en des campagnes apostoliques à travers la Mésopotamie et la Syrie.

L’accueil des villes n’est pas toujours favorable. Les riches ou les nombreux commerçants de ces régions redoutaient la venue de cette troupe en haillons, que leur annonçaient les bourgades voisines : ils mendiaient non seulement pour eux mais encore pour les pauvres. Après une expérience désagréable à Palmyre, ils se dirigent vers Antioche où ils ne peuvent accéder que la nuit. Comme ces tournées missionnaires précédentes, Alexandre jouit de la faveur du peuple, convaincu de sa sainteté, et des pauvres, aux nécessités desquels il essaie de pourvoir. Ils délaissent leurs églises pour venir entendre les moines, qui ont élu domicile dans des thermes désaffectés.

A la suite des initiatives évangéliques et sociales, Alexandre se brouille avec le clergé, l’Evêque Théodote, et même les autorités civiles ; aux et aux autres, il leur reproche de ne pas faire leur devoir. Il est expulsé par les forces de l’ordre, et gardé à vue dans la ville de Chalcis, à l’est d’Antioche.
Il réussit à s’échapper, habillé en mendiant, et il parvient au Crithénion, un monastère qui a adopté son observance. Avec 80 moines qu’il recrute, il part vers 425 pour Constantinople, selon la volonté de Dieu lui signifiant que cette ville a besoin d’un maître tel que lui ; il compte donc mener à bonne fin son œuvre de réforme dans la capitale où il avait entendu l’appel de Dieu voici plus de 40 ans. Il établit sa communauté à proximité d’un des sanctuaires les plus connus de cette ville, l’église Saint-Ménas, accrochées aux pentes de l’Acropole, non loin de la mer. c’est en quelque sorte un monastère basilical, comme les premiers monastères pour la plupart ; il s’agit de ces groupes de moines vivant das la rue, à proximité d’un lieu de culte, qui caractérise l’apparition du monachisme à Constantinople jusqu’au Concile de Chalcédoine.

La réforme d’Alexandre, qui puise aux sources mêmes du monachisme syrien, trouve de nombreux adhérents dans la ville de la région, où l’idéal syrien a déjà exercé une telle influence ; ils sont bientôt 300, venus de Bithynie, des provinces voisines et surtout de la royale Constantinople.

Mais très vite Constantinople s’émeut à son tour. Les « grands » ne veulent pas de ce nouveau Jean-Baptiste qui trouble les facilités de leur vie… Nombre d’archimandrites, de supérieurs de ces pléiades de moines (environ à cette époque du nombre de 15000) qui constituent le premier monachisme de la ville, ne supportent plus ce collègue réformateur qui dépeuple leurs monastères.
Les clercs sont jaloux du succès auprès du peuple de ce prophète qui remet en cause, au nom de l’Evangile, bien des idées et des habitudes reçues. Ces divers éléments coalisés trouvent une arme facile : accuser Alexandre d ‘hérésie, plus précisément de messalianisme. Alexandre est un des meneurs de ce groupe que la hiérarchie poursuit depuis 30 ans, fustigé par divers synodes.


La présence d’Alexandre à Constantinople suscitant tant de troubles chez les clercs, qu’ils provoquent un synode, où des mesures sont prises contre les messaliens. Mêlant injustement Alexandre à cette secte, le tribunal civil de la ville comptait sur le peuple pour punir les acémètes ; mais la foule ameutée et saisie d’une « frayeur divine », et alors notre bienheureux passe son chemin, tandis que ses frères font monter leur prières. Néanmoins est jugé et banni hors de la ville comme un corps étranger. On le charge ensuite de fers et ses compagnons, les moines qui avaient quitté leur monastère pour rejoindre Alexandre sont sommé de regagner leur monastère. Mais tous les moines bravent les ordres du tribunal en rejoignant l’acémète à l’exil.

Ils quittent Constantinople, se réfugiant dans une église. Les magistrats impériaux, irrités, s’adresse à l’Evêque de Chalcédoine, Eulalios, qui ameute la populace pour les expulser. Les acémètes sont battus sans pitié, particulièrement Alexandre.
Alors intervient l’archimandrite saint Hypatios qui offre au moine moribond son hospitalité. Apprenant ce fait, le même Evêque devient furieux, et menace l’abbé d’exil s’il n’expulse pas Alexandre et ses compagnons. Peine perdue. L’intervention de l’impératrice Pulchérie protègera les deux hommes et, par eux la communauté, ce qui permit à Alexandre de finir ses jours entouré de ses frères en s’établissant sur la rive orientale du Bosphore, où il s’éteindra en 430.er. On le fête aujourd’hui, le 15 janvier, aussi le 23 février.

Bienheureux Alexandre est comparé à de grands saints comme Elie, comme il imitera par des gestes prophétiques, Jacob comme il passera un fleuve à l’aide d’un bâton, Moïse comme il conduira ses frères à travers le désert, et un Ange leur apportera à manger, et Alexandre est une figure de Saint François d’Assise en se vêtant d’une tunique et d’une corde, ne vivant que de mendicité, en prêchant l’Evangile.

J’aurais encore beaucoup à raconter sur la vie de ce glorieux anachorète : ces miracles, sa foi, son abandon à Dieu, son esprit de pauvreté, sa force… Ma rencontre avec l’histoire de ce saint m’a beaucoup aidé dans ma vie et m’aide encore, c’est un grand ami sur qui je peux compter en l’invoquant pour la lutte des combats intérieurs. Enfin, il avait à la bouche sans cesse cette louange : « Gloria in Altissimus Deo et in terra Pax hominibus bonnae voluntatis ! »…

Mais voici un autre acémète qui mérité d’être connu : Saint Jean Calybite, ou Saint Jean « d la cabane » que nous fêtons aussi aujourd’hui le 15 janvier.

Saint Jean a vécu probablement au cours du Vème siècle. Issu d’une famille très riche, à Constantinople, frère deux aînés. Son père , Eutrope, veut le destiner au grandes études de philosophie. Jean à 12 ans fréquentait souvent les églises avant chaque activité. Un jour, moine acémète qui avait fait vœu d’aller à Jérusalem trouva abri d’une nuit dans la pièce d’études de l’école que Jean fréquentait et occupait. Admiratif du comportement du moine, Jean le questionna sur sa vie. Saisit par le désir de vivre comme lui, Jean mit tout en œuvre pour partir avec lui.
Dans un premier temps, il demanda à son père un Evangile, car il n’en avait pas. Son père , par l’intermédiaire de son épouse Théodora, lui offrit l’oeuvre dont la couverture était en or.
Dans un deuxième temps il réclama de l’argent à son père pour pouvoir s ‘amuser avec ses camarades à la maison, ce qu’il lui fut également accordé. Cependant… L’argent servit à payer une embarcation pour traverser un lac afin de rejoindre un monastère d’acémètes. Jean partit donc là durant 6 ans.
Un jour, pris d’inquiétude pour ses parents qui le croyait disparu et mort, Jean quitta le monastère et revint sous l’apparence d’un mendiant, et s’établissant au portail d’entrée de la maison des ses parents. Soucieux de ce pauvre qui venait s’installer là, ses parents faisaient livrer par leur serviteur de la nourriture, que Jean redistribuait aux pauvres. Ne s’étant toujours pas aperçu que ce nouveau mendiant était leur fils, ils voulurent le chasser plus loin. Mais Jean trouva un compromis avec eux, par l’intermédiaire de leurs serviteurs : celui de construire une cabane à côté de chez eux, pour être plus discret. Ce qu’il lui fût accordé.
Un jour Jean allait mourir, ses parents le surent, alors ils le firent apporter par les serviteurs à l’intérieur de leur maison.
Laissant tomber son Evangile en or de son manteau déchiré, ses parents reconnurent leur fils. Jean leur fit promettre qu’une fois au Ciel, on l’enterrerait dans sa tenue de mendiant, et dans sa cabane.
Une fois mort, sa maman désobéit. Elle lui mit un manteau de riche prince. Quelques jours plus tard elle fut atteinte de paralysie. Son mari lui rappela la promesse qu’elle avait faite à Jean, et sa désobéissance. Du coup, la mère de Jean le recouvra de ses vêtements de pauvre, et elle fut aussitôt guérie.

Ses parents érigèrent un oratoire autour de la cabane de Jean, qui prit feu par la suite lors d’un grand incendie. Eutrope et Théodora, les parents, firent beaucoup pour les pélerins et les pauvres, et construisirent un hospice.

Antoine de Novgorod, note lors de son voyage au début du XIII è siècle « st Jean Calybite est enterré près de la porte de sa maison, et il y a une croix surmontant un bâton de fer. »

En France, st Jean Calybite a été l’un des saints célébrés par le propre des Besançon. L’église-cathédrale de la ville, quoique de dédié à St Etienne possédait le chef de st jean comme relique enfermée dans un précieux reliquaire qui disparu en 1794.

Fin.

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