par Si vis pacem » mar. 18 mai 2021 22:34
Sancti Thomae Aquinatis Summa theologica (Pars III, Qu. XXIX, art. 1) a écrit :
Respondeo dicendum quod conveniens fuit Christum de desponsata virgine nasci, tum propter ipsum ; tum propter matrem ; tum etiam propter nos. Propter ipsum quidem Christum, quadruplici ratione. Primo quidem, ne ab infidelibus tamquam illegitime natus abiiceretur. Unde Ambrosius dicit, super Luc. : Quid Iudæis, quid Herodi posset adscribi, si natum viderentur ex adulterio persecuti ? — Secundo, ut consueto modo eius genealogia per virum describeretur. Unde dicit Ambrosius, super Luc. : Qui in sæculum venit, sæculi debuit more describi. Viri autem persona quæritur, qui in senatu et reliquis curiis civitatum generis asserit dignitatem. Consuetudo etiam nos instruit Scripturarum, quæ semper viri originem quærit. — Tertio, ad tutelam pueri nati : ne diabolus contra eum vehementius nocumenta procurasset. Et ideo Ignatius dicit ipsam fuisse desponsatam ut partus eius diabolo celaretur. — Quarto, ut a Ioseph nutriretur. Unde et pater eius dictus est, quasi nutritius.
Fuit etiam conveniens ex parte Virginis. Primo quidem, quia per hoc redditur immunis a pœna : ne scilicet lapidaretur a Iudæis tanquam adultera, ut Hieronymus dicit. — Secundo, ut per hoc ab infamia liberaretur. Unde dicit Ambrosius, super Luc., quod desponsata est ne temeratæ virginitatis adureretur infamia, cui gravis alvus corruptelæ videretur insigne præferre. — Tertio, ut ei a Ioseph ministerium exhiberetur : ut Hieronymus dicit.
Ex parte etiam nostra hoc fuit conveniens. Primo quidem, quia testimonio Ioseph comprobatum est Christum ex virgine natum. Unde Ambrosius dicit, super Luc. : Locupletior testis pudoris maritus adhibetur, qui posset et dolere iniuriam et pindicare opprobrium, si non agnosceret sacramentum. — Secundo, quia ipsa verba Virginis magis credibilia redduntur, suam virginitatem asserentis. Unde Ambrosius dicit, super Luc. : Fides Mariae verbis magis asseritur, et mendacii causa removetur. Videtur enim culpam obumbrare voluisse mendacio innupta prægnans : causam autem mentiendi desponsata non habuit, cum coniugii præmium et gratia nuptiarum partus sit feminarum. Quæ quidem duo pertinent ad firmitatem fidei nostræ. — Tertio, ut tolleretur excusatio virginibus quæ, propter incautelam suam, non vitant infamiam. Unde Ambrosius dicit : Non decuit virginibus sinistra opinione vipentibus velamen excusationis relinqui, quod infamia Mater quoque Domini ureretur. — Quarto, quia per hoc significatur universa Ecclesia, quæ, cum virgo sit, desponsata tamen est uni viro Christo : ut Augustinus dicit, in libro de Sancta Virginitate. — Potest etiam quinta ratio esse quia, quod Mater Domini fuit desponsata et virgo, in persona ipsius et virginitas et matrimonium honoratur : contra hæreticos alteri horum detrahentes.
Saint Thomas d'Aquin - Somme théologique (Pars III, Qu. XXIX, art. 1) a écrit :
Il convenait sous un triple rapport que le Christ naquit d'une Vierge mariée : par rapport à lui-même, par rapport à sa Mère, par rapport à nous. Cela convenait d'abord par rapport au Christ, et pour quatre raisons : 1° De peur qu'il ne fût rejeté par les infidèles comme un enfant illégitime ; de là ce que dit saint Ambroise, Super Luc., I : « Que pourrait-on dire contre les Juifs, que pourrait-on dire contre Hérode, s'ils avaient paru poursuivre le fils d'une adultère ? » 2° Pour que la généalogie du Christ pût se continuer par les hommes, selon l'usage de sa nation ; ce qui fait encore dire à saint Ambroise, Ibid., III : « Puisqu'il venait vivre au milieu des hommes, il devait subir les lois qui règnent parmi eux. Or, d'après ces lois, c'est l'homme qui paraît dans le sénat et les autres assemblées publiques, pour soutenir l'honneur de sa race ; et les divines Écritures elles-mêmes concourent à nous montrer cette vérité, puisque dans la série des générations elles ne tiennent compte que des hommes. » 3° Pour la sécurité de l'enfant qui venait de naître et de peur que le diable ne lui suscitât des embûches encore plus terribles ; et c'est là ce que dit saint Ignace martyr : « Elle fut mariée pour que la nature de son enfantement demeurât cachée au diable. » 4° Pour que le Sauveur fût nourri par saint Joseph, et que celui-ci eût ainsi quelques droits à être appelé son père.
Cela convenait, en second lieu, par rapport à la Vierge : 1° Elle était ainsi mise à l'abri du châtiment prononcé par la loi contre l'adultère, châtiment qui consistait à être lapidé, et cette observation est de saint Jérôme ; 2° Pour qu'elle fût encore à l'abri de l'infamie ; et c'est saint Ambroise qui fait cette remarque : « Il ne fallait pas qu'elle eût à rougir comme ayant perdu sa virginité, quand deviendraient apparents les signes de sa grossesse ; » 3° Pour que Joseph lui consacrât sa protection et ses soins, comme le dit encore saint Jérôme.
Nous avons dit que cela convenait, en troisième lieu, par rapport à nous-mêmes : 1° Le témoignage de saint Joseph nous est de la sorte acquis, pour établir que le Christ est né d'une Vierge : « c'est là, dit saint Ambroise, un témoin d'autant plus irrécusable de la chasteté de Marie, qu'il eût pu ressentir et venger son opprobre, s'il n’avait reconnu le mystère qui s’était accompli. » 2° Les paroles de la Vierge Mère attestant elle-même sa propre virginité, acquièrent ainsi une autorité plus grande : « On devait par là même, continue le saint évêque de Milan , ajouter plus de foi aux paroles de Marie, et moins soupçonner le mensonge. Si elle n’avait pas été mariée, on eût pu croire qu'elle voulait, par une invention fabuleuse, cacher la honte de sa grossesse ; mais du moment où elle était mariée, elle n’avait plus de raison pour mentir, puisque le bonheur et l'honneur du mariage, c'est la fécondité de la femme. » Ces deux premières considérations regardent notre foi. 3° Toute excuse était ainsi ôtée aux vierges qui par leur imprudence s'exposent à l'infamie ; « Il ne fallait pas, poursuit le même docteur, que cette excuse fut laissée aux vierges imprudentes qui ne craignent pas de s'exposer au jugement des hommes, et qu'elles pussent dire que la Mère du Sauveur avait elle-même paru déshonorée. » 4° Marie figure ainsi l’Église universelle, qui est vierge, et néanmoins l'épouse du Christ, selon la pensée de saint Augustin, De Virgin., cap. 12. On pourrait enfin ajouter une cinquième raison ; c'est que la Mère du Sauveur fut en même temps épouse et Vierge pour que dans sa personne la virginité et le mariage fussent également honorés, à l'encontre des hérésies qui devaient attaquer l'un ou l'autre de ces deux états (2).
(2) C'est là le résumé de tout ce qui a été dit, et, nous le croyons du moins, de tout ce qu'on pouvait dire sur le mariage de la Vierge immaculée qui devait enfanter le Fils unique de Dieu, le Rédempteur des hommes, comme le fruit même de son incomparable pureté. On aura remarqué le soin avec lequel notre saint auteur appuie sur l'autorité des plus célèbres docteurs de la primitive Église, chacun des points de vue qu'il se contente de signaler. En nous montrant ainsi les irrécusables monuments de la foi catholique , les grands témoignages de la tradition, il nous indique les sources fécondes de la science sacrée. C'est ce que l'on verra d'une manière non moins évidente dans la réponse aux arguments.
à suivre ...
[quote="[url=https://archive.org/details/operaomniaiussui11thom/page/310/mode/1up]Sancti Thomae Aquinatis Summa theologica (Pars III, Qu. XXIX, art. 1)[/url]"]
[color=#800000]Respondeo dicendum quod conveniens fuit Christum de desponsata virgine nasci, tum propter ipsum ; tum propter matrem ; tum etiam propter nos. Propter ipsum quidem Christum, quadruplici ratione. Primo quidem, ne ab infidelibus tamquam illegitime natus abiiceretur. Unde Ambrosius dicit, [i]super Luc.[/i] : [i]Quid Iudæis, quid Herodi posset adscribi, si natum viderentur ex adulterio persecuti ?[/i] — Secundo, ut consueto modo eius genealogia per virum describeretur. Unde dicit Ambrosius, [i]super Luc.[/i] : [i]Qui in sæculum venit, sæculi debuit more describi. Viri autem persona quæritur, qui in senatu et reliquis curiis civitatum generis asserit dignitatem. Consuetudo etiam nos instruit Scripturarum, quæ semper viri originem quærit.[/i] — Tertio, ad tutelam pueri nati : ne diabolus contra eum vehementius nocumenta procurasset. Et ideo Ignatius dicit ipsam fuisse desponsatam [i]ut partus eius diabolo celaretur[/i]. — Quarto, ut a Ioseph nutriretur. Unde et pater eius dictus est, quasi nutritius.
Fuit etiam conveniens ex parte Virginis. Primo quidem, quia per hoc redditur immunis a pœna : [i]ne[/i] scilicet [i]lapidaretur a Iudæis tanquam adultera[/i], ut Hieronymus dicit. — Secundo, ut per hoc ab infamia liberaretur. Unde dicit Ambrosius, [i]super Luc.[/i], quod [i]desponsata est ne temeratæ virginitatis adureretur infamia, cui gravis alvus corruptelæ videretur insigne præferre.[/i] — Tertio, ut ei a Ioseph ministerium exhiberetur : ut Hieronymus dicit.
Ex parte etiam nostra hoc fuit conveniens. Primo quidem, quia testimonio Ioseph comprobatum est Christum ex virgine natum. Unde Ambrosius dicit, [i]super Luc.[/i] : [i]Locupletior testis pudoris maritus adhibetur, qui posset et dolere iniuriam et pindicare opprobrium, si non agnosceret sacramentum.[/i] — Secundo, quia ipsa verba Virginis magis credibilia redduntur, suam virginitatem asserentis. Unde Ambrosius dicit, [i]super Luc.[/i] : [i]Fides Mariae verbis magis asseritur, et mendacii causa removetur. Videtur enim culpam obumbrare voluisse mendacio innupta prægnans : causam autem mentiendi desponsata non habuit, cum coniugii præmium et gratia nuptiarum partus sit feminarum.[/i] Quæ quidem duo pertinent ad firmitatem fidei nostræ. — Tertio, ut tolleretur excusatio virginibus quæ, propter incautelam suam, non vitant infamiam. Unde Ambrosius dicit : [i]Non decuit virginibus sinistra opinione vipentibus velamen excusationis relinqui, quod infamia Mater quoque Domini ureretur.[/i] — Quarto, quia per hoc significatur universa Ecclesia, quæ, [i]cum virgo sit, desponsata tamen est uni viro Christo[/i] : ut Augustinus dicit, in libro [i]de Sancta Virginitate[/i]. — Potest etiam quinta ratio esse quia, quod Mater Domini fuit desponsata et virgo, in persona ipsius et virginitas et matrimonium honoratur : contra hæreticos alteri horum detrahentes. [/color]
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Cela convenait, en second lieu, par rapport à la Vierge : 1° Elle était ainsi mise à l'abri du châtiment prononcé par la loi contre l'adultère, châtiment qui consistait à être lapidé, et cette observation est de saint Jérôme ; 2° Pour qu'elle fût encore à l'abri de l'infamie ; et c'est saint Ambroise qui fait cette remarque : « [i]Il ne fallait pas qu'elle eût à rougir comme ayant perdu sa virginité, quand deviendraient apparents les signes de sa grossesse ;[/i] » 3° Pour que Joseph lui consacrât sa protection et ses soins, comme le dit encore saint Jérôme.
Nous avons dit que cela convenait, en troisième lieu, par rapport à nous-mêmes : 1° Le témoignage de saint Joseph nous est de la sorte acquis, pour établir que le Christ est né d'une Vierge : « [i]c'est là[/i], dit saint Ambroise, [i]un témoin d'autant plus irrécusable de la chasteté de Marie, qu'il eût pu ressentir et venger son opprobre, s'il n’avait reconnu le mystère qui s’était accompli.[/i] » 2° Les paroles de la Vierge Mère attestant elle-même sa propre virginité, acquièrent ainsi une autorité plus grande : « [i]On devait par là même[/i], continue le saint évêque de Milan , [i]ajouter plus de foi aux paroles de Marie, et moins soupçonner le mensonge. Si elle n’avait pas été mariée, on eût pu croire qu'elle voulait, par une invention fabuleuse, cacher la honte de sa grossesse ; mais du moment où elle était mariée, elle n’avait plus de raison pour mentir, puisque le bonheur et l'honneur du mariage, c'est la fécondité de la femme.[/i] » Ces deux premières considérations regardent notre foi. 3° Toute excuse était ainsi ôtée aux vierges qui par leur imprudence s'exposent à l'infamie ; « [i]Il ne fallait pas, poursuit le même docteur, que cette excuse fut laissée aux vierges imprudentes qui ne craignent pas de s'exposer au jugement des hommes, et qu'elles pussent dire que la Mère du Sauveur avait elle-même paru déshonorée.[/i] » 4° Marie figure ainsi l’Église universelle, qui est vierge, et néanmoins l'épouse du Christ, selon la pensée de saint Augustin, [i]De Virgin.[/i], cap. 12. On pourrait enfin ajouter une cinquième raison ; c'est que la Mère du Sauveur fut en même temps épouse et Vierge pour que dans sa personne la virginité et le mariage fussent également honorés, à l'encontre des hérésies qui devaient attaquer l'un ou l'autre de ces deux états (2).
[size=85][b](2)[/b] C'est là le résumé de tout ce qui a été dit, et, nous le croyons du moins, de tout ce qu'on pouvait dire sur le mariage de la Vierge immaculée qui devait enfanter le Fils unique de Dieu, le Rédempteur des hommes, comme le fruit même de son incomparable pureté. On aura remarqué le soin avec lequel notre saint auteur appuie sur l'autorité des plus célèbres docteurs de la primitive Église, chacun des points de vue qu'il se contente de signaler. En nous montrant ainsi les irrécusables monuments de la foi catholique , les grands témoignages de la tradition, il nous indique les sources fécondes de la science sacrée. C'est ce que l'on verra d'une manière non moins évidente dans la réponse aux arguments.[/size][/color]
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[size=75]à suivre ...[/size]