Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

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Re: Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par Laetitia » jeu. 16 août 2018 18:05


Vous regardez le détail, mais votre question initiale portait sur le plan général :
chartreux a écrit :
mer. 08 août 2018 14:51

Je suis surpris par ce que j'ai lu divers textes du Magistère ou de la Tradition de l'Église (comme par exemple l'encyclique Casti Conubii) sur le sujet et que c'est la première fois que je vois affirmée cette illicéité (en général) des méthodes naturelles de limitation des naissances.
Pie XI donne la loi générale dans Casti Connubii :
...tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave...
Pie XII rappelle d'abord rapidement cette loi générale, puis répond aux sages-femmes sur un point particulier, auquel le Pape Pie XI n'avait fait qu'une allusion.
Cependant, lisons dans le discours de Pie XII, le passage que vous avez omis de citer :
 Pie XII, Allocution aux Sages-femmes, 29 octobre 1951 a écrit : Il faut, tout d’abord, considérer deux hypothèses si l’application de cette théorie ne veut signifier rien d’autre que la possibilité pour les époux de faire usage de leur droit conjugal même aux jours de stérilité naturelle, il n’y a rien à redire. De cette façon, en effet, ils n’empêchent ni ne gênent en aucune manière la consommation de l’acte naturel et de ses conséquences naturelles ultérieures. C’est précisément en cela que l’application de la théorie dont nous parlons se distingue essentiellement de l’abus déjà signalé, qui consiste dans la perversion de cet acte. Si, au contraire, on va plus loin, c’est-à-dire qu’on entende ne permettre l’acte conjugal que ces jours-là, alors la conduite des époux doit être examinée plus attentivement.
Et ici, de nouveau, deux hypothèses se présentent à notre attention. Si déjà, au moment de la conclusion du mariage, au moins l’un des deux époux avait eu l’intention de restreindre aux moments de stérilité le droit conjugal lui-même, et pas seulement l’usage de ce droit, de telle sorte que, aux autres jours, l’autre époux n’aurait pas non plus le droit de réclamer l’acte, cela impliquerait un défaut essentiel du consentement matrimonial, qui comporterait de soi l’invalidité du mariage, pour la raison que le droit dérivant du contrat matrimonial est un droit permanent, ininterrompu et non pas intermittent de chacun des époux vis-à-vis de l’autre.
D’autre part, si cette limitation de l’acte aux jours de stérilité naturelle se rapporte non au droit lui-même mais à l’usage du droit, la validité du mariage reste hors de discussion ; cependant, la licéité morale d’une telle conduite des époux serait à affirmer ou à nier, selon que, l’intention d’observer constamment ces périodes est basée ou non sur des motifs moraux suffisants et sûrs. Le seul fait que les époux ne violent pas la nature de l’acte et sont même prêts à accepter et à élever l’enfant qui, malgré leurs précautions, viendrait au monde, ne suffirait pas à soi seul à garantir la rectitude des intentions et la moralité indiscutable de ces mêmes motifs.

La raison est que le mariage oblige à un état de vie qui, de même qu’il confère certains droits, impose également l’accomplissement d’une oeuvre positive concernant ce même état. Dans ce cas, on peut appliquer le principe général qu’une prestation positive peut être omise si de graves motifs, indépendants de la bonne volonté de ceux qui y sont obligés, établissent que cette prestation est inopportune ou prouvent qu’elle ne peut être légitimement réclamée par le requérant, en l’espèce, le genre humain.
Le contrat matrimonial, qui accorde aux époux le droit de satisfaire l’inclination de la nature, les établit dans un état de vie, l’état conjugal. Or, aux époux qui en font usage, en posant l’acte spécifique de leur état, la nature et le Créateur imposent la fonction de pourvoir à la conservation du genre humain. Telle est la prestation caractéristique qui fait la valeur propre de leur état : le « bonum prolis, les enfants « . Le peuple et l’État, l’Église elle-même dépendent pour leur existence, dans l’ordre établi par Dieu, du mariage fécond. Par suite, embrasser l’état de mariage, user constamment de la faculté qui lui est propre et qui n’est licite que dans cet état et, d’autre part, se soustraire toujours et délibérément, sans un grave motif, à son devoir principal, serait un péché contre le sens même de la vie conjugale.
...et le passage qui suit votre citation :
...Cependant, s’il n’y a pas, d’après un jugement raisonnable et juste de semblables graves raisons, soit personnelles, soit découlant des circonstances extérieures, la volonté chez les époux d’éviter habituellement la fécondité de leur union, tout en continuant à satisfaire pleinement leur sensualité, ne peut venir que d’une fausse appréciation de la vie et de motifs étrangers aux règles de la saine morale.

… il n'y a aucune contradiction avec les dires de l'Abbé Vérité :
Ou encore ... les méthodes naturelles qui ne sont pas nécessaires ... les méthodes naturelles dans la limitation des naissances peuvent être pratiquées pour un temps. Et à certaines conditions, et, ce n'est pas le moment d'en parler, mais je parlerai des conditions requises pour les pratiquer. " On a un enfant, mais maintenant, on est tranquilles, on va pratiquer les méthodes naturelles ... " Non, et non et non ! C'est beaucoup plus serré que ça. Pour un temps ... et des raisons graves. La santé de la mère, par exemple. Et la santé de la mère, c'est pas seulement qu'elle va avoir une crise d'appendicite ou que ... elle va tomber folle ... Non! mais la dépression nerveuse, par exemple, qui est un danger, quelquefois, quelquefois ...
Il faut rajouter et ne jamais oublier que dans un acte posé, c'est principalement l'intention qui compte.

Re: Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par chartreux » lun. 13 août 2018 13:12

Merci pour votre contribution. Je pense cependant que les deux passages cités ci-dessus ne parlent pas de la même chose. L'abbé Verité veut parler des méthodes naturelles (c'est-à-dire les méthodes fondées sur l'"abstinence périodique") tandis que Casti Conubii traite de ce qui est contre la nature.

Mon impression est confirmée par cet extrait du discours de Pie XII aux participants du congrès de l'union catholique italienne des sages-femmes du 29 octobre 1951 :
Que faut-il penser de la continence périodique, basée sur la pratique de l'acte conjugal réservée aux périodes stériles.
En outre, de nos jours, se présente le grave problème de savoir si et quand l'obligation de disponibilité au service de la maternité est conciliable avec ce recours toujours plus fréquent aux époques de stérilité naturelle (périodes agénésiques chez la femme), recours qui semble une claire expression de la volonté contraire à la disponibilité.
Et tout d'abord, les sages-femmes doivent être au courant des données de la science à cet égard :
On attend précisément de vous que vous soyez bien informées, du côté médical, de cette théorie connue et des progrès qu'en cette matière on peut encore prévoir, et d'autre part, que vos conseils et votre assistance ne s'appuient pas sur de simples publications populaires, mais soient appuyés sur l'objectivité scientifique et sur le jugement autorisé de spécialistes consciencieux en médecine et en biologie.
Il est de la compétence de la sage-femme de fournir les renseignements à ce sujet, en s'inspirant d'abord des résultats de la science :
C'est votre affaire, non celle du prêtre, d'instruire les époux, soit dans les consultations privées, soit au moyen de sérieuses publications de l'aspect biologique et technique de la théorie, sans cependant vous laisser entraîner à une propagande qui ne serait ni juste ni convenable.
Mais ensuite, il faut faire appel à la morale qui a son mot à dire sur l'usage de ces méthodes :

Mais dans ce domaine encore, votre apostolat réclame de vous, comme femmes et comme chrétiennes, que vous connaissiez et défendiez les règles de la morale auxquelles est soumise l'application de cette théorie. Et ici, l'Eglise est compétente.
(...)
Par suite, embrasser l'état du mariage, user constamment de la faculté qui lui est propre et qui n'est licite que dans ses limites et, d'autre part, se soustraire toujours et délibérément, sans un motif grave, à son devoir principal, sera un péché contre le sens même de la vie conjugale.

Seuls des motifs sérieux peuvent dispenser à obéir à cette exigence :

On peut être dispensé de cette prestation positive obligatoire même pour longtemps, pour la durée entière du mariage, par des motifs sérieux, comme ceux qu'il n'est pas rare de trouver dans ce qu'on appelle l'« indication » médicale, eugénique, économique et sociale. D'où il suit que l'observance des époques infécondes peut être licite sous l'aspect moral et, dans les conditions indiquées, l'est réellement.

D'un côté, on a quelque chose d' intrinsèquement déshonnête et illicite, de l'autre quelque chose qui peut devenir licite même pour longtemps, pour la durée entière du mariage avec un panel relativement large de motifs sérieux ( l'« indication » médicale, eugénique, économique et sociale).

Re: Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par Laetitia » mer. 08 août 2018 23:49

chartreux a écrit :
mer. 08 août 2018 14:51

Je suis surpris par ce que j'ai lu divers textes du Magistère ou de la Tradition de l'Église (comme par exemple l'encyclique Casti Conubii) sur le sujet et que c'est la première fois que je vois affirmée cette illicéité (en général) des méthodes naturelles de limitation des naissances.
   Pie XI, Casti Conubii a écrit :
...Sed, ut ad singula iam, Venerabiles Fratres, tractanda accedamus, quae singulis matrimonii bonis opponuntur, primum de prole sit sermo, quam multi molestum connubii onus vocare audent, quamque a coniugibus, non per honestam continentiam (etiam in matrimonio, utroque consentiente coniuge, permissam) sed vitiando naturae actum, studiose arcendam praecipiunt. Quam quidem facinorosam licentiam alii sibi vindicant, quod prolis pertaesi solam sine onere voluptatem explere cupiunt, alli quod dicunt se neque continentiam servare, neque ob suas vel matris vel rei familiaris difficultates prolem admittere posse.

At nulla profecto ratio, ne gravissima quidem, efficere potest, ut quod intrinsece est contra naturam, id cum natura congruens et honestum fiat. Cum autem actus coniugii suapte natura proli generandae sit destinatus, qui, in eo exercendo, naturali hac eum vi atque virtute de industria destituunt, contra naturam agunt et turpe quid atque intrinsece inhonestum operantur.

Quare mirum non est, ipsas quoque Sacras Litteras testari Divinam Maiestatem summo prosequi odio hoc nefandum facinus illudque interdum morte puniisse, ut memorat Sanctus Augustinus: «Illicite namque et turpiter etiam cum legitima uxore concumbitur, ubi prolis conceptio devitatur. Quod faciebat Onan, filius Iudae, et occidit illum propter hoc Deus».

Cum igitur quidam, a christiana doctrina iam inde ab initio tradita neque umquam intermissa manifesto recedentes, aliam nuper de hoc agendi modo doctrinam sollemniter praedicandam censuerint, Ecclesia Catholica, cui ipse Deus morum integritatem honestatemque docendam et defendendam commisit, in media hac morum ruina posita, ut nuptialis foederis castimoniam a turpi hac labe immunem servet, in signum legationis suae divinae, altam per os Nostrum extollit vocem atque denuo promulgat: quemlibet matrimonii usum, in quo exercendo, actus, de industria hominum, naturali sua vitae procreandae vi destituatur, Dei et naturae legem infringere, et eos qui tale quid commiserint gravis noxae labe commaculari...
   Pie XI, Casti Conubii a écrit :
...Mais pour aborder en détail l'exposé de ce qui s'oppose à chacun des biens du mariage, il faut commencer par les enfants, que beaucoup osent nommer une charge fastidieuse de la vie conjugale : à les en croire, les époux doivent avec soin s'épargner cette charge, non point, d'ailleurs, par une vertueuse continence (permise dans le Mariage aussi, quand les deux époux y consentent), mais en viciant l'acte de la nature. Les uns revendiquent le droit à cette criminelle licence, parce que, ne supportant point les enfants, ils désirent satisfaire la seule volupté sans aucune charge ; d'autres, parce qu'ils ne peuvent, disent-ils, ni garder la continence, ni — à raison de leurs difficultés personnelles, ou de celles de la mère, ou de leur condition familiale — accueillir des enfants.

Mais aucune raison assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et honnête. Puisque l'acte du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l'accomplissant, s'appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête.

Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir les Saintes Ecritures attester que la divine Majesté déteste au plus haut point ce forfait abominable, et qu'elle l’a parfois puni de mort, comme le rappelle saint Augustin : « Même avec la femme légitime, l'acte conjugal devient illicite et honteux dès lors que la conception de l'enfant y est évitée. C'est ce que faisait Onan, fils de Judas, ce pourquoi Dieu l'a mis à mort. »

En conséquence, comme certains, s'écartant manifestement de la doctrine chrétienne telle qu'elle a été transmise depuis le commencement, et toujours fidèlement gardée, ont jugé bon récemment de prêcher d'une façon retentissante, sur ces pratiques, une autre doctrine, l'Église catholique, investie par Dieu même de la mission d'enseigner et de défendre l'intégrité des mœurs et l'honnêteté, l'Église catholique, debout au milieu de ces ruines morales, afin de garder la chasteté du lien nuptial à l'abri de cette honteuse déchéance, se montrant ainsi l'envoyée de Dieu, élève bien haut la voix par Notre bouche, et elle promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave...

Re: Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par chartreux » mer. 08 août 2018 14:51

Laetitia a écrit :
mar. 07 août 2018 22:43
En quel sens êtes-vous "surpris par les affirmations" de l'Abbé Vérité ?
Je suis surpris par ce que j'ai lu divers textes du Magistère ou de la Tradition de l'Église (comme par exemple l'encyclique Casti Conubii) sur le sujet et que c'est la première fois que je vois affirmée cette illicéité (en général) des méthodes naturelles de limitation des naissances.

Re: Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par Laetitia » mar. 07 août 2018 22:43

chartreux a écrit :
lun. 06 août 2018 15:23
Jvai été un peu surpris par les affirmations ci-dessous dans une retraite prêchée par l'Abbé Verité, quelqu'un connaît-il une confirmation ou des précisions à ce sujet ?

Source : ici, de 04:38 à 05:42 sur l'audio.

Abbé Vérité a écrit : Ou encore ... les méthodes naturelles qui ne sont pas nécéssaires ... les méthodes naturelles dans la limitation des naissances peuvent être pratiquées pour un temps. Et à certaines conditions, et, ce n'est pas le moment d'en parler, mais je parlerai des conditions requises pour les pratiquer. " On a un enfant, mais maintenant, on est tranquilles, on va pratiquer les méthodes naturelles ... " Non, et non et non ! C'est beaucoup plus serré que ça. Pour un temps ... et des raisons graves. La santé de la mère, par exemple. Et la santé de la mère, c'est pas seulement qu'elle va avoir une crise d'appendicite ou que ... elle va tomber folle ... Non! mais la dépression nerveuse, par exemple, qui est un danger, quelquefois, quelquefois ...
En quel sens êtes-vous "surpris par les affirmations" de l'Abbé Vérité ?

Question sur la licéité de la "limitation naturelle" des naissances

par chartreux » lun. 06 août 2018 15:23

Jvai été un peu surpris par les affirmations ci-dessous dans une retraite prêchée par l'Abbé Verité, quelqu'un connaît-il une confirmation ou des précisions à ce sujet ?

Source : ici, de 04:38 à 05:42 sur l'audio.

Abbé Vérité a écrit : Ou encore ... les méthodes naturelles qui ne sont pas nécéssaires ... les méthodes naturelles dans la limitation des naissances peuvent être pratiquées pour un temps. Et à certaines conditions, et, ce n'est pas le moment d'en parler, mais je parlerai des conditions requises pour les pratiquer. " On a un enfant, mais maintenant, on est tranquilles, on va pratiquer les méthodes naturelles ... " Non, et non et non ! C'est beaucoup plus serré que ça. Pour un temps ... et des raisons graves. La santé de la mère, par exemple. Et la santé de la mère, c'est pas seulement qu'elle va avoir une crise d'appendicite ou que ... elle va tomber folle ... Non! mais la dépression nerveuse, par exemple, qui est un danger, quelquefois, quelquefois ...

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